Les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro se sont achevés le 21 août 2016 et pour une fois les voileux ont pleinement été associés à la fête puisque les régates se sont déroulés dans la baie. Les véliplanchistes français, Charline Picon et Pierre Le Coq, se sont distingués en obtenant respectivement l'or et le bronze dans la catégorie RS:X. Camille Lecointre et Hélène Defrance ont, quant à elles, ramené le bronze en 470.

Actualité à la Hune

ISAF World Cup 2013 – Hyères

Cammas : «Les Jeux olympiques sont le rêve de beaucoup»

Franck Cammas se lance dans l’olympisme en Nacra 17, le cata mixte, avec Sophie de Turckheim… Et casse la baraque. Sur la World Cup de Hyères, l’équipage pointait à la 2e place après trois jours de petit temps.
  • Publié le : 19/05/2013 - 00:01

Pétole, bonne piocheLe petit temps des phases de qualification a particulièrement réussi à Cammas et de Turckheim qui se sont classés 2e de cette phase. "Tant que ce n’est pas technique, on s’en sort avec nos expériences passées", justifie le barreur.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPI

Volvo Ocean Race, Route du Rhum, Figaro, Trophée Jules Verne… Le palmarès de Franck Cammas, 40 ans, ne s’énonce pas en quelques lignes, mais promet de s’étendre à un nouveau domaine : l’olympisme. Après avoir bourlingué au large et gagné à tour de bras, le coureur de chez Groupama s’est lancé comme nouveau défi de décrocher sa sélection pour les Jeux de Rio, en Nacra 17, le nouveau cata mixte, et d’en rapporter une médaille.

Après deux campagnes olympiques en Laser Radial, Sophie de Turckheim, 31 ans, a saisi l’opportunité de changer d’air et devenir son équipière.

L’équipage ne manque ni d’expérience ni de potentiel, comme l’a prouvé sa prestation les premiers jours, peu ventés, de la World Cup d’Hyères, fin avril : à la fin de leurs manches de qualifications, il était 2e (par la suite, de Turckheim étant blessée, ils ont dû abandonner les courses et terminent à la 26e place.)

 

Le barreur de TurckheimÉlu Marin de l'année FFV suite à sa victoire sur la Volvo Ocean Race Franck Cammas, 40 ans, a décidé de se lancer dans l'olympisme via le Nacra 17, un nouveau défi excitant.Photo @ Yvan Zedda Sea & Cov&v.com : Vos débuts sur la World Cup de Hyères ont été fracassants et ont scotché tout le monde : à la fin des manches de qualifications, vous êtes 2e au classement général ! Comment vivez-vous cette entrée en matière ?
Franck Cammas : (Rires.) Écoute, l’un comme l’autre, on a quand même pas mal navigué avant, donc tant que ce n’est pas technique, on s’en sort avec nos expériences passées. Même si tu rates une manœuvre, ce n’est pas très grave. Sur les bords, tu passes surtout du temps à observer le plan d’eau et pas tellement à régler le bateau.
Sophie de Turckheim : Cela reste surtout de la tactique et du placement.
F.C. : Oui, et c’est facile de sortir la tête du bateau. Dans du vent plus fort, on a plus la tête dans l’écoute et tout va beaucoup plus vite. Donc, non seulement on n’arrivait pas à se décentrer du bateau, mais en plus, on n’avait pas la vitesse. Or pour avoir la vitesse, il faut pas mal de pratique.

 

v&v.com : Le problème, c’est aussi que Sophie s’est blessée…
S.d.T. : Oui, à l’entrainement, la semaine dernière.
F.C. : Elle s’est cassée le sacrum. Là, elle navigue avec un fracture. Donc, bravo quand même ! (Rires.)
S.d.T. : C’est un peu douloureux, en fait. Là, ça me lance depuis le milieu de la journée.

v&v.com : Franck, si on revient à Marseille dans tes jeunes années, tu naviguais en 420 : pourquoi ne pas t’être lancé dans l’olympisme à ce moment-là ?
F.C. : Parce qu’à cette époque-là, ce qui me faisait rêver, c’était de faire du large et du gros bateau. L’olympisme m’intéressait, mais je n’en rêvais pas. Maintenant, faire les Jeux olympiques, j’ai conscience que c’est le rêve de beaucoup de gens – pas qu’en voile d’ailleurs – et je crois que pour moi, c’est la bonne période pour m’y essayer. C’est même probablement la dernière période, car je ne suis pas tout jeune non plus et c’est quand même beaucoup plus physique… Même qu’une Volvo. Enfin, c’est beaucoup plus tonique, intense, comme effort.

v&v.com : Entre temps, tu as fait un peu de Formule 18, quand même…
F.C. : Oui, il y a quatre ans j’avais couru le championnat du monde avec Jérémie Lagarrigue. Cela s’était bien passé (l’équipage avait terminé 2e, ndr) et c’est vrai que j’aime bien ce genre de bateaux. En résumé, les raisons pour lesquelles je me lance dans ce projet, c’est que cela se passe en catamaran et qu’après la Volvo, j’avais envie de continuer à régater dans des épreuves internationales. Donc finalement, c’est soit la Coupe de l’America – que pour l’instant je ne peux pas faire, soit la Volvo – je l’ai faite et on ne va pas en refaire une avec Groupama, soit les Jeux. C’est vrai que c’est complètement différent de ce que j’ai fait, mais c’est deux fois plus excitant.

L"équipière de CammasAprès trois préparations olympiques (une en Moth Europe et deux en Laser Radial), Sophie de Turckheim, 31 ans, avait prévu de raccrocher les crampons. Mais l'idée de faire équipe avec Cammas l'a relancée.Photo @ Yvan Zedda Sea & Cov&v.com : Quels sont tes atouts ?
F.C. : Sophie. (Rires.)

v&v.com : Parce que Sophie a déjà fait trois préparations olympiques ?
F.C. : Déjà, pour son gabarit. Et puis parce que ses sensations sont très bonnes.
S.d.T. : Je suis un peu légère...
F.C. : Non, mais par rapport à Rio, ça va aller. Il y a des moments où, quand tu es léger, c’est quand même un gros bonus : on l’a vu au début de la World Cup, ici, quand il n’y a pas beaucoup d’air, tu es plus à l’aise en vitesse et la régate change tout de suite.

v&v.com : Combien vous manque-t-il par rapport au poids moyen ?
F.C. : Dix kilos. Mais je pense que là, tu as plus de choses à compenser en technique avant de te dire que c’est le poids qui fait la différence. C’est certain que quand le vent monte, il y a un moment où le poids devient un facteur limitant… Mais il y a beaucoup à gagner en technique aussi, alors ce n’est pas certain que la question du poids ne soit au final pas plus primordiale dans le petit temps. À voir.

v&v.com : Toi, Sophie, qui naviguais depuis plus de 12 ans en solitaire, te retrouver avec Franck, cela doit te changer un peu, non ?
S.d.T. : Ce qui est différent, c’est que l’on est deux sur le bateau. Après, cela reste de la régate entre trois bouées.

v&v.com : Donc, à toi, Franck ne t’apporte rien ? (Rires.)
S.d.T. : Je n’ai pas dit ça ! (Rires.) C’est un bon barreur, particulièrement en cata, il a l’expérience des grandes épreuves et il sait gérer la pression… On est assez complémentaires là-dessus. Après, que ce soit Franck Cammas plutôt que quelqu’un d’autre ne me met pas plus la pression.

Sortir la tête du bateauEn sortant la tête du bateau, l'équipage n'a pas eu de mal à se placer sur la World Cup de Hyères, alors qu'il n'avait navigué qu'une petite dizaine de jours auparavant. La suite s'annonce donc heureuse, alors que Cammas assure que l'olympisme n'est pas seulement une passade, pour lui.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPI

v&v.com : Ça été compliqué pour toi, Franck, de trouver ton équipière ?
F.C. : Non, cela ne m’a pas pris longtemps. J’ai navigué avec trois personnes – dont une, Mathilde (Géron qui équipe Camille Lecointre en 470, ndr), qui n’allait pas faire de cata, c’était sûr. Donc mon choix, c’était soit Nadège (Douroux, l’équipière d’Ingrid Petitjean avant qu’elles arrêtent le 470, ndr), soit Sophie. Sachant que tu es bien obligé de recruter en fonction du gabarit, d’abord : il y a une fourchette de poids et au plus elle est grande, mieux c’est. (Rires.)
S.d.T. : Après, si c’est une grande potiche… !
F.C. : Ah oui, évidemment !
S.d.T. : Enfin, je voulais dire qu’il ne suffit pas d’être grande.
F.C. : Oui, c’est sûr. Surtout qu’avec ce bateau, être grand n’est pas toujours un atout : c’est bien pour le couple de rappel, mais comme il est très instable…
S.d.T. : … tu es plus facilement éjecté, en fait, parce que ton centre de gravité est plus haut.
F.C. : Dès qu’il y a des vagues, c’est compliqué. C’est pour ça, d’ailleurs, que même chez les mecs, il y avait des petits gabarits d’équipiers en Tornado. Sauf Nicolas Hénard (le double médaillé olympique, en 88 avec Jean-Yves Le Deroff et 9, avec Yves Loday, ndr).
S.d.T. : Il est grand, lui ?
F.C. : Oui, assez. Après, c’est pas mal d’avoir une barreuse – enfin, une ex barreuse –, comme équipière, parce qu’à la GV, c’est finalement elle qui fait avancer le bateau au moins autant que le barreur. Pour sentir quand ça ne va pas… Déjà, elle commence à me dire quand je suis trop haut ou trop bas, c’est bon signe ! (Rires.) Quand je dois relancer, tout ça… Non, c’est vraiment bien d’avoir une vue à côté et de ne pas rester sur ses seules sensations.

v&v.com : Si l’on oublie ton problème de dos actuel, tu trouves le Nacra 17 dure physiquement, Sophie ?
S.d.T. : Ça va !
F.C. : Il n’y a vraiment pas de raisons que cela ne le fasse pas ! Elle est quand même super costaud.
S.d.T. : Après, si l’on redonne le contexte, moi, je ne comptais pas repartir sur une nouvelle préparation olympique. Ma priorité, c’était maintenant les études – je suis en école de kiné… Du coup, valider ma première année reste vraiment ma priorité et j’ai laissé de côté la préparation physique. Je fais quelques trucs ludiques, mais cela n’a rien à voir avec ce que je faisais avant en Laser.
F.C. : Et puis, tu t’es blessée à l’épaule aussi.
S.d.T. : En faisant du BMX avec les filles de l’école, oui.
F.C. : Ce qui fait que les débuts du cata avec Sophie ont été beaucoup perturbés !
S.d.T. : Donc côté prépa physique, en ce moment, ce n’est pas le top, non… Mais je sens bien qu’avec un petit plus de physique, je pourrais largement m’en sortir sur ce bateau. Donc, ça ne m’inquiète pas plus que ça, même si, oui, c’est un bateau sport. Comme le Laser Radial, d’ailleurs ! Et comme j’aime me dépenser et quand ça tire, ça me va !
F.C. : En Nacra, les efforts se situent davantage sur le haut du corps et les épaules quand même.
S.d.T. : Oui, les jambes sont moins sollicitées, mais ça me va.
F.C. : De toute façon, quand tu navigues, tu te muscles vite.
S.d.T. : J’ai déjà pris des bras, c’est vrai !
F.C. : C’est vrai que c’est dur. C’est même à se demander si la meilleure formule n’est pas de mettre un mec comme équipier…

v&v.com : C’est en effet toute la question qui se pose, oui.
S.d.T. : Bah ! J’ai regardé les classements, ce soir : les trois premiers équipages, ce sont des filles qui équipent.
F.C. : C’est un signe. (Rires.)
S.d.T. : Moi, je me dis en tout cas que ça peut le faire et ça me rassure !

v&v.com : Quel a été votre volume d’entraînement jusqu’ici ?
S.d.T. : Dix jours. Trois jours à la Grande-Motte, puis ici avant l’épreuve.
F.C. : Et tu t’es blessée à la moitié de la session, ici. Néanmoins, comme Sophie manquait un peu de disponibilité, j’ai aussi navigué avec un mec, Éric Péron.
S.d.T. : Moi aussi j’ai navigué avec Éric, de temps en temps… Mais au final, je n’ai pas dû monter plus de quinze fois sur le bateau.

v&v.com : Sophie, tu partages donc ton temps avec l’école de kiné. Toi, Franck, quelle place occupe ce projet olympique par rapport à tes autres, Petite Coupe de l’America et Tour de France à la Voile ?
F.C. : On ne naviguera vraiment beaucoup en Nacra qu’à partir d’août, après le Tour.
S.d.T. : D’ici là, c’est compliqué de tout faire.
F.C. : Non, mais c’est bien. Même si l’on sait que les six premiers mois vont être un peu bancals, en faisant des régates comme ça, on apprend énormément – y compris si on se retrouve à la ramasse quand il y a du vent. C’est mieux que de ne rien faire jusqu’à ce qu’on soit tous les deux à fond en même temps, car entre temps nos concurrents vont naviguer et forcément avancer, et si on veut les rattraper, il ne faut pas être trop en retard non plus.

v&v.com : Certains s’interrogent de savoir si tu vas réellement aller au bout de ce projet, jusqu’aux sélections nationales au moins…
F.C. : Qui ça ? (Rires.) Personnellement, tant que je peux continuer, je continue.

v&v.com : Et toi, Sophie ? Tu as essayé le 49er FX…
S.d.T. : Ouais, mais… (Rires.) Non, pas le 49er FX !
F.C. : Le projet est solide. On va voir quel niveau on atteint, mais si cela marche bien, il n’y a pas de raisons de s’arrêter. On ne va pas non plus arrêter dès que l’on se prend une bâche, ça, c’est sûr. Si on sent que l’on est toujours en progression, moi, cela ne me fait pas peur. Je sais que l’on peut y arriver.

v&v.com : Quelle date, quels objectifs vous êtes-vous donnés ?
F.C. : Pas de date. L’objectif, c’est les Jeux.

v&v.com : Passés la Petite Coupe et le TFV, vous êtes donc à fond…
F.C. : Ce sera par périodes. Ne faire à 100 % que ça, je ne pense pas que cela soit génial non plus. C’est bien d’aller voir d’autres trucs aussi, sachant que de toute façon, tu peux apprendre partout. Faire la Petite Coupe, c’est très bien, en plus, c’est du cata. Faire le Tour de France aussi, même si c’est un peu plus lent comme bateau… (Rires.) Mais c’est quand même de la régate de haut niveau et des choses que les autres n’auront pas faites. Ça servira nécessairement à un moment ou à un autre.

v&v.com : Il y aurait un projet qui pourrait malgré tout te pousser à lâcher celui-là ?
F.C. : La Coupe de l’America, oui. Mais, c’est un projet sur trois ans, donc selon comme ça tombe, tu peux faire les deux.

v&v.com : La Volvo, si tu recevais une proposition d’une autre équipe ?
F.C. : … Pour le moment, on n’a pas eu de proposition et là, ça commence à être tard.

v&v.com : Sophie, tu embarques sur le projet TFV de Groupama ?
S.d.T. : Non, non.
F.C. : Non, mais pourquoi pas ! C’est une idée et c’est bien de naviguer sur d’autres supports… Mais elle est tellement pas libre ! Quand elle est libre, je veux qu’on fasse du cata !
S.d.T. : À la base, je devais faire le Tour avec la Martinique. Mais pour entrer en deuxième année de mon école, j’ai un stage de quatre semaines à faire, soit en juillet, soit en août… Et comme on a l’intention de faire le championnat d’Europe au mois d’août et de s’entraîner un peu, c’est réglé.

v&v.com : Franck, tu dis souvent que la victoire est ton moteur, mais il semble qu’un autre aspect compte tout autant : celui du changement de support. Tu as tendance à t’ennuyer ? Ou tu es plutôt du genre mégalo ?
F.C. : Laisser mon nom partout ne fait pas partie de mon plan ; je ne suis pas du tout carriériste. Par contre, j’ai besoin d’un nouveau moteur, d’un nouveau défi pour avoir envie. Sans l’envie, c’est dur. Car tu passes beaucoup de temps sur l’eau, c’est du travail… Le fait que le Nacra soit vraiment d’un genre nouveau est hyper excitant, oui. C’est important, en effet, de faire quelque chose de vraiment différent… Quand tu as déjà gagné une course, c’est bien moins excitant de la refaire. Mais ce qui est bien, en voile, c’est qu’il y a suffisamment de trucs différents pour t’occuper toute une vie !

On sert les dentsLa seule journée ventée qu'auront pu courir Franck Cammas et Sophie de Turckheim aura été un peu compliquée pour eux, l'équipière souffrant copieusement de la fracture du sacrum qu'elle s'est faite quelques jours plus tôt, à l'entrainement.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPI

v&v.com : Ton arrivée sur le Nacra a une autre conséquence : celle d’intéresser des gens à l’olympisme, alors qu’ils ne s’y étaient jamais intéressés avant… 
F.C. : Tant mieux, c’est positif ! (Rires.)

v&v.com : Cela te fait sourire ? Tu te sens responsable de quelque chose de plus ? Quelles sont tes relations avec les autres coureurs olympiques ?
F.C. : Non, je n’ai pas de responsabilité particulière. En revanche, je trouve très légitime que l’image de l’olympisme soit revalorisée dans les médias, car il s’agit de courses de niveau international et il n’y en a pas beaucoup en France. En France, on parle beaucoup de courses qui ne sont pas internationales, malheureusement.
S.d.T. : Ouais.
F.C. : L’olympisme devrait en effet avoir une place plus importante qu’il ne l’a. Donc, tant mieux si mon arrivée permet ce coup de projecteur, car c’est un juste retour des choses, même si je n’ai pas fait ça pour ça. (Rires.)

v&v.com : De te retrouver parmi des coureurs plus jeunes, ce doit être un changement aussi…
F.C. : Plus jeunes ? Ah bon ? Non.

v&v.com : Sur la Volvo, les moins de trente ans ont dû être imposés par le règlement… Ici, c’est un peu différent quand même !
F.C. : (Rires.) Sur l’eau, je ne m’en aperçois pas trop. D’autant qu’il y a des barreuses assez âgées en Nacra !
S.d.T. : Oui, il y a des coureurs assez âgés, c’est vrai… Enfin, il y a un peu de tout.
F.C. : Quoi qu’il en soit, si tu regardes ceux qui gagnent en olympisme, tu t’aperçois qu’ils sont âgés.
S.d.T. : Oui, enfin, ça dépend des séries, quand même. Mais en Nacra, en effet, il y a un peu de tout.
F.C. : Il y a l’Espagnol Iker Martinez qui navigue en Nacra…

v&v.com : Oui et c’est un peu l’ironie du sort : tu retrouves ton adversaire de la dernière Volvo… À la différence qu’au début de la World Cup d’Hyères, il n’était pas loin de ramasser les bouées, lui…
F.C. : Bah, chaque fois qu’il est dans une série, ça marche bien pour moi, donc il faut qu’il reste là ! (Rires.) (Skipper de Telefonica lors de la dernière édition, Iker Martinez – qui est en outre double médaillé olympique en 49er – a mené toute une partie de la course avant de terminer 4e de l’édition, ndr.)
S.d.T. : Il a l’air motivé pour rester.
F.C. : Oui, il est à donf’. Lui, il navigue beaucoup. Mais même s’il a eu des débuts difficiles, il ne faut pas s’inquiéter. Lui comme nous, je ne pense pas qu’il ait visé quoi que ce soit sur cette semaine olympique. On est plutôt dans une phase de préparation et déjà super contents de faire cette course, ce qui n’était pas prévu il y a quelques mois. Mais ne regardons pas le résultat : on est là, en apprentissage. C’est bien d’avoir fait des bonnes manches, mais cela ne veut rien dire… Dans un sens comme dans l’autre.

v&v.com : Et vous ne faites pas le mondial en juillet ?
F.C. : Non, à cause de nos autres engagements. C’est donc assez léger pour cette saison… On prendra plus de temps pour naviguer cet hiver et pour faire des régates. C’est en régate, que l’on apprend beaucoup. Ne faire que des stages, ce n’est pas bon.
S.d.T. : En stage, tu travailles quoi ? Les manœuvres. Tu fais des essais vitesse.
F.C. : Ouais, mais ce n’est pas pareil.
S.d.T. : Il faut en faire.
F.C. : Oui, il faut en faire…
S.d.T. : D’autant que le groupe français est de très bonne qualité, car il est très polyvalent.
F.C. : Oui, c’est une bonne référence.

v&v.com : Le fait d’être ou non en Équipe de France aura-t-il une incidence pour vous ?
F.C. : On ne sera pas retenus cette année puisqu’on ne court pas le mondial ! Après, j’espère que l’on pourra quand même naviguer avec les trois équipages qui sont devant à Hyères (Billy Besson et Marie Riou, 2e, Moana Vaireaux et Manon Audinet, 6e, et Audrey Ogereau et Matthieu Vandame, 8e, ndr), car c’est un super groupe. Il n’y a pas de doute que l’un de ces quatre équipages a de quoi bien figurer à Rio !

En complément

  1. vignette 10 commande 11/05/2013 - 00:02 JO de Rio 2016 - Interview du nouveau DTN Jacques Cathelineau : «On manque de réussite, pas de potentiel» Quelques jours avant l’épreuve française de la Coupe du monde à Hyères, le nouveau DTN Jacques Cathelineau présentait son programme à la presse. Voici donc les 10 commandements de ce début de PO.
  2. fausse joie 02/05/2013 - 00:06 ISAF World Cup 2013 Hyères : 12 points à retenir Pour sa reprise internationale à domicile, l’Équipe de France olympique a signé six podiums sur les 12 séries engagées, la semaine dernière, et part sur des bases encourageantes. Voici l’essentiel en 12 points.
  3. A Hyères, le Nacra 17 sourit aux Français… 01/05/2013 - 00:35 JO de Rio 2016 A Hyères, le Nacra 17 sourit aux Français… Après une triste olympiade sur une seule coque à Londre en 2012, le multi revient en force aux JO avec le Nacra 17 en équipage mixte. Du 21 au 27 avril à Hyères, la Sailing World Cup a confirmé les bons résultats des Français à Palma, avec une 2ème place de l’équipage Billy Besson – Marie Riou, à égalité de points avec les Suédois qui remportent l’or. Le point en vidéo sur cette nouvelle série qui réussit aux Français avec pas moins de 5 équipages à Hyères, dont le tandem Cammas – de Turckheim.
  4. vignette cammas 22/03/2013 - 00:04 Championnat de France de Match-Racing 2013 – Antibes Franck Cammas : «La victoire est une drogue !» Entre deux sorties en M34, Class C ou Nacra 17, Franck Cammas a décroché le titre de champion de France de match-racing – une discipline loin d’être sa spécialité. Interview de ce boulimique de victoires.