Les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro se sont achevés le 21 août 2016 et pour une fois les voileux ont pleinement été associés à la fête puisque les régates se sont déroulés dans la baie. Les véliplanchistes français, Charline Picon et Pierre Le Coq, se sont distingués en obtenant respectivement l'or et le bronze dans la catégorie RS:X. Camille Lecointre et Hélène Defrance ont, quant à elles, ramené le bronze en 470.

Actualité à la Hune

Jeux Paralympiques de Londres 2012

Damien Seguin : «C’est parti en eau de boudin»

  • Publié le : 21/09/2012 - 00:01

GrippéVainqueur de trois Semaines olympiques en 2012 et Champion du monde en titre, Damien Seguin survolait la concurrence en 2.4mR... Et la machine s'est grippée. Photo @ Jean-Marie Liot FFV

Damien Seguin, déchuDouble médaillé en 2.4mR (or à Athènes et argent à Pékin) et skipper multi-carte, Damien Seguin était vu par tous comme le favori ultime de ces Jeux de Londres... Mais personne ne semblait avoir mesuré le poids que cela serait à porter, ni les jalousies que cela pourrait susciter.Photo @ Jean-Marie Liot FFVLe deuxième round de ces Jeux olympiques de Londres aura été pire que le premier : que ce soit en Sonar comme en 2.4mR, les Français n’ont rapporté aucune médaille alors qu’ils étaient donnés favoris.

Pour Damien Seguin, c’est une sombre histoire de réclamation qui a fait tout basculé... Un scénario au goût amer, dur à avaler. Interview.

 

voilesetvoiliers.com : Tu claques la première manche des Jeux paralympiques en 2.4mR, normal, c’est ce que tout le monde attendait. Et puis tu es disqualifié sur la deuxième… Et là, tout bascule ?
Damien Seguin :
Ouais… (Soupir.) C’est sûr, c’est un peu ça.

v&v.com : Quel était l’objet de la réclamation du coureur canadien ?
D.S. :
C’est une histoire de lof. Le départ était chaud, c’est certain, les départs sont toujours chauds sur les premières manches des Jeux parce que la flotte est encore nerveuse. Moi, je vais me battre en bout de ligne et le Canadien, lui, fait un peu n’importe quoi… J’étais sur la layline viseur et lui est en perdition sur son retour de layline bâbord et il vient se mettre entre le bateau viseur et moi. Moi, j’étais parfaitement dans le timing, je pars, et lui était en vrac et s’écrase sur le viseur, le touchant bien sûr. Et voilà. Donc il porte réclamation contre moi, car il estime que quand je suis passé à côté de lui – qui était littéralement accroché au viseur –, une partie de mon gréement a touché le sien. 

v&v.com : Pour toi, ce n’est pas le cas ?
D.S. :
Ah non, pour moi, il n’y a rien. Je n’ai rien vu, rien entendu. J’estimais plutôt qu’il était en train de virer. Après, ça a gueulé un peu sur le moment, mais comme d’habitude quand les départs sont chauds. Donc voilà, après, j’ai fait ma course et c’est en arrivant à terre, le soir, que j’ai vu qu’il déposait une réclamation, me reprochant de ne pas avoir respecté la règle 11, au vent / sous le vent. Du coup, j’en pose une moi aussi, lui reprochant d’être en train de virer et de ne pas respecter la règle 16. Après, il sort un témoin de dernière minute, un mec qui était sur le viseur qui raconte une troisième histoire, sur un scénario un peu bizarre, mais il dit qu’il a entendu les gréements se toucher. Donc je saute dès le premier soir.

Règle 11Dès le premier jour, le Canadien Paul Tingley (médaillé d'or à Pékin) fait sauter Damien sur la règle 11, le jury ayant établi que son gréement avait touché celui de son adversaire, situé sous son vent.Photo @ D.R.

v&v.com : Ta réaction sur le moment ?
D.S. :
Je rebondis tout de suite. En rentrant, on regarde les vidéos tournées sur l’eau en sachant que l’angle de vue n’est pas nickel, puisque les entraineurs filment de derrière, cinquante mètres en dessous de la ligne… Mais sur ces images, on se demande vraiment comment ça aurait pu toucher. Dès le lendemain matin, je demande donc que la réclamation soit rouverte.

v&v.com : Avec la vidéo comme nouveau fait ?
D.S. :
Voilà. Donc le soir, on repasse devant le jury. Rebelote, on passe une heure et demie à s’expliquer pour qu’au final, le jury décide de ne pas rouvrir la réclamation, estimant que l’on aurait pu avoir la vidéo en temps et en heure, la veille !

Retrouvez tous les jugements concernant la réclamation de Damien Seguin et la composition du jury ici.

v&v.com : C’est un argument valable de la part d’un jury ?
D.S. :
Bah ! Ils donnent les arguments qu’ils veulent, tu sais ! La veille, je savais que Thierry (Thierry Poirey, l’entraineur de Damien et spécialiste de match-race, ndr) avait filmé et j’avais regardé la vidéo avant de me rendre au jury, mais je ne l’avais pas amenée parce que je trouvais que l’angle n’était pas optimal et qu’en toute bonne foi, je ne pensais pas en avoir besoin ! Évidemment, le lendemain, j’ai dit que je n’avais pas eu le temps de la voir à temps, mais ils ont quand même estimé – tu sais, ce sont des gens qui sont le cul sur leurs chaises – que l’on aurait dû avoir le temps, ou du moins leur demander un délai supplémentaire… Bref, des trucs que ni moi ni Thierry n’avions jamais entendu dans un protocole. Quand je sors de là, je ne suis pas prêt de lâcher l’affaire ! Je trouve donc une autre vidéo de bonne qualité, celle du Portoricain. Dès le lendemain, on se refait la totale et le jury accepte de voir la vidéo du Portoricain. L’ayant vue, il doute et demande à voir également la nôtre. Longue délibération pour finalement décider de rouvrir le lendemain.

v&v.com : On arrive donc au quatrième jour des Jeux, là…
D.S. :
Voilà (rires). Donc on recommence l’instruction avec le Canadien, le témoin, les vidéos et moi… Franchement, comme le jury avait accepté de rouvrir – normalement, ça ne se fait pas comme ça –, je pensais qu’ils avaient des doutes suffisants et qu’ils allaient nous renvoyer dos à dos. Là, la discussion se perd un peu dans les détails techniques et j’essaie d’argumenter au mieux, en apportant des éléments les plus précis possibles... Bref, le jury établit des nouveaux faits : «Le contact n’est pas sûr, mais est possible, alors on ne change pas notre décision.» Là, je me retrouve totalement abattu. Je ne comprends pas. Je  ne comprends pas comment le jury peut avoir un doute sur le contact et ne pas m’en accorder le bénéfice. Personne ne me répond, évidemment...

Règle 66Après de multiples tentatives, la réclamation est rouverte et rejugée, Damien ayant produit une vidéo qui témoigne du déroulement des faits ; le jury estime que la vidéo ne montre pas "qu'il n'y a pas eu contact", mais que "le contact était possible"... L'ennui, c'est que rédigé ainsi, il y a la trace d'un doute, mais le bénéfice n'en est pas davantage accordé à Damien.Photo @ D.R.

v&v.com : Tu penses que le jury n’a pas voulu se dédire ?
D.S. :
(Damien élève la voix et prend un ton amer.) Je ne sais pas. Je ne comprends toujours pas. On s’était bordé de tous les côtés, on avait appelé Philippe Gomez (Le spécialiste du règlement de l’Équipe de France, ndr) pour prendre son avis, lui demander comment argumenter et si le jury n’allait pas mal interpréter "notre acharnement"…

v&v.com : Quoi qu’il en soit, cette affaire t’a occupé pendant les deux tiers du championnat : à quel point cela t’a-t-il affecté ?
D.S. :
Au final, cela nous a pris beaucoup de temps et beaucoup d’énergie – enfin, cela n’a pas empiété sur ma récupération, mais cela m’a pollué l’esprit. Même si chaque matin, quand je me levais, j’étais dans ma régate ! Mais évidemment, je croisais tout le temps le Canadien sur l’eau et j’image qu’inconsciemment, j’y pensais tout le temps !

v&v.com : Combien avais-tu fini sur cette manche ?
D.S. :
Quatrième.

v&v.com : Donc même avec les manches que tu as faites ensuite, tu étais sur le podium…
D.S. :
Voilà, donc forcément, ça a joué. Après, la question que tout le monde me pose, c’est : «Est-ce que tu as eu raison de t’acharner pour faire rouvrir ?» Je pense que oui, j’ai pris la bonne décision parce que j’avais un goût d’injustice dans la bouche ; je n’aurais pas fait rouvrir, je l’aurais en travers de la gorge de la même manière. Là, au moins, on a fait tout notre possible pour la faire rouvrir et on y est arrivé. Après, leur décision restera toujours une énigme.

v&v.com : Et tu ne peux pas faire appel ?
D.S. :
Non, aux Jeux, on ne peut pas faire appel. On le pourrait, je ne pense pas que j’essaierais, car on est en face d’un mur. On l’a vu sur la décision finale : ce sont des gens qui ont énormément de mal à se désavouer.

v&v.com : Quelles nationalités étaient représentées dans ton jury ?
D.S. :
Il y avait de tout. Un Anglais, un Américain, un Anglais, un Canadien, un Algérien…

v&v.com : Les mêmes nationalités que tes concurrents, mais pas de Français ?
D.S. :
C’est clair… Et pas de Français du tout, encore une fois. Je ne sais pas établir les conséquences exactes du fait qu’il n’y ait pas de Français dans ce jury. Le fait est que c’est tout le temps comme ça... Ce qui est certain aussi – on en a pas mal discuté avec Thierry et Jean-Jacques (Jean-Jacques Dubois, l’autre entraineur de l’équipe, ndr) –, c’est que l’on a de plus en plus de problèmes avec les jury, qui sont de plus en plus vieux et viennent de moins en moins du monde de la régate. Il y a un gouffre entre les marins, ce qu’ils vivent sur l’eau, et la manière dont les jurys voient tout ça. Sur des épreuves prestigieuses, comme les Jeux, c’est encore plus marqué parce qu’ils s’accrochent à leur place. Hélas, ils sont en rupture avec la réalité qui a cours sur l’eau.

Contre-perf"Difficile de dire combien l'affaire de la réclamation a affecté Damien au quotidien... Mais ce qui est sûr, c'est qu'il ne naviguait pas à sa place.Photo @ David Staley IFDS

v&v.com : Si on revient au moment des faits, sur l’eau : tu n’avais pas imaginé un scénario comme ça, que Paul Tingley, l’un de tes plus gros concurrents, puisse chercher à réclamer contre toi ?
D.S. :
Non, je n’y pensais pas. Des départs chauds, ce n’était pas la première que j’en prenais. Des départs bout de ligne avec lui et des soucis, je connaissais aussi. Mais pour moi, il était clair qu’il fallait partir à cet endroit, je savais qu’il serait là et je savais comment le contrer. La preuve, j’ai réussi mon coup : j’avais pris l’ascendant psychologique sur lui et il s’est retrouvé dans une situation impossible. Il a fait une mauvaise manche derrière et je crois qu’il en a été vexé, de même que du départ, et il a tenté le truc au jury.

v&v.com : L’une des raisons pour lesquelles tu voulais Thierry Poirey comme entraîneur, c’est bien parce que tu sentais que cela pouvait se jouer sur le tapis vert… Et sur l’eau, tu n’as pas vu le truc venir ? Tu n’as pas préféré assurer ? Deux semaines plus tôt, Ben Ainslie était accusé par deux de ses concurrents d’avoir touché une bouée, il était furax parce qu’il estimait que c’était faux, mais a préféré se protéger en réparant pour éviter justement d’aller au jury… (Voir l’article sur Ben Ainslie, ici.)
D.S. : Ouais… (Soupir.) J’avoue que cela m’a traversé l’esprit un quart de seconde, et puis… Pour moi, c’était clair qu’il n’y avait pas contact. Il était en panique, il ne se contrôlait plus trop, mais je pensais qu’il disait des paroles en l’air. (Soupir.) Après, oui, on le savait qu’aux Jeux, tu n’as plus d’amis – en tout cas, sur les premières manches.

v&v.com : A la fin de cette affaire, il restait donc deux jours de course : comment se sont-ils passés ?
D.S. :
C’était dur à digérer, mais j’ai réussi à tirer un trait sur cette histoire et le lendemain, j’étais à nouveau à fond et je fais ma meilleure journée. Ensuite, malheureusement, la dernière journée est annulée, faute de vent.

v&v.com : Au point, tu pouvais encore espérer revenir sur la dernière journée : tu penses que cela aurait pu le faire ?
D.S. :
Ça aurait pu ! Il y avait en tout cas les conditions idéales pour faire un coup comme ça : il y avait du petit temps où tu peux créer de l’écart, j’étais quatrième, rien n’était joué pour le 2e et le 3e. Même l’Anglaise aurait pu s’effondrer, surtout au vu de la médiocrité de sa précédente journée – et puis je la connais, je sais qu’elle a énormément de mal à tenir la pression sur les dernières journées. Tout était encore jouable. La frustration d’avoir attendu quatre heures pour rien est à cette mesure.

v&v.com : Pour le reste, tu étais arrivé à Weymouth très confiant, avec une bonne connaissance du plan d’eau, mais tu sembles avoir quand même eu du mal à t’en sortir…
D.S. :
C’était essentiellement du petit temps, avec des scénarii qui n’étaient pas toujours les mêmes. Il y avait un peu d’aléatoire et à la fois des systématiques qui se sont vite dégagées : les trois premiers jours, bizarrement, il fallait tirer des bords assez extrêmes pour passer… La zone sur laquelle on courrait n’était pas tout à fait la même que d’habitude et je ne la connaissais pas si bien. Pour moi, Weymouth, c’était plusieurs petits coups à tirer dans un bord de près et un suivi attentif des bascules. Là, on n’a pas eu ça, excepté le 5e jour : c’est moi qui fais la meilleure journée de la flotte, preuve que je dominais vraiment dans ces conditions. Les premiers jours, j’ai eu plus de mal. Je ne fais pas de mauvaise manche, j’étais souvent dans le paquet et sur le dernier portant, j’ai souvent perdu une, deux ou trois places. Je n’avais pas vraiment la vista, mais ça se jouait à trente ou quarante centimètres.

Sacrée AnglaiseBien que Damien n'ait rien misé sur l'Anglaise qui, selon lui, tient mal la pression, c'est bien Helena Lucas qui décroche l'or en 2.4mR, devant tous les garçons.Photo @ David Staley IFDSv&v.com : Tu avais une bonne vitesse ?
D.S. :
J’avais une bonne vitesse, je prenais de bons départs, pas de problème. Sur l’eau, mes Jeux étaient loin d’être catastrophiques. Mais j’ai laissé filer des points…

v&v.com : Normalement, tu es vraiment une gale sur l’eau ! Est-ce que le combat que tu livrais à terre n’a pas rongé ta hargne ?
D.S. :
(rires) Merci du compliment ! (rires) Je ne voudrais surtout pas prendre ça comme excuse, parce que ce serait un peu facile et je ne suis pas comme ça. Mais, force est de constater que oui, je pense que ça a forcément joué à un moment. Mais inconsciemment, car j’ai toujours fait les choses bien, je me suis toujours préparé consciencieusement pour aller sur l’eau… Mais j’ai eu un manque de réussite certain, et peut-être aussi une baisse de confiance en moi.

v&v.com : À côté de ça, tes adversaires t’ont-ils surpris ?
D.S. :
Le gros coup de bluff, c’est l’Anglaise. Je la mettais dans les outsiders avant la compétition… Et je continue de la mettre dans les outsiders après, d’ailleurs. Je pense qu’elle ne m’en voudra pas si on en discute, mais pour moi, elle ne gagnera pas une autre course de si tôt ! Ne serait-ce que parce qu’elle ne tient pas la pression. Là, elle a fait un bon début de championnat et un milieu de championnat bon aussi, notamment parce qu’elle a eu une vista INCROYABLE, revenant de situations infernales… Elle ne prenait pas de bons départs, ne faisait pas de bons passages, mais revenait. Bah ! On sait qu’il faut ça aux Jeux. On sait qu’il faut aller provoquer sa chance et avoir une grosse confiance et elle a réussi son truc.

v&v.com : L’Allemand qui est médaillé d’argent et le Hollandais très attendu comme toi et médaillé de bronze ?
D.S. :
L’Allemand n’est pas vraiment une surprise : on le voyait de plus en plus souvent aux avant-postes et il a réussi à encore élever son niveau de jeu. Le Hollandais a pour moi fait un championnat très moyen et je pense qu’il est très déçu. Il n’était pas venu pour ça. Sur le papier, le match se jouait entre lui et moi.

v&v.com : Le statut de favori semblait donc difficile à assumer : c’est une nouveauté pour la flotte des 2.4mR ?
D.S. :
Non, j’avais déjà connu ça : j’en avais fait les frais à Pékin où j’étais arrivé comme favori et n’avais fini que médaillé d’argent. Et pourtant… J’étais préparé à ça, j’avais intégré que d’être favori n’est pas ce qui donne une médaille et je venais avec une page blanche. Mais être renseigné ne suffit pas. Les mecs arrivent morts de faim ; moi aussi, je l’étais. La preuve, c’est cette première manche que je gagne avec un wagon d’avance ! J’étais prêt et c’est après que c’est parti en eau de boudin… Mais je n’ai aucun regret sur ma façon de m’être préparé.

v&v.com : La prestation des Français valides t’a-t-elle influencé à un moment donné ?
D.S. :
Je fais difficilement le parallèle entre les deux, en fait. (Un temps, il réfléchit.) En tout cas, leur contre-performance globale ne m’a pas influencé. J’ai gardé mon intégrité intellectuelle. À la limite, je me suis peut-être dit que j’avais là une opportunité de sortir de l’ombre et c’était presque une motivation supplémentaire… Mais c’est maladroit et salaud de l’exprimer comme ça. (Rires.)

Porte-drapeauEn tant que porte-drapeau de toute la délégation française des paralympiques, Damien avait un autre rôle à jouer sur ces Jeux de Londres, ce qui a un peu diminué sa déception d'être passé à côté sportivement.Photo @ David Staley IFDSv&v.com : Ton rôle de porte-drapeau de l’Équipe de France t’a en tout cas permis de sortir de l’ombre. Chacun de tes passages sur les ondes était brillant… Et tu sembles t’être éclaté dans ce rôle !
D.S. :
Ouais, je me suis vraiment éclaté ! Avoir été capitaine de cette équipe a un peu sauvé mes Jeux ! Comme toujours, j’essaie de positiver et c’est vrai que si mes Jeux n’ont pas été une réussite sportivement, ils sont beaux quand même.

v&v.com : Et maintenant ?
D.S. :
C’est difficile de faire le tri tout de suite. (Rires.) Aujourd’hui, il faut que je digère Londres avant de penser vraiment à Rio. Je pense que j’en serai, mais je ne sais pas encore comment.

v&v.com : Rio en cata mixte et Rio en 2.4 mR, c’est un scénario possible ?
D.S. :
Oui, sur le papier, c’est possible depuis que Oscar Pistorius a ouvert – ou défoncé, je ne sais pas comment dire – la porte. Après, je te laisse imaginer le niveau qu’il faut atteindre pour faire les deux ! (Rires.) En tout cas, à l’heure actuelle, j’ai déjà trop de projets et dois absolument faire un tri. En priorité, j’ai envie de faire la Route du Rhum en Class40 et d’accrocher un podium, cette fois. Ça passe donc par la construction d’un bateau neuf – et ça, c’est un projet long, qui ne dépend pas que de moi, mais aussi des partenaires qui voudront bien me suivre. Et puis il y en a d’autres, le cata mixte, le Tour de France à la Voile…