Les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro se sont achevés le 21 août 2016 et pour une fois les voileux ont pleinement été associés à la fête puisque les régates se sont déroulés dans la baie. Les véliplanchistes français, Charline Picon et Pierre Le Coq, se sont distingués en obtenant respectivement l'or et le bronze dans la catégorie RS:X. Camille Lecointre et Hélène Defrance ont, quant à elles, ramené le bronze en 470.

Actualité à la Hune

JO de Londres 2012

Opération commando à 200 jours des Jeux

Plus beaucoup de temps pour se préparer aux Jeux de Londres et remplir l’objectif des six médailles… Le DTN ne se laisse pas abattre pour autant et pousse ses athlètes à se surpasser grâce à cinq résolutions.
  • Publié le : 14/01/2012 - 00:02

Recherche vistaAimez la victoire ! D'ici les Jeux, les Français doivent retrouver leur meilleur niveau (atteint en 2010) et le stabiliser s'ils veulent avoir une chance de décrocher les six médailles promises. Mais pour les 200 jours de préparation qui restent, le DTN a un plan.Photo @ Lionel Cottin FFV
Pour décrocher les six médailles dont on rêve pour les Jeux de Londres, le DTN Philippe Gouard n’a qu’une formule à la bouche : «Augmenter notre niveau de jeu». Evidemment, il pourrait difficilement en être autrement, les résultats français sur le dernier championnat du monde n’ayant rien de très engageants. Mais l’exceptionnelle saison que l’Equipe de France a réalisée en 2010 éclaire un peu nos perspectives : si les Français ont pu multiplier les podiums il y a de ça une saison, pourquoi n’en seraient-ils plus capables demain ?

Diaporama 8 sélectionnés jo12Restent maintenant 195 jours avant la cérémonie d’ouverture des JO de Londres. S’il plane une ambiance digne d’une situation de crise, ce délai laisse encore la chance de se reprendre, chance que le DTN ne risque pas de laisser filer. «Si ma marge de manœuvre est étroite, mes coureurs ont aussi confiance en moi parce que je les ai emmenés jusque là. Ils ont compris que l’ambition était possible, mais ils n’avaient pas tous mesuré le travail que cela nécessitait», annonçait ainsi Gouard dès le championnat du monde de Perth, dessinant déjà la stratégie de réaction qu’il allait en partie dévoiler aux journalistes réunis le 5 janvier dernier pour l’annonce des sélections, puis détailler aux coureurs sélectionnés, réunis cette semaine à Briançon pour un stage un peu particulier.
Bref, il est difficile de dire si elles seront tenues et efficientes, mais voici 5 les bonnes résolutions de cette année olympique.

 

1. Le collectif
Esprit d"équipeAux Jeux, l'esprit d'équipe compte comme une force indispensable pour prétendre au surpassement. Il n'a pourtant rien d'évident et doit se construire lors de rendez-vous collectifs, initiés autour d'une session de travail en commun, comme ici à Weymouth, pour une étude du plan d'eau olympique.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPILe programme des 200 derniers jours avant les JO a attaqué sans trainer : dès le lundi suivant l’annonce des sélectionnés, ceux-ci et leurs entraîneurs étaient convoqués à Briançon pour une semaine en «petit comité». L’intitulé de ce stage un peu particulier : "Cohésion". Les précédentes éditions des Jeux ont en effet montré que l’esprit d’équipe pouvait donner des ailes aux athlètes. Mais dans des disciplines indépendantes, le sentiment d’appartenir à un collectif n’est par définition guère développé ; d’où l’idée de le développer "artificiellement".

Par ailleurs, le DTN a décidé de durcir ses directives en matière d’organisation des entrainements, exigeant que les coureurs d’une même série s’entraînent ensemble. L’idée est d’abord retenue pour les Laser Radial et le 470 féminin où les Françaises comptent parmi les meilleures mondiales, mais ne naviguent pas toujours ensemble… Et parce qu’elles restent en sélection. Pour les autres séries où le tri a déjà été fait, c’est un peu plus compliqué, mais le DTN compte bien que les gars du 470 rejoignent les filles, que les filles du match-race soient elles aussi aidées par les garçons, etc…

 

2. Le foncier
Stage à Briançon 2012A Briançon, les coureurs sélectionnés avaient rendez-vous cette semaine pour partager et échanger autour d"exercices moins communs, comme le ski de fond... Un bon moyen aussi d'initier le travail foncier réclamé par le DTN.Photo @ Lionel Cottin FFVFormer une "vraie équipe" n’est pas la seule idée que le championnat du monde de Perth a donnée au DTN. Voir les Français peiner à enchainer les manches dans des conditions difficiles et finir par manquer de lucidité lui ont fait conclure à un manque de physique. C’est d’ailleurs sans ironie que Philippe Gouard a ajouté "et Préparation physique" à l’intitulé du stage de Briançon.

Le DTN entend que ses athlètes travaillent leur foncier, autant à terre qu’en mer, et qu’ils augmentent leurs volumes d’entrainement. «Le talent seul ne suffit plus. A niveau égal, argue-t-il, nos adversaires sont plus présents sur l’eau.» Il ne s’agit pas non plus de tomber dans l’excès inverse… Mais on parle bien d’un gain de 20 à 30 %.

Des pourcentages de quoi exactement ? Des pourcentages globaux, on imagine : de condition physique, d’aisance technique, de niveau… «La dernière marche correspond à un investissement d’énergie de 30 % supérieur, explique-t-il, quand la différence entre deux marches classiques n’est que de 5 %.» Faire et maîtriser ses gammes n’a rien de honteux.

A vaincre sans péril...Pour le DTN, une dernière ligne droite de travail acharné et d'engagement maximal est la seule alternative. Aller chercher une médaille ne peut pas être une sinécure... Mais théoriquement, les Français savent faire !Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPI

3. L’ascèse
Mais le temps n’étant pas extensible, Gouard compte que ses athlètes en perdent moins, notamment en s’évitant nombre de déplacements. Pour 2012, on oublie les programmes qui incluent le circuit mondial complet – qui passe par l’hémisphère Sud – et les blocs d’entrainement à Miami et à Sydney. «Les Jeux sont à Weymouth. Brest, La Baule, La Rochelle, Quiberon sont des plans d’eau exceptionnels, dont les synoptiques sont équivalents à ceux du plan d’eau olympique», analyse le DTN. «Mais évidemment, ça ne fait rêver personne de s’entraîner à Brest : le monde entier vient s’entraîner à Brest, mais pas nous, parce que cela n’a rien d’exotique», maugrée-t-il avant d’accorder à son équipe que cet hiver, elle navigue malgré tout au chaud.

Utiliser «nos propres bases» permettra en outre quelques économies bienvenues… Et devrait casser la routine que Gouard craint et dénonce. «Car les Jeux sont tout l’inverse de la routine», indique-t-il, avant de prôner une forme d’abnégation pour une «dernière ligne droite [qui] ne sera pas confortable.» Dès le mois de mars, les sélectionnés passeront en outre 15 jours par mois à Weymouth.

 

4. La constance et l’exceptionnel
«Les Français, on a toujours des trucs où on est plus rapides. Sauf qu’au final, on est moins bons», critique encore le DTN qui croit pourtant en les compétences de ses coureurs. Selon lui, le problème de nos coureurs serait leur manque de constance au plus haut niveau, ce que l’accroissement des volumes d’entrainement pourrait aider à résoudre. En l’occurrence, la saison 2010 – celle où a été décroché le titre mondial – stigmatiserait un cas du «sur-jeu», notre Equipe ayant navigué au-dessus de son niveau réel… Mais retrouver cette vista et la rendre pérenne fait partie du programme.

Le recours à un entraineur étranger (l’Anglais Ian Clingan pour les filles du Laser Radial) et le bousculement des autres cadres sont une autre piste que Gouard souhaite explorer afin de mieux aider ses coureurs… Car les Jeux olympiques réclament toujours pour lui de «l’exceptionnel» et un dépassement de soi hors norme.

Atypie olympiquePour le DTN, Claire Leroy, la barreuse de notre équipage de match-race, présente cette atypie qui pour lui fait la spécificité des plus grands (les Ainslie, Percy et Scheidt) et qu'il a recherchée dans ses sélections : selon lui, être un athlète de haut niveau est une chose, mais décrocher une médaille en est une autre Photo @ Guillaume Durand FFV

5. La culture du rêve
Le DTN conclut que ses athlètes ne ramèneront des médailles que s’ils ont une réaction sur l’honneur et font vœux d’abnégation et de travail sur les 195 jours qui les séparent encore des Jeux. «Il faut avoir son projet en soi et assumer son rang», précise-t-il en soulignant les personnalités "atypiques" que sont des champions comme le Brésilien Robert Scheidt ou l’Anglais Ben Ainslie – plus qu’un mot, "l’atypie" est la base de la sélection olympique du DTN. En échange, il promet d’offrir un management et un encadrement à la hauteur de leur ambition.

Car ce sera six médailles aux Jeux de Londres, le DTN n’en démord pas – en annoncer moins serait une manière de dénigrer ses athlètes.

 

N°492...........
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«Avec Perth et fracas», publié dans le numéro de février de Voiles et Voiliers (n°492), en kiosque dès le 20 janvier.

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