Les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro se sont achevés le 21 août 2016 et pour une fois les voileux ont pleinement été associés à la fête puisque les régates se sont déroulés dans la baie. Les véliplanchistes français, Charline Picon et Pierre Le Coq, se sont distingués en obtenant respectivement l'or et le bronze dans la catégorie RS:X. Camille Lecointre et Hélène Defrance ont, quant à elles, ramené le bronze en 470.

Actualité à la Hune

JO de Londres 2012

L’heure des grands garçons

Les Finn ont terminé leurs manches aujourd’hui et font la pause demain, avant d’en découdre dimanche à l’occasion d’une Medal Race qui s’annonce particulièrement saignante. Ils sont six pour trois médailles.
  • Publié le : 03/08/2012 - 23:29

Lacher les chevaux !La vitesse au portant de Jonathan lui aura permis de compenser ses manques dans l'entame de ses manches et de toujours revenir au contact.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPI

Un genre de Candide à la VoltaireL'insouciance de Jonathan Lobert n'a rien d'un défaut. C'est simplement qu'il n'a aucun souci, pas même celui d"aller chercher une médaille dimanche.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPIDe notre envoyée spéciale dans la "Zone mixte". Encore humide et sanglé dans sa culotte de rappel, le Danois Jonas Hogh-Christensen pérore presque sur le goudron de la marina olympique. Il a de quoi : en terminant 5e et 3e des deux dernières manches courues aujourd’hui, il garde la tête du classement des Finn, deux points devant l’IMMENSE BEN AINSLIE. Deux points, cela ne vaudra pas grand chose, dimanche (ils sont de repos samedi) dans une Medal Race où les points comptent double. C’est à celui qui finira devant.

Mais de quoi le rouquin aurait-il pu rêver d’autre ? «A la veille des Jeux, nous avons discuté avec mon entraineur de ce qu’il fallait faire pour s’assurer de figurer parmi les dix meilleurs, puis pour bien finir en Medal Race… Maintenant, je suis sûr de décrocher au moins le bronze.», explique-t-il d’un air dégagé, avant de mettre les journalistes en boîte. «Je n’ai pas de plan pour dimanche, si ce n’est d'aller naviguer. Et faire en sorte de prendre un bon départ. Ben est très bon sur les départs… Mais ni lui ni moi n’avons intérêt à régler ça en match-race, car le Hollandais pourrait revenir sur nous.»

De son côté, l’Anglais semble bien moins détendu et ses rares plaisanteries tombent à plat. Serrant les dents, il promet lui aussi qu’il ne provoquera pas de mano a mano… En un autre temps, celui qui l’avait opposé à Robert Scheidt en Laser, en baie de Sydney, avait pourtant fait sa gloire… Lorsqu’ils se croisent, avec le Danois, l’air crépite d’électricité. Pas un regard échangé. Les bons mots du Scandinave ne trompent personne. Je mets mon billet que l’Anglais lui fera payer dimanche le coup pendable que lui ont fait ses deux adversaires jeudi. «Hogh-Christensen et le Hollandais étaient de mèche pour prétendre que j’avais touché une marque quand il n’en était rien et ça m’a sérieusement gonflé. Je n’ai pas touché la bouée. J’ai une idée particulièrement précise de quand je touche une marque et quand je ne la touche pas. Mais je suis suffisamment mature et avisé pour ne pas tomber dans ce panneau. Raison pour laquelle, j’ai fait mon 360° de pénalité», déclarait-il dans le Guardian.

Banco !Dimanche, pour entrer dans la légende, Jonathan devra surveiller le Croate et le Slovène et intercaler un bateau entre lui et le Hollandais. Tout à fait jouable.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPI

Justement, le Hollandais Pieter-Jan Postma, champion du monde à Perth, est 3e du classement général provisoire. Quatorze points derrière Ainslie, il pourrait mathématiquement prétendre à l’argent, mais cela risque d’être compliqué. Surtout parce que Jonathan Lobert et le Croate Kljakovic Gaspic sont à cinq points derrière et le Slovène Vasilij Zbogar à sept… Autrement dit, le Français n’a jamais été aussi proche de s’offrir une médaille de bronze pour ses premiers Jeux !

Mais Lobert reste égal à lui-même. D’une insouciance presque philosophe. «Tout reste à faire. On est quelques-uns pour la troisième médaille, donc il va falloir s’arracher sur la Medal Race. Mais c’est un scénario sympa, parce que c’est toujours possible ! De toute façon, je n’ai rien à perdre puisque je suis 4e. Maintenant, c’est la médaille ou rien ! Je vais tout tenter !»

 

Autres brèves de la "Zone mixte"
Zone mixteLa zone mixte est le seul endroit où les journalistes sont officiellement autorisés à converser avec les coureurs.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPIStar. 10e, Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot valident eux aussi leur ticket pour la Medal Race de dimanche, mais sans aucune chance de décrocher une médaille. Le barreur quintuple sélectionné olympique et médaillé à Athènes ne s’en remet pas : «Je suis pas bon. Je passe à travers le plan d’eau, je ne vois pas les effets, je ne sens pas les coups, j’arrive pas à anticiper.»

470 Hommes. Pierre Leboucher et Vincent Garos font à peine mieux pour leur 2e journée et pointent à la 6e place. «Il n’y a pas de différence de niveau entre les Jeux et les autres épreuves. C’est nous qui nous mettons derrière.»

470 Femmes. Camille Lecointre et Mathilde Géron font la gueule après une première journée laborieuse. «On a fait de la merde de A à Z», dixit la barreuse. Elles sont 15e au général.

49er. Une disqualification sur un départ volé gâche une belle journée pour Emmanuel Dyen et Stéphane Christidis qui pointent à la 6e place. «Le bateau allait vraiment super bien aujourd’hui et on foire deux départs sur trois, ont-ils du mal à encaisser. Avec treize points à rattraper à quatre manches de la fin, plus la Medal Race, tout est encore jouable.»

Laser Radial. Sarah Steayaert retrouve enfin le sourire alors qu’elle revient 14e. «La journée de repos m’a permis de me recentrer sur des choses plus essentielles comme de prendre un bon départ, car si on ne prend par de bons départs, cela ne sert à rien de parler tactique.»

Laser. Une belle manche de 2e pour Jean-Baptiste Bernaz qui pointe à la 7e place, à 20 points du podium.

Match-race. Les filles sont qualifiées en quart, c’est maintenant certain, bien qu’elles n’aient encore rien fait d’exceptionnel, «mais ce sont des diesel», s’amuse Philippe Gomez, le monsieur règle de course de l’Equipe de France.

 

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La "Zone mixte" aux JO, c’est un étroit couloir délimité par des barrières dans lequel les coureurs ont l’obligation de passer à leur retour de sur l’eau et c’est le seul moment où les journalistes peuvent les approcher.