Les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro se sont achevés le 21 août 2016 et pour une fois les voileux ont pleinement été associés à la fête puisque les régates se sont déroulés dans la baie. Les véliplanchistes français, Charline Picon et Pierre Le Coq, se sont distingués en obtenant respectivement l'or et le bronze dans la catégorie RS:X. Camille Lecointre et Hélène Defrance ont, quant à elles, ramené le bronze en 470.

Actualité à la Hune

JO de Londres 2012 - 470 hommes

Leboucher-Garos : «On a le potentiel pour gagner»

  • Publié le : 21/06/2012 - 00:01

Technique au prèsNos sélectionnés en 470 sont notamment rapides au près, depuis qu'ils ont remis au goût du jour une technique particulièrement agressive de l'équipier qui pompe les voiles en tirant "en rythme" sur son câble de trapèze.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPI

Tic tac ! Tic tac ! Un mois avant les Jeux. Pierre Leboucher et Vincent Garos viennent de prendre le titre de vice-champions du monde de 470, mais n’en ont pas fini de travailler pour la médaille. Introspection.

Il n’y aurait eu cette cuisante 17e place obtenue à Weymouth, sur la dernière Sail for Gold, justifiée par le fait qu’ils n’étaient «pas trop dans le match», Pierre Leboucher et Vincent Garos auraient été invaincus sur le plan d’eau olympique depuis 2010… Nos sélectionnés en 470 masculin n’en figurent pas moins parmi les grands favoris des prochains Jeux, à l’égal des Australiens. Pour preuve, quelques semaines plus tôt, ils décrochaient le titre de vice-champions du monde et détaillaient leur quotidien et leur état d’esprit, à un peu plus d’un mois des Jeux.

 

Pierre Leboucher et Vincent Garos, au charbon !Pierre Leboucher et Vincent Garos (à droite) ont décroché leur première sélection olympique au terme d'une âpre lutte, mais leur cote internationale les place parmi les grands favoris pour une médaille olympique.Photo @ Vincent Curutchet FFVv&v.com : À deux mois des Jeux, vous décrochez enfin le podium sur le championnat du monde, podium dont vous rêvez depuis des années : vice-champions du monde !
Pierre Leboucher :
Ouais, ça y est, c’est fait ! (Rires) Ouf ! Il était temps !
Vincent Garos : C’est bien… On est vraiment contents, d’autant que l’on n’était pas forcément prédestinés à ça, alors que je m'étais blessé au pied quelques semaines plus tôt. C’est top ! On a bien navigué, même si on a eu un peu de mal dans la grosse journée de baston parce qu’on s’est retrouvés un peu juste physiquement, et puis on est montés en puissance, on a eu un peu de réussite… Je crois qu’on peut dire que c’était notre destin. (Rires)

v&v.com : … Mais reste le problème des mecs qui sont devant, toujours les mêmes : les Australiens Mathew Belcher et Malcolm Page. Comment allez-vous vous en dépêtrer ?
P.L. :
Ouais, ils marquent un peu les esprits par rapport aux autres concurrents… Mais nous, pas trop. On sait qu’ils sont forts, voilà.
V.G. : Je crois que ce n’est pas un gros problème, honnêtement. Ils ont fait de super manches de qualification (six manches courues en poule, six victoires, ndr), mais après on les a battus en finales. Or, les Jeux, ce ne sont que des jours de finales, tous les jours.
P.L. : Le fait qu’il n’y ait qu’une seule flotte aux Jeux, plutôt que plusieurs poules dont les niveaux peuvent être hétérogènes, va jouer en notre faveur. Et puis, plus les conditions seront variées, plus la situation sera à notre avantage, car nous sommes polyvalents, alors qu’eux s’en sortent particulièrement quand il y a du vent… On a vraiment progressé sur les points où ils étaient meilleurs que nous et puis, on aura l’envie !
V.G. : Entre nous, on n’a pas tout donné sur ce mondial. Honnêtement, on était beaucoup plus à fond sur nos régates de sélections et on en a encore sous le pied. Aux Jeux, on sera fatigués tous les soirs ! Car on compte bien se mettre plus dans le rouge et grappiller des mètres à la force du poignet !

v&v.com : Pourtant, tu disais tout à l’heure que vous aviez manqué d'un peu de physique sur le mondial…
V.G. :
En fait, le premier jour, on n’a fait qu’une seule manche (que l’on a gagnée), faute de vent. Donc le suivant, on en a fait trois pour rattraper le retard sur le programme, alors qu’il y avait 15-17 nœuds et c’est vrai qu’au près, j’ai trouvé qu’on était un peu justes… Mais il faut dire aussi qu’on avait fait de gros efforts sur le poids et qu’on était peut-être un peu secs, quoi.

v&v.com : Comment ça se fait que vous faites un effort sur le poids ?
V.G. :
Parce qu’ils annonçaient pas de vent sur cette régate.

v&v.com : Donc vous aviez quand même misé sur ce Mondial…
V.G. :
Ouais… Du coup, on a moins mangé avant la régate. Et puis il s’est avéré que la météo a changé la veille – un peu comme d’habitude, quoi – et, si on était contents le premier jour, le deuxième on était un peu déshydratés, en manque de forces… Bon, et puis c’est revenu assez vite quand on s’est remis à manger normalement.

Coque ZiegelmayerLeboucher et Garos seront pratiquement les seuls à courir les Jeux sur une coque Ziegelmayer, dont les formes sont difficiles à maîtriser au portant, selon eux, mais plus performantes au près que les Mackay notamment. Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPI

v&v.com : C’est le genre de conneries que vous envisagez de faire pour les Jeux, ou c’est bon, ça vous a vaccinés ?
V.G. :
Non, non ! Pour les Jeux, on prévoit d’arriver à notre poids de forme et de rester stables sur la régate, comme on le fait toujours, en fait.

v&v.com : Comment s’organise votre programme à un peu plus d’un mois des Jeux ?
V.G. :
Après la Sail for Gold, la semaine olympique de Weymouth qui va servir d’épreuve de préparation aux Jeux et de travail sur les départs et les manœuvres, mais qui n’est pas très importante pour nous (Pierre et Vincent finiront 17e, tandis que les Australiens s’imposeront à nouveau, ndr), on va surtout profiter des entrainements que l’on fera là-bas avec Sofian Bouvet et Vincent Guillarm avec lesquels on s’entend bien. Et puis, il y a les filles. (Camille Lecointre et Mathilde Géron, les sélectionnées, ndr.)

v&v.com : Ça vous fait combien de blocs d’entraînement ?
V.G. :
Dix jours mi-juin, une pause, puis les deux premières semaines de juillet. On fait une petite régate d’entraînement, je crois, et puis voilà, c’est tout.

v&v.com : Comment cela s’organise-t-il ?
V.G. :
Depuis la fin des sélections, on est contents de pouvoir travailler spécifiquement pour les Jeux. Et mine de rien, on passe pas mal de temps à développer le matériel – on a notamment passé du temps à l’ENV pour faire des mesures de mâts et de coques, peser des dérives. On a aussi préparé des nouveaux mâts… Bref, on rentre vraiment dans le détail.
P.L. : L’idée est de s’en remettre au maximum aux paramètres sur lesquels on peut jouer – l’eau et le vent – et de bloquer les autres, et particulièrement de limiter les aléas liés au matériel. Si on a le potentiel pour gagner les Jeux, on peut aussi faire 15e : on ne sait jamais ce qui peut arriver, il peut y avoir de la casse, une blessure…

v&v.com : Allez les gars, vous n’allez pas faire 15e aux Jeux ! Que recherchez-vous en particulier, côté matos ?
V.G. : À ne pas changer les choses. Mais à avoir des choses plus fiables, plus solides… Et si on peut améliorer de petites choses dont avait pas eu le temps de s’occuper avant, comme de renforcer nos cuillères de trapèze, par exemple...

v&v.com : Notamment, vous avez gardé vos voiles habituelles, c’est ça ?
V.G. :
Oui, on est restés sur notre configuration de base, polyvalente. Du côté de la coque, on ne sera probablement que deux équipages à courir sur Ziegelmayer, avec les Australiens. Je pense que c’est un atout par rapport aux autres, parce que c’est une coque qui va un peu mieux au près et est certes un peu moins bien au vent arrière, mais on arrive à trouver des solutions, maintenant. Voilà, comme je te le disais, on essaie de ne pas trop changer les choses et de rester concentrés sur l’aspect sportif, car mine de rien, il y a de plus en plus de sollicitations externes !

v&v.com : Qu’est-ce qui vous inquiète le plus, finalement ?
P.L. :
La casse et de se blesser… Après, pour l’instant, on est contents car la préparation se passe bien et on est dans les clous.

Faits pour WeymouthEst-ce le fait d'un contre-coup après les sélections, la blessure de Vincent et le podium au mondial ? Les Français ont en effet enregistré, début juin, leur première contre-performance sur le plan d'eau des Jeux... Mais jusqu'ici, ils avaient remporté toutes les épreuves courues à Weymouth depuis 2010.Photo @ D.R. on Edition

v&v.com : Sur l’eau, vous bossez sur quoi spécifiquement ?
P.L. :
Sur le plan d’eau des Jeux, sur les réglages qui lui vont bien, sur notre choix de matériel... On va régater sur toutes les zones de course, donc il faut entretenir notre polyvalence.

v&v.com : Que vous soyez installés en haut des classements depuis un petit moment déjà, est-ce confortable ? Ou est-ce que cela revient à craindre que vos concurrents commencent à vous connaître, ainsi que vos défauts, et menacent de vous reprendre ?
P.L. : (Rires.) Non ! Enfin, je ne sais pas : nous, déjà, on a toujours des trucs à travailler. On navigue toujours pour progresser et être meilleurs. L’idée, c’est de parvenir à garder son avance, si l’on en a une sur nos concurrents ! Après, c’est certain que l’on regarde le résultat final… Mais au départ, l’objectif est de naviguer bien et propre. Si l’on fait un bon résultat, mais que sur l’eau, on n’a pas été parfaits, on n’est pas contents de nous !

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