Les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro se sont achevés le 21 août 2016 et pour une fois les voileux ont pleinement été associés à la fête puisque les régates se sont déroulés dans la baie. Les véliplanchistes français, Charline Picon et Pierre Le Coq, se sont distingués en obtenant respectivement l'or et le bronze dans la catégorie RS:X. Camille Lecointre et Hélène Defrance ont, quant à elles, ramené le bronze en 470.

Actualité à la Hune

JO de Londres 2012

Lobert fait son hold-up !!

A 27 ans et pour ses premiers Jeux olympiques, Jonathan Lobert décroche une incroyable et magnifique médaille de bronze en Finn, après avoir remporté une Medal Race d’anthologie !
  • Publié le : 05/08/2012 - 21:32

Aux innocents les mains pleinesJonathan Lobert crée l'exploit en remportant une médaille olympique lors de ses premiers Jeux et montre le chemin à une Équipe le France jusqu'ici en souffrance.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPI

Podium olympique 2012 des FinnBen Ainslie remporte donc sa cinquième médaille, sa quatrième en or et sa troisième en Finn. Le Danois Jonas Hogh-Christensen prend l'argent et Jonathan Lobert, le bronze, après avoir remporté une fantastique Medal Race.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPIDe notre envoyée spéciale sur le rond des Medal Races. Les trois grands gaillards sont émus aux larmes, ou pas loin, quand l’hymne anglais retentit devant les anneaux olympiques, face au soleil et à une poignée d’invités triés sur le volet.
L’Anglais Ben Ainslie parce qu’il est allé au bout de lui-même, défiant les dieux pour arracher sa cinquième médaille olympique, sa quatrième en or et sa troisième en Finn consécutive, et est devenu le barreur olympique le plus titré de tous les temps.
Le Danois parce que son casse a foiré parce que l’Anglais est trop fort et qu’il ne l’a pas lâché d’une semelle pendant la Medal Race.
Et le Français Jonathan Lobert, colosse inoxydable au cœur gros comme ça, parce qu’il pose à côté de son idole – il avait 11 ans et régatait en Opti quand il regardait Ainslie monter sur son premier podium olympique, à Atlanta – et offre sa première médaille à la voile française.

«Une manche de folie ! C’était fou. Une manche de folie», soupire le Nantais qui peine à croire ce qu’il a accompli. Quatrième avant la Medal Race des Finn disputée cet après-midi dans une dizaine de nœuds, sur le rond Nothe, près de terre, où le vent est particulièrement compliqué, le Français devait sortir une combinaison impossible pour déposséder le Hollandais Pieter-Jan Postma de sa médaille de bronze alors même qu’il peut lui aussi espérer l’or… Il doit donc finir devant le Slovène, le Croate et au moins deux places devant le Hollandais.

Et il l’a fait ! «Je suis parti comme j’avais dit, au comité, en essayant de me tenir à distance de l’Anglais et du Danois, le temps qu’ils aient fini leurs histoires… (Ainslie a entraîné Hogh-Christensen dans un circling infernal, façon match-race, «parce qu’[il avait] senti qu’[il devait] lui mettre la pression avant le départ», expliquera-t-il ensuite, ndr) C’est ce que j’ai fait. Je voulais aller à droite parce qu’il me semblait qu’il y avait plus de pression et je voulais avoir de l’air frais le plus vite possible pour pouvoir exploiter au mieux les oscillations.»
Lobert part donc dégagé, fait quasiment deux bords à droite et passe 2e au vent, juste derrière le Croate. Alors il se dit que ça peut le faire. Les Finnistes ont le droit de pomper au portant et le Français s’en donne à cœur joie – «Jonathan aime particulièrement ça», commentera Ainslie.
Au deuxième passage au vent, le Français enroule en tête avec un wagon d’avance ; le vent est tombé, le vent arrière est plus calme. Le Hollandais est aux fraises et l’Anglais continue de surveiller le Danois de très près.

Puissance et vitesseSa polyvalence et sa vitesse démente au portant ont permis à Lobert d'additionner les bonnes manches, de remporter la Medal Race et de s'inviter à la table des rois. Magique !Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPI

Et puis, tout s’affole. Au dernier passage au vent, l’avance de Lobert a fondu et puis… «Le Hollandais a touché une risée magique sur la gauche. Je l’ai vu monté à fond au rappel et je me suis dit "c’est pas possible !"» Le Hollandais est troisième.
Et Lobert de trembler. «C’était fini, je ne voyais pas trop ce qu’il pouvait se passer dans le dernier vent arrière. Je me suis dit que j’allais juste gagner la Medal Race et que ce serait déjà bien. Et puis Postma a tout simplement pété un plomb.»

Quelques mètres avant la fin, coup de théâtre. Le Hollandais est mathématiquement médaillé, mais s’il prend la 2e place derrière Lobert, il devient champion olympique – Ainslie dira qu’il n’y pouvait plus grand chose, car la manche était trop difficile, le vent trop aléatoire pour qu’il soit parvenu à aussi contrôler Postma. Alors le Hollandais est trop gourmand, touche le Néo-Zélandais en voulant lui faire l'intérieur à la bouée et doit faire un 720° de pénalité. Il termine 5e.
«Moi, je ne sais pas ce qu’il a fait ! Mais il m’a un peu donné la médaille !.. J’ai très peu regardé derrière. De toute façon, je ne pouvais rien contrôler, donc le but du jeu était d’essayer de gagner le plus de terrain possible. En fait, j’ai juste essayé de faire ma course sans me préoccuper de ce qu'il se passait autour… Et ça m’a déjà pris suffisamment d’énergie ! (Rires.) […] A chaque fois que je doutais, j’essayais de me dire que j’étais aux Jeux olympiques, que j’avais la chance de jouer une médaille et que c’est le rêve d’un paquet de coureurs… Alors j’ai juste attendu le moment où je pourrai donner tout ce que j’avais.»

Dans la tribune des Français, l’entraineur François Le Castrec écrase une larme (voire deux) et tous – les filles du 470 sont encore en combars – hurlent, battent des mains et chantent une petite chanson paillarde à Lobert… Tout compte fait, du haut de ses 27 ans et pour ses premiers Jeux, ce gaillard-là leur offre plus qu’une médaille. Il leur montre que même en étant l’outsider sur lequel personne n’aurait parié très cher, on peut le faire. Lobert est un exemple et un nouvel élan. Il prouve qu’une certaine insouciance paie et que rien n’est impossible.

 

 

Autres brèves des JO
Star. Les Star aussi ont connu leur hold-up pendant la Medal Race conclue une heure plus tôt sur le rond Nothe : les favoris anglais Iain Percy et Andrew Simpson n’avaient qu’à contrôler leurs adversaires directs, les Brésiliens et les Suédois. Mais dès le deuxième bord de près, l’affaire tourne au marquage serré des Brésiliens par les Anglais, alors que les Suédois mènent la course. Percy et Simpson ont-ils perdu la raison, obnubilés par les gigantesques Robert Scheidt et Bruno Prada ? Ou ont-ils déjà compris qu’ils ne reviendront pas sur Fredrik Loof et Max Salminen et qu’ils doivent tout faire pour sauver la médaille d’argent ? Difficile à dire. Les Brésiliens terminent 7e de la Medal Race et rétrograde à la 3e place de ces Jeux. Huitièmes, les Anglais se contentent de l’argent – «se contenter», c’est une façon de dire, car Iain Percy est prostré dès la ligne d’arrivée franchie et aura bien du mal à se maîtriser sur le podium. Grâce à leur victoire sur la Medal Race, les Suédois sont champions olympiques – si les Anglais avaient terminé 6e, ils restaient en or. Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot terminent 4e de la Medal Race et 9e des Jeux.

RS:X Hommes. Julien Bontemps espérait beaucoup de cette journée de dimanche moins ventée et plus compliquée, un temps qui lui sied particulièrement. Hélas, il ne sort qu’une manche de 8 et une autre de 6. Relégué à la 6e place, à 20 points du podium à la veille de la Medal Race (à courir mardi), le médaillé d’argent de Pékin ne peut plus espérer monter sur le podium de Londres.

RS:X Femmes. Même histoire pour Charline Picon, 8e à la veille de la Medal Race (à courir mardi) et trop loin en points du podium.

49er. Pas de coup d’éclat pour Emmanuel Dyen et Stpéhane Christidis aujourd’hui, mais à deux manches de la fin des hostilités, plus la Medal Race, la médaille est toujours à leur portée.

470 Femmes. Avec une manche de 12 et une autre 3, Camille Lecointre et Mathilde Géron pointent à la 6e place. Quatre manches et la Medal Race restent à courir. Elles sont de repos demain.

 

Demain
Medal Race des Laser Radial à 14h00, heure française. (Pas de Française engagée)
Medal Race des Laser à 15h00, heure française.