Les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro se sont achevés le 21 août 2016 et pour une fois les voileux ont pleinement été associés à la fête puisque les régates se sont déroulés dans la baie. Les véliplanchistes français, Charline Picon et Pierre Le Coq, se sont distingués en obtenant respectivement l'or et le bronze dans la catégorie RS:X. Camille Lecointre et Hélène Defrance ont, quant à elles, ramené le bronze en 470.

Actualité à la Hune

Mondial ISAF à Perth – JO 2012 – 49er

Dyen-Christidis : «Sortir la tête du bateau et être opportuniste»

En terminant 18e du mondial à Perth, Emmanuel Dyen et Stéphane Christidis (49er) ont cru que le ciel leur était tombé sur la tête… Hier pourtant, ils tutoyaient le podium. Demain donc, ils y retourneront.
  • Publié le : 24/12/2011 - 00:04

Atout et maîtresQuelques erreurs, quelques manques de fluidité... Dyen et Christidis n"ont pas beaucoup régaté cette année, mais attaquent le mondial hyper fort.Photo @ Richard Langdon Ocean Images / Perth 2011
Même si les derniers jours de course ont été une véritable descente en enfer – ils échouent à la 18e place après deux disqualifications, Emmanuel Dyen et Stéphane Christidis ont débuté le championnat du monde de Perth sur les chapeaux de roue, occupant le podium provisoire des 49er tout en pestant à la moindre de leurs petites erreurs… Ils le savent : décrocher une médaille aux Jeux – ce que l’équipage est en mesure de faire – est une affaire de perfection.

 

Dyen et Christidis, 18e à PerthEnchaîner deux journées noires en fin de championnat et dégringoler du podium à la 18e place de ce mondial à Perth, ce n"est pourtant pas ce qu"Emmanuel Dyen et Stéphane Christidis avaient imaginé. L"équipage, formé en 2008, n"en compte pas moins parmi les favoris pour les JO.Photo @ Jean-Marie Liot FFVv&v.com : Le championnat du monde a bien commencé pour vous et vous a permis de voir où vous en êtes… Quels sont vos atouts pour Weymouth et les points qui vous restent à travailler ?
Stéphane Christidis : Oui, cette saison a été un peu particulière pour nous, car Manu s’est blessé à l’épaule en avril, pendant la semaine olympique d’Hyères, ce qui nous a forcé à faire une coupure d’un peu plus de trois mois en plein milieu. Ce qui fait qu’on a peu régaté, même si on a fait deux belles épreuves : victoire à Palma, 6e au Test Event de Weymouth à notre reprise. Le championnat du monde de Perth n’est finalement que notre troisième régate de la saison… Alors il nous manque un peu de confrontation. Mais globalement, on est satisfait d’avoir passé un cran dans le vent fort, un domaine que l’on a particulièrement travaillé cet hiver.

 

v&v.com : A Perth, vous avez donc pu éprouver ces progrès ?
S.C. :
Sur le début de championnat, on a eu des conditions très orageuses, avec un vent qui bouge beaucoup. Or, nous, on fait quelques boulettes d’observation et on manque encore un peu de réactivité. Il faut aussi qu’on arrive à être plus opportunistes à certains moments de la manche.
Emmanuel Dyen : Par rapport aux Jeux, on sent bien que l’on a le potentiel pour faire une médaille et on va aller la chercher. Mais ce que dit Steph’ est juste : même si techniquement et en vitesse, cela va très bien, on manque un peu de régate. Il y a quelques petits détails sur lesquels on va s’améliorer.

 

v&v.com : Quand vous parlez des phases clé de la régate, vous voulez dire tout ce qui est départ, navigation au contact, enroulement de marques…
E.D. :
Pour ce qui est du départ, on les a pas mal bossés et ce n’est pas vraiment ce qui a pêché ici, sauf sur une manche. C’est plutôt sur le fait de bien sortir la tête du bateau et d’être opportunistes qui nous préoccupe.

 

v&v.com : Quelles sont les similitudes entre les conditions de navigation à Perth, le plan d’eau du mondial, et à Weymouth, le plan d’eau des Jeux ?
E.D. : Le vent de terre, ici, très oscillant, ça ressemble pas mal à Weymouth. Surtout avec des grains comme ça, alors qu’il peut y avoir pas mal de passages nuageux en Angleterre aussi. Pour ce qui est du "Docteur Fremantle" que l’on peut avoir ici, un vent du large avec de la vague qui se lève l’après-midi, il n’y a guère de correspondance.

 

v&v.com : Dans ces conditions, quels sont les concurrents que vous craignez le plus pour cette course à la médaille ?
E.D. : Les Australiens Nathan Outteridge et Iain Jensen sont un cran au dessus, puisque c’est vrai que depuis deux ans, ils gagnent toutes les régates. Après, je dirais qu’on est cinq à six bateaux à jouer sur les deux autres marches du podium.

 

Spi orangeAvec leur spi orange pétant, le seul de la flotte, on les voit débouler de loin. Au portant, Dyen et Christidis ont la balle et du talent et remontent leurs adversaires avec cynisme.Photo @ Richard Langdon Ocean Images / Perth 2011
v&v.com : Aïe ! Ça fait quand même du monde…

E.D. : Oui, c’est serré. Bien à l’image des régates : l’Australien est facilement devant et le reste tourne un peu.

 

v&v.com : Et quand on suit l’une de vos manches, on a l’impression que les écarts entre les bateaux peuvent vite être monstrueux…
S.C. : Je crois que c’est surtout lié aux conditions orageuses sur ce plan d’eau : on peut avoir des différences d’intensité de 10 nœuds entre la droite et la gauche et des oscillations de 25 à 30°… Alors entre un équipage qui est dans de l’adonnante dans 16 nœuds de vent et celui qui est dans du refus, par 8 nœuds, les différences se font vite, surtout s’il y en a un qui est dans les conditions de planning.

 

v&v.com : Chacun, vous avez une expérience différente des Jeux puisque Stéphane, tu les as fait en 2004 et Manu, en 2008. Comment pouvez-vous mettre ces vécus en commun ?
S.C. : On a déjà une idée sur notre approche des Jeux et ce que l’on fera pendant. Mais ce qui a changé surtout, c’est que l’on ne se focalise pas sur la sélection – ce qu’on n’avait pas pu faire sur nos olympiades précédentes, où on avait perdu beaucoup d’énergie à être premiers Français, ce qui s’était suivi d’un bon coup de mou. Aujourd’hui, on se concentre vraiment pour progresser, aller chercher les places dans le Top 3 mondial et on se dit que la sélection viendra naturellement.
E.D. : Je crois qu’il ne faut pas en parler trop tôt non plus… Il faut en parler le moment venu, si tu en parles avant, tu ne risques que de te mettre la pression pour rien.
 

N°492...........
> Retrouvez le bilan complet du mondial à Perth dans l'article
«Avec Perth et fracas», publié dans le numéro de février de Voiles et Voiliers (n°492), en kiosque dès le 20 janvier.

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