Les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro se sont achevés le 21 août 2016 et pour une fois les voileux ont pleinement été associés à la fête puisque les régates se sont déroulés dans la baie. Les véliplanchistes français, Charline Picon et Pierre Le Coq, se sont distingués en obtenant respectivement l'or et le bronze dans la catégorie RS:X. Camille Lecointre et Hélène Defrance ont, quant à elles, ramené le bronze en 470.

Actualité à la Hune

Nautic 2014 – Équipe de France olympique

25 retenus (et les clés pour comprendre)

  • Publié le : 15/12/2014 - 00:01

Équipe de France 2015, nouvelle donneLa version 2014 de la photo officielle de l'Équipe de France n'est plus à jour : 9 athlètes en sont sortis et 6 nouveaux y sont entrés.Photo @ Franck Socha FFVoile

JO de Rio, ça approche ! À moins de deux ans, le nombre des retenus en Équipe de France olympique a donc été réduit à 25 (avec six entrants) : revue de l’effectif et précisions données par le Directeur.

Après un mondial ISAF à Santander brillant – trois médailles d’or, une de bronze, première place au classement des nations, qualification des dix séries pour les prochains Jeux –, les Français attaquent l’année 2015 avec un collectif Équipe de France redessiné.
Les athlètes s’y trouvent au nombre de 25 (ils étaient 28 jusqu’alors), après neuf sorties et six nouvelles entrées… Ce qui nécessite quelques éclaircissements donnés par Guillaume Chiellino, le Directeur des Équipes de France.

Liste des athlètes retenus par série

RS:X Femmes
Charline Picon

Eugénie Ricard

RS:X Hommes
Julien Bontemps
Louis Giard
Thomas Goyard
Pierre Le Coq

Laser Radial
Marie Bolou
Mathilde de Kerangat

Laser
Jean-Baptiste Bernaz

Finn
Thomas Le Breton
Jonathan Lobert

470 Femmes
Camille Lecointre et Hélène Defrance

470 Hommes
Sofian Bouvet et Jérémie Mion
Guillaume Pirouelle et Valentin Sipan

49er FX
-

49er
Julien D’Ortoli et Noé Delpech
Emmanuel Dyen et Stéphane Christidis

Nacra 17
Billy Besson et Marie Riou
Moana Vaireaux et Manon Audinet

 

> Un quota ministériel n’ouvre-t-il pas les droits à entrer en Équipe de France ?
Terminez dans les huit premiers d’un championnat du monde et/ou dans les quatre premiers d’un européen et vous réalisez un quota Élite (sous réserve de validation de la Direction technique de la FFVoile), le plus haut grade dans la hiérarchie des Sportifs de Haut Niveau reconnus par le Ministère. La liste en est établie tous les ans et publiée sur le site du Ministère.
Or, bien qu’ils soient toujours en catégorie Élite, Julie Bossard et Sarah Steyaert (49er FX), Mathieu Frei et Yann Rocherieux (49er) et Nicolas Le Berre (470 – Pierre Leboucher fait quant à lui une pause) sont sortis de l’Équipe de France.

Guillaume Chiellino : «On ne lie pas le quota à l’Équipe de France. Pour entrer en "Équipe de France", il fallait avoir fini dans les six premiers lors du championnat du monde de Santander. Dans les faits, on est même descendu jusqu’à la 13e place.»

 

Abu Dhabi, finale de la World CupÀ Abu Dhabi, lors de la finale de la Coupe du monde 2014, Marie Riou et Billy Besson ont décroché une énième victoire en Nacra 17 et confirment leur position de leaders au sein de l'Équipe de France... Dans un style très décontracté, au moins en apparence. Photo @ Pedro Martinez Sailing Energy / ISAF

> Les entrées en Équipe de France sont-elles dictées par une stratégie série par série ?
Chez les planches hommes, ils sont quatre athlètes. En 470 femmes, il n’y a qu’un seul équipage retenu. Chez les 49er FX, aucun… Comment interpréter ces différences alors qu’une certaine souplesse a été autorisée par rapport à la règle telle qu’elle avait été définie (voir supra) ?

Guillaume Chiellino : «On n’a pas souhaité fermer en fonction du nombre d’équipages retenus dans chaque série… On aurait pu retenir les X meilleurs Français, quels que soient leurs classements, mais cela ne génère pas de performances, cela ne fait qu’inciter à se battre entre Français. En 49er, il est plus intéressant d’avoir deux équipages qu’un seul. C’est une série où l’on est un peu en retard par rapport à notre tableau de marche. On a brassé différentes idées et la meilleure est de rassembler deux équipages autour d’un entraineur, Xavier Rohart ; c’est aussi parce que l’on pense que l’on peut faire du bon travail avec eux, dans la mesure où ils collaborent déjà bien. En RS:X femmes, on a aussi deux retenues : Charline Picon et Eugénie Ricard. Elles ne bossent pas tout le temps ensemble, parce qu’elles sont dans des groupes de travail constitués de concurrentes étrangères, mais elles se retrouvent plusieurs fois dans l’année. On essaie de ne pas être monolithique dans notre manière de penser et de faire. Chaque série a déjà son mode de fonctionnement ; pour ma part, j’ai plutôt tendance à accompagner ce qui marche déjà. Chez les Radial, je ne suis pas allé chercher Amélie Riou (28e à Santander ; ndlr) bien qu’elle soit complémentaire de Mathilde de Kerangat et de Marie Bolou, parce que l’on doit cibler nos moyens – mais elle sera bien sûr invitée sur certains stages, l’idée n’étant pas non plus d’ériger une barrière étanche. Chez les filles du 470, l’entraineur (Gildas Philippe ; ndlr) invite régulièrement les équipages de Maëlenn Lemaitre et Aloïse Retornaz et Cassandre Blandin et Bérénice Delpuech à se joindre à Camille Lecointre et Hélène Defrance, mais ces dernières sont quand même loin devant. Plus généralement, on pense aussi déjà à la dernière ligne droite, celle pour préparer les Jeux : il sera alors capital d’avoir un partenaire d’entrainement et c’est aussi dans cette perspective que l’on accompagne les gens aujourd’hui.»

 

> À partir du moment où certains n’entrent pas en Équipe, à quoi correspond l’accompagnement qui leur est proposé ?

Guillaume Chiellino : «Nicolas Charbonnier et Nicolas Le Berre qui reforment un équipage en 470 ne sont pas en Équipe de France, mais la FFVoile les accompagne. C’est-à-dire qu’ils ont accès aux entrainements de l’Équipe, que l’entraineur travaille aussi pour eux, qu’ils bénéficient d’une mise à disposition de matériel, qu’ils sont défrayés mais dans une proportion moindre que s’ils étaient en Équipe. En clair, on pense qu’ils ont du potentiel, donc on les accompagne dans la mesure de nos moyens financiers et humains. En 49er FX, les équipages jeunes ont progressé et un peu réduit l’écart avec Sarah Steyaert et Julie Bossard ; des garçons s’y sont aussi mis et vont donner le change à l’entrainement. Et puis, on continue le travail commun avec les 49er hommes, sur Marseille… Benjamin Bonnaud reste l’entraineur des FX à 100 % et on accompagnera Sarah et Julie sur 70 à 80 % de la saison et on met du matériel à leur disposition.»

 

> Pas de 49er FX en Équipe de France en 2015… Faut-il se préparer à l’idée qu’il n’y aura peut-être pas dix séries aux Jeux ?

Guillaume Chiellino : «Il faut gagner sa place. Il faut qu’il y ait des performances de haut niveau et significatives sur l’année 2015 qui nous convainquent d’envoyer tout le monde aux Jeux. Aujourd’hui, la France a sa place aux Jeux dans les dix séries, mais on n’enverra pas les gens à Rio pour qu’ils y fassent de la figuration. Nous, on vise des podiums. Donc on doit pouvoir se dire que d’une manière ou d’une autre, les gens peuvent accrocher ces podiums.»


Fosburit, nouvelle vagueSi le Directeur des Équipes de France annonce des budgets stables, les équipages (en Équipe de France comme ici Sofian Bouvet et Jérémie Mion, ou non, comme Sébastien Scotto di Fasano et Gabriel Skoczek en 49er) sont de plus en plus nombreux à lancer sur Internet (souvent via Fosburit) des campagnes de levées de fonds pour boucler leurs saisons.Photo @ Franck Socha FFVoile

> La baisse de l’effectif de l’Équipe de France est-il la conséquence d’un problème économique ?

Guillaume Chiellino : «Dans un contexte compliqué financièrement, la FFVoile n’a pas eu à subir de baisse de l’aide ministérielle. On n’est donc pas aux abois financièrement. Par contre, on veut mieux aider, donc on cible. C’est dur… Mais si on veut que nos trois champions du monde puissent faire leurs projets de la meilleure manière, si on veut que Jonathan Lobert qui est 4e – 3e nation – en Finn passe le petit cran, de même que Camille Lecointre et Hélène Defrance, c’est là qu’il faut concentrer notre énergie, nos moyens financiers et humains.»

 

> Quand seront publiées les règles des sélections olympiques individuelles ?

Guillaume Chiellino : «Fin décembre ou fin janvier… On a pris un peu de retard, non pas parce que l’on hésite, mais parce que j’ai subi un contretemps d’ordre personnel.»