Les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro se sont achevés le 21 août 2016 et pour une fois les voileux ont pleinement été associés à la fête puisque les régates se sont déroulés dans la baie. Les véliplanchistes français, Charline Picon et Pierre Le Coq, se sont distingués en obtenant respectivement l'or et le bronze dans la catégorie RS:X. Camille Lecointre et Hélène Defrance ont, quant à elles, ramené le bronze en 470.

Actualité à la Hune

Rolex Miami OCR 2011

Le feu sacré des Français

  • Publié le : 07/02/2011 - 06:05

Départ en pointe Peu de régates courues par Steyaert dans l'année, mais des repères et des réflexes toujours précis : ligne de départ dense, sortie en pointe. Photo © Daniel Forster (Rolex) On pourrait décortiquer la semaine olympique de Miami, qui s'est déroulée fin janvier dans de petit temps et du médium, et s'attarder sur les bons résultats des Français. Mais à trois mois des sélections, ce n'est pas le plus important pour nous.
On préfère plutôt souligner les événements qui feront peut-être la différence d'ici quelques semaines : le retour de Steyaert en Radial, le probable maintien de Rohart et Ponsot en Star, l'enjeu psychologique des sélections en 470, le déclic de l'équipage de Leroy en match-race...

Les Français n'étaient pas très nombreux à disputer la Rolex Miami OCR, deuxième semaine olympique de la saison, mais à moins de trois mois du début des sélections olympiques françaises, on pouvait s'y attendre.
Philippe Gouard, le DTN, a clairement défini les rendez-vous qui compteront dans sa sélection et indiqué que les épreuves de début de saison n'en feraient pas partie - <Si ceux qui doivent aller aux Jeux sont partout sur le circuit, de janvier à décembre, on est sûr qu'ils arriveront aux Jeux dans un état délabré.> (Lisez l'article complet traitant du sujet des sélections, ici.)

Alors, jusqu'à la fin avril, les équipages ont organisé leur programme en fonction de leurs besoins personnels et "régater in situ" n'est, fin janvier, indispensable qu'à une quinzaine d'entre eux. Or, même en phase de travail, les Français restent bons. Dans des flottes resserrées autour des têtes de série - les seconds couteaux, qui ont perdu leurs chances d'aller aux JO, sont souvent absents des épreuves comme Miami -, ils ont ramené six podiums et quatre places de quatre. De jolis coups, dont voici les plus intéressants...


Star
Le cas Rohart / Ponsot
Depuis cet automne, Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot se trouvaient dans ce que l'on peut appeler une "position délicate". Des résultats inégaux ces derniers mois, que l'arrivée d'un second équipage de Star très concurrentiel (Guillaume Florent et Pascal Rambeau) a soulignés, et l'idée que le soutien de deux équipages dans cette série serait trop onéreux ont conduit Philippe Gouard a annoncé que le maintien de leur duo en équipe de France dépendrait de leur capacité à faire un résultat sur la semaine olympique de Miami.
Appliquée à la légende de l'olympisme qu'est déjà Rohart - deux sélections olympiques en Finn, deux sélections olympiques en Star et une médaille de bronze à Athènes dans cette série -, la stratégie pouvait sembler déplacée, voire brutale... Mais peut-être pas inintéressante non plus ?

Bonne vibration Le DTN a mis Rohart et Ponsot au défi de finir parmi les meilleurs à Miami et les deux Staristes l'ont fait. Joli coup. Photo © Daniel Forster (Rolex) A Miami, Rohart et Ponsot ont retrouvé le peps, la confiance et la vista qu'il leur avait fait défaut, accrochant la 2e place derrière le Brésilien Scheidt dès le début des courses, en alignant des manches impeccables.
De plus, les conditions sont compliquées... Pour tout le monde, certes, mais le fait que - ironie du sort - ceux qui les avaient tantôt fait paraître moins performants (Florent et Rambeau), semblent aujourd'hui moins à l'aise qu'eux, augmente d'autant la valeur de la performance de Rohart et Ponsot. Après quelques manches moins fastes, le duo prend la 4e place, à deux points du podium.

Plus aucun doute maintenant que cet équipage créé fin 2008 mérite de continuer dans l'aventure, aux côtés de Florent et Rambeau, dans une émulation collective et une saine concurrence qui devraient faire nos affaires olympiques.
Dès la fin de l'épreuve, le DTN l'a d'ailleurs déjà pratiquement annoncé : <J'ai bien sûr une pensée particulière pour Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot qui ont eu une réaction de grands champions. Dès mon retour en France, j'aurai avec eux un débriefing de cette épreuve pour envisager la suite.>


Match-race féminin
Leroy brise le plafond de verre
L'histoire de Claire Leroy n'est pas banale : reine incontestée du circuit international de match-race féminin depuis des années, elle n'a de cesse de se battre pour que sa discipline ait sa place aux Jeux. Ses voeux sont exaucés en 2008 et la Française, qui sait que la conversion olympique ne sera pas si facile (voir ses interviews ici et ici), se jette malgré tout dans la bataille.
Et la bataille est effectivement compliquée. Leroy et ses équipières progressent, jusqu'à décrocher la Coupe du monde 2010... Mais sans remporter une seule épreuve ! Nombreux sont en effet les équipages qui, s'ils sont certes moins réguliers, se mettent systématiquement sur sa route : ceux de l'Américaine Anna Tunnicliffe, médaillée d'or en Laser Radial à Pékin, de l'Anglaise Lucy MacgGegor, de l'Australienne Nicky Souter, de la Hollandaise Renee Groenveld...

Avantage, Leroy En battant Tunnicliffe dans ses eaux, Leroy, Riou et Bertrand prennent un ascendant psychologique sur leur adversaire et signent un acte fondateur. C'est la première épreuve qu'elles remportent en Coupe du monde. Photo © Daniel Forster (Rolex) Le fait n'est pas sans importance, car les Jeux ont la particularité de célébrer les coups d'éclat ; être capable d'en faire un est donc une qualité indispensable... La finale disputée à Miami entre les Françaises et les Américaines a été sanglante. Et ce sont Claire Leroy, Elodie Bertrand et Marie Riou qui l'ont emportée contre une Tunnicliffe plus que talentueuse et navigant dans ses eaux. L'acte est symbolique, fondateur et sonne comme un coup d'état. Un authentique coup d'éclat, en fait.


470 Femmes
Lutte fratricide
En 470 féminin, il y a longtemps eu Ingrid Petitjean et Nadège Douroux (classées dans les 5 premières mondiales depuis 2003)... Et les autres, plus ou moins inspirées, plus au moins tenaces, mais toujours écartées (avec plus au moins de raison).
En 2004, Petitjean et Douroux sont aux Jeux d'Athènes, mais ratent leur prestation en terminant 10e. En 2008, Petitjean est aux Jeux de Pékin - sans Douroux qui a été remplacée par l'équipière concurrente et brillante, Lemaître, suite à un imbroglio toujours aussi obscur - et manque son rendez-vous, terminant 11e.

Deux mondes Les équipages de 470 féminin français ont des styles disparates... Ce qui induit des qualités et des défauts tout aussi différents. Photo © Daniel Forster (Rolex) Aujourd'hui, en 470 féminin, la donne a un peu changé. Dans les 5 premières mondiales, il y a trois équipages français : Petitjean et Douroux, Emmanuelle Rol et Hélène Defrance, Camille Lecointre et Mathilde Géron...
Et les sélections pour Londres s'annoncent très complexes, d'autant plus avec un système non mathématique, ce que ne cache pas le DTN.

Car ces six filles sont tout autant géniales, mais affichent des qualités différentes et des manières de naviguer dissemblables... L'exceptionnelle longévité de Petitjean et Douroux contraste avec la fraicheur des deux autres équipages.
D'un championnat à l'autre, la hiérarchie n'est pas toujours la même, quoique les Marseillaises gardent un léger avantage.

A Miami, elles ont gagné quand Lecointre et Géron ont terminé 4e. Les écarts restent faibles et sont bien à l'image de la lutte fratricide qui va se jouer... Cela rappelle aussi qu'au jeu des sélections, Petitjean et Douroux ont une grosse, grosse expérience et savent très bien ce qu'une simple petite victoire de début de saison peut offrir comme avantage psychologique... Et/ou susciter comme soif de conquête.


Laser Radial
Le retour de Steyaert
Championne du monde 2008, sélectionnée dans la foulée aux Jeux de Pékin où elle termine 5e, très déçue, Sarah Steyaert n'en reste pas moins un personnage singulier et une régatière faite sur un autre modèle.

Car Steyaert navigue peu, du moins en compétition (ce qui lui vaut d'être fort mal classée à l'international), se concentre sur l'essentiel, fait preuve d'indépendance, suit des études ambitieuses où il s'agit de réussir les concours... Mais performe.

Ambition or Si Sarah Steyaert devait se sélectionner aux Jeux, Railey et Van Acker seraient de redoutables adversaires pour l'or. Photo © Daniel Forster (Rolex) Sa technique est bonne, sa vitesse - au portant surtout - crainte et sa force mentale monstrueuse. Elle est toujours prête pour un rendez-vous.
Dans les faits, comme elle régate rarement, sa soif de victoire n'est jamais tarie... Et comme elle ne se plante quasiment jamais, elle doute peu.
Pour palier un déficit de condition physique, elle a suivi le conseil qui lui a été donné et s'y est sérieusement mise, s'affûtant et se renforçant. Si bien que le seul défaut de sa méthode est qu'elle est parfois un peu rouillée...

Alors, elle s'y remet dès maintenant et prévoit probablement de ne rien lâcher, au moins jusqu'aux sélections, dans l'idéal jusqu'à Londres.

Comme à son habitude, à Miami, elle a attaqué un peu mollement. Et puis, elle termine 2e derrière une Paige Railey hyper au point et assez loin en points. Mais surtout, devant les Evi Van Acker, Marit Bouwmeester et autre Nathalie Brugger, très à la pointe. Steyaert en a toujours sous le pied.


Paralympiques
Nos glorieux irréductibles
Selon la température politique qui règne entre la FFV et la Fédération handisport, les prestations des paralympiques sont ou non mises en avant dans la stratégie de communication des instances fédérales... La pilule est plus ou moins facile à avaler pour nos coureurs français, mais au final, ils continuent de gagner.

Retour au sommet Après sa Route du Rhum courue en Class 40, Seguin retrouve ses adversaires olympiques de toujours... Et les bat. Photo © Daniel Forster (Rolex) Après avoir mené son projet de Route du Rhum en Class 40 - il a terminé 10e -, Damien Seguin revient aux affaires, et de la plus belle manière. En 2.4 mR, notre double médaillé olympique remporte magistralement l'épreuve de Miami devant ses adversaires les plus difficiles : Thierry Schmitter, Paul Tingley, Helena Lucas... Et ça, ça sent l'or !

Nouvel équipage de Sonar Médaillé d'argent à Pékin, le Sonar français continue à prendre les podiums ; seul changement, Eric Flageul a remplacé Hervé Larhant auprès de Bruno Jourdren et Nicolas Vimont-Vicary. Photo © Daniel Forster (Rolex) En Sonar, l'équipage de Bruno Jourdren a pris goût à son petit jeu de 2008 : après avoir décroché l'argent à Pékin, il s'est ainsi relancé avec plus d'assiduité dans la campagne pour Londres.

Après une saison, Hervé Larhant quitte le trio et est remplacé par Eric Flageul, qui ne tarde pas à trouver sa place entre Jourdren et Nicolas Vimont-Vicary.
En 2010, ils terminent 7e de la World Cup, en ne courant qu'une moitié des épreuves.
En 2011, ils rattaquent fort en prenant la 2e place à Miami.

Sur un blog pro hébergé sur notre site, Flageul raconte tout de cette PO, à découvrir ici.


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Autres résultats sur Miami

RS:X femmes : Charline Picon, 4e / Pauline Perrin, 7e / Marine Rambaud, 8e / Eugénie Ricard, 11e.
RS:X hommes : Julien Bontemps, 3e.
470 hommes : Pierre Leboucher et Vincent Garos, 4e.
Match-race : Julie Bossard, Céline Devaux, Pauline Challaux, 10e / Anne-Claire Le Berre, Alice Ponsar, Myrtille Ponge, 13e.

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Pour tout connaître des sélections olympiques françaises pour Londres, repportez vous à la série d'articles <Qui ira aux Jeux de Londres ?>.

<La grande équation>, ici.
<Modestes inconnues>, là.

En complément

  1. des fran ccedil;aises en or  01/02/2011 - 05:19 Rolex Miami OCR 2011 Des Françaises en or Deux victoires, quatre podiums, quatre 4e places : à Miami, premier grand rendez-vous 2011, l’équipe de France a cartonné – notamment les filles, avec les victoires de Petitjean-Douroux en 470 et de l’équipage de Claire Leroy en match-race, et la 2e place de Sarah Steyaert en Laser Radial.
  2. pssst, robert hellip; tu es b acirc;bord  27/01/2011 - 05:33 Rolex Miami OCR 2011 Pssst, Robert… tu es bâbord ! D’accord, Robert Scheidt a décroché quatre médailles aux JO en Laser et en Star, a été huit fois champion du monde de Laser et champion du monde de Star en 2007. Mais, lors de la première journée de la Rolex Miami OCR, il a navigué bâbord et… ça a marché : il est en tête devant 58 bateaux.
  3. vue sur weymouth 27/12/2010 - 05:48 Qui ira aux Jeux en 2012 ? (2) Modestes inconnues Dix séries à Londres et six médailles promises... Philippe Gouard, le DTN qui se retrouve seul sélectionneur pour les Jeux (hum hum), n'a pas intérêt à se planter dans ses choix ! Le compte à rebours vient d'être lancé : dans quatre mois, les athlètes courront la première des cinq épreuves d'observation et dans un an, on connaîtra les noms des sélectionnés... Un joli suspens à supporter, quoique pas fait que d'inconnues.
  4. emmanuel dyen  amp; st eacute;phane christidis, 49er 22/12/2010 - 00:54 Qui ira aux Jeux en 2012 ? (1) La grande équation Dix séries à Londres et six médailles promises : l’équation olympique pour 2012 annonce un calcul complexe que peu d’athlètes sont capables de résoudre… En fin d’année, ce sont dix-huit équipages qui ont été reçus en équipe de France pour se coltiner ce défi. Le temps pour nous de (re)faire connaissance avec ce bataillon préparé pour marcher sur les Anglais, et d’évaluer leurs performances… Dans un an, les meilleurs d’entre eux auront été sélectionnés pour le grand rendez-vous. Tous derrière eux !