Les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro se sont achevés le 21 août 2016 et pour une fois les voileux ont pleinement été associés à la fête puisque les régates se sont déroulés dans la baie. Les véliplanchistes français, Charline Picon et Pierre Le Coq, se sont distingués en obtenant respectivement l'or et le bronze dans la catégorie RS:X. Camille Lecointre et Hélène Defrance ont, quant à elles, ramené le bronze en 470.

Actualité à la Hune

Test Event – Weymouth

Que retenir du Test Event ?

  • Publié le : 20/08/2011 - 00:07

Good surf Une technique et un style parfaitement maîtrisés ont fait de Pierre Leboucher et Vincent Garos, l'équipage le plus inquiétant de la flotte des 470. Photo © Thom Touw (Olympic Test Event / www.dutchsailing.com) Le Test Event, organisé à Weymouth (Angleterre) à un an des Jeux, dans l'exact format des régates olympiques, s'est achevé le week-end dernier sur une prestation modeste des Français - "seulement" deux médailles, alors qu'ils nous avaient habitués à mieux... Mais ne nous trompons pas sur les raisons de cet insuccès ! Résumé en sept points (et une vidéo) des difficultés et des réussites de cette régate très particulière.


> L'exigence physique du plan d'eau des Jeux
Quelques journées salées par des conditions dantesques ont accentué l'image de plan d'eau difficile et physique qui colle à Weymouth, bien qu'en deux semaines de temps les conditions aient aussi été plus clémentes ; et les images de coureurs aux traits tirés et aux yeux cernés confirmant leur état de fatigue ont achevé le tableau.
Pour Julien Bontemps, qui se plaint de quelques soucis physiques, la partie n'a pas été facile et il reconnaît avoir eu du mal à garder la cadence : le dernier jour, il perd son podium et termine 6e en planche. Difficulté similaire pour Emmanuel Dyen et Stéphane Christidis en 49er, le barreur se remettant juste de sa blessure à l'épaule : ils terminent 6e.
Par ailleurs, s'il est vrai que le planning olympique peut sembler plus léger, notamment parce qu'il prévoit des jours de repos, il n'en est pas plus facile à assumer ; les jours off, s'ils permettent de récupérer, risquent aussi de casser le rythme ou de fragiliser l'état mental des concurrents qui doivent assumer la tension inhérente à la compétition plus longtemps qu'à l'accoutumée. Et alors que la Sail for Gold Regatta de juin avait déjà été violente, tous - étrangers comme français - semblent maintenant obnubiler par un programme de préparation physique spécifique... Que le mondial disputé à Perth en décembre, où les conditions devraient être musclées, ne gâchera en rien.


> Le prisme olympique
A la spécificité d'un plan d'eau olympique s'ajoute le caractère exceptionnel de l'épreuve en elle-même (voir notre article <JO, répétition générale>, ici). Si les flottes sont plus petites, elles ne sont pas nécessairement plus faciles à naviguer.
Camille Lecointre et Mathilde Géron, qui disputaient à Weymouth leur premier Test Event, avouent que <sur l'eau, l'ambiance n'est pas la même, les gens ne sont pas pareils, mais beaucoup plus agressifs> et que ce format différent peut déstabiliser. Elles terminent 6e des 470, après avoir enregistré quelques superbes manches. Dans le même cas, Charline Picon finit 5e en planche.


> La grosse performance de Jonathan Lobert en Finn
Jonathan Lobert termine donc avec la médaille d'argent autour du coup, après avoir un temps dominé Ben Ainslie - qui l'emporte (encore et toujours) outrageusement. En deuxième partie de régate, le Français a en effet été plus à la peine, jusqu'à passer sous la domination du Hollandais. Mais Lobert a tenu la distance, s'est refait et a terminé par une fantastique Medal Race qui lui a rendu l'argent et imprimé son nom dans une hiérarchie pourtant marquée... L'Espagnol, l'Américain, le Danois, le Croate... Ils sont tous derrière !
Cette performance en a impressionné plus d'un, parmi lesquels le DTN lui-même : <L'exemple de Lobert est éclairant : il montre que quand on veut on peut. Il a navigué sans barrière. C'est surtout une question de mental, d'investissement en plus.> Il est clair qu'à 26 ans, le Finniste fait preuve d'une surprenante maturité et mérite notre coup de coeur.

> Interview vidéo réalisée par Lionel Cottin, pour le compte de la FFVoile.


> La suprématie de Pierre Leboucher et Vincent Garos en 470

Jamais 2 sans 3 Contrairement aux Australiens, autres grosses pointures du 470, qui doivent se contenter d'une 2e place, Leboucher et Garos n'économisent par leur joie d'être sur la première marche du podium... Pour la troisième fois consécutive de la saison. Photo © Thom Touw (Olympic Test Event / www.dutchsailing.com) La performance de Pierre Leboucher et Vincent Garos compte autant parce qu'ils offrent une médaille d'or aux Français, que parce qu'ils signent là leur troisième victoire consécutive en 470 sur des événements majeurs. Les Nantais, qui forment un équipage ancien dont la progression a toujours été régulière, s'affirment aujourd'hui avec une constance rare et une exceptionnelle solidité comme les meilleurs mondiaux.
Servis par un fond de jeu impeccable et une technique parfaite, ils sont rapides quelles que soient les conditions de vent et de mer et enroulent systématiquement dans le Top Ten. Aucune manche au-delà, aucun accident. Ils sont devenus imbattables. Incontestablement, une valeur sûre !


> Les grosses hiérarchies
Dans les autres séries, les Français ne tirent pas toujours parti des hiérarchies très marquées. En Star et en Laser Radial particulièrement, les premières places sont souvent occupées par les mêmes équipages, ces derniers temps. Irréguliers, Guillaume Florent et Pascal Rambeau terminent 12e des quillards. Sophie de Turckheim finit 7e.
En match-race féminin, Claire Leroy et ses équipières perdent la petite finale contre les grosses pointures que sont les Américaines, alors que ce sont les Finlandaises et les Russes, moins attendues, qui ont pris les premières places !
Enfin, Jean-Baptiste Bernaz se classe 9e en Laser, alors que le niveau de la série est toujours aussi dense et que les places valent toujours aussi cher.


Jonathan Lobert, 2e du Test Event Jonathan Lobert s'est battu jusqu'au bout pour décrocher l'argent en Finn, s'inclinant devant le seul Ben Ainslie... Reste à savoir si l'Anglais est prenable, dans son propre jardin. Photo © Robert Deaves (Finn Class) > Dix chances de médailles, pas une de plus
Les Français n'auront donc ramené "que" deux médailles de ce Test Event, ce qui semble bien peu au regard des six promises par le DTN Philippe Gouard. Surtout, cela en fait beaucoup moins que ce à quoi notre Equipe de France nous avait habitué.
Pourtant, l'explication de cette "contre-performance" est des plus simples à donner : aujourd'hui, les Français comptent pour deux voire trois équipages dans le Top Ten mondial de chaque série, ce qui constitue une réserve d'une bonne vingtaine de médailles potentielles (auxquelles le DTN a l'habitude d'ajouter les paralympiques qui ne couraient pas à Weymouth en août).
Mais sur le Test Event comme aux Jeux, seul un équipage courait dans chaque série... Dix médailles seulement en jeu, donc. Que les Français n'ont d'ailleurs guère gâché, puisque neuf des dix équipages engagés ont accédé à la Medal Race. S'ils ont raté les podiums, ce n'était souvent que de quelques points... Et les "vrais" Jeux sont dans un an !
Bien sûr, la règle est évidemment la même pour toutes les nations ; elle affecte peut-être moins, proportionnellement, les nations qui ne comptent que sur un seul bon coureur... Et les Anglais qui, pour être considérés comme nos plus grands adversaires pour l'an prochain, ont décroché six médailles, dont une en or, nous reléguant loin derrière eux. Gloups.
En tout état de cause, on retombe vite sur l'habituel problème : quel équipage sera le plus à même de monter sur le podium olympique ? Quel équipage sélectionner ?


> La chienlit des sélections
Bien qu'un seul équipage courait dans chaque série, le Test Event comptait parmi les régates de référence dans le choix des sélectionnés opéré par le DTN. A la fin de l'épreuve, celui-ci commentait : <Dans près de la moitié des cas, je n'ai pas de certitude. Le mondial de Perth sera la dernière épreuve de sélection, comme prévu. Je choisirai ceux que je pense capable de se transcender le jour J pour décrocher le podium. C'est une question de personnalité.>
Le rendez-vous est donc maintenu en décembre, ce qui laissera ensuite un peu plus de sept mois aux sélectionnés pour se préparer. D'ici là, les Français doivent encore résister à cette pression supplémentaire... Ce qui n'est pas sans difficulté et pourrait aussi être la cause d'une légère régression. En face, les concurrents des Français ont maintenant quasiment tous été choisis.

En complément

  1. ils cr egrave;vent l rsquo; eacute;cran  11/08/2011 - 05:30 Test Event – Weymouth Ils crèvent l’écran ! Ils sont incroyables ! Incroyablement forts et impressionnants ! Semaine après semaine, Pierre Leboucher et Vincent Garos sont de plus en plus hargneux, violents, compétitifs. Dire qu’ils en veulent n’est rien.
  2. favoris fran ccedil;ais 07/08/2011 - 06:08 Test Event – Weymouth JO, répétition générale A un an pile des Jeux, ils sont dix équipages français – les meilleurs ? – à disputer le Test Event de Weymouth, l’épreuve organisée dans (presque) les mêmes conditions que l’événement olympique pour faire office de répétition générale. Entre surprise de dernière minute et sélections encore en cours, les Français tâchent d’être à la hauteur ! A suivre.
  3. a iuml; iuml; iuml;e  20/06/2011 - 05:20 Sail For Gold Regatta – Weymouth Ça fait maaaal !! Deuxième épreuve de sélection pour les Français qui se sont retrouvés à Weymouth au début du mois, sur le plan d’eau des Jeux, pour une semaine olympique MONSTRUEUSE. Dans la baston, la douleur et les larmes, ils se sont battus comme des fauves et arrachent cinq médailles.
  4. leboucher et garos toujours  agrave; l rsquo;or  16/06/2011 - 00:01 JO Londres 2012 – Weymouth Leboucher et Garos toujours à l’or ! Joli doublé ! En 470, à un an des Jeux de Londres, Pierre Leboucher et Vincent Garos ont – pour la deuxième année consécutive – remporté la «Sail for Gold» de Weymouth, plan d’eau des JO. Et impressionné leurs 75 adversaires : les Nantais ont même enlevé la Medal Race réunissant les 10 meilleurs.
  5. big ben, fi eacute;vreux 13/08/2010 - 07:11 Sail For Gold Regatta – Weymouth Big Ben, fiévreux Le très grand Ben Ainslie a raison de surveiller ses arrières. Il devrait aussi regarder devant : Jonathan Lobert, en plein grâce, mène la semaine de Weymouth – dernière épreuve de la World Cup – depuis le début.