Actualité à la Hune

37e Grand Pavois de La Rochelle

Douze apôtres pour une grand-messe

Au jour de l'ouverture du 37e Grand Pavois de La Rochelle, qui se tient jusqu'à lundi prochain dans un contexte difficile, petit tour d'horizon en douze nouveautés choisies des tendances 2009-2010.

  • Publié le : 23/09/2009 - 07:36

Grand Pavois 2009 : une édition sous tension Le 37e Grand Pavois s'est ouvert sous un franc soleil - mais dans une ambiance plus incertaine. Photo © Laurent Charpentier Le communiqué marquant le clap de fin du Festival de la plaisance de Cannes cherchait à peine à le cacher. Avec 14 % déclarés de fréquentation en moins, le premier grand rendez-vous français de la rentrée (9-14 septembre) n'annonçait pas de réaction vigoureuse du marché à la crise. Dans ce contexte, le Grand Pavois, très tardif cette année, apparaissait comme une seconde chance donnée à l'industrie nautique de retrouver le chemin de la croissance.

Si, traditionnellement, Cannes est présenté comme un salon de très grandes unités et La Rochelle, celui d'une plaisance plus démocratique, la crise contribue à atténuer ces frontières. A Cannes, la baisse de fréquentation des grands yachts a profité aux petits (minimum 10 mètres tout de même). Et La Rochelle n'est pas en reste du côté des grandes unités, auxquelles un ponton est d'ailleurs réservé pour la seconde année consécutive. La présence de quelques très grands catamarans comme l'Ambercat 210, le Sun Reef 62, les Privilège 745 et 615, au sein d'une flotte de 42 multicoques (contre 30 l'an passé), montre que le créneau se porte plutôt bien.

Salon abordable - la direction a d'ailleurs gelé les prix de stand au niveau pratiqué en 2008 -, le Grand Pavois reste néanmoins le rendez-vous privilégié des <petits> chantiers qui viennent exposer ici leur différence et leur attachement à une plaisance de passionnés.


Seascape 18
Un sportboat plutôt raid !

Seascape 18 : accessible et amusant Le Seascape est un 18 pieds qui se veut vif, amusant, accessible - aussi bien pour la pratique que pour le prix. Photo © D.R. Il arrive de Slovénie et ne connaît pas la crise puisqu'en un an, il a été vendu à plus de 30 exemplaires ! Fruit de l'expérience conjuguée d'anciens de la Mini-Transat (Andraz Mihelin, Kristian Hajnsek pour le concept, Sam Manuard pour l'architecture et François Coutant pour la distribution en France), le Seascape 18 est un bateau résolument fun, mais abordable techniquement. Doté d'une carène à bouchains évolutifs et d'espars carbone, le Seascape est construit en polyester monolithique et sa quille relevable en fait un dériveur intégral capable de beacher. Sa mini-cabine permet de dormir à deux et, pour les plus endurcis, François Coutant a cogité une tente couvrant le cockpit pour le bivouac. Reconnaissable de l'extérieur à son avaleur de spi en toile flanqué sur le passavant bâbord, le Seascape est un esprit libre qui cherche à gagner un large public, pas seulement de régatiers. Son prix attractif n'est pas le moindre de ses arguments. Essai dans VV n°465, novembre 2009, en kiosque le 15 octobre.
Longueur : 5,55 m. Prix : 22 126 euros. www.seascape18.com. Essai VV n°465.

Clin d'oeil
Gréement à la carte

Clin d’Œil : un dayboat, trois gréements Houari, marconi ou catboat, la carène CP-époxy du Clin d'oeil, longue de 6 mètres, peut être gréée à votre goût. Photo © Loïc Le Bras Fruit du coup de crayon de l'architecte Pierre Delion, et construit en CP-époxy par le Chantier Naval des Vénètes, le Clin d'oeil attire l'attention par deux aspects originaux de sa conception : une partie de son lest est composée de deux ballasts de 100 litres et il est possible de choisir le gréement que l'on souhaite : houari apiqué (toujours élégant), marconi (efficace) ou catboat (pour les fans de la formule - ou les solitaires). Ce dériveur intégral de 6 mètres à la carène bien balancée propose un agréable volume intérieur, complètement décloisonné et intelligemment agencé pour la petite croisière, avec notamment une table à deux positions. Testé dans le medium (VV n°463), il nous a convaincus même s'il est regrettable, lorsque le vent mollit, de ne pas pouvoir vider les ballasts sans échouer ou remettre le bateau sur sa remorque.
Longueur : 6 m. Prix : 28 622 euros. www.venetes.fr. Essai VV n°463.

Aventura 20
Simplissime !

Aventura 20 : facile et familial Etroit pour rester au gabarit routier, rigide pour rassurer toute la famille, rapide et doté de rangements, l'Aventura 20 veut séduire les parents et les enfants ! Photo © D.R. Sans faire de bruit, le chantier Go Catamaran continue d'élargir sa gamme de catas de loisirs. Le nouvel Aventura 20 en est le benjamin. Comme ses frères, il va à l'essentiel et taille dans le vif pour garantir un minimum de contrainte à l'utilisateur. Doté d'ailerons, l'Aventura 20 a été dessiné au maximum du gabarit routier et ne mesure donc que 2,55 mètres de large. Il n'est donc pas nécessaire de le démonter pour le ramener dans son jardin après une journée de balade ou pour passer d'un plan d'eau à l'autre. 2,55 mètres de large pour 6 mètres de long, le ratio a de quoi surprendre. Des bancs extérieurs repliables viennent augmenter le couple de rappel de l'équipage, et le bateau - qui vise le loisir plus que la performance - dispose d'un plan de voilure raisonnable. Essai dans VV n°465, novembre 2009, en kiosque le 15 octobre.
Longueur : 6 m. Prix : 15 000 euros. www.go-catamarans.com. Essai VV n°465.

Elan 310
De larges ambitions

Elan 310 : un vrai virage Carène puissante avec son bouchain évolutif, comme les 60 IMOCA, cockpit dégagé et ouvert, barre franche : l'Elan 310 avoue ses ambitions régatières ! Photo © D.R. Pour les connaisseurs de la gamme Elan, composée de course-croisière classiques, ce 310 est une petite révolution. Rob Humphreys a dessiné ici un bateau résolument moderne, plus océanique que les bateaux marqués du sceau de l'IRC. Sa carène à bouchain évolutif est dotée d'une quille à bulbe avec voile en composite, ce qui permet de juguler le devis de poids. Construit en sandwich verre-vinylester sous vide, les ratios voilure-poids (16,3) et voilure-déplacement (5,8) placent l'Elan 310 dans le haut du panier. Pour autant, ses doubles safrans et sa carène puissante devraient permettre à un équipage réduit d'en venir à bout. C'est le pari d'Elan et c'est un pari moderne !
Longueur : 9,22 m. Prix : nc. www.elan-marine.com

A 31

Le vent en poupe

A 31 : performant, mais pas élitiste Performant avec seulement 3,5 tonnes au peson et 50 mètres carrés au près, l'A 31 se veut néanmoins plus et polyvalent pour la croisière rapide. Photo © Didier Ravon Grosse saison pour Archambault. Avant d'être élu cet été constructeur du bateau du Tour de France à la voile (avec le M 34), le chantier lançait au printemps l'A 31, bien né. Aux mains de son architecte-barreur Alain Mercier, troisième homme du cabinet Joubert-Nivelt, il écrasait la concurrence en Atlantique comme en Méditerranée (SpiOuest-France, Obélix Trophy, SNIM...). Aboutissement d'un travail architectural et constructif lancé autour de la jauge IRC voici cinq ans avec l'A 35, ce 9,50 mètres est un concentré de savoir-faire. Construit en sandwich mousse et en infusion sous vide avec quille plomb, il pèse juste 3 tonnes pour 9,50 mètres. Le plan de pont a été étudié par des coureurs (notez le rail d'écoute en arrière du barreur et le piano très concentré), mais l'intérieur pourra laisser sur leur faim ceux qui rêvent de transformer leur bateau en villégiature familiale après la régate.
Longueur : 9,55 m. Prix : 92 000 euros. www.archambault-boats.eu. Essai VV n°460.

Bavaria 32
Volume maximum

Bavaria Cruiser 32 : augmentez le volume ! Signé Farr, le Bavaria Cruiser 32 - le plus petit de la gamme - a particulièrement optimisé les volumes. Photo © D.R. En abandonnant J&J pour Bruce Farr, le chantier bavarois ouvre une nouvelle ère. Toujours à la pointe sur le plan de la productivité, et donc des tarifs, Bavaria a relooké sa gamme de croiseurs, en commençant par les deux extrêmes : le 55 présenté à Cannes et le 32 visible à La Rochelle. Les lignes tendues de ce croiseur familial permettent d'absorber l'important franc-bord qui garantit un volume intérieur maximum. La finition en boiseries claires et les belles surfaces de vitrages accentuent cette sensation de naviguer sur un <grand 10 mètres>. A l'extérieur, on se félicitera du système de plate-forme de bains, mais le barreur pestera de disposer de si peu de place derrière la roue, obligé de rester au centre du bateau pour ne pas taper la tête dans le pataras. Essai dans VV n°465, novembre 2009, en kiosque le 15 octobre.
Longueur : 9,99 m. Prix : 64 500 euros. www.yachting-selection.com. Essai VV n°465.

Malango 9.99

Croiseur total

Malango 9.99 : rapide et logeable Carène rapide, à annexe sous le cockpit, allongement des appendices et de la voilure : dans la lignée du Malango 8.70, le 9.99 devrait séduire. Photo © D.R. Ce très attendu concurrent du Pogo 10.50 aura été fini juste à temps pour être à La Rochelle. Plan Marin réalisé par IDB Marine, il reprend l'idée de l'annexe à poste glissée dans un <garage> ouvert sur le tableau arrière. Mais, contrairement à son petit frère de 8,70 mètres, cette fonctionnalité ne l'empêche pas de disposer d'une cabine arrière. Le Malango dispose d'un impressionnant volume de coque, souligné par des bouchains marqués qui pourraient laisser croire à un bateau en CP alors qu'il est construit en composite sur moule. La quille relevable par pivotement et manoeuvrée par un vérin hydaulique permet de disposer d'un tirant d'eau à la carte et de limiter le déplacement tout en autorisant un plan de voilure conséquent, mais dont le triangle avant autovireur devrait ravir les équipages réduits. Un bateau diablement attirant, donc, plein de fonctionnalité et de sex-appeal. Essai dans VV n°465, novembre 2009, en kiosque le 15 octobre.
Longueur : 9,99 m. Prix : 125 750 euros. www.idbmarine.com


First 35

Exercice d'équilibriste

L'élévation du niveau de régate en IRC pose un problème cornélien aux chantiers. Une certaine sophistication de la construction est nécessaire pour briller en régate... mais il faut aussi comprimer les coûts et maximiser le confort car l'essentiel des clients, certes attentifs aux résultats, utiliseront surtout leur bateau en petite croisière. Eric Ingouf, chef de projet des First chez Bénéteau, a demandé une nouvelle fois à Bruce Farr de plancher sur ces arbitrages complexes. Il en ressort un bateau très élégant, plaisant à barrer et puissant du fait d'un déplacement relativement important et d'un plan de voilure au fort allongement. Dedans, le pari de l'habitabilité est gagné grâce une optimisation des volumes importants. La double porte avant crée un effet de perspective réussi et la finition est au-dessus du lot. Suite à notre essai (VV n°463), certains lecteurs se sont étonnés de la présentation du bateau en deux cabines seulement, alors que trente ans auparavant, Bénéteau avait été le premier à sortir un 10,50 mètres en trois cabines (le First 35 premier du nom, précisément). Mais qui navigue encore aujourd'hui en croisière à trois couples sur un 35 pieds ?
Longueur : 10,66 m. Prix : 115 892 euros. www.beneteau.com. Essai VV n°463.

Dufour 40 E
Une mue efficace

Vous avez aimé le Dufour 40, vous adorerez son successeur. Plutôt qu'une évolution (E), c'est un nouveau bateau : carène, aménagements, tout a changé. Ceux qui appréciaient la précision de la très grande barre à roue sur l'ancienne version commenceront par faire la moue en découvrant la double barre, mais ils reverront leur jugement en prenant le bateau en main. Les gouvernes sont un modèle de fluidité et d'efficacité. L'intérieur a gagné en volume (la table à cartes ayant été un peu sacrifiée pour la cause), vaigrages blancs et absence d'équipets hauts renforçant l'impression d'espace. Confortable, performant sous voiles, c'est bien un Dufour.
Longueur : 11,99 m. Prix : 189 566 euros. www.dufour-yachts.com

RM 1350
L'amiral RM

RM 1350 : le grand large Comme le RM 1200, le 1350 joue les cartes de la largeur et du volume, avec un immense cockpit, un intérieur clair et une déco moderne. Photo © François-Xavier Ricardou Puissant, volumineux, rapide et marin, ce RM 1350 ne fait pas exception à la règle que déclinent Fora Marine et Marc Lombard depuis la réalisation du 1050 voici plus de dix ans. Essayé dans notre numéro de septembre (VV n°463), on ne lui reprochait que la dureté de ses barres qu'il serait dommage de laisser en permanence au pilote. A l'intérieur, l'amiral des RM a donné lieu à une réflexion intéressante sur la séparation de zones à thèmes. Une première autour de la descente, avec vision panoramique, abrite l'énorme cuisine de mer et la table à cartes où l'on peut travailler debout ou assis et se reposer dans la couchette navigateur. Le carré, en contrebas sur l'avant, forme une zone un peu confinée, mais apaisante, dont la sellerie a été traitée comme celle d'un petit salon. A noter que le modèle exposé au Grand Pavois a abandonné le système d'équipets avec porte en Plexiglas peu convaincant sur le premier modèle. Les extrémités sont utilisées par les trois cabines. On peut souligner le traitement intelligent de la zone arrière avec placard à cirés, soute derrière le moteur et cabine double avec lits superposés qu'un équipage réduit utilisera comme grand volume de stockage. Il sera intéressant de comparer à La Rochelle l'amiral des RM à l'Oléa 44, autre biquille de grande croisière sur plans Rolland réalisé, non pas en contreplaqué et à bouchains, mais en composites et en formes.
Longueur : 13,46 m. Prix : 295 000 euros. www.rm-yachts.com. Essai VV n°463.

Boréal 44
Le fruit de l'expérience

Boréal 44 : il veut aller très loin Né du Boréal 50 - et de l'expérience de Jean-François Delvoye -, le Boréal 44 va loin dans sa conception. Et veut aller loin au large ! Photo © D.R. Au retour d'un vagabondage à bord d'un Chatham qui l'a conduit jusqu'en Patagonie, Jean-Franços Delvoye a posé son sac à Tréguier pour créer le bateau de ses rêves. Son Boréal 50 a désormais un petit frère de 44 pieds qui répond au même cahier des charges : dériveur intégral, ce voilier de grande croisière en aluminium a fait l'objet d'un sérieux centrage des poids pour garantir un bon passage dans la mer. Sa timonerie intérieure lui confère un air de baroudeur, mais garantit surtout des quarts reposants quelles que soient les conditions. Cette recherche du confort se retrouve aussi dans le traitement particulièrement soigné de l'isolation (double vitrage, absence de ponts thermiques,...). Le Boréal 44 n'est certes pas le bateau de <monsieur tout le monde>, mais la démarche de qualité qui a présidé à son élaboration ne l'empêche pas de rester dans le prix du marché.
Longueur : 13,80 m. Prix : 375 000 euros. www.voiliers-boreal.com

Neel
Un tri sur le terrain des catas

Neel : un vrai tri de croisière rapide Conçu par Eric Bruneel, spécialiste du multicoque et ancien DG de Fountaine-Pajot, le Neel tient en trois chiffres : 3 coques, 50 mètres carrés habitables et 300 milles/jour. Photo © Daniel Allisy Traditionnellement, les trimarans de croisière s'adressent à une clientèle marginale prête à mettre son mouchoir sur l'habitabilité pour obtenir des performances hors normes. Conçu par Eric Bruneel et dessiné par Joubert-Nivelt, le Neel se positionne clairement comme le concurrent des catas de croisière. Logeable, ce trimaran de 50 pieds l'est assurément. Les trois coques sont coiffées d'une gigantesque plate-forme, sorte de carapace vitrée qui permet de loger un immense carré-cuisine, deux grandes cabines latérales et une autre en contrebas dans la pointe avant. Les oeuvres vives de la coque centrale sont traitées comme une immense soute. Système de barre et de manoeuvres intérieurs achèvent de donner au Neel une personnalité très différente de tout ce qui existe sur le marché. Les volumineux flotteurs sont pourvus d'ailerons et le gréement ne manque pas de chevaux. On rêve maintenant d'un comparatif avec un bon cata de croisière pour voir qui l'emporte côté chrono !
Longueur 15,24 m. Prix : nc. www.neel-trimarans.com

Voir ici notre vidéo de présentation du Neel au Grand Pavois 2009.
Voir ici notre vidéo de présentation de l'Oléa 44 au Grand pavois 2009.


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Le 37e Grand Pavois pratique

Lieu : port des Minimes, La Rochelle.
Dates : du mercredi 23 au lundi 28 septembre 2009.
Horaires : de 10 heures à 19 heures.
Entrée : 9,50 euros, 6 euros pour les groupes (+10 personnes), les 13-18 ans et les étudiants.
Internet : www.grand-pavois.com

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Plan du Grand pavois 2009 :
cliquez ici ou sur la vignette ci-dessous pour télécharger le pdf.