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BG Race change de main

Le chantier malouin BG Race, qui avait pris la suite du chantier Archambault pour la construction des Surprise et des A 35, vient de changer de propriétaire. Il appartenait au couple Louis Burton Servane Escoffier et vient d’être racheté par Jean-Charles Thomas. L’industriel de 54 ans est un nouveau venu dans le monde du nautisme qui a longtemps travaillé dans des groupes internationaux à des postes de direction générale et de direction commerciale. L’ancien et le nouveau propriétaire ont bien voulu répondre à nos questions.
  • Publié le : 02/11/2017 - 15:45

Jean-Charles Thomas et Louis BurtonPoignée de main entre Jean-Charles Thomas, nouveau propriétaire du chantier BG Race, et Louis Burton, l'ancien, qui restera un partenaire privilégié de l'entreprise.Photo @ DR
Voilesetvoiliers.com : Pourquoi ce rachat ?
Jean-Charles Thomas : Je fais de la voile grâce à ma femme et nous avons une maison à l’Ile-aux-Moines, là où j’ai connu Louis. Quand il a évoqué la vente de son chantier, on a fait la connexion entre la passion et la vie professionnelle. J’avais la possibilité de passer sur un projet plus personnel, mes enfants sont grands, je pouvais prendre ce risque. Je vais d’ailleurs m’installer à Saint-Malo pour diriger l’entreprise.

Voilesetvoiliers.com : Combien de personnes y travaillent ?
Louis Burton :
Nous étions sept en comptant Servane et moi, l’effectif reste a sept, puisque Jean-Charles prend la direction avec sa femme. Je reste partenaire de l’entreprise avec une petite part du capital pour accompagner Jean-Charles et je garde un rôle commercial pour les bateaux de course et pour les développements futurs.

Voilesetvoiliers.com : Quels sont les bateaux que vous produisez ?
L.B. : La construction des M750 se poursuit. En accord avec le président de la classe, Guy Pronier, nous allons travailler avec un distributeur sur Paris, car le monotype est très présent sur les plans d’eau de la région parisienne. Nous finalisons un accord qui sera annoncé bientôt pour la diffusion du bateau. A l’international, nous fondons de grands espoirs sur la Suisse, où nous avons déjà un distributeur avec un contrat qui porte sur une dizaine de bateaux par an. Et puis il y a un bateau vendu au Royaume-Uni, des bateaux à Saint-Barth… Le Surprise est toujours d’actualité. A partir des trois premiers bateaux que nous avons réalisés, nous avons optimisé la production. On vient de livrer le huitième, on en vend surtout sur le lac Léman, mais nous en avons livré un à La Rochelle. Nous avons pas mal de demandes en provenance de Bretagne, notamment pour la version à quille relevable. Il ne faut pas enterrer le Grand Surprise : nous avons de la demande pour ce bateau, surtout en Suisse, où la classe est très active. Après il y a le A 35 R, nous en livrons un au mois de février qui va être équipé régate et avec lequel le chantier va pouvoir régater pour en faire sa promotion, il participera au Spi Ouest-France mais sera basé à Saint-Malo.

Jean-Charles ThomasNouveau venu dans le monde du nautisme, Jean-Charles Thomas prend les rênes du chantier malouin avec sa femme.Photo @ DR

Voilesetvoiliers.com : Et le Thizz 40 ?
L.B. :
Nous avons livré le troisième il y a un mois et demi à Thibaut Hector et Christophe Bachman. Nous utiliserons le bateau avec eux pour le projet «Espoir pour un Corsaire». Nous espérons en sortir un quatrième en vue de la Route du Rhum. Nous pouvons aussi fabriquer des A 13, qui ont un mode productif très proche de celui du Class 40.

Voilesetvoiliers.com : Comment faites-vous pour avoir un catalogue important et une équipe légère ?
J.-C. T. : C’est une vraie problématique. Pour pouvoir répondre à une demande qui serait croissante en termes commerciaux, nous n’avons pas de quoi faire en interne à Saint-Malo. Nous avons décidé de nous consacrer à la construction à 100 % des M750 et des Surprise. Pour le Thizz 40, toute la stratification est sous-traitée en Espagne, mais le montage de l’accastillage et la finition sont faits à Saint-Malo, nous voulons garder la touche finale. Le A 35 sera lui aussi stratifié en Espagne mais accastillé et fini à Saint Malo.

L.B. : Avec la sous-traitance, nous sommes revenus à un effectif raisonnable. Nous étions jusqu’à quinze personnes avec le Class 40 en construction, mais nous avions du mal à adapter la masse salariale à l’activité, c’était très compliqué.

Voilesetvoiliers.com : Comment faites-vous pour sécuriser une équipe de construction compétente ?
L.B. :  Très clairement, les gars à l’atelier sont occupés, notre responsable de production, un ingénieur des Arts et Métiers, est passionné de bateau. Il va naviguer avec nous sur le A 35. Il y a une dynamique entre l’écurie de course au large et le chantier que nous avons l’intention de conserver dans le futur, même si Jean-Charles est propriétaire du chantier. La cohérence entre les trois bâtiments, les ateliers, et la présence à Saint-Malo est intéressante.

Voilesetvoiliers.com : Le A 35 est-il encore dans le coup ?
L.B. : Quand on regarde toutes les épreuves en équipage ou en course au large, les A 35 restent toujours très bien placés. Lors de la dernière confrontation avec un A35 R, il avait gagné le spi Ouest-France. Le bateau sera modernisé au niveau de l’accastillage, avec constrictor et poulies textiles, du matériel moderne et efficace. Bien sûr, nous souhaitons que le bateau gagne et nous allons nous y atteler.

Lion d"orTout droit sorti du chantier BG Race, le Class40 Le Lion d'Or prendra le départ de la Transat Jacques Vabre ce dimanche 5 novembre depuis le Havre avec Tom Laperche et Christophe Bachmann à son bord.Photo @ Stéphane Maillard
Voilesetvoiliers.com : Avez-vous de nouveaux projets ?
L.B. : Nous souhaitons remplacer le A 31 par un 32 ou 33 pieds qui soit typé et marketé pour le large avec une nouvelle carène. Nous n’avons pas encore de date, mais raisonnablement ce serait en 2019.

Voilesetvoiliers.com : Investir son talent dans sa passion peut entraîner des erreurs, un risque d’aveuglement ?
J.-C. T. :  Oui, mais si je suis bien entouré les risques sont réduits. Nous travaillons depuis un an et demi sur le dossier. C’est un risque que je prends mais j’ai confiance dans le projet et dans l’avenir. Et j’ai des partenaires.

Voilesetvoiliers.com : Les bateaux Archambault étaient connus pour leur bon rapport qualité prix. Comment vous situerez-vous ?
J.-C. T. : 
Nous voulons garder l’esprit Archambault, des bons bateaux pour un prix raisonnable. Nous ne changerons pas le placement en termes de prix.

Voilesetvoiliers.com : Vous serez présents au salon de Paris ?
J.-C. T. : Oui bien sûr, nous espérons pouvoir y présenter un bateau.