Note :
Malgré les difficultés de J Europe, le nouveau J 97 exposé au Salon de Paris devrait participer au Spi Ouest-France à Pâques.
Photo © Daniel Allisy (Voiles & Voiliers)
Dehler, Etap, J Europe... Les trois premiers chantiers touchés de plein fouet par la crise ont en commun d'être trois structures de taille intermédiaire, produisant de 100 à 200 bateaux par an. Faut-il y trouver un enseignement commun ? Celui de structures qui n'ont ni la souplesse de l'artisanat, ni la solidité de grandes entreprises ?
Racheté en 2004, Dehler avait déjà été recapitalisé par deux fois, ce qui n'avait pas suffi à assurer le renouvellement complet de la gamme. Incapable de produire de manière rentable et en volume suffisant les nouveaux voiliers (34, 44, mais aussi 60 pieds...), Dehler avait acheté Etap l'an passé, et largement mis à contribution le chantier belge pour produire des Dehler, sans se soucier beaucoup du renouvellement de la gamme des voiliers insubmersibles belges. Histoire financière chaotique, décisions aléatoires et utilisation des ressources : autant d'éléments qui aujourd'hui laissent perplexe quant à la possibilité de survie des deux marques.
Pour J Europe, l'affaire semble de nature bien différente. En effet, on ne peut être que surpris qu'un chantier réalisant plus de 15 millions d'euros de chiffre d'affaires sur le précédant exercice (+13 % par rapport à 2007), avec une gamme parfaitement renouvelée et jouissant d'une image très forte, connaisse des problèmes aussi rapidement. Pour Martin Lepoutre, de la FIN Poitou-Charente, si, en temps de crise, la structure financière de l'entreprise est déterminante, la façon dont elle a accompagné la croissance récente est aussi un facteur essentiel. <Certains chantiers ont "sur-profité" de la croissance des cinq dernières années et ont acquis un volume d'affaires qui n'était pas cohérent avec leur part de marché légitime. Quand le marché retombe, c'est le genre de gonflette que l'on prend dans la figure. Le contre-exemple parfait, c'est une marque comme Amel. Quand le marché leur réclamait 60 bateaux par an, ces gens-là ont continué à en faire 32, et c'est ce qu'ils font encore aujourd'hui>.
A l'image d'Amel, des chantiers comme Structures, Fora, Alubat et quelques autres, ont su organiser leur <sous-production> depuis longtemps par rapport à une demande certes plus réduite, mais bien réelle pour des bateaux différents. Une logique <zéro stock> qui semble aujourd'hui les préserver un peu mieux de la crise.
Néanmoins, les récents déboires rencontrés par Nautor, le célèbre constructeur des Swan (qui, lui aussi, ne produit que ce qui est commandé...), incitent à rester prudent. Contraint de licencier 60 salariés, son directeur Tommy Boork annonçait le 2 février à notre confrère International Boat Industry que ce sont <135 des 430 salariés qui pourraient être amenés à quitter l'entreprise si la demande restait à son niveau actuel, -30 % par rapport à l'été dernier...>
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16/02/2009 - 10:50
«Cette crise va modifier radicalement notre manière de penser le bateau»
Vous êtes sûrement déjà entré dans un carré sortant de chez Navi Line, société nantaise de menuiserie qui sous-traite pour plus de 20 chantiers. En période de crise, Alexis Lepoutre, son directeur, nous explique sa stratégie et ses perspectives pour 2009.
15/02/2009 - 13:40
«Une crise économique d’une ampleur inédite»
Suite à l'annonce par le Groupe Bénéteau d'une baisse prévue de 30 à 40 % de son chiffre d'affaires pour l'exercice 2008-2009, nous avons voulu en savoir plus sur la santé de la plaisance française. Directeur général de Jeanneau, Didier Greggory répond à nos questions, et évoque l'ampleur de la crise et la recomposition du paysage de la plaisance qui devrait en découler.