Note :
Après dix années de course au large bien remplies, Ronan Guérin a décidé de mettre toute son expérience au service de la croisière, qu'il pratique tout l'année en famille. Il vient de lancer le chantier ACS pour construire l'Océan 35. Photo © Olivier Blanchet (DPPI) Entre deux courses du circuit Figaro, Ronan Guérin regagne le Feeling 10.40 sur lequel il réside en famille depuis cinq ans, été comme hiver. Une double vie dédiée à la régate et à la croisière, propice à griffonner des carnets pour imaginer son bateau idéal. Selon Ronan, il mesure 35 pieds, doit offrir volume maximum et grande stabilité de route et sera équipé d'une quille <style First Class 8>, relevable mécaniquement par un système de vis sans fin, le tout pour combiner tirant d'eau réduit, simplicité et déplacement léger.
Dessiné par l'architecte Gildas Plessis, l'Océan 35 sera produit à Bouguenais (Loire-Atlantique) au chantier ACS où Ronan souhaite <renouer avec la tradition du chantier Aubin>. Comme chez l'illustre prédécesseur, coque et pont font appel au contreplaqué, mais accommodé cette fois-ci de résine époxy.
Le cockpit sera fermé pour la sécurité, le carré surmonté de bannettes de mer et ouvert sur le lit breton pour la sensation de volume. Les safrans sur tableau permettent de repousser les cabines le plus à l'arrière possible (l'absence de tube de jaumière donne toute liberté pour <pousser> le lit jusqu'au tableau). Chacune sera équipée d'un hublot à l'arrière pour la vue sur le sillage et une meilleure ventilation, ce qui fait souvent défaut sur les bateaux de production.
Dès qu'il s'agit de combiner confort, performances et autonomie, Ronan n'est de toute façon pas en manque d'idées. La bôme du bateau sera par exemple de type <Park Avenue>, réalisée tout simplement comme une poutre ouverte en contreplaqué renforcée de fibre de verre. Sa forme évasée facilitera le stockage de la grand-voile et permettra de récupérer l'eau de pluie.
Le choix du lit breton et d'un rouf très allongé permet d'augmenter la sensation visuelle à l'intérieur. Notez les couchettes de mer dans le carré et la cuisine en <U>. Des emménagements conçus <dans l'esprit du Romanée.> Photo © D.R. Côté mouillage, le guindeau est renvoyé au pied de mât et la chaîne stockée dans les fonds pour un meilleur centrage des poids. Mais la vidange du puits est déjà prévue (elle se fera via le puits de quille), ainsi que le fourrage en textile des premiers mètres de chaîne pour éviter bruit et usure sur le pont.
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Vos commentaires
excellente idée; la taille du 35 pieds permet de voyager en groupe comme en solo; je possède depuis plus de 20 ans un Sun Rise, et avec celui ci les miles en croisière comme en sortie journée se succèdent; certes on regarde toujours avec envie un plus grand bateau, mais quand le Mistral se lève et qu'il faut remonter sur Marseille de Porquerolles par exemple, il est facile de poser les enfants à terre avec leur mère et en solo sans problème, de naviguer. Également, très bonne idée de cette bôme.
Serait il possible d'envisager un béquillage pour ce bateau afin de permettre l'échouage occasionnel ? En quel matériau sera prévu la quille ? Le poids du bateau pourra t-il se reporter dessus ? Cet aptitude à l'échouage est un élément important dans le choix d'un bateau et serait un plus pour celui-ci.
Ce bateau a l'air très sympathique, j'aime beaucoup l'idée de la bôme évasée, du gréement Figaro, du lit breton ... J'aime moins les trois cabines dans un 35 pieds (à part si elles sont bien conçues), et je note l'absence de table à cartes. Cela m'étonne, malgré l'aide électronique, je continue (et continuerai pour longtemps encore) à naviguer avec mes cartes, et je ne m'imagine pas les étaler sur une table de carré ...
Bonjour et merci pour ces commentaires. La capacité du bateau à s'échouer de façon fiable devra nécessairement être étudiée compte tenue de la taille du bateau. Résidant sur son bateau en Loire Atlantique, je ne doute pas que Ronan Guérin ne soit pas sensibilisé au problème, qui intéresse bien entendu tous les "atlantistes". Reste que ce qui est prévu sur le papier doit être validé en réel et se pose toujours la question de savoir si les deux safrans sont des béquilles réalistes ou s'il faut y adjoindre d'autres soutiens... A discuter donc avec l'architecte et le constructeur. En ce qui concerne la table à cartes, l'article omet de dire que l'Océan 35 prévoit deux modules symétriques à l'entrée de chaque cabine arrière, ce qui permet de toujours travailler du bon côté à la gîte, mais plutôt en position debout et devant un écran d'ordinateur ou un traceur. Comme sur beaucoup de bateaux actuels, la table à cartes voit donc sa taille nettement diminuer, mais il y a peut-être ici une piste intéressante à explorer. Pierre-Marie Bourguinat