Actualité à la Hune

Didier Le Moal reprend la barre des voiliers J

J suis, J reste !

Bonne nouvelle pour tous les amateurs de monotypes et de jolis bateaux de course-croisière. Didier Le Moal, qui avait introduit et développé les voiliers américains J dès 1994 en France, reprend la destinée du chantier J Europe : jusqu'ici en redressement judiciaire, celui-ci devient désormais JB Composites.

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  • Publié le : 11/03/2010 - 05:53

J 97, les premiers pas Présenté sans sa quille au dernier Salon nautique de Paris et sans véritable expérience de la régate à ce jour, le J 97 sera l'objet de toutes les attentions de Didier Le Moal pour assurer une rentrée réussie au Spi Ouest-France. Photo © Loïc Le Bras La décision du Tribunal de Commerce de la Roche-sur-Yon date du 3 février : les actifs du chantier J Europe qui avait fait l'objet d'une procédure de sauvegarde le 19 novembre 2009, convertie en redressement judiciaire le 20 janvier dernier, viennent d'être rachetés par JB Composites.

Didier Le Moal, le come-back Après un an d'absence, Didier Le Moal, en Europe va tenter de redonner aux bateaux américains leur place dans un paysage nautique fragilisé. Photo © D.R. JB (pour <J Boats>) est une société créée pour la circonstance par Didier Le Moal, qui en est le directeur général.

Licencié voici un an de J Europe suite à un différend avec l'actionnaire majoritaire, Didier n'avait jamais caché son ambition de reprendre la destinée des voiliers J sur le marché européen. Amoureux de ces bateaux à la personnalité (et au prix !) sans concession, il ne s'est pas privé de naviguer dès la décision rendue sur le J 97, dernier-né de la gamme (V&V n°464, voir ici notre essai en feuilletage numérique, réservé aux abonnés) à la sortie un peu chaotique suite aux déboires de la société cet hiver. <J'ai déjà pris quelque 200 photos et noirci des pages de notes sur tous les petits trucs à améliorer !> nous confiait hier celui qui est toujours resté <monsieur J> en France, malgré un bref passage chez Hanse lors du dernier Salon nautique.

Le J 97 fera sa rentrée au Spi Ouest-France, mais sans Le Moal à la barre, qui préfère se concentrer sur le redémarrage de la société. <La charge de travail est considérable. Depuis mercredi dernier, l'atelier est vide. Il y a des bateaux à livrer et il faut se remettre au boulot>, nous déclarait-il, pas revanchard mais plus déterminé que jamais.

Régatier confirmé et ancien équipier en 470 de Christine Briand, ce Rochelais de 50 ans, formé à l'industrie nautique chez Gibert Marine, lance en 1994 les J en France avec l'introduction du fameux J 92. Bateau atypique s'il en est avec son cul pincé et son bout-dehors rétractable, il inaugure la saga des J Lance, bateaux de promotion du chantier.

Pendant quinze ans, entre salons nautiques et plans d'eau de régate, Didier Le Moal n'a de cesse d'étendre l'emprise des J sur le marché de la course-croisière européenne. Un beau succès puisque le petit J 80 s'impose après le Surprise et le First Class 8 comme <le> monotype des années 2000. 124 bateaux participent ainsi au Mondial 2007 à La Trinité - et on attend plus de 100 J 80 au prochain Spi Ouest-France, plus forte représentation d'une série dans les annales du rendez-vous pascal !

En 2001 naît le J 109, qui marque un tournant dans l'histoire de la gamme. Ce plan Johnstone doit beaucoup dans sa conception à l'approche de l'importateur français, devenu aussi constructeur de plusieurs séries pour l'Europe entière au sein d'un véritable chantier comptant plus de 100 salariés au milieu des années 2000. A la fois plus habitable et mieux placé en rating que les anciens J, le 109 rafle tout en IRC. Suivront le J 133, le J 122 et bientôt le J 111, grand monotype à découvrir dans le numéro d'avril de Voiles et Voiliers (n°470) !

Le fait que la famille Johnstone, à l'origine du chantier et toujours dépositaire de la marque (c'est désormais le fils Alan qui signe les bateaux ), ait renouvelé sa confiance à Didier Le Moal a bien sûr pesé dans la décision du tribunal. Mais, surtout, JB Composites s'engage à reprendre 34 salariés sur les 41 restant dans la société avant redressement.

Associé à Yves Roucher (ancien directeur d'Alubat, avec qui Didier avait déjà réalisé le rachat de Kirié en 1997) et à la société FAST, holding de la famille Ringeard, Le Moal reprend donc les rênes de l'une des marques les plus emblématiques de la course-croisière.

Parmi les mesures déjà annoncées, l'annulation d'un certain nombre de contrats de sous-traitance permettra de rapatrier le maximum de travail pour les 34 salariés de l'entreprise. <Il va falloir aussi retrouver des prix qui s'adaptent au marché et redonner confiance à tout le monde - fournisseurs et réseau en tête>, notait hier Le Moal. Une reprise déterminée, mais prudente puisque JB Composites ne récupère qu'une partie des moules et outillages de J Europe pour une valeur d'un peu plus de 100 000 euros.

Le plan d'économie passera aussi par l'abandon des coûteux locaux du Château-d'Olonne après l'été. Mais les J resteront aux Sables, emploi oblige.

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