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De la conception à la navigation

De l’intérêt d’un grand voilier de croisière…

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  • Publié le : 12/03/2009 - 11:34

Grand voilier : puissance et performance Plus de 16 mètres, un franc-bord de plus d'1,50 mètre à l'étrave, l'Océanis 54 est un grand voilier qui en impose dans la brise. Les embruns épargnent souvent l'équipage et, surtout, la vitesse moyenne au travers avoisine les 10 noeuds. Photo © Guilain Grenier En matière de croisière, <small is beautiful> est une maxime que je reprends volontiers à mon compte. Et l'accroissement sans fin de la taille moyenne des bateaux que l'on nous propose d'essayer a tendance à me laisser perplexe. Alors, à l'occasion d'une journée aussi remplie que ventée passée à bord du nouvel Océanis 54, j'ai cherché à me faire une opinion sur le sujet. Voici un premier bilan et quelques pistes de réflexion en six photos.


Vingt mètres carrés d’espace communautaire ! Vingt mètres carrés, c'est la surface de cette grande zone communautaire - carré, cuisine, table à cartes. L'ensemble est lumineux et la vision sur l'extérieur profite de l'agencement sur un seul niveau. Notez les nombreuses mains courantes et la disposition de la cuisine, très pratique en mer. Photo © Pierre-Marie Bourguinat 1. L'espace tout de même
16,70 mètres de coque et six couchettes en trois cabines - soit la même chose que dans un 35 pieds... Autant dire que ça laisse pas mal de place pour la circulation. De ce point de vue, l'Océanis 54 propose une surface dédiée à la vie communautaire assez impressionnante. Mètre en main, le carré ne fait pas moins de ... 20 mètres carrés. Bravo pour les multiples mains courantes (deux très longues qui courent au plafond et plusieurs verticales bien positionnées) et la variété des assises : banc de table à cartes en forme de méridienne, canapé sur tribord et carré avec banquette de vis à vis sur bâbord. A cela s'ajoute la première marche de la descente, traitée comme une petite plateforme de veille. Evidemment, il vaut mieux être nombreux pour occuper cet impressionnant espace. L'Océanis 54 étant navigable à 12, voire 14 personnes en côtière selon la législation, on peut voir venir !


Une grande unité physique dans la brise ! La bôme très haute est sécurisante, mais nécessite souvent d'utiliser les marches de mât. Positionnés près des barres à roue, les winches d'écoute imposent de travailler dos à la marche. L'idéal est d'opter pour l'option winch électrique que le barreur pourra facilement contrôler. Photo © Pierre-Marie Bourguinat 2. L'âge du capitaine et ses mensurations
Au ponton, le livet de pont vous arrive à la taille. Autant dire que pour monter à bord, on fait souffrir les chandeliers. Une empreinte pour le pied à mi-bordé serait donc la bienvenue. Cet aspect <physique> de la navigation sur un croiseur de plus de 16 mètres, se ressent à plusieurs égards. Lorsqu'on veut capeler la drisse de grand-voile par exemple. Des marches de mât sont prévues mais ça ne résout pas la question de la fermeture du lazy-bag de retour au port. Debout sur le rouf ou sur la solide table de cockpit, il vaut mieux des équipiers format XL. Ensuite, l'ensemble des efforts, que ce soit sur les écoutes ou les aussières n'est pas non plus à négliger dans un programme de croisière en équipage réduit ou avec des néophytes à bord.

A ce propos, un petit coup d'oeil à la liste de prix montre que si le propulseur d'étrave est compris dans le pack <Easy docking> (10 500 euros), il sera prudent de prévoir une rallonge supplémentaire de près de 11 000 euros pour rendre les winches d'écoute électrique. Quant à l'étai de trinquette largable, c'est un investissement indispensable (4 800 euros, sans la voile). C'est aussi le cas sur des bateaux plus petits me direz-vous. C'est tout à fait juste, si ce n'est qu'avec l'accroissement de taille, la préservation du génois sur enrouleur (Dacron double pli de chez Incidences en série) est un enjeu budgétaire de taille lui aussi !


Une ergonomie satisfaisante La marche haute est très pratique pour s'asseoir dans la descente et faire de la veille. La disposition de la cuisine garantit une surface maximum de plan de travail, mais aussi un excellent calage à la gîte. Photo © Pierre-Marie Bourguinat 3. Une certaine sérénité
On le sait, la notion du mauvais temps est très variable selon le niveau de l'équipage, la préparation du bateau, mais aussi bien sûr sa taille. Autant dire qu'en terme de ressenti - embruns, mouvements, chocs -, naviguer par 30-35 noeuds de vent sur une telle unité est très rassurant. A des performances correctes et une bonne capacité à remonter contre le vent et les vagues, s'ajoutent des mouvements très doux. Une petite visite à l'intérieur montre que les déplacements sont sécurisés, mention spéciale pour la disposition de la cuisine avec le bloc d'évier contre la descente, très pratique en mer.

Il y a peu à redire sur le plan de pont, mis à part un défaut de main courante lorsqu'on emprunte le passavant (le bateau était présenté sans capote), les winches d'écoute très reculés et peu pratiques dans la brise ainsi que le tableau moteur très mal positionné (il faut risquer ses doigts entre les rayons de la roue pour tourner la clé ou couper le moteur).


Accès techniques : plutôt bien traités Un voilier de 16 mètres est aujourd'hui nécessairement un voilier très équipé en terme de confort à bord. Les accès techniques aux différents organes du bord sont donc essentiels. Ce point est globalement bien traité sur l'Océanis 54. Photo © Pierre-Marie Bourguinat 4. Des accès techniques de belle taille
Jetez un oeil à la liste des options et vous verrez que, dans ces tailles de bateau, tout est possible ou presque : chauffage, clim', groupe électrogène, lave-vaisselle... J'ai même trouvé un caisson de basses Bose que je croyais être une batterie supplémentaire sanglée sous un siège du carré ! L'accès à tous ces organes techniques mérite donc une attention particulière. Qu'il s'agisse de l'électricité ou de la plomberie, l'ensemble m'a paru bien traité. En soulevant les coussins du carré par exemple, on a accès au système de chauffage et de climatisation, au ballon d'eau chaude ainsi qu'au groupe d'eau sous pression par de grandes ouvertures dans le contreplaqué qui forme la banquette. Le grand siège de la table à cartes abritant à lui tout le système de puissance (coupes circuit + coffret 220 V) et laisse suffisamment d'espace pour bien y bricoler. Même chose pour le secteur de barre, les drosses et le pilote, parfaitement accessibles par les coffres arrière (on peut travailler debout !).

En revanche, même en s'y mettant à deux, nous n'avons pas trouvé l'accès spécifique au presse-étoupe (un modèle sans entretien, c'est vrai) - qui, aux dires du chantier, existe bel et bien.

L'occupation de l'espace par les différents systèmes du bord est autant de place perdue pour les rangements. Mais, si l'on se donne la peine d'ouvrir tous les tiroirs et placards disponibles - la cuisine étant dans ce domaine un must - on se rend compte qu'il en reste beaucoup. Voilà un avantage certain de ces grands croiseurs, comparativement à une unité de 12-13 mètres qui paraîtra pauvre en rangements.


Cabine ou… suite ? En versions 3 cabines, l'espace réservé au propriétaire à l'avant paraît incroyable. On aime ou on n'aime pas les glaces au fond du lit, mais ce qui est sûr, c'est que vu l'espace, elles ne sont vraiment pas indispensables ! Photo © Pierre-Marie Bourguinat 5. Des cabines <king size>
Surprise en rentrant dans les deux cabines arrière. Aucun obstacle ne vient arrêter l'oeil. Les coffres de cockpit, pas immenses au demeurant, sont repoussés très en arrière et ne gênent pas la hauteur sous barrots au-dessus du lit - 90 centimètres au plus bas et jusqu'à 1,50 mètre au niveau de la tête. La surface en pied de couchette - environ 1,50 mètre carré - marque là aussi une différence notoire par rapport à un bateau de taille moyenne.

En version 3 cabines, l'espace propriétaire à l'avant est gigantesque, les mensurations étant proches de l'habitat terrestre. Quelle que soit la version, 3 ou 4 cabines, la pointe avant de l'Océanis 54 est occupée soit par une grande soute, soit par une cabine de marin, résumant bien la double vocation de ce bateau - propriétaire ou location à la cabine avec skipper.


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Retrouvez l'essai complet de l'Océanis 54 dans le numéro 459 de Voiles et Voiliers, en kiosque vers le 15 avril.

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Vos commentaires

    • Vous m'avez convaincu: j'en ai trouvé un à vendre pour 309 000€. C'est pas si cher: avec 62 000€ d'apport, il est à moi! (sous réserve d'acceptation d'un organisme de crédit) Reste plus qu'à trouver une place de port et des sous pour les frais de fonctionnement.

      Ajouté par Epicurien le 17/11/2009 - 18:51