Actualité à la Hune

Generic One - Mini 6,50

Une base Verdier à mettre à votre sauce

Alors que le prix des protos de Minis 6,50 limite le nombre de clients potentiels, Serge Viviand propose une formule qui pourrait intéresser ceux qui aiment mettre les mains dans la colle. Son chantier Generic Ocean livre une plate-forme tout carbone sur plans Verdier à terminer par son propriétaire. Ou l'histoire d'une petite Roll's pour le prix d'une Jag' !

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  • Publié le : 26/05/2010 - 00:44

Un vrai mini… 60 pieds ! Pas de doute, ce Mini est un Verdier ! Toutes les caractéristiques de ses bateaux, 60 pieds IMOCA compris, sont là : largeur, agressivité, bouchain marqué, fonds plats, faible franc-bord... Photo © D.R. Passionné aussi bien de Minis que de parapentes, constructeur et lui-même coureur de la difficile édition de 1993, Serge Viviand partage sa vie depuis quelques années entre Salvador de Bahia et Morzine. Cette année, il a ramené dans ses soutes un proto sur plans Guillaume Verdier baptisé Generic One, construit au Nord de Salvador de Bahia par Raf, ancien de Arthec do Brasil.

Réalisée sous vide en sandwich carbone sur moules femelles, la plate-forme de 211 kilos est prête à entrer en peinture et à recevoir ses appendices pour naviguer. Le projet de Sergio est de proposer à des coureurs toute la partie composite construite dans les règles de l'art et de leur laisser une certaine marge de liberté pour le reste : le mât pourra être fixe ou tournant, les calages de dérive permettront de choisir l'incidence, et une certaine latitude dans l'accastillage est envisageable.

Surtout, cet assemblage de compétences et d'inspirations est, sur le papier au moins, source d'économies. <Generic en brésilien, c'est un mot qui désigne les produits pas chers, mais de qualité, issus de la débrouille>, explique le Savoyard. A la plate-forme proposée 50 000 euros TTC, le coureur devra ajouter au moins la même somme et se retrousser les manches, ce qui fait plutôt partie de l'esprit Mini, au moins sur les protos.

Le budget de finition et d'équipement se ventile de la manière suivante :
. 2 safrans + 2 dérives : 15 000 euros.
. gréement : 10 000 euros.
. énergie et pilote : 10 000 euros.
. accastillage : 5 000 euros.
. voiles : 10 à 15 000 euros.

Un petit effort encore pour le matériel de sécurité, quelques centaines d'heures de boulot et voici donc un proto dernier-cri prêt à prendre le départ d'une course du circuit.

Une structure light et aérée Réalisée tout en carbone avec des cloisons ajourées et corniérées sous vide, la structure permet d'obtenir un voilier océanique sans encombrer l'intérieur, pratique pour le matossage, indispensable à la bonne marche d'un Mini. Photo © D.R. De 100 à 110 000 euros pour 6,50 mètres, certains trouveront ça cher - ceux qui n'imaginent pas la somme de travail et la technicité de ces bateaux. D'autres compareront l'enveloppe au prix d'un proto livré clé en mains (150 à 200 000 euros selon le degré de préparation) ou au marché de l'occasion : les bateaux de dernière génération et affichant un bon palmarès se négocient entre 100 et 160 000 euros.

Reste que les clients ne courent pas les rues. Comme chaque année paire (donc sans Transat 6,50), quatre à cinq protos seulement montrent le bout de leur nez et le marché de l'occasion est plutôt atone. Même la Mini n'échappe pas à la crise ! <Si personne ne se manifeste d'ici un mois, je finirai le bateau moi-même pour le montrer sur le circuit, car c'est ce que les gens attendent>, se résout Serge Viviand.

On pourra alors juger du potentiel de ce plan Verdier. La carène très radicale avec un bouchain marqué jusqu'à l'avant rappelle bien sûr celle des 60 pieds de l'architecte. Les ballasts inertiels (200 litres par côté) épousent le fond de coque et le début des bordés pour maximiser le couple de rappel. Quant aux dérives, l'idée de les faire courbes a été abandonnée pour des questions de coût. En revanche, les puits sont très verticaux : cela permettra, à la gîte, de donner de la portance au détriment de l'efficacité antidérive. Enfin, le mât est très reculé pour augmenter encore les pentes de voiles d'avant, favoriser le déjaugeage et l'allongement de la grand-voile.

Des choix qu'il faudra confronter dès que possible aux protos récemment à l'eau ou en cours de réalisation. Au moins trois bateaux sont en fabrication - plans Lombard, Marin et de Beaufort - et deux viennent de toucher l'eau, le Manuard de Thomas Normand et l'étonnant plan David Raison à l'étrave de scow (voir le blog de Loïc Le Bras et notre <Photo à la hune> du 7 mai dernier ici).

Prochaines courses du circuit, l'Hexis Cup au départ de La Grande-Motte (le 6 juin), puis deux grandes tirées au large : le Mini-Fastnet (départ le 13 juin de Douarnenez) et Les Sables-les Açores-Les Sables (départ le 1er août).
Un Mini Verdier tout en puissance Rouf à facettes, bouchain poussé loin sur l'avant, cadène de bout-dehors stratifiée intégrée à la structure, ce plan Verdier exploite à fond la jauge des Minis. Photo © D.R. ...........
Contacts

Classe Mini : www.classemini.com
Chantier Generic Ocean, Serge Viviand, s.viviand@wanadoo.fr

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