Note :
C'est juste à côté de la Cité de la Voile Eric Tabarly, sur le site de l'ancienne base sous-marine de Keroman, que Lorient accueille pour quatre jours le premier Salon du Multicoque. Allez-y !
Photo © D.R.
Spécialiste du multicoque - il a notamment travaillé une vingtaine d'années chez Jeanneau Techniques Avancées -, Frédéric Morvant a imaginé et créé, avec Philippe Michel, le premier Salon Atlantique du Multicoque, qui se tient à Lorient du 15 au 18 avril. Genèse, contenu et spécificités d'un salon à flot réservé aux voiliers à deux et trois coques !
Frédéric Morvant est le co-organisateur, avec Philippe Michel, du premier Salon du Multicoque qui se tient à Lorient.
Photo © D.R.
voilesetvoiliers.com : Comment est venue l'idée de ce Salon du Multicoque ?
Frédéric Morvant : Voilà vingt ans que je travaille dans le multicoque - j'ai commencé chez Jeanneau Techniques Avancées dans les années 90. Force est de constater qu'il est de plus en plus difficile pour les chantiers d'être présents au Salon de Paris en décembre avec de gros bateaux, car cela demande des moyens logistiques et financiers de plus en plus lourds. On a donc voulu proposer une manifestation à une saison à laquelle il n'y en a pas habituellement - chez nous, les salons se tiennent surtout entre autome et hiver - et qui plus est un salon à flot, moins cher pour les chantiers qu'un salon à terre. Cela leur permet de relancer leur activité commerciale au printemps, quand tout le monde remet le nez dehors. Il commence à faire beau, on s'occupe du bateau, c'est une belle ouverture de saison.
v&v.com : Pourquoi uniquement des multicoques ?
F.M. : Parce qu'aujourd'hui, le multicoque est arrivé à maturité, il peut être adulte et vivre un peu tout seul, il n'a pas besoin des autres. On a une vraie clientèle aujourd'hui, assez hétéroclite, qui s'intéresse au multicoque. Il y a beaucoup de plaisanciers qui viennent de nouveaux horizons, qui n'ont jamais navigué, mais aussi pas mal de gens qui viennent du bateau à moteur parce qu'ils en ont marre de faire le plein, et qui veulent retrouver des bateaux confortables qui naviguent à plat. Et de nombreux adeptes de la grande croisière, aujourd'hui, achètent un cata. On a pensé que le métier était devenu suffisamment grand pour pouvoir vivre tout seul.
v&v.com : Que va-t-on trouver comme types de bateaux et comme chantiers à Lorient ?
F.M. : L'essentiel des spécialistes du multicoque. Les grands chantiers français, bien sûr : Fountaine-Pajot, Lagoon, Alliaura Marine, Nautitech, mais aussi des chantiers plus petits comme Tregor Composite, MultiRaid, Indigo Yacht... Et il n'y a pas que des catamarans, il y a aussi des tris : on a par exemple le 50 pieds d'Eric Bruneel, le Neel 50, et des bateaux plus petits, Dragonfly ou Corsair. En tout, il y a une cinquantaine de bateaux exposés. On a aussi des chantiers anglais, sud-africains, canadiens qui viennent : ce salon devrait donner une bonne vision du monde du multicoque aujourd'hui. Certains chantiers qui n'ont pas pu emmener de bateau, comme Outremer, viennent quand même parce qu'ils veulent faire partie de la fête. Tout le monde a compris que le multicoque est en pleine mutation, on le voit bien dans une période de crise comme on vient de traverser.
De plus en plus plébiscité pour la grande croisière, en tout cas aux latitudes tropicales ou alizéennes, le catamaran habitable permet de naviguer loin et longtemps, sans gîte et avec une imprenable vue sur mer. Des atouts également appréciables en location !
Photo © Onne Van Der Wal (bluegreenpictures.com)
v&v.com : Parce que le multicoque a moins souffert de la crise que le monocoque ?
F.M. : Oui, on l'a moins ressentie. Il faut dire que c'est une petite production, un petit marché : le catamaran, ça représente à peu près 1000 bateaux par an. Et les plaisanciers qui achètent des multis ne le font pas pour s'en servir trois semaines par an ; c'est généralement un acte réfléchi autour d'une histoire, autour d'une année sabbatique, d'un désir fort de voyage. C'est quelque chose qui est construit, pas un achat d'impulsion pour faire du bateau le week-end. Donc, ces acheteurs-là ont maintenu leur projet - certaines choses ne peuvent pas se faire dix ans plus tard. Et puis, il y a le marché de la location, assez important, et les gens continuent de partir en vacances malgré la crise.
v&v.com : Outre les bateaux exposés, que trouveront les visiteurs dans ce salon ?
F.M. : On a 55 bateaux à l'eau, mais il y a 2 500 mètres carrés de présentation à terre avec plus de 120 exposants - loueurs, assureurs, équipementiers, fabricants d'électronique. Mais l'autre spécificité de notre salon, c'est qu'on a voulu faire un espace architecture-design-innovation. On a donc ménagé un espace ouvert sur lequel on trouve des professionnels comme les architectes navals Marc Van Peteghem, Vincent Lauriot-Prévost, Olivier Racoupeau, Marc Lombard, ou les designers Hugon Couedel, Franck Darnet. Autant de talents qu'on ne voit que rarement sur les salons. Ils vont montrer comment ils travaillent, comment ils ont pensé le bateau de demain, quels sont leurs projets de bateaux un peu exceptionnels. On présentera aussi le projet Solar Odyssey, un trimaran <électro-solaire> qui devrait effectuer une traversée de l'Atlantique uniquement à l'énergie solaire.
v&v.com : Et côté événements ?
F.M. : L'association des Golden Oldies vient avec d'anciens multicoques de course, dont le Côte d'Or 2 d'Eric Tabarly qui va courir le Rhum 2010 ; s'il fait beau, on pourra les voir évoluer sur l'eau. Le jeudi, Eurolarge organise des conférences autour de différents thèmes : le multicoque de course, la nouvelle série des MOD 70. Bruno Peyron viendra parler de la prochaine édition de The Race, des équipiers de Franck Cammas tiendront une conférence samedi sur leur record autour du monde avec Groupama 3. Et il y aura aussi des conférences sur le thème de la grande croisière avec des plaisanciers qui ont déjà fait un tour du monde ou de l'Atlantique sur un multi...
v&v.com : C'est la première édition de ce salon, qui devrait être reconduit tous les ans, mais avoir lieu sur la façade méditerranéenne une fois sur deux ?
F.M. : Oui. On a voulu une alternance Atlantique-Méditerranée, parce qu'on s'aperçoit que, mis à part Catana et Outremer, la plupart des chantiers sont en Atlantique - mais les utilisateurs, eux, sont plutôt au soleil ! Le Salon se tiendra donc un an sur deux à Lorient, et l'autre année dans un port de Méditerranée qui n'est pas encore tout à fait décidé... mais qu'on devrait révéler pendant le Salon !
Des bateaux à flot, plus de 2 500 mètres carrés d'exposition et d'animations à terre, la plupart des grands chantiers, français et étrangers : la première édition du Salon veut être une réussite d'emblée ! (Cliquez sur l'illustration pour l'agrandir).
Photo © D.R.
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Le Salon du Multicoque pratique
Lieu : Lorient, ancienne base sous-marine de Keroman, à côté de la Cité de la Voile Eric Tabarly.
Dates : du jeudi 15 au dimanche 18 avril.
Horaires : de 10 heures à 19 heures.
Prix : 5 euros (gratuit pour les moins de 12 ans).
Site web : www.le-salon-atlantique-du-multicoque.com
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