Le premier Pogo 40 S2 aux couleurs de Groupe Picoty vient de sortir du chantier Structures de Sainte-Marine (29). Avant les premiers tests sous voiles, le plan Finot-Conq a réalisé un test de retournement à 180°. Obligatoire pour la prochaine Route du Rhum ? Non, mais pour un tour du monde en course, oui... Explications.
Note :
Le chantier Structures avait bien tenté de donner une seconde vie au très bon Pogo 40, l'un des premiers Class 40 sorti en 2005. Mais malgré la victoire d'Halvard Mabire dans le dernier Québec-Saint-Malo (2008) sur une version en sandwich optimisée du bateau (Pogo 40 S), lutter contre les machines que sont devenus les plans Rogers, Verdier (Tyker), Lombard (Akilaria) et bientôt Farr (Kiwi 40 FC) devenait illusoire.
Christian Bourroulec, patron du chantier Structures a donc commandé au Groupe Finot un nouveau plan. Ainsi le Pogo 40 S2 va-t-il au bout de la jauge : plus puissant avec sa carène à bouchain, il est aussi un peu plus rocké au centre pour sortir le nez au portant et ne pas traîner d'eau dans le petit temps.
Le dessin du Groupe Finot est remarquable par son bouchain arrière qui garantit des lignes latérales hyper tendues à la gîte et un peu de creux au milieu pour limiter la surface mouillée aux faibles angles.
Photo © D.R. (Groupe Picoty)
La construction en sandwich vinylester n'est pas la plus high tech pour la classe 40, mais apparaît comme un bon compromis entre technicité et prix pour ce bateau proposé à 272 688 euros, un poil moins qu'un Akilaria RC2 et bien en dessous des Rogers ou Tyker.
Comme tous ces Class 40 de dernière génération, l'agencement est radical avec le strict nécessaire dont un bloc table à cartes inclinable.
Matossages latéral et longitudinal sont optimisés et la zone de veille sous la casquette soignée.
Test de retournement à 180° réussi
Avant de procéder aux essais sous voiles de leur Groupe Picoty, Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche, respectivement président et trésorier de la classe, ont tenu à effectuer le test de retournement à 180° de leur tour nouveau Pogo 40 S2.
Lundi dernier, c'est donc casqués et plutôt impressionnés qu'ils ont embarqué dans le bateau, avec pour mission de le remettre à l'endroit par leurs propres moyens. Pascal Conq, l'architecte, qui a longuement pratiqué l'exercice sur les 60 pieds, explique en détail la manoeuvre : <Un système de passe coque est prévu sur le rouf avec des raccords rapides et une pompe électrique dédiée. L'équipage remplit l'un des ballasts latéraux. Comme le bateau flotte très haut à l'envers en condition de jauge (sans mât ni voile, ndr) et que le rouf forme une bon volume d'instabilité, le mouvement commence à s'amorcer. Ensuite, il faut que l'équipage aille tout à l'avant et remplisse en partie ce compartiment pour forcer le bateau à se mettre sur le nez.>
Jacques Fournier (à gauche) et Jean-Edouard Criquioche se sont prêtés au "jeu" du test de retournement, le duo ayant pour projet de courir la Global Ocean Race, le tour du monde en double en Class 40, en 2011.
Photo © D.R. (Groupe Picoty)
Dix-huit minutes après le début de l'opération, Groupe Picoty amorce sa rotation, d'abord lentement, puis très vite. <Là, il faut bien se tenir !>, rigolait Jacques Fournier à sa sortie du bateau.
<C'est important de l'avoir fait une fois au port, ajoute Pascal Conq. D'abord pour vérifier que ça marche, mais aussi pour prendre conscience que se retrouver à l'envers entraine une perte de repères.>
Ambition tour du monde
Quand bien même, à quoi bon s'astreindre à ce test de retournement non imposé* par le règlement de la Route du Rhum ?
C'est qu'après cette transat en solo, Groupe Picoty a dans son programme 2011 la Global Ocean Race, un tour du monde par étapes en double organisé par Josh Hall pour les Class 40, dont le départ est prévu en septembre (le 11...). L'ampleur de ce parcours impose donc aux bateaux de respecter les recommandations de la classe zéro ISAF et de réussir ce test.
Le moteur est centré en arrière de la table à cartes et de la cloison de mât. Très ajourée pour le poids et le matossage, cette dernière peut être rendue étanche par des portes optionnelles. Au fond, le co-skipper Jacques Fournier.
Photo © Bertrand Duquenne (Chantier Structures / Groupe Picoty)
Sur le plan structurel, le Pogo 40 S2 est ainsi pourvu de quatre cloisons étanches, alors que la classe 40 n'en exige que deux. L'option équipement "Class zéro" est prévue au catalogue du bateau ; pour 7 000 euros, les portes et le système de pompe sont ajoutés et le test est organisé pour chaque bateau inscrit, en présence des équipiers qui doivent participer à la course.
Après ce petit épisode humide réalisé au port de Bénodet, le chantier a remis les bouchées doubles pour achever les quatre autres Pogo S2 qui pourraient participer à la Route du Rhum.
En plus de Criquioche, qui est déjà inscrit, tout comme Régis Guillemot, trois autres noms restent donc encore à dévoiler et le suspens monte... On chuchote néanmoins quelques (grands) noms de Figaristes, dont celui de Nicolas Troussel... A suivre.
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* Le niveau d'exigence de sécurité de la Class 40 est moins haut que celui de l'ISAF, puisque seule la réussite du test de stabilité est obligatoire au regard de sa jauge. Pour courir la Route du Rhum - La Banque Postale, seule la conformité à la règle de classe est nécessaire.
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Site officiel de la Route du Rhum - La Banque Postale, ici.
Site officiel de la Global Ocean Race, ici.
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