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Les foils pour tous

Premiers bords d’un foiler grand public

Le prototype d’un futur catamaran à foils destiné au grand public et aux écoles de voile vient de tirer avec succès ses premiers bords au Sud de la Bretagne. Dessiné par le cabinet VPLP en collaboration avec des ingénieurs engagés par le promoteur de ce projet, Magnard Innovation, cet engin de 16 pieds, qui sera bientôt suivi d’un second, pourrait être construit en série dans les prochains mois avant d’entamer sa commercialisation à destination d’un grand public forcément demandeur. Alan Le Calvez, chef de projet, a bien voulu répondre à nos questions.
  • Publié le : 26/05/2018 - 15:30

FoilerBonnes sensations en vol, bon comportement à la mer et sécurité optimale : le vol d’essai de ce Petit baigneur à foils a été une réussite.Photo @ Charles de Lisle
Voilesetvoiliers.com : Comment se sont passés les premiers essais ?
Alan Le Calvez :
Ils se sont déroulés dans le Sud de la Bretagne mais pour des raisons que vous comprendrez aisément, nous ne pouvons pas vous dire où précisément. Nous sommes sortis une dizaine de fois et tout s’est très bien passé. Le bateau décollait assez rapidement, comme nous l’espérions, la barre des 18 nœuds a été très facilement franchie mais nous n’avons pas cherché à le pousser plus. La vitesse pure n’est pas la priorité de ce projet. Les sensations de vols étaient bonnes, le comportement du bateau aussi et les marges aux allures de vol étaient satisfaisantes. Tout cela sans aucun danger pour l’équipage durant toutes ces phases, ce qui était notre but essentiel.

Voilesetvoiliers.com : Quelles sont les priorités de ce projet, alors ?
Alan Le Calvez : Dès le départ, notre cahier des charges était simple : construire un bateau qui puisse voler en toute sécurité pour ses passagers, en toute facilité pour les manœuvres, et pour un prix le plus modique possible puisque nous le destinons à un large public, notamment les écoles de voile. Beaucoup d’engins volent déjà, mais nous voulions que de nombreux marins puissent voler sur l’eau. Un foiler économique n’existant pas, Magnard Innovation s’est attelé à cette tâche.

Voilesetvoiliers.com : Parlez-nous de Magnard Innovation…
Alan Le Calvez : Pour le moment, nous ne tenons pas trop à communiquer sur nous-mêmes. Dans l’équipe, il y a un architecte maison et un ingénieur mais nous avons travaillé dès le départ en étroite collaboration avec le cabinet VPLP qui a fourni des plans que nous validions au fur et à mesure. Tout s’est très bien passé, l’esprit de ce projet ayant été bien compris par chacun.

Voilesetvoiliers.com : On peut en savoir un peu plus sur ce prototype ?
Alan Le Calvez : Nous pouvons vous révéler qu’avec des coques dotées d’un volume supérieur à la normale, ce catamaran de 16 pieds n’enfourne pas dangereusement : nous l’avons testé, et c’était très important pour nous. Nous avons aussi opté pour des échelles latérales sur lesquelles l’équipage reste assis, pour éviter aussi les dangers de la voltige. Ces échelles sont suffisamment écartées à la fois pour ressentir la sensation de vol et pour permettre un couple de rappel très efficace. Par précaution aussi, les foils ont été placés sous ces échelles afin d’éviter toute collision, forcément violente, de ces foils avec un équipier en cas de crash.

Voilesetvoiliers.com : Et les foils ?
Alan Le Calvez : Nous pouvons seulement vous dire que ceux de ce prototype sont en carbone. Les prochains aussi, probablement. Comme sur le Moth à foils, un palpeur de hauteur de vol situé à l’avant des flotteurs agit directement et mécaniquement sur les volets de régulation de portance des foils sous l’eau. Dans des conditions très simples, nous avons donc agi sur le maintien le plus permanent possible de l’assiette du bateau. Le but n’était pas de voler très vite mais le plus longtemps possible. En peaufinant nos modèles sur la base du premier prototype, nous pensons pouvoir atteindre avec le second, plus performant encore, des plages de vol assez larges et des vitesses de 20 nœuds assez rapidement, tout en obtenant des marges de stabilité conformes à notre cahier des charges. Pour le reste, les matériaux choisis nous permettront des coûts de revient en série le plus bas possible. C’est notre pari fondamental. Notre cap semble bon et nos premiers résultats sont prometteurs.

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