Actualité à la Hune

Salon nautique 2010

SKOD : un Scud dans le paysage de la course au large !

Dévoilé vendredi dernier lors du Salon nautique après avoir fait monter le buzz sur Internet, le SKOD (Swinging Keel One Design) est un 35 pieds de course au large équipé d'une quille basculante. Signé Axel de Beaufort et Guillaume Verdier sur une idée du Figariste Corentin Douguet, ce missile pourrait être construit dès l'an prochain par le chantier JPK. Découverte.

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  • Publié le : 09/12/2010 - 05:28

Attention, Scud ! Une quille basculante, c'est presqu'une tonne de déplacement moins, des lignes plus tendues, de la glisse quoi. Ça fait rêver tout le monde mais, à part les Minis et les 60 pieds, extrêmes à leur manière, le marché ne propose rien. Si, le SKOD ! (Cliquez sur les illustrations pour les agrandir). Photo © Olivier Flahault-Axel De Beaufort-Guillaume Verdier Ça commence par un mail sibyllin de Corentin Douguet qui vous invite à la présentation du SKOD. Point ! L'acronyme n'est pas explicité - et pour cause. Seule une vue du tableau arrière, qui ressemble à celui d'un 60 IMOCA, donne l'eau à la bouche. Et quatre noms en bas de page qui en imposent : Corentin Douguet, Axel de Beaufort, Guillaume Verdier et Jean-Pierre Kelbert. Belle équipe, non ?

Il vaut mieux car si un illustre inconnu annonçait demain le lancement d' une nouvelle classe monotype de course au large en solitaire ou équipage réduit, l'idée ferait sourire. Cette spécialité française ne manque en effet pas de supports, au risque de créer la confusion aux yeux du public, des sponsors et organisateurs de course. Mini 650, Class 40, 60 pieds IMOCA, Figaro, Class 950, et pourquoi pas même les voiliers IRC pour les plus de 40 ans (Transquadra...).

Alors, qu'est ce qu'il a de plus, ce <Swing Keel One Design> ? Eh bien, comme son nom l'indique, sa quille, tout simplement ! Si l'on excepte le Veolia 52, le SKOD est le premier monotype océanique à quille basculante <grand public>. Un bateau fun pour ceux qui rêvent de tirer sur la barre pour de belles chevauchées. <On a souhaité se caler sur le prix des Class 40, explique le Figariste Corentin Douguet, initiateur du projet. On est un peu plus petit de partout, mais on propose la quille basculante>. Une quille dont le surcoût, en intégrant le système de vérin Cariboni, est estimé à 30 000 euros environ, sur un prix total de 299 000 TTC.

Quatre garçons dans le vent ! De gauche à droite : Corentin Douguet, Axel de Beaufort, Guillaume Verdier et Jean-Pierre Kelbert. Du talent, une belle complémentarité et une vraie vision du bateau de course de demain. Quatre garçons dans le vent ! Photo © Thierry Martinez / D.R. La glisse est donc clairement au programme du SKOD, avec des sensations plus proches d'un Mini ou d'un 60 Open que d'un Class 40 ou d'un Figaro, bateaux relativement lourds. Plus océanique qu'un 6.50, le SKOD devrait aussi être moins physique qu'un Class 40. Compte tenu de la voilure qui se limite à 92 mètres carrés au près, le bateau reste par exemple équipé d'un hale-bas de bôme classique et ne nécessite pas de chaussette pour l'envoi des spis.

Pour conserver un budget raisonnable, le SKOD se passe de dérives de près, nécessaires en théorie sur un voilier à quille basculante qui perd en surface antidérive lorsqu'on angule. C'est sans doute là que ce monotype est le plus innovant : au près, le pari consiste à anguler l'appendice au minimum (entre 10 et 15°). Si la course est disputée en équipage (environ 5 à 6 personnes), c'est le poids des marins qui compense l'absence de couple. Si la course est en solitaire, le bateau utilise alors deux petits ballasts d'appoint de 350 litres. Dès qu'on débride et que la question de l'antidérive n'est plus cruciale, la quille peut alors être angulée jusqu'à 35° de part et d'autre. Et en avant !

Si l'absence de dérive présente une grosse économie à la construction, plus de fiabilité et moins de souci de maintenance, elle permet aussi des emménagements sans entrave. Traité comme un loft dans lequel on accède par une double descente autour du piano central en tunnel, il comprend une grande banquette transversale sous laquelle se loge le mécanisme de quille, quatre bannettes et beaucoup d'espace pour matosser.

Un parti-pris radical Double descente avec vision sur l'avant par les décrochés du rouf, grand espace dédié au matossage, quille basculante, l'architecture radicale de SKOD colle parfaitement à ses ambitions de performances. Photo © Olivier Flahault-Axel De Beaufort-Guillaume Verdier Si c'est Olivier Flahaut qui signe les vues d'artiste du bateau, ce sont Axel de Beaufort et Guillaume Verdier qui se sont partagés la partie architecturale. <Après échanges d'esquisses et recalage avec Corentin, une première carène a été déterminée et Guillaume a utilisé toute son expérience de l'Open et son logiciel de VPP pour affiner les critères hydrostatiques et aérodynamiques>, explique Axel.

Vu de l'avant, le design du pont et du rouf rappelle clairement le Nacira 650, signé de Beaufort. Vu de l'arrière, c'est le support de rail courbe de GV dans le plus pur style des IMOCA Verdier qui attire l'oeil. L'ensemble ne manque en tout cas pas de gueule et vendredi soir au Salon nautique, Figaristes, Ministes et autres skippers de Class 40 semblaient trouver ça à leur goût.

Une question revenait néanmoins sur toutes les lèvres. <Quel est le programme de course du SKOD ?> <Le circuit océanique reste à écrire avec les propriétaires, avance Corentin Douguet. Le but, c'est de pouvoir s'aligner au départ des grandes classiques offshore du RORC (Fastnet...) et pourquoi pas à des transats type Route du Rhum, en négociant une classe monotype dédiée...> <Pour lancer des outillages, ajoute Jean-Pierre Kelbert, constructeur retenu pour le bateau, il faut partir sur une base de cinq clients.>

Amorcer la pompe, tel est le défi qui attend Corentin dans les prochains mois. Crédible par le pedigree de son équipe, le SKOD va de toute façon dans le sens de l'histoire. Il y aura nécessairement un jour, dans les allées d'un Salon nautique, un bateau de série à quille basculante...

Le SKOD en chiffres et en lettres
Longueur hors tout : 12,19 m. Longueur coque : 10,66 m. Bau maxi : 3,80 m. Tirant d'eau : 2,75 m.
Voilure au près : 92 m2.
Déplacement : 3 t. Lest : 1,2 t. Bulbe : 0,9 t. Ballasts : 2 x 350 kg.
Mât carbone un seul étage de barres de flèche.
Construction : sandwich verre-carbone.
Prix : 299 000 euros TTC.

Site Internet : www.jpk.fr
E-mail : skod@sfr.fr

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