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Super-yacht VPLP

Hemisphere, le plus grand cata du monde !

Célèbres pour leurs multicoques de course (Groupama, Banque Populaire V et les MOD 70 sont les derniers en date), les architectes du cabinet VPLP ont parallèlement développé un savoir-faire reconnu dans le domaine des catamarans de croisière, comme les Lagoon, mais aussi des super-yachts. Ils ont conçu le plus grand catamaran à voile au monde, Hemisphere, qui devrait prochainement tirer ses premiers bords à Falmouth. Mensurations ? 44,20 mètres et 275 tonnes !

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  • Publié le : 24/05/2011 - 00:01

Espace vital A 15 noeuds sous voiles sans que la bouteille de champagne ne tombe de la table - et sans se marcher sur les pieds, comme l'illustre cette image de synthèse : Hemisphere avoue près de 17 mètres de large ! (Cliquez sur les illustrations pour les agrandir). Photo © Cabinet Vplp/Reproduction Interdite C'est, selon ses architectes, le plus grand catamaran à voile du monde. 44,20 mètres de long pour 16,65 mètres de large, Hemisphere est en cours de finition à Falmouth (Grande-Bretagne) aux chantiers Pendennis. Son poids est sans doute encore plus impressionnant que ses mensurations : en charge, ce multicoque hors-normes devrait déplacer jusqu'à 275 tonnes !

Ces dimensions se comparent à celles du catamaran Douce France, lui aussi dessiné par le cabinet français VPLP (pour Marc Van Peteghem et Vincent Lauriot-Prévost). Mis à l'eau en 1998, Douce France mesure 42,20 mètres pour 15,40 mètres de long, et déplace <seulement> 140 tonnes. Son gréement de goélette répartit la voilure sur deux mâts, tandis qu'Hemisphere ose un gréement de sloop : son mât unique, construit chez Lorima à Lorient, portera 856 mètres carrés de voilure au près et jusqu'à 1523 mètres carrés au portant.

Sept ans ont passé entre le lancement de Douce France et les plans d'Hemisphere, dont les premières études ont débuté en 2005. Dans l'intervalle, les progrès techniques et architecturaux ont permis de repousser encore plus loin la limite des efforts acceptables sur ce type de <super-yachts>. Les efforts ultimes sur l'écoute de grand-voile ont été évalués à 28 tonnes. Cela suppose que les tissus à voile, les écoutes, les enrouleurs, les treuils (on ne parle plus de winchs, car le courant des écoutes n'est plus géré à la main, mais emmagasiné sur le tambour), le gréement dormant, soient capables de suivre. Les haubans sont des câbles de Kevlar de 80 millimètres de diamètre, et le pied de mât est configuré pour encaisser jusqu'à 230 tonnes en compression.

Détrôné Douce France, mis à l'eau en 1998, n'est plus le plus grand catamaran à voile de la planète. Mais ce , si l'on peut parler ainsi, reste dans l'escarcelle du cabinet VPLP. Photo © Vplp L'identité du propriétaire de ce bateau hors normes reste confidentielle. Tout juste apprend-on qu'il s'agit d'un Américain, passionné de plongée, et que c'est son premier bateau. Par le passé, il préférait louer, de très gros yachts à moteur, ou des catamarans à voile. Il avait déjà passé des vacances sur Douce France, et sur un Lagoon 570. Après avoir cherché en vain chaussure à son pied sur le marché de l'occasion, il a fini par lancer un concours, mettant en concurrence plusieurs architectes. La démarche est <assez rare>, selon Mathias Maurios, chef de ce projet chez VPLP : d'ordinaire, les propriétaires jettent d'emblée leur dévolu sur un architecte particulier.

A l'échelle Voici comment l'ordinateur imagine Hemisphere dans le petit (mais chic) port italien de Portofino. L'échelle sera un peu différente au milieu des motor-yachts de Monaco, port d'attache du catamaran. Photo © Cabinet Vplp/Reproduction Interdite Lorsque le cabinet parisien remporte le concours, Hemisphere n'a pas encore de nom de baptême, le projet s'appelle Gemini. Les concepteurs ont essentiellement affaire au skipper chargé de conseiller et de représenter le commanditaire. Pour emporter le marché, ils ont dû répondre au cahier des charges, mais aussi deviner entre les lignes certaines attentes du futur propriétaire. Par exemple ce profil particulier avec des élancements arrière, des jupes très tendues, et des étraves inclinées. <Ce look assez classique correspond à notre interprétation de ses souhaits. Lors de notre première rencontre avec le skipper, le type de bateaux d'occasion qu'il avait regardés avait été évoqué, et cela donnait le ton.>

Il est remarquable que les auteurs de Gemini aient su ainsi donner une silhouette assez fluide et élégante à un bateau dont les étraves affichent près de quatre mètres de franc-bord, et dont le flying-bridge est perché à six mètres au-dessus de la mer. Ils y sont aussi parvenu en coiffant le franc-bord d'une teugue (une superstructure arrondie peu élevée), dans un pan coupé qui intègre un hublot très allongé.

Entresol Sur cette coupe longitudinale apparaît le demi-niveau d'aménagements dans la nacelle du catamaran (vue du milieu). Photo © Cabinet Vplp/Reproduction Interdite La nacelle du catamaran abrite ainsi, en demi-niveau, les cabines propriétaire et VIP disposant d'un accès privatif à une terrasse en façade avant. Une fois n'est pas coutume, le propriétaire concède à ses invités de marque un espace équivalent au sien : 35 mètres. Trois autres cabines d'invités, de 18 mètres carrés chacune, logent dans la coque babord, tandis que les huit à neuf membres d'équipage logent et travaillent dans la coque tribord, qui accueille cuisine, mess, buanderie. Une salle de 17 mètres carrés est destinée aux projections de cinéma, et le salon vaut celui d'un bel appartement haussmanien : 72 mètres carrés.

<Gemini est un bateau à deux étages, là où Douce France n'en avait qu'un, explique Mathias Maurios. Nous avons conçu plus haut, avec plus de garde au sol, pour un meilleur passage à la mer. Et nous avions aussi un impératif majeur : il fallait pouvoir cacher l'annexe, un semi-rigide de 8,50 mètres de long, qui pèse trois tonnes.> Ce monstrueux tender a trouvé sa place dans un garage en aile de mouette, sous la nacelle, <dont les portes s'ouvrent comme la soute d'un bombardier>.

Hemisphere en chantier Pour les bateaux de plus de 120 pieds, l'aluminium est quasi incontournable, selon Mathias Maurios : . Photo © Vplp Autre impératif, les énormes réserves en carburant. Pour pouvoir traverser l'Atlantique au moteur en autonomie, Hemisphere transportera 26 500 litres de gasoil. L'eau douce ? 10 000 litres. <Tout cela finit par prendre de la place, nous n'aurions pas pu gérer un tel déplacement avec une garde à la mer comme celle de Douce France.>

Il est permis de se demander comment ces 275 tonnes se comporteront sous voiles, et si pour un tel déplacement, un monocoque n'aurait pas été aussi performant. <C'est un bateau qui tiendra de très bonne moyennes, répond Mathias Maurios. Il naviguera facilement à 15 noeuds, et devrait pouvoir frôler les 20 noeuds au portant dans la mer formée>

Asymétrique A bâbord, les cabines d'invités, et à tribord, les zones de vie et de travail de l'équipage. Sous la nacelle, l'énorme semi-rigide, et dans la jupe tribord, l'annexe d'équipage. Photo © Cabinet Vplp/Reproduction Interdite <Mais l'avantage du catamaran sur le monocoque, poursuit-il, c'est l'habitabilité et la stabilité. Avec ce type de bateau, vous pouvez naviguer à 15 noeuds sans que la bouteille de champagne ne bouge sur la table. La différence de tirant d'eau est aussi intéressante : avec ses ailerons, Hemisphere calera trois mètres, il aura accès à certaines baies et mouillages qui seraient interdits à un monocoque calant 6 mètres (sauf à se lancer dans un système de quille relevable, ndlr).>

Terrasse privative Plan du pont principal et, en transparence, du salon, de la cabine de propriétaire et de la cabine VIP. Ces deux dernières pièces ont accès, via des portes étanches, à la terrasse sur l'avant du bateau. Photo © Cabinet Vplp/Reproduction Interdite Quant à l'habitabilité... <Le cockpit et le salon sont de plain-pied, comme sur un motor-yacht, et depuis le salon vous avez vue sur la mer à 360°, et la surface du flying-bridge est énorme.>

Un dernier chiffre : la surface totale des ponts (depuis le pont principal jusqu'au fly en passant par la terrasse du propriétaire et le trampoline) est de 450 mètres carrés. Voilà qui laisse de la place pour circuler autour du jacuzzi.

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Vos derniers commentaires

    • c'est tout simplement hallucinant !!! Je ne suis pas sur que naviguer sur ce type de bateau serait mon plus grand rêve, mais je trouve ça tout de même assez incroyable !!

      Ajouté par Ogrim le 24/05/2011 - 10:38
    • L'image de synthèse de la bestiasse à Portofino pourrait fort bien illustrer la couverture des "Voyages de Gulliver". Yen'

      Ajouté par Yendegaiai le 24/05/2011 - 11:36
    • Douce France est peut être légèrement plus petit, mais il est quand meme nettement plus racé...

      Ajouté par stradi le 25/05/2011 - 12:57
    • La coupe longitudinale de la coque d'Hémisphère, ressemble à celle d'un Looping de chez Patrick Lusher, c'est dire qu'il est beau et certainement efficace dans la vague.

      Ajouté par karacool le 25/05/2011 - 14:13
    • Pour l'avoir côtoyé a maintes reprises et connaitre l'ensemble de son œuvre, je me dois d'affirmer que Mathias Maurios est un architecte surdoué. Il se distingue très nettement de l'ensemble des designers de sa génération et nous livre avec ce chef d'œuvre un témoignage éclatant de son ingéniosité et une infinitésimal partie de ses talents de créateur. Il est, je le crois humblement, le seul aujourd'hui a pouvoir réécrire le concept du multicoque... Merci, Monsieur Mathias Maurios...

      Ajouté par Peta_Ouchnock le 27/05/2011 - 00:42
    • Ok pour les talents d'architecte, mais pour ce qui est de l’atypique c'est pas gagné parce que ça ressemble fortement à un bateau de série (en plus gros). De plus, si je regarde le bateau, je me demande à quoi ça sert à part tenir une bouteille de champagne debout d'avoir un cata aussi étroit. Autant faire un bon mono qui marche avec de l'espace de toutes façons. Puis d'autre part, c'est laid, et ce bateau ne marchera pas à 15 nœuds en étant tranquille... à moins d'un bon skipper bien à fond. 245 tonnes le coco, vous vous rendez compte?.. il va falloir le lancer dans une petite brise, bien cool ou dans une mer agitée à forte? dans le lagon calédonien, ok..

      Ajouté par bizbiz le 02/06/2011 - 09:55
    • Je viens de croiser cette unité tranquillement ancrée devant une petite crique du désert des Agriates en Corse . Il est tout simplement fabuleux !!!! Une fois qu'on l'a aperçu , on oublie les tonnes , les metres , les diametres et tout çà ... on ne retient que son look classique et gigantesque ! A voir et a revoir !

      Ajouté par NAUTIMARINE le 27/08/2011 - 07:36