Bruno Peyron à la baguette du centenaire Lady Trix, son frère Loïck sur le proto de l'Alphena One, le médaillé olympique Yves Pajot à la mesure de son Dragon Startigenn... Du 10 au 13 juillet, les huitièmes Voiles de Légende ont permis de faire jouer ensemble plusieurs séries d'élégants voiliers en baie de La Baule. Quand l'esthétique et l'histoire rencontrent la convivialité et la technicité, le spectacle est au rendez-vous !
Note :
Lady Trix, cent ans d'âge, barrée par Bruno Peyron. Autour de Gérard Friess, le propriétaire, deux équipiers de choc : Patrick Moreau, docteur ès matelotage et collaborateur à Voiles et Voiliers, et Greg Evrard, de l'équipe de France de match-racing.
Photo © Marie Dufay
Le jeu de mots est facile. Pourtant, la première idée qui vient en observant la flotte atypique des Voiles de Légende rentrer à la marée haute dans le port du Pouliguen est que ces marins et ces bateaux sont vraiment sur la même longueur d'onde.
D'abord, comme l'explique Dominique Molette, vice-président du Yacht-Club de la Baule, parce que <personne n'est choqué de voir régater ensemble des quillards de sport (trois Requin, onze Dragon, deux Soling), des voiliers métriques (un 6 M JI et un 8 M JI), des yachts classiques (onze) et des dayboats aux lignes soignées (trois Tofinou et deux protos)>. Ensuite, parce que le YCLB, c'est une belle histoire de copains, de gentlemen qui ne se prennent pas au sérieux, à l'image des <locaux> Yves Pajot, Bruno et Loïck Peyron qui, quand leur agenda le leur permet, répondent présents à cette jolie joute navale.
Il trouve toujours également le temps de régater quelques fois par an en Dragon, dont la cote d'amour de la part des Baulois ne cesse de grimper : le YCLB en est la première base atlantique avec vingt unités et a intégré le circuit national l'an dernier. Devenu série olympique en 1948, ce 8,90 mètres norvégien conçu en 1929 continue de combler les skippers les plus pointus, à l'image d'Yves Pajot (champion du monde de 5O5 et de Flying Dutchman en 1974, de 12 M JI en 1986), victorieux cette année encore dans cette série qu'il affectionne tout particulièrement.
Classé Monument historique, le plan Fife Viola était le plus ancien voilier du rassemblement 2009.
Photo © Marie Dufay
Avec cinq manches courues en trois jours - contre huit pour le reste de la flotte -, dix yachts classiques se sont lancé dans des parcours côtier et banane à la poursuite de Lady Trix, tel Viola, un plan Fife de 1908 classé Monument historique. Kraken II (1950), Bryell II (1968) ou Orana (1959) sont des habitués du Challenge classique Atlantique, dont les Voiles de Légende est l'une des 12 étapes. Seul manquait à l'appel Pen Duick, inconditionnel de ce rassemblement, bloqué pour raisons techniques en Bretagne Nord alors que l'équipage convoyait le bateau vers La Baule.
Dans un petit temps et sous un ciel menaçant, Requin, Soling et voiliers métriques n'ont pas été en reste : voir les quillards des années 30 en découdre avec le Tofinou, dayboat créé en 1987 d'après une coque de 1929, est un joli clin d'oeil.
Même Loïck Peyron (voir notre interview ci-dessous), sur l'Alphena One, proto couleur sable de 8,50 mètres déjà présenté ici en vidéo (contenu réservé à nos abonnés), ne dépareille pas ; avec sa motorisation mi-électrique mi-thermique, son pont latté et sa coque renforcée verre et carbone infusé sous vide, le petit dernier d'Alphena Yachts, pour lequel Loïck a participé à la mise au point, tend à une épure que ne renieraient pas les architectes d'antan.
Le prototype Tokaoma de Pierre Chartier a remporté la victoire devant Loïck Peyron sur l'Alphena One.
Photo © Marie Dufay
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Loïck Peyron : <Y'a pas à dire, un peu de bois ne nuit pas !>
v&v.com : Loïck, toujours aussi content de l'Alphena One ?
Loïck Peyron : Toujours ! Si j'ai le temps cet été, je l'emmènerais bien dans le golfe du Morbihan parce qu'est c'est un bateau idéal au mouillage, en solo ou en famille. C'est la première fois qu'on régate dessus, c'est sympa. Le client sérieux en face de nous, c'est le Tofinou 8,50 mètres. C'est une bonne idée que le YCLB nous ait permis de nous greffer aux Voiles de Légende. On court contre le proto de mon copain Pierre Chartier, plus grand, mais l'Alphena est véloce dans le petit temps et on a réussi à gagner quelques manches !
v&v.com : Tu dois prendre un plaisir particulier à voir de si belles unités s'affronter dans une ambiance conviviale, chez toi, à La Baule...
LP : C'est toujours magnifique de voir se rassembler des voiliers anciens. On a beau avoir de jolis bateaux en plastique tout autour, y'a pas à dire, un peu de bois ne nuit pas. Et puis, les yachts classiques comme Lady Trix sont un miracle de création : voir l'évolutivité de ces bijoux construits il y a un siècle, c'est étonnant. Un vrai petit avion de chasse ! J'aimerais le barrer, surtout que je n'ai pas souvent l'occasion de monter sur ces bateaux, qui demandent un sens de l'anticipation très important en navigation, tant au niveau du vent que des manoeuvres...
v&v.com : Il y a moins de yachts classiques en Atlantique qu'en Méditerranée. Les Voiles de Légende ont-elles une chance de rivaliser un jour avec des manifestations comme les Voiles de Saint-Tropez ?
LP : C'est vrai qu'à part Noirmoutier, très spécialisé dans le domaine mais peu accessible au public, et la Semaine du Golfe, on n'a pas beaucoup d'événements de ce genre. Mais le plan d'eau de La Baule est parfait pour partager cette passion avec les amateurs et les curieux ; rentrer le soir au Pouliguen avec tout ce public qui attend, c'est super. En tout cas, tant qu'il y aura des propriétaires passionnés pour se démener et faire naviguer leurs sublimes <vieilles commodes>, on continuera à faire vivre cet héritage traditionnel. On bénéficie d'intérêts fiscaux pour acquérir des oeuvres d'art moderne abominables, mais pas pour ces oeuvres d'art anciennes, et c'est bien dommage ! Alors oui, il faut s'organiser, communiquer : j'ai cru comprendre que ce week-end, il y avait d'autres régates de classiques en Atlantique, c'est un peu dommage qu'on ne soit pas tous réunis...
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Voiles de Légende 2009, les classements
Protos : 1. Tokaoma (Pierre Chartier). 2. Alphena One (Loïck Peyron).
Tofinou : 1. All Black (Christophe Moison). 2. Grey Pride (Alain Strasser). 3. First Greyge (François Ginies).
Requin : 1. Pieric VI (Philippe Burban). 2. Antinea (Hervé Guezennec). 3. Rascal (Philippe Bes de Berc).
Soling : 1. Last One (Jean-Marie Le Guillou). 2. Lea (Yves Steff).
Dragon : 1. Startigenn (Yves Pajot). 2. Legend (Remy Arnaud). 3. Warrior (John Thorton).
6 MJ et 8 MJ : 1. Aile VI (Benoist Lombard). 2. Vert Galant (Laurent Thierrymieg).
Yachts classiques : 1. Lady Trix (Gérard Friess). 2. Orana (Hervé du Rotois). 3. Bryell II (Jérôme Cathala).
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10/04/2009 - 16:59
Alphéna One : looké comme un cabriolet
Day-boat ultra design, l’Alphéna One joue la carte de l’élégance, du plaisir et de la simplicité en navigation. Un voilier « écologiquement correct » résolument original et réussi, présenté en vidéo par le conseiller technique du chantier Alphéna Yachts qui n’est autre que Loïck Peyron, et testé pour vous par Loïc Le Bras.
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10/04/2009 - 10:18
Alphéna One (Alphéna Yachts/Le Bihan)
Dayboat ultradesign, l'Alphéna One joue la carte de l'élégance, du plaisir de naviguer, de la simplicité et du confort des invités. Un voilier résolument original et réussi.
09/12/2008 - 16:45
Alphena One : comme un coupé sport
L’Alphena One se présente comme un bel objet à l’esthétique élaborée : carène performante aux murailles presque droites et à l’étrave inversée dont la forme bulbée à la flottaison est censée diminuer la traînée.