Le bras de fer continue entre Ellison et Bertarelli.
Hier soir, les deux équipes tenaient une conférence de presse à une heure de décalage, chacune dans sa base de la Darsena Interior. Aujourd’hui à 16h est prévue une conférence de presse des propriétaires – Larry et Ernesto, donc. Une conférence de presse où le milliardaire américain comptait se rendre avec Russell Coutts. Or celui-ci n’est pas du tout le bienvenu, semble-t-il. Du coup, Ellison a déclaré vendredi soir qu’il n’irait pas à la conférence de presse des propriétaires… Ambiance, ambiance !!!
Le vent souffle trop fort aujourd’hui et les deux bateaux restent à quai. Chez Alinghi, on en profite pour donner une journée de repos à l’équipage.
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créé le 26-11-2008
"Aperçu" vous livre le regard décalé d’un journaliste impliqué dans les plus grandes courses à la voile. Anecdotes, coulisses, histoires, "Aperçu" partage avec ses lecteurs une passion pour la mer en général et la régate en particulier, en s’affranchissant des contraintes actuelles des magazines et de la télévision : la longueur et le temps. Plus un sujet nous passionne, plus nous pourrons en discuter…...
Voici le logo officiel de la 33e Coupe de l’America. Une idée de Michel Hodara, ex-grand patron d’ACM appelé il y a quelques semaines par le Consortium Valencia 2007 pour prendre en charge l’organisation à terre, et d’un de ses amis, Jérôme Bontron, graphiste de son état.

Les deux 3, dos à dos, séparés par la silhouette de la Coupe de l’America est une jolie façon – je trouve – d’illustrer le duel de cette 33e édition entre deux milliardaires qui tentent de s’arracher l’aiguière d’argent. Bien vu !
Ecrit par Bernard Schopfer, ex-journaliste suisse passé par la communication d’Alinghi en 2003 et désormais directeur de l’agence de communication MaxComm, ce livre intitulé “La formidable saga des multicoques du Lac Léman – d’Altaïr à Alinghi –“ retrace comme son titre l’indique l’épopée lémanique des plus insolites multicoques d’eau douce.
Richement illustré, très bien écrit, cet ouvrage est fort instructif à quelques jours de la 33e Coupe de l’America. Des images de l’aile d’Altaïr XII, directement inspirée du Stars & Stripes de 1988, ou bien les premiers bords d’Alinghi 5 l’été dernier témoignent de la richesse de la voile helvétique. Dennis Conner, Eric Tabarly, Loïck Peyron et bien d’autres champions de voile sont venus se tester sur le Lac. Un bel ouvrage à conserver dans la bibliothèque du bord...

En couverture, Alinghi 41, dit Le Black, est le plus abouti des multicoques du Lac. Il remporte le Bol D'or quatre années de suite de 2000 à 2003, signant au passage l'arrêt de mort de la classe Open par sa domination. Il inspirera également la première monotypie avec le Décision 35.
« La formidable saga des multicoques du Lac Léman – d’Altaïr à Alinghi – » est publié aux éditions Favre et vendu environ 25 euros dans les librairies. © D.R.
Ça ressemble à des jumelles, ça se tient comme des jumelles, on vise comme des jumelles mais ce ne sont pas des jumelles, et encore moins le dernier modèle de radar de la maréchaussée…
Non, ce sont des jumelles laser, baptisées Racer’s Edge et qui permettent de connaître instantanément la force et la direction du vent à 400, 700 et 1000 mètres devant soi. La réponse du berger à la bergère en quelque sorte face aux ULM hydravions d’Alinghi (voir deux posts plus bas)… Bien que les deux présentent des intérêts différents. Car les ULM permettent de connaître le vent où l’on veut sur le parcours, mais avant le coup de canon, tandis que ces jumelles peuvent servir pendant les matchs, mais n’indiquent le vent que dans un rayon maximum de 1000 mètres autour du bateau, soit à peine plus d’un demi mille, sur un bord qui mesure 20 milles de long !

D’après l’interview de Phil Rogers, pdg de la société Catch The Wind qui a conçu la Racer’s Edge (et lue sur le site de Valencia Sailing), Il suffit de viser et d’appuyer sur le bouton pour connaître instantanément les mesures du vent aux trois distances précitées. Relié par Bluetooth à l’ordinateur du bord, cela permet d’établir une évolution du vent et de connaître également – en fonction de l’angle de visée – la force et la direction du vent à différentes hauteurs au-dessus de l’eau.
Ces jumelles ont été spécialement développées pour BMW Oracle Racing et coûtent la bagatelle de 150 000 $ (environ 106 000 €), mais un modèle moins sophistiqué devrait être commercialisé prochainement. Ouf… On respire !
Bonne nouvelle pour tous les passionnés de voile et/ou de la Coupe de l’America. Alinghi a délégué au consortium Valencia 2007 (institutions espagnoles) l’organisation à terre de l’événement et la production télévisuelle.
Or celle-ci vient d’annoncer qu’il n’y aurait pas de droits de retransmission de la 33e Coupe de l’America et que les duels entre Oracle et Alinghi seront retransmis en direct sur le site officiel de l’événement, www.americascup.com.
Alors ne prévoyez pas trop de rendez-vous les 8, 10 et 12 février entre 10h et 17h… Et ne ratez pas le duel le plus insolite de l’histoire de la voile !
MAJ 27.01 : vous pourrez également suivre les matchs entre Alinghi et Oracle sur Canal + Sport avec Hélène Cougoule et votre serviteur aux commentaires, accompagnés par un consultant de marque. C'est pas bioutifoule, ça !!!
C’est une information que j’aurais aimé développer mais, faute de temps, la voici telle quelle. Je l’ai d’abord lue sur le site d’Alinghi dans cette intéressante interview (à lire ici) du météorologue néo-zélandais, Jon Bilger. Malheureusement, elle est uniquement sur la version anglaise du site du defender. Une info reprise dans L’Equipe du 15 janvier avec la même photo que ci-dessous.
Alinghi utilise deux ULM hydravions pour mesurer le vent sur le plan d’eau de Valence. Géniale comme idée ! Comme l’explique Bilger dans l’interview, cela permet de mesurer la vitesse et la direction du vent à 60 mètres, soit la hauteur des mâts, et non plus à seulement 10 mètres de haut comme c’était le cas jusqu’à présent avec les semi-rigides météo. Et comme ils peuvent filer entre 25 et 60 nœuds, cela permet de couvrir un plus grand espace qu’un semi-rigide. Et se poser sur l’eau s’il faut patienter avant le départ…
« Comme ses bateaux vont très vite et qu’ils sont très larges, les navigants ne monteront pas en haut du mât, sauf absolue nécessité, en tout cas pas pour observer le vent, poursuit Bilger dans l’interview. Sur un Class America, on pouvait voir assez loin du haut du mât, donc la prise de décision des navigants avait beaucoup d’importance. Mais cette fois-ci, parce qu’ils vont très vite mais virent assez lentement, le choix du côté du parcours sera effectué avant le départ en fonction des infos que nous leur aurons fournies. Faire le bon choix sera crucial. Si chaque équipe choisit un côté différent, la séparation sera importante en très peu de temps. »
Conclusion : le rôle de l’équipe météo sera encore plus primordial que par le passé. Et avec ces deux ULM, Alinghi possède un coup d’avance sur BMW Oracle Racing.

On peut voir sur ses deux ULM hydravion d'Alinghi les perches à l'avant pour mesurer la force et lal direction du vent et les antennes de transmission. Et n'y aurait-il pas un petit radar également ? © Alinghi
Dernière info de l’interview : en 95, à San Diego, certaines équipes avaient utilisé des hélicoptères, non pas pour mesurer le vent, mais pour observer le plan d’eau…
Après Ouest France et Le Télégramme, Libé est peut-être le quotidien qui relate le plus d’histoires sur la voile. On se souvient encore du cahier réalisé à l’arrivée de la Transat 6.50 par Jean-Louis Le Touzet.
Aujourd’hui, Libération a consacré une double page sur les deux multicoques du Trophée Jules Verne avec une intéressante interview de Vincent Lauriot-Prévost. L’architecte est omniprésent dans les médias en ce moment (pour preuve notre info à la hune d’hier) avec le multicoque de BMW Oracle Racing, BOR 90, tous les nouveaux 60 pieds Imoca signé en association avec Guillaume Verdier (Virbac Paprec, PRB, Foncia) et l’annonce du MOD 70 de Mich Desj.
A lire donc dans le Libé d’aujourd’hui (ou sur cette page du site Libé.fr) sous la plume de l’excellent Luc Le Vaillant, responsable de la rubrique portrait et ancien journaliste de Voiles et Voiliers – il y a 15 ou 20 ans !
MAJ 26.01 : Martin Couturié, rédacteur en chef des sports du Figaro, m'a amicalement fait remarquer que le même jour, Le Figaro consacrait un papier (à lire ici) sur Michel Desjoyeaux - qui avait annoncé la veille ses nouveaux projets - et que son journal avait consacré huit pages au Trophée Jules Verne précédemment. Sans oublier les pages entières sur la Solitaire du Figaro au mois d'août. Au final, Le Figaro n'est pas en reste par rapport à ses concurrents...
Conclusion : on a beaucoup de chance qu'en France autant de quotidiens s'intéressent d'aussi près à la voile...
Le conseiller technique national, organisateur de la SOF et chargé des relations internationales et de la réglementation à la FFVoile, est réserviste du jury de la 33e Coupe de l’America. Qu’est-ce que ça veut dire ? Réponse de l’intéressé.
« Au départ, l’ISAF a directement nommé les cinq membres du jury, dont je faisais partie. Mais chacune des deux équipes a souhaité nommer également un membre du jury, en l’occurrence Bryan Willis (GBR) et Graham McKenzie (NZL). Du coup, Bertie de Speville et moi sommes devenus réservistes. Cela implique pour nous de devoir répondre rapidement présent en cas de défaillance d’un des juges. » Willis et McKenzie font tous les deux partie des experts nommés auprès de la Cour Suprême de New York lors des derniers litiges.
Dommage, car il eut été intéressant qu’un Français fasse partie des membres du jury où, à une exception près, on ne retrouve que des Anglo-Saxons. Pour rappel, ce jury international est composé des deux précités, ainsi que de l’Australien David Tillett, président du jury, du Britannique John Doerr, et de la Néerlandaise Josje Hofland.
Pour Bernard Bonneau, cela implique néanmoins de suivre avec attention les nombreux soubresauts de l’aiguière d’argent et les litiges réguliers entre les deux protagonistes.
En attendant une éventuelle intervention à Valence, il sera fin janvier à Miami en tant que président du jury de la Sailing Gold Cup pour la septième année consécutive… Pas toujours facile la vie de juge international !!!
Pour faire suite au post précédent et l’image de Google Earth montrant l’immense terrain de jeux des multicoques de la 33e Coupe de l’America, une question se pose régulièrement entre journalistes qui seront sur place à Valence. Comment suivre les régates de ces multicoques qui pourraient se retrouver à une trentaine de milles l’un de l’autre sur la première manche si chacun part d’un côté du plan d’eau et file sans virer jusqu’en lay-line ? Même si ce cas paraît peu probable, il n’empêche qu’il ne va pas être évident de suivre ses monstres qui filent à plus de 30 nœuds !
Option n°1 : le semi-rigide ultra puissant. Pas très confort, humide et franchement pas pratique pour prendre des notes.
Option n°2 : la vedette à passager montée sur foil comme on en voit sur les liaisons entre îles et continent. Mais y en aura-t-il sur place ?
Option n°3 : l’hélicoptère. Sûrement très sympa, mais un peu cher !
Option n°4 : le ballon dirigeable. Voilà peut-être la solution idéale !
En voici un déjà aux couleurs d’un des sponsors des Américains. Reste plus qu’à le faire venir d’Allemagne et le tour est joué, non ?

Dernière option : rester au centre de presse et regarder la télé !

