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créé le 26-11-2008

"Aperçu" vous livre le regard décalé d’un journaliste impliqué dans les plus grandes courses à la voile. Anecdotes, coulisses, histoires, "Aperçu" partage avec ses lecteurs une passion pour la mer en général et la régate en particulier, en s’affranchissant des contraintes actuelles des magazines et de la télévision : la longueur et le temps. Plus un sujet nous passionne, plus nous pourrons en discuter…...

La Suisse vole !

A peine le Championnat d’Europe de Moth à foil à St-Moritz terminé (voir à ce sujet notre vidéo à la hune ici), Alain Thébault et son équipe de l’EPFL mettaient à l’eau sur le Léman l’hydroptère.ch dont l’héritage suisse est clairement visible par sa fausse coque centrale, à l’instar des Décision 35.

 

 

Mise à l'eau de l'Hydroptère.ch par les airs, comme les Décision 35 et Alinghi V. En Suisse les voiliers  ne volent pas que sur l'eau...  ©photo : Gilles Martin-Raget.

 

Le site officiel le décrit comme une « plateforme laboratoire, dont l’objectif principal sera de tester des géométries et comportements en conditions réelles variées en vue de la conception de l’Hydroptère Maxi ». Ce “petit“ hydroptère.ch est un cata de 35 pieds avec des coques à redan, des foils et des safrans avec foils en T. L’autre objectif de l’équipe est de trouver le bon compromis d’un voilier performant en vol et sur l’eau – l’Hydroptère original n’est pas conçu pour naviguer en mode archimédien mais uniquement en vol.

 

 

Le catamaran Syz&Co dessiné par VPLP. ©photo : Loris Von Siebenthal

 

Avec le catamaran Syz&Co signé VPLP et le Mirabaud LX, premier voilier sans coque, les Suisses se passionnent de plus en plus pour tous ces drôles de bateaux volants. Il faut reconnaître que les conditions de vent et de “lac“ s’y prêtent plus favorablement qu’ailleurs…
 

 

Etonnant engin que ce voilier sans coque avec une structure uniquement tubulaire. ©photo : DR. Mirabaud.

Enfin !

Près de dix mois après son accident au large de Brest, le trimaran Prince de Bretagne a enfin retrouvé son élément samedi à Lorient. Une longue période qui s’explique essentiellement par le temps nécessaire aux experts pour déterminer les causes de la rupture des bras tribord puis le temps “toujours trop long“ où ce sont les assureurs qui interviennent à leur tour.

 


©photo : François Van Malleghem

 

Bien des choses ont changé depuis l’année dernière, à commencer par le skipper puisque Lionel Lemonchois remplace Hervé Cléris. Avec ses nouveaux bras différents des premiers, le plan Irens/Cabaret est désormais plus large, donc potentiellement plus puissant. Son nouveau skipper, Lionel Lemonchois, a également apporté sa patte. Il a modifié le cockpit avec notamment l’ajout d’une colonne de moulin à café qui faisait défaut dans sa première version.

 

La bataille tant attendue l’année dernière sur la Jacques Vabre entre les trois nouveaux trimarans Actual (Yves Le Blévec, plan Verdier), Crêpes Whaou3 (Franck-Yves Escoffier, plan VPLP) et Prince de Bretagne (Lionel Lemonchois, plan Irens/Cabaret) est donc reporté au 31 octobre à Saint-Malo pour la Route du Rhum. En espérant que cette fois-ci, les trois soient à l’arrivée après une superbe régate sur l’Atlantique Nord…
 

La MOD du futur !

Lancé dans le sillage de feu l’ORMA après la Transat Jacques Vabre 2007, les MOD 70 (pour Multihull One Design de 70 pieds) sont en passe de réussir leur pari.

Franck David, Stève Ravussin et l’entrepreneur suisse Marco Simeoni, ont semble-t-il atteint leur premier objectif de cinq commandes sur les douze MOD 70 prévus.



Trimaran monotype de 70 pieds, le MOD 70 est dessiné par le cabinet français VP-LP et construit  tel un puzzle dans différents chantiers dont Multiplast, Décision et CDK.© image : D.R.

 

Michel Desjoyeaux et Foncia ont créé la surprise au dernier Salon Nautique en annonçant la commande du deuxième exemplaire de la série – le premier étant destiné à Stève Ravussin. Une belle promo pour ce nouveau circuit qui présente tous les atouts pour réussir. La dernière Transat Jacques Vabre a d’ailleurs prouvé à quel point les grands multicoques manquaient à ce genre d’épreuve. L’ouverture de la Route du Rhum cette année aux G-Class suscite un immense intérêt par son caractère unique et original, mais qu’en sera-t-il dans quatre ans ?

La solution des MOD 70 pourrait alors s’imposer d’elle-même. Et comme tout effet de mode, il suffit d’un élément déclencheur pour que tout le monde se rue vers ce nouveau support.

Dans la foulée de Foncia, c’est Gitana qui se déclarait à son tour commanditaire d’un MOD 70.

Une quatrième commande est déjà confirmée, bien que l’intéressé ne l’ait pas encore annoncé officiellement.

Les bruits de ponton alternent entre Veolia et Alinghi. On sait que l’équipe de Roland Jourdain a sérieusement étudié une participation à la prochaine Volvo Ocean Race. Preuve s’il en faut que Bilou a certainement envie de tourner la page de l’IMOCA.

Idem pour Alinghi qui attend certainement de savoir si la prochaine Coupe de l’America se disputera en mono ou multicoque pour prendre sa décision d’y participer. Mais quelle que soit cette décision, rien ne l’empêche de disputer en parallèle un programme de courses au large en multicoques monotypes. Ernesto Bertarelli faisait déjà partie des initiateurs d’une classe monotype (D35) sur le Lac. Il se dit alors que Loïck Peyron pourrait prendre les commandes de ce MOD 70 aux couleurs du double vainqueur de la Coupe de l’America.


Pascal Bidégorry et Banque Populaire n’ont jamais caché leur intérêt pour cette nouvelle série et leur désir d’y participer à condition que le projet soit lancé, c’est-à-dire que les cinq premiers trimarans soient vendus. Dans ce cas, Banque Pop pourrait commander le sixième exemplaire.

Dans un interview parue sur notre site Voiles & Voiliers (à lire ici), Karine Fauconnier se disait intéressée par ce nouveau circuit qu’elle aimerait bien proposer à son nouveau sponsor Eric Bompard Cachemire.

Manque plus qu’à convaincre une équipe américaine, britannique, espagnole, néo-zélandaise ou scandinave pour que le MOD 70 ne tombe pas dans les vieux travers de l’ORMA et arbore cette dimension internationale qui a tant fait défaut à son aîné, surnommé le Championnat du Monde de Bretagne Sud.
 

Le 10 juillet, L’Equipe Mag nous apprenait que Jean Galfione avait acheté l’un des premiers Pogo S2 afin de disputer la Route du Rhum 2014.

Avec des origines bretonnes et une maison près d’Audierne, la voile n’était pas une découverte pour l’ex-perchiste champion olympique à Atlanta (96). En revanche, la compétition l’était ! Son baptême a pris forme en tant que wincheur du défi français Areva Challenge lors de la Coupe de l’America 2007.


Jean Galfione sur le pont de FRA-93, le Class America français à Valence lors d’une séance photo glamour du perchiste français. © photo : Franck Socha.

Ayant pris goût à l’expérience, Galfione voulut découvrir la course au large et s’entraîna en Figaro 2 avec Gilles Favennec (également équipier d’Areva Challenge) pour s’aligner au départ de la Transat AG2R 2008. Mais la différence de niveau entre les deux hommes et les divergences d’objectif les ont poussé à abandonner après une semaine de compétition.

Pas vacciné par cette première expérience, Jean Galfione a donc décidé de participer à la Reine des Transats. Mais en prenant le temps de bien s’y préparer. Donc, au lieu de précipiter les choses pour s’élancer le 31 octobre prochain, il a décidé de s’accorder quatre ans de préparation. Soit l’équivalent d’une préparation olympique ! On retrouve bien là la rigueur d’un grand champion…

Mais son bateau ? Eh bien, il participera à la prochaine Route du Rhum aux mains de Nicolas Troussel.

Cinq Pogo S2, la nouvelle bombe de Structures signée Finot-Conq, seront au départ à St-Malo.

Le tout premier exemplaire sera mené par Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty). Régis Guillemot (Régis Guillemot Charter) et Nicolas Troussel (Crédit Mutuel de Bretagne), seront aussi de la partie. Les deux derniers pourraient être menés par Bernard Mallaret et Damien Grimont.
 

De vrais inconscients !

Je n’ai pas pour habitude d’écrire sur la politique, mais quand elle touche à notre liberté de naviguer et de régater, il faut réagir.

Le 22 juillet 2009, Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, a présenté devant le Sénat un projet de loi relatif à l’action extérieure de l’Etat. Ce texte est revenu ces dernières semaines sur le devant de la scène.

Les articles 13 et 14 (les deux derniers) sont ainsi intitulés : Dispositions relatives au remboursement des frais engagés par l’Etat à l’occasion des opérations de secours à l’étranger.

L’article 13 est un bijou : «  L’Etat peut exiger (…) le remboursement de tout ou partie des dépenses qu’il a engagées ou dont il serait redevable à l’égard de tiers à l’occasion d’opérations de secours à l’étranger au bénéfice de personnes s’étant délibérément exposées, sauf motif légitime tiré notamment de leur activité professionnelle ou d’une situation d’urgence, à des risques qu’elles ne pouvaient ignorer au regard des mises en garde reçues. »

Une telle absurdité doit se déguster avec modération… Car le flou est total sur la notion de risque. A partir de quel moment est-il risqué de traverser la rue ?

Face au tollé suscité par ce texte, Bernard Kouchner a tout de suite tenu à rassurer les familles des journalistes de France 3 détenus depuis plus de six mois en Afghanistan. Bien que traités d’irresponsables par l’actuel gouvernement, et ayant soi-disant entraîné plusieurs millions d’euros de dépenses pour leur recherche, ils ne font pas partie de ce projet de loi. Pas les journalistes, pas plus que les humanitaires. Mais qui alors ?

Les plaisanciers bien sûr ! Qui osent défier de leurs petits bras musclés des pirates de plus en plus nombreux dans le monde. Ce qui oblige la marine française à engager “d’énormes“ moyens – qu’elle n’a plus avec la crise, vous savez bien, les caisses sont vides ! –pour les sauver.

Oser demander à Chloé Lemaçon de rembourser le prix de la balle française qui a tué son mari Florent serait avec cette loi du plus grand cynisme !

Les Lemaçon aussi avaient été traités d’inconscients à l’époque. Imaginez, ils ont contourné la Somalie à plus de 400 milles au large, comme la marine le leur avait recommandé !

En réalité, les vrais inconscients sont les hommes politiques qui n’ont décidément rien de mieux à faire que de pondre des lois aussi absurdes et sans intérêt. Et qui, dans le cas des secours en mer, vont à l’encontre de la convention de Hambourg de 1979 qui assure notamment la gratuité du sauvetage en mer.

D’ailleurs, les militaires sont souvent les premiers à le reconnaître, le débat sur les dépenses engagées est un faux débat… qui revient presque tous les quatre ans lorsque nos amis australiens viennent en aide à un coureur du Vendée Globe. Qui doit payer la facture ?

La vraie réponse est : personne. Parce qu’il n’y a rien à payer.

Dans le cas de Yann Eliès, par exemple, les Australiens ont annoncé que le sauvetage avait coûté 490 000 euros. Faux ! Les salaires des marins sont les mêmes. L’entretien du HMAS Arunta est déjà budgété dans le fonctionnement de la marine australienne. Quant aux heures d’hélico ou à l’essence consommée, ils les auraient de toute façon cramées lors d’entraînements ou de patrouilles afin de respecter leurs quotas et s’assurer d’avoir la même subvention l’année d’après. Donc, cela ne coûte rien de plus puisqu’il ne s’agit pas de sociétés privées, mais de militaires.

Mais avec de telles lois, on peut se demander à quand le remboursement des pompiers si vous mettez accidentellement le feu à votre maison ?
 

Mono ou multi ? (2)

Russell Coutts, BMW Oracle Racing et le Golden Gate Yacht Club semblent vouloir démontrer leurs bonnes intentions concernant la 34e Coupe de l’America.

Pour prouver leur bonne foi et la neutralité des prochaines règles, ils ont demandé à deux entités indépendantes américaines et britanniques de plancher sur le design du futur bateau de la Coupe.

A US Sailing, la fédération américaine de voile, de réfléchir et de déterminer les règles de jauge d’un multicoque.
Au célèbre RORC (Royal Ocean Racing Club), auteur de nombreuses jauges, de pondre la même chose pour un monocoque à quille pivotante.

Dans les deux cas, ils doivent réfléchir à une “box rules“ qui déterminera les caractéristiques générales du bateau et non une formule mathématiques comme c’était le cas auparavant pour les Class America.

Les deux organisations ont reçu comme cahier des charges le résultat des souhaits de la communauté de la Coupe de l’America lors des nombreuses réunions tenues à Auckland puis La Maddalena.

A la demande de nombreux challengers potentiels, selon Oracle, la longueur du futur bateau aurait été réduite de 26 à 22 m (82 à 72 pieds) pour réduire les coûts. Un moteur sera autorisé à bord pour basculer la quille sur le monocoque, et pour manœuvrer les appendices sur le multicoque. Mais le réglage et l’envoi des voiles resteront à la force humaine.

« Le résultat de ces designs sera un bateau neutre et non le bateau conçu par le Defender » clame Ian Burns, coordinateur du design team d’Oracle.

Oracle compte tester les deux solutions en juillet-août avant de choisir l’une des deux d’ici octobre.
 

Mono ou multi ?

La question reste posée pour la 34e Coupe de l’America, même si la plupart des challengers sont persuadés que ce sera un monocoque.

Dans une interview accordée à la newsletter du World Yacht Racing Forum, Russell Coutts, le patron de BMW Oracle Racing, assure que le choix n’est pas encore tranché. « Nous travaillons dans différentes directions, assure le quadruple vainqueur de la Coupe de l’America. L’une de nos priorités est d’améliorer les retombées médiatiques. Il nous paraît très important à Larry Ellison et moi-même de rendre la Coupe de l’America plus télégénique et compréhensible d’un large public. Certains prétendent qu’on ne peut pas faire de match-race en multicoque, qu’il faut des bateaux lents. Cela doit être vérifié. Nous allons faire des tests en juillet. Je n’ai honnêtement aucune préférence pour l’un ou pour l’autre. Nous voulons simplement le meilleur événement possible. »

Dans cette même interview, Coutts précise qu’il préférerait huit équipes toutes capables de gagner plutôt que quinze dont la moitié disparaîtrait à mi-parcours.

Enfin, concernant le lieu, il reconnaît également que San Francisco conserve les faveurs de Larry Ellison, ce qui n’est un secret pour personne, mais que là non plus, le choix n’est pas arrêté. Que ce soit pour une autre ville américaine ou bien ailleurs dans le monde. « Notre premier critère de sélection est les conditions de navigation, car nous voulons créer un grand événement. Les retards tuent notre sport et nous devons les supprimer. »

Dans ces “conditions“, Oracle pourrait infliger un ultime outrage à Alinghi en choisissant Ras-Al-Kaimah ! Avouez que ce serait drôle…
 

Baisse la tête

T’auras l’air d’un coureur… du large !


© photo : Yvan Zedda / Sea&Co

Au rugby, Franck Cammas aurait plutôt joué demi de mêlée que pilier ! Bien que très sportif, ce n’est pas une armoire à glace du style de Francis Joyon.

Pour compenser et pouvoir manœuvrer seul son trimaran géant Groupama 3 – prévu pour un équipage de 10 ! – Cammas s’est fait un installer un genre de vélo d’appartement – mais custom – afin d’alterner avec le moulin à café. Un coup les bras, un coup les jambes pour hisser son immense grand-voile de 288 m2.

L’idée n’est pas nouvelle et avait déjà été expérimentée sur la Coupe de l’America dans les années 80, à bord des fameux 12 Mètre JI. Mais la puissance des jambes n’est pas forcément plus rentable que celle des bras, car elle consomme plus d’énergie pour développer la même puissance. En plus de l’inconfort, l’idée avait donc été abandonnée et les wincheurs sont retournés en salle de muscu pour développer le haut de leurs corps.

Dans le cas de Cammas, c’est différent. Il ne hissera pas la grand-voile uniquement en pédalant. Ce n’est qu’une manière intelligente de soulager le haut du corps quelques minutes tout en continuant la manœuvre.

 

Entre le nouveau mât, plus court de 5 mètres, les voiles plus petites, l'équipage et l'avitaillement d'un tour du monde en moins, Groupama 3 pèsera 3 tonnes de moins en charge au départ de la Route du Rhum qu'au départ du Trophée Jules Verne, soit 14t au lieu de 17.

Le skipper aux quatre bateaux – Groupama 2 (Orma), Groupama 3 (Géant), Groupama 40 (Extreme) et Groupama 70 (ex-Ericsson 4) en attendant le 5e, Groupama 4 (nouveau VOR70) en construction chez Multiplast – a répondu à une interview de voilesetvoiliers.com que vous pourrez lire vendredi en info à la hune.
 

L’autre Riou

Tout le monde connaît Vincent (Riou), le vainqueur du Vendée Globe 2004-05.
Beaucoup moins connaissent Yann (Riou), qui n’a aucun lien de parenté.

Et pour cause, il n’a pas remporté le Vendée Globe !

Mais il est depuis jeudi le seul marin à avoir remporté trois fois le Mini Fastnet – qui plus est de suite !

Yann Riou et Guillaume Le Brec à leur arrivée du Mini Fastnet 2010 après 3 jours et demi de course. © photo : Winches Club. 

Il s’est imposé en 2008 – mais sur un parcours modifié vers la Gironde – avec Thomas Ruyant (Faber France, 667) le futur vainqueur de la Transat 6.50 2009, puis en 2009 avec Stéphane Le Diraison (Cultisol, 679) et cette année avec Guillaume Le Brec (Eva Luna, 667) sur le même proto Finot-Conq qu’en 2008.

4e de la Transat 6.50 2003 (en série), 7e en proto en 2007, Yann Riou travaille au sein du Team Groupama de Franck Cammas, en tant que responsable de l’électronique et de l’informatique du bord.

Cerise sur le gâteau de cette troisième victoire, Riou et Le Brec ont décroché le nouveau record de l’épreuve en 3 jours 16h03, soit 4h31 de mieux que le précédent record détenu depuis 2003 par Sam Manuard et Yannick Cano sur le plan Manuard 433.

Bravo Yann !!!

Voilà une question que les joueurs de rugby de Clermont ont entendu toute l’année. Après trois finales perdues de suite (et dix dans toute leur histoire) sans jamais remporter le titre, les rugbymen jaune et bleu ont enfin décroché début juin le Bouclier de Brennus au stade de France pour leur 11e tentative, et l’ont présenté place de Jaude à Clermont devant 40 000 supporters en liesse.

Le parallèle est rapide avec les différentes équipes de France de match-racing. Régulièrement n°1 mondial au classement ISAF, Sébastien Col et Mathieu Richard ont tous les deux échoué en 2007 et 2008 à une marche du graal sur le World Match Racing Tour, le championnat du monde de la discipline. Toujours classés, jamais premiers !

L’année dernière était la première saison en quatre ans sans un Français sur le podium final. Damien Iehl sauvait tout de même les meubles en se classant 3e ISAF.

Et voilà que cette année démarre en fanfare pour le seul rescapé de nos trois meilleurs match-racers (lire mon post “A quoi ça rime ?“ du 25 février sur la nouvelle formule du WMRT) puisque Iehl et Col n’ont pas obtenu d’invitation permanente.

Mathieu Richard et son équipage (Greg Evrard, Olivier Herlédant, Thierry Briend et Yannick Simon) viennent de remporter ce week-end le Korea Match Cup, 3e épreuve du WMRT. Or, nos tricolores s’étaient déjà imposés à Marseille début avril en ouverture de la saison, avant de finir troisièmes à Kiel fin mai.

Mathieu Richard (casquette blanche) et les siens vainqueurs du Korea Match Cup, deux mois après leur victoire marseillaise. © Gareth Cooke/Subzero Images

Deux victoires sur trois + un podium = 1er au classement provisoire avec déjà 26 points d’avance sur le deuxième, le champion du Monde en titre néo-zélandais Adam Minoprio.
Reste six épreuves pour transformer ce parfait début de saison en consécration. Prochain rendez-vous à Portimao (Portugal) du 22 au 27 juin, puis en Suède (5-11 juillet), à St-Moritz (31août-5sept), au Danemark (8-12 sept) au Viet-Nam (21-26 sept) et aux Bermudes (4-10 oct).

La neuvième et dernière épreuve, considérée comme la finale car elle compte double, se déroulera en Malaisie début décembre. Souhaitons à Mathieu Richard et aux siens d’en revenir avec le titre de Champions du Monde pour le célébrer en plein Salon Nautique…. Y aura peut-être pas 40 000 personnes, mais en cas de victoire, ils mériteront les honneurs des premiers Français à décrocher ce titre. « Allez les Petits » aurait dit feu Roger Couderc…
 

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