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créé le 27-11-2008

Éclairer au fond une personnalité ou un fait d’actualité, un sujet technique ou un phénomène naturel, un traitement médiatique ou un événement historique, une oeuvre culturelle ou une carrière. Tel est le projet de cette Route fond. Au-delà de la navigation, elle voguera tous azimuts mais s’efforcera néanmoins de tenir un cap : ne pas rester à la surface des choses, résister à la dérive de l’immédiateté....

Grace nous a fait grâce

On l’avait à l’oeil. Gracieuse à contempler depuis un satellite, la tempête tropicale Grace avait... l’oeil d’un cyclone. Baptisée par le National Hurricane Center de la National Oceanic and Atmospheric Administration (le centre de la NOAA des États-Unis spécialisé dans la veille cyclonique) la dame fait partie de ces perturbations qui reviennent sur l’Europe après un tour plus ou moins important dans le Sud de l’Atlantique Nord, acquérant ainsi le statut de dépression d’origine tropicale à une latitude tempérée.

 

 

L’image infrarouge du 5 octobre 2009 à 7 heures UTC montre clairement l’oeil de la dépression centrée par 43° 19’ N et 18° 06’ W. En superposition, le vent moyen estimé par le satellite Quikscat (© Météo-France).

 

 

Lundi 5 octobre 2009 au matin alors qu’elle était encore loin au large de la pointe Nord-Ouest de l’Espagne, son oeil était donc bien visible. Le diamètre de la dépression était assez réduit, de l’ordre de 200 milles environ. Mais l’enroulement nuageux était remarquable et l’on observait le temps perturbé très au Sud, les concurrents de la Transat 6.50 Charente-Maritime/Bahia étant partis au près de Madère l’avant-veille. Cependant, la perturbation allait rapidement perdre de sa vigueur sur l’eau relativement froide du proche Atlantique, ne trouvant plus d’alimentation en chaleur (chaleur qui est néanmoins sur la France où l’extrême douceur de ce mercredi 7 vient des tropiques).

 

 

La composition colorée du 5 octobre 2009 à 12 heures UTC montre la dépression alors qu’elle commence à perdre de sa vigueur sur l’eau froide (© Météo-France).

 

 

À propos de Mini-Transat, si sa date de départ très avancée diminue de façon importante le risque d’une dépression classique née à une latitude tempérée, elle ne la met pas à l’abri d’une telle perturbation d’origine subtropicale pouvant faire des ravages (je peux en témoigner, ayant rencontré une dame nommée Irène au cap Finisterre lors de la Mini 1981... cinq bateaux coulés en une nuit, ça ne me rajeunit pas J). Un phénomène rare mais récurrent. Cette fois, Grace nous en aura fait grâce.

 

O.C. 

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