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créé le 18-01-2009

Un blog pour partager les émotions et les questions quotidiennes d’un amateur de courses au Large en solitaire qui imaginerait bien courir la Route du Rhum 2010. Mais comment fait-on, à la recherche du temps, du budget et du plaisir ? Un blog comme une première transat en solitaire, avec ses inquiétudes et ses joies d’y arriver – peut-être ?

Le ciel sur la tête

1000 milles ce n'est pas grand chose, on me dira, mais c'est beaucoup quand il s'agit de ma première sortie en condition réelle, loin du plateau continental avec un bateau que je ne connais finalement que depuis peu, à passer 6 jours dans le brouillard et le crachin en permanence sans voir le soleil du mois d'aout, et ne voir de la terre que Tréboul au départ et Jersey à l'arrivée.

Alors on peut dire que tout c'est bien passé, puisque je suis parti et arrivé en bateau et obtenu ma qualification; on peut dire aussi que ca a été intéressant de connaitre ce bateau dans la vraie mer, voir ses réactions au vent et à la vague, de faire les manœuvres seul et loin des cotes; dire que c'est instructif de faire quelques erreurs par ci, par là, de faire la liste des choses qui cassent ou qui ne marchent pas comme je le souhaite; et puis aussi on peut dire que c'est difficile, très difficile, que ces bateaux sont incroyablement durs, sautent et vibrent à tout bout de champ, que l'on s'y cogne, s'y fait du mal, qu'on arrive pas à s'y faire à manger, qu'on est sur le pont qu'à quatre pattes, rampant comme un insecte pas encore sur le dos, qu'on est en permanence sur le qui vive à se demander comment anticiper la prochaine erreur et imaginer l'éviter, si c'est possible.

C'est tout cela à la fois, mais en pire, ou en mieux, c'est selon le moment.

J'avais emmené mon casque de montagne au cas ou je devrais monter en tête de mat, et je le mettais a l'intérieur quand j'avais quelques temps à y passer, ça m'a diminué la peur de m'y faire mal et je pouvais enfin m'assoir un peu, il ne me restait plus que le ciel à me tomber dessus...

De retour, je débriefe, réfléchis posément à ce qui a marché, et un peu moins et pas du tout. Il me reste deux mois pour passer au niveau supérieur, il n'y a pas de temps à perdre.

 

Départ de Qualification

C'est donc aujourd'hui, toute à l'heure pour la marée que je débuterai mes 1000 miles de qualification, et comme le choix du parcours est libre, c'est plein Ouest que je naviguerais d'abord, puis retour par l'Irlande et le Fasnet que je n'ai pas revu depuis quelques années, les Sorlingues et enfin Jersey, escorté en Manche alors par mon célèbre motard.

Après une escale à St Helier, je redécouvrirai la Manche et ses courants, ses cailloux et ses pièges, comme une préparation à ce qui m'attend le 31 Octobre et le 1er Novembre, ne pas me retrouver totalement perdu pendant ces premiers bords où des miles peuvent facilement se perdre...

Tout est pret, il me semble, et je testerai en condition réelle les bateau et ses voiles, l'électronique, ma consommation électrique, mes rations de nourriture, mon sommeil, cela me fait un joli programme.

On annonce du vent dominant Nord-Ouest puis Ouest, 10-15 noeuds qui me suffisent bien pour l'instant, histoire de prendre confiance et améliorer mes réglages.

J'emmène quelques livres dont le dernier sur mon port d'attache: “Douarnenez, tu l'aimes et tu ne la quittes jamais” dont le titre n'annonce que du bon...et le dernier recueil de Lorand Gaspar “ Dans le dos de Dieu”, cela devrait me suffire pour les quelques 5 jours de navigation prévus, et puis quelques "Papiers collés", bien sur....

Je vous raconterais.

 

Nouvelles du front

 Je profite d'un passage de fronts sur la Bretagne pour donner quelques nouvelles, maintenant que je suis à Douarnenez depuis trois semaines à prendre mes aises sur « Ville de Douarnenez/Poèmes bleus ».

Déjà un week-end en “course” autour de l'ile de Groix pour la Chrono, histoire de voir où en sont les autres 40' qui participeront aussi au Rhum et comprendre le chemin qui me reste à parcourir si je veux être moi aussi dans la course. Maitriser les manœuvres et acquérir les automatismes des envois des voiles, comprendre les réglages fins et ne plus me laisser surprendre par les forces en jeu ou un boute qui traine. Chaque manœuvre peut sinon devenir vite épuisante et n'aboutir à aucun bénéfice en terme de vitesse et de cap. Apprendre les caractéristiques des voiles, me familiariser avec les équilibres des poids, des ballasts, du passage du bateau dans la mer, etc

Je suis rentré ensuite sur Douarnenez dans un petit temps, nuit belle et étoilée avec une lune finissante. La rentrée dans la baie est toujours aussi belle, une fois passées la Vieille et la Plate, le clignotant à droite, c'est une ambiance de début du monde...

 

Ici, le bateau prend sa place dans le paysage du port de Tréboul et le projet de Poèmes bleus et de « Ville de Douarnenez » s'installe, déjà des enfants du Centre Aéré sont venus le visiter et discuter avec moi de la course, du nom que j'ai choisi pour ce bateau, des racines que je veux laisser prendre et se perdre où elles le voudront. Un projet de concours de poésie se met en place et je partirai de St Malo avec une hotte remplie de poèmes que les enfants des classes primaires auront écrit pour l'occasion, j'aurais donc de la lecture...

 

Et puis je prépare maintenant mon parcours de qualification de 1500 milles que je débuterais ce vendredi prochain vers l'Espagne, une remontée vers le Fasnet que je voudrais contourner encore une fois et redescendre ensuite vers Jersey, pour me réhabituer à cette Manche, ses courants et ses embuches, avant de démancher vers Douarnenez comme au 31 Octobre prochain.

 

Préparation donc intensive, autant que possible, pour me sentir en confiance avec moi-même, mon projet et le bateau.

On se retrouvera le jour de ce premier départ de qualification.

Moins 146 jours!

 

 

Me voila donc inscrit parmi 23 autres pour l'instant, c'est officiel puisque c'est !, un autre point de non retour sur le chemin qui me mènera jusqu'à St Malo est atteint.

Je lis dans la liste les noms des concurrents, la plupart connus de réputation, et je sens bien que je suis l'amateur dans ce groupe. D'ailleurs, à lire les portraits de skippers de Class40 dans le Rhum 2010 que Voiles & Voiliers publie régulièrement, entre Pierre-Yves Lautrou et Thierry Bouchard, je comprends bien que l'amateurisme n'a pas pour nous trois la même signification. Il paraît que Charlie Chaplin disait «  La vie est trop courte pour devenir professionnel », ou dans la même veine, Perros : « Travailler, travailler, comme si j'avais le temps! » Quand même, il me faudra travailler encore beaucoup pour être cet amateur que je souhaite devenir et faire une belle Route. Mais du coup, cette position d'outsider que je m'octroie, la seule du reste qui m'est naturellement possible, me convient, m'ôtant toute pression inutile et me permettant de me concentrer sur mon projet, mon entrainement.

À ce propos, Mickael Hédouis qui est en charge du pôle mini de Douarnenez et a accepté de m'entrainer, propose d'organiser sur Dz quelques sessions :

semaine du 20 au 24 Septembre : électronique, mécanique et météo, avec sortie au large (2 jours)

semaine du 4 au 8 Octobre : météo et sortie, manœuvres

semaine du 18 au 22 Octobre : sortie au large et convoaye à St Malo, les bateaux devant y être au plus tard le 22

la veille et le jour du départ, briefing météo

On cherche donc d'autres skippers intéressés pour nous rejoindre sur Douarnenez!

Pendant ce temps, à terre, le projet se construit avec la Ville de Douarnenez et des Perrossiens comme Emmanuel Guibert qui a dessiné mon spinnaker: la motobécane que chevauchait Georges Perros quand il allait en vadrouille ici ou là dans ce bout de fin du monde finistérien, pour faire dans la tautologie. Entre l’écriture de Serge Bloch sur la coque et la grand-voile et le dessin d’Emmanuel Guibert, me voilà doublement entraîné vers le grand large. C’est donc une belle escorte qui m’ouvrira plein gaz la Route, celle du Rhum et des alizés que j’espère sensibles à ce clin d’œil, ce sourire en coin qui j’imagine était le sien quand il roulait vers le cap Sizun ou le Raz, la pipe au bec, et qui m'attend déjà à Douarnenez le 26 juin.

 

 

L'alchimie de l'AG2R

Encore une fois et comme à chaque course transatlantique, à regarder quotidiennement les positions des figaro2 dans l'AG2R, je me dis que je n'en apprendrais rien, leur course n'est pas la mienne: ils courent en double sur des bateaux identiques, au mois de mai avec une porte à passer aux Canaries, et rien de cela ne ressemble à la Route du Rhum qui est en solitaire, avec des bateaux différents même s'ils appartiennent à la même classe -pour moi la Class40-, au milieu de l'automne et avec un itinéraire libre entre St Malo et Pointe-à-Pitre. Rien de comparable donc sinon l'effort et la fatigue, l'inquiétude d'une option que l'on espère un instant plus ou moins long la bonne, la beauté jour et nuit de ce qui entoure.

Mais cette année les organisateurs de l'AG2R ont innové avec une trouvaille qui m'inquiète si elle fait flores, et pour le dire tout net, si justement apparaissait dans mon horizon le trimaran aux moteurs rugissants pour apporter à la terre les incontournables images en directs qui font aujourd'hui les vrais événements, je ne suis pas sûr de garder mon calme.

Je ne vais pas en mer, je ne cours pas le Rhum pour voir un monstre de ferraille brûlant à tout vent son mazout m'interpeller et me demander mes dernières impressions, ce que j'ai mangé au petit-déjeuner et si je suis content d'être là.

Il y a là quelque chose qui me dégoûte, celle de ne pas me savoir solitaire justement et que le soi-disant besoin d'images et de sons à tout va justifierait comme une évidence que je sois suivi par un bateau vrombrissant qui va d'un concurrent à un autre pour alimenter le besoin des sites d'informations en images fumeuses et puantes de gazoil brûlé.

Mais qu'est-ce que cela apporte, rapporte? Est-ce que l'histoire de la course au large n'est pas assez jolie comme cela pour qu'en plus cet Ocean Alchimist vienne me polluer mon horizon, pour qu'il ramène des rush qui ne diront rien à personne, de toutes les façons?

Que je vous rassure, je suis aujourd'hui loin de ma première traversée réalisée dans les temps préhistoriques avec une VHF à laquelle personne n'a jamais répondu et un sextant, et oui j'aurai bien à bord une VHF fixe, une de secours, un téléphone Iridium de secours, ma balise EPIRB, et un Inmarsat, et la balise Argos, et un Iridium open port pour aller sur l'internet. Oui, oui, j'aurais tout cela pour ma sécurité, pour télécharger les fichiers météo, pour communiquer avec les gens à terre qui me soutiennent dans cette aventure. Mais que l'on vienne me filmer en plein milieu de là où j'ai envie d'être solitaire pour distraire, c'est trop. Est-ce que je peux utiliser le mot « vulgaire »? Il y a assez de camera partout où je me promène pour que sur l'océan, on puisse se trouver un peu tranquille quand on le souhaite? Et si c'est pas là, où faut-il donc aller?

La course au solitaire est bien au delà de ces quelques instantanés si vite oubliés et l'imaginaire qu'elle donne à celui qui court comme celui qui la suit ne se nourrit pas de ces saynettes volées.

J'aimerais bien savoir ce qu'ils en pensent et ce qu'il en diront, nos coureurs de l'AG2R qui vont arriver cette nuit, pour peu qu'on leur pose seulement la question. Et si la magie de leurs courses n'avait nulle besoin de cet alchimiste là?

Runs à Douarnenez

J'étais à Douarnenez il y a quelques semaines et Gwen Chapalain me montrait les préparatifs du Grand Prix de Douarnenez qu'il y organise avec la SRD et tous ses partenaires.

Je savais que je pourrais pas y participer cette année, et j'ai laissé Poèmes bleus à quai au Port-Rhu, esseulé (larmes!) tandis que les autres Class40 commenceront la saison de courses et d'entraînements avec pour certains d'entr'eux aussi le Rhum en ligne de mire. Je pars donc déjà avec un handicap, celui de ne pas pouvoir m'élancer avec eux pour les runs de vitesses dans la baie ou un parcours côtier en mer d'Iroise, comprendre les différences de vitesse et ce qu'il faudrait que je corrige.

Ce week-end et les prochains jours je ne verrais pas non plus les IMOCA, les gigantesques multi, ni les kyte surfs ou les planches qui m'auraient doublé de toutes parts. Ca débute bien plus lentement pour moi...

Il me faut ronger mon frein, et c'est bien là la difficulté -toute relative, soyons honnêtes- de n'être qu'amateur. Le temps, les efforts ne se comptent pas de la même manière, il faut bien faire des choix et comme en navigation, une fois la décision prise, l'option choisie, il faut savoir s'y tenir. À courir le plan d'eau dans tous les sens, je risquerais surtout de n'arriver nulle part. Tout prend du temps, mais j'aime aussi cette marche silencieuse, un peu lente et réfléchie.

Pour moi, mes entraînements en course seront la Chrono à Groix début Juin et l'Happy baie de la Trinité en Septembre, plus les ronds dans l'eau dans la baie de Douarnenez et la mer d'iroise, ma qualification entre je ne sais encore quelles marques, et il faudra bien que cela suffise. Même si, à suivre l'AG2R, on comprend vite pourquoi tels équipages sont en tête et qu'il n'y a pas de hasard, l'expérience paye. De toutes les façons les dés sont désormais jetés mais les jeux pas encore faits, pour l'instant j'ai une bonne pioche!.

Sûrement le spectacle sur l'eau a du être magnifique à ce qu'on m'en dit déjà; l'année prochaine, mon premier week end de Mai est déjà réservé, j'irais jouer le régional de l'étape!

 

Ville de Douarnenez

Son nom de course sera donc Ville de Douarnenez. La municipalité souhaite ainsi s'associer à mon projet de course au Large..

Je parle de “manifeste” dans mon site de présentation de Poèmes bleus, et que donner à un bateau de course au Large le nom d'un recueil de poésie était ma façon de donner un autre sens à ma Route du Rhum puis aux courses à suivre avec ou sans moi, et à mon échelle de parler des quelques choses auxquelles je crois.

Porter le nom de Douarnenez sur mes voiles en est un autre, celui de parler de la ville, des gens de son pays et de la culture qui y habite depuis longtemps, celle de la mer et de la pêche d'abord puisque tout commence là, et celle aussi qui ira dans les galeries -il suffit de regarder la liste des peintres qui ont peint Douarnenez pour comprendre qu'il y a là, à cet endroit, dans cette « terre de l'île », quelque chose de magique qu'ont vu également Max Jacob ou Georges Perros pour dire aussi celle qui sera imprimée.

Du coup les idées foisonnent, la médiathèque Georges Perros s'associe à mon histoire et l'on évoque une exposition sur Perros avec son fils Fréderic Poulot, et des lectures à St Malo, des manifestations durant les Fêtes Maritimes de Douarnenez à la fin Juillet avec le Port-Musée peut-être, la participation de classes scolaires de la ville à cette transatlantique, enfin mille petites choses qui s'additionneront une à une pour faire de cette mythique Route du Rhum une odyssée collective, enfin je le souhaite.

Il faut ici que je remercie mon sponsor principal, IOT Plc, qui a rendu toute cette aventure possible et qui a compris dès le début ce dont je voulais parler, qui a osé s'associer à ce projet sans demander autre chose que son nom sur les voiles du triangle avant Qu'il soit ici remercié même s'il est peu probable qu'il lira ces lignes puisque il est britannique! J'espère que d'autres partenaires nous rejoindront puisqu'il y a aussi des budgets à boucler.

La devise de Douarnenez est « Dalc'h mad » (Tiens-bon), je m'en souviendrais.

En attendant Douarnenez me laisse sa baie où je m'entrainerais bientôt, c'est aussi un cadeau rare...

 

Dieu du ciel!...qu'il est joli!

Après une longue interruption, je reprends ce blog, une façon de me mettre bien dans l'esprit que le départ est donné dans 195 jours, et qu'ils vont défiler bien vite un à un, que je n'aurais pas trop de ces six mois.

Je récapitule, six mois avant le 31 Octobre de St Malo pour le départ de la Route du Rhum, six mois à essayer de mettre toutes les pièces du puzzle ensemble pour que que la fête soit belle et que donc tout soit prêt à cette date, le bateau, l'équipe qui me permettra de faire au mieux, mes partenaires pour que le projet soit gai, et moi; et tout cela n'est pas rien.

Mais d'abord il me fallait un bateau, le voici, c'est « Poèmes bleus » donc, comme je le rêvais, immatriculé à Douarnenez où je m'entrainerais dès la fin Juin.

Ce Class 40 est un plan Julien Marin, construit en 2006 par FR Nautisme à Lorient et qui connait bien le chemin puisqu'il a déjà couru le Rhum lors de la dernière édition sous le nom d'« Appart City » avec Yvan Noblet. Il a depuis bénéficié de nombreuses modifications et me semble complètement opérationnel, optimisé et fiabilisé par plusieurs Transatlantiques en courses. Je suis rassuré mais il me faudra maintenant prendre en main ce bateau que je ne connais pas bien, je suis seulement sorti une semaine récemment à Tréboul avec heureusement peu d'air, juste assez pour commencer à prendre mes marques, faire connaissance, nous apprivoiser.

Il est maintenant au Port Rhu, attendant sagement que je le rejoigne fin Juin commencer mon entrainement par des tours de l'ile de Groix en participant à la Chrono qui s'ouvre cette année aux Class 40 en double...J'aurais le temps d'en reparler.

Mais la bonne nouvelle est là, le compte à rebours commence dans les meilleures conditions.

 

 

Dieu du ciel!…que c'est moche!

Oui la baie de New York est plein de limules. C’est vraiment laid je trouve, cette grosse carapace préhistorique, la longue queue pointue de rat et ces petites pattes .

On trouve dans les marais de la baie leurs carapaces échouées ou comme celle-là flottant dans les eaux de la Gateway Marina et l’idée que je puisse nager dans la même eau me dégoûte déjà. Je ne sais pas d’où me vient cette nausée réelle et enfantine. Leurs petites pattes je crois, une idée de poux monstrueux ; je ne trouve aucune grâce à leur fourmillement agité. J’imagine qu’elles ne dévorent que des cadavres mais les crabes qui en font autant me sont plus sympathiques avec leurs grosses pinces asymétriques et leurs démarches incongrues, l’idée de leur fuite permanente, et ce n’est pas la couleur de leur sang, bleu parait-il, qui me les rende plus intéressantes, au contraire.

On me dit que certains les mangent mais je suis sûr que ce n’est pas pour moi. La limule m’évoque plutôt un monstre imaginaire et ce n’est que chez Adèle qu’elle me font un peu sourire.

On doit chacun avoir des objets ou des animaux phobiques. Il aura fallu que je vienne jusqu'ici pour rencontrer le mien.


Trois d'un coup à New York

De Manhattan, aller à la Gateway Marina n’est pas très simple. Une heure et demi de métro, le 2 ou le Q (pas le A cher au Duke). On arrive dans les fonds de Brooklyn, survolé en permanence par les avions commerciaux qui atterrissent ou décollent de JFK airport. Voilà pour l’ambiance. Puis le Gateway park où je suis allé une fois en hiver, et enfin la Gateway Marina. Ce qui est pratique, c’est qu’on est sûr qu’ils sont là, leurs mâts de grue dépassent tellement qu’on n’a aucun doute, c’est bien là.

La marina est du genre populaire, sans grande installation nautique, faite pour les bateaux à moteurs qui y passent l’été avec leur propriétaires, le bateau devenant une sorte de résidence secondaire. On s’y reçoit, on décore le ponton de bac de pélargonium, la musique est forte et bien pop; je ne suis pas sûr que les bateaux sortent bien souvent, mais je ne suis pas sûr non plus que ce soit le propos de ce type de marina.

Il y a des carapaces de limules qui y flottent.

 

Sur le ponton le plus éloigné, sont amarrés Sodebo, Groupama 3 et Banque Populaire.

Ce qui est amusant c’est que leur ponton est désert, pas un touriste, pas un curieux ni français ni américain comme si cela n’était au fond pas très intéressant. Bien sûr on est la 4 Juillet, Independance day, c’est peut être l’explication. ,Moi j’y ai traîné un peu, je n’avais je crois jamais vu d’aussi gros/grands bateaux de si près.

Personne sur Sodebo, personne sur Groupama, un petit groupe sur Banque Populaire, pour donner l’échelle la vraie routine quoi,” j’arrive au port, je me mets au ponton et puis je vais traîner en ville...”

Pas facile de dire l’effet que ça fait, tout est trop grand, démesuré, hors de sens. L’Atlantique en moins de 4 jours, c’est ce que les équipages doivent avoir en tête, ça fait rêver en tout cas...

 

PS : j’ai pris quelques photos, si ça vous dit c’est ici. Moi je vais retourner à mes histoires de 40’, j’ai bien assez de soucis comme ça...

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