67- arrêt buffet
Posté le 27/08/2009 | Hozro
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Nous passons entre les digues de Praia da Vitoria sur un filet de gaz. Elles sont en grand chantier. Les instructions nautiques annoncent qu’elles ont été détruites récemment par une tempête. Ça a du souffler un sacré coup pour bouger de tels blocs de rocher! Je constate qu’ici aussi, le BTP doit faire choux gras des fonds européens. Je ne suis pas dépaysé: à gauche, le port de commerce, là l’usine de production d’électricité qui envoie dans l’atmosphère une colonne de fumée noire, et sans doute quelque part un endroit honteux où on “traite” les déchets d’importation.
Nous nous amarrons sur la face extérieure du port de plaisance. Trois hommes sont affairés sur la plage juste en face de l’étroit passage donnant accès à la marina: ils bricolent un gros tuyau sensé sucer le sable envahissant. L’un d’eux lève la tête, nous fait signe et crie en français “qu’il va venir bientôt” Il s’agit sans doute du responsable du port. Nos trois larrons ne chôment pas: ils soulèvent le tuyau, en démontent des tronçons, frappent dessus, les remontent, recommencent …
Je fais les 100 pas sur le ponton. Le paysage est superbe, avec de vastes pentes verdoyantes. Le soleil éclaire la ville au gré de cumuli déjà bien vigoureux compte tenu de l’heure matinale. J’ai un problème que j’aurais du régler une demi-heure plus tôt … C’est sans doute la faute au café. A la maison, je ne me serais pas embarrassé de principe, mais là, je ne connais pas les eus et coutumes portugaises, alors je préfère m’abstenir. Dans les pays anglo-saxons, c’est clair: pisser devant tout le monde est un délit. Un anglais, par exemple, n’ose même pas regarder son chien lever la patte.
Le bloc sanitaire est séparé des pontons par une porte automatique. Je peux toujours sortir, mais impossible de rentrer sans carte magnétique. Patience. De l’autre côté, le chantier perdure: poum poum poum, on revisse, on attend un peu, puis on baisse les bras car rien ne jaillit de l’émissaire. “Je viens!” annonce régulièrement le chef. “Moi aussi!” réponds-je mentalement.
Enfin, subitement, un jet lourd et noir jaillit au beau milieu de la plage, à quelques centaines de mètres de là. L’image de ce tuyau décuple mon malaise! Les gosses se précipitent immédiatement pour jouer avec le flot douteux. Le “chef” range les outils et fait le tour du bassin pour se rendre à son bureau. Je le rejoins dare-dare après un rapide crochet à l’arrière du bâtiment.

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