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créé le 02-03-2009

Ce qui est écrit dans ce blog n'est jamais arrivé. Heureusement, car c'eut été déraisonnable pour un quinquagénaire chargé de famille. Voir aussi  http://grandcolombier.blog.lemonde.fr/skippeur-virtuel/ qui propose une photo presque chaque jour.

75- même pas mal!

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25 mai 2008  8h01  37° 00′ 58.00″ N 32° 50′ 15.00″ W  2.2nds/265° Southwest Lajes das Flores   vent: 3.4/026°  1026Hpa

 

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Position foetale dans mon trou à rat. Il fait chaud et humide. Je me sens bien. Suis-je endormi? Il suffit d’une tanière confortable pour rassurer l’homme perdu au milieu des mers dans sa coque de noix. Il ne peut rien m’arriver.

  

Stéphane appelle. C’est l’heure.

  

Je crois bien que je dormais. Je pourrais faire comme si je n’avais pas entendu …

  

Dehors, il fait nuit noire. Le bateau glisse à 3 ou 4 noeuds dans la bonne direction. Il ne fait pas froid. Mine de rien, on est en train de réussir notre coup! En douceur.

  

Je suis là, debout devant la descente, heureux. Une main agrippée au winch du rouf, jambes écartées, j’accompagne avec volupté les ondulations du bateau. Ma frontale éclaire à quelques mètres. C’est suffisant pour distinguer le balcon avant. Vers la poupe, c’est encore plus court! Vaillant petit bateau bouffeur d’océans.

  

Soudain, la coque en plastique émet un bong! - un son de corps creux, comme quand on joue de la batterie avec unen cuillère en bois sur le couvercle d’un saladier Tupperware.  La tête de mât  pique vers l’avant, puis le bateau gîte mollement à 45° sur tribord. Je me retiens au winch. On a percuté quelque chose!

  

Et cette chose bouge en dessous de nous. Elle fait des remous, des bruits d’eau.

  

Hozro se redresse. Un bout du monstre luit dans le faisceau de ma lampe, s’oriente parallèlement à nous, lâche un mugissement effrayant puis sonde vers les abysses.

  

Tout s’est passé en quelques secondes. J’aurais pu toucher avec mon gant les bosses, la peau effrayante, les organismes répugnants qui parasitent l’épiderme du cétacé. Elle aurait besoin d’un bon carénage!

  

Ce n’est pas le calamar géant de Kersauson. C’est la baleine de Florence Arthaud.

- Est-ce qu’elle a eu mal?

- Peut-être allons nous couler, mais ce n’est pas de notre faute.

- Allons nous être secourus par les américains? Si oui, on peut considérer que la traversée est réussie.

- Kersauson a-t-il déjà engueulé une baleine?

  

La tête ahurie de Stéphane apparaît dans l’embrasure de la porte de descente. Le reste de son corps est encore pudiquement drapé dans le sac de couchage qu’il retient d’une main sous le menton.

  

“Mais qu’est-ce qui s’passe???

- nous avons percuté une baleine. File voir s’il y a une voie d’eau!”

  

Il n’y a pas de voie d’eau. Nous avons toujours un mât, six boulons de quille intacts et deux safrans.

 

Le bateau glisse à 3 ou 4 noeuds dans la bonne direction. Même pas eu peur. On verra plus tard si les apendices du bateau ont souffert.

  

Chouette! Nous sommes vraiment dans la cour des grands. On va avoir plein de trucs à raconter. Et puis nous avons été moins cruels que Florence.

  

Pauvre animal réveillé en sursaut!

 

 

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