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Actualité à la Hune

Coupe de l’America et TP52 / Interview

Thierry Fouchier : «En France, pour la Coupe, la dispersion gêne la création d'une super équipe»

A 38 ans, seul Français à avoir gagné la Coupe de l'America en tant que régleur, à bord du trimaran ailé BMW-Oracle, Thierry Fouchier fait partie des marins que l'on s'arrache dans le petit monde de la régate internationale de haut niveau. Rencontre avec lors de la seconde étape de l'Audi MedCup des TP52, disputée chez lui, à Marseille.

  • Publié le : 28/06/2011 - 05:17

Dans le cockpit d’All4One Depuis sa victoire dans la Coupe de l'America avec le trimaran ailé BMW-Oracle, Thierry Fouchier est devenu très demandé partout où ça régate au plus haut niveau. Photo © Franck Socha (All4One) Assis juste en avant de Jochen Schümann, le skipper barreur de All4One, où j'ai pu embarquer pour l'étape marseillaise de l'Audi Med Cup, Thierry Fouchier est chargé de la grand-voile du TP52.

Le Marseillais est d'un calme olympien, échange par mots brefs - et en anglais ! - avec la cellule arrière - le barreur, Sébastien Col le tacticien et Philippe Mourniac, le navigateur. A l'observer, on dirait qu'il navigue depuis dix ans à bord de ces bateaux. Pourtant, il vient juste d'embarquer...

voilesetvoiliers.com : Thierry, tu découvres le TP52 ici à Marseille. Que penses-tu de ce bateau ?
Thierry Fouchier : Oui, c'est la première fois que j'ai la chance de pouvoir naviguer sur ce type de machine et, à vrai dire, je suis plutôt impressionné par la puissance que développe ces bateaux-là ! Ils sont très larges, plutôt typés brise, mais même dans le petit temps, on arrive à en tirer de belles performances. Dès 8 noeuds de vent réel, tu es en surpuissance. Il faut beaucoup travailler en amont sur les performances et les réglages pour tirer la quintescence de ces bateaux.

v&v.com : Lorsqu'on a navigué autant de temps sur un trimaran gréé d'une aile, ce n'est pas frustrant de revenir sur un <transporteur de plomb à voiles molles> ?
T.F. : Pas du tout ! Ça me fait plaisir de revenir au monocoque. L'un des atouts de notre sport, c'est de pouvoir passer d'un support extrême, comme Oracle et son aile rigide, à des bateaux comme les TP52, qui se retrouvent dans une <box rule> (jauge encadrée, ndlr). Que ce soit à bord d'un mono ou d'un multi, je suis le plus heureux des hommes !

TP52 : un fabuleux instrument à vent 15,85 mètres par 4,45, 7,3 tonnes de déplacement dont 3,8 tonnes dans le bulbe et 158,50 m2 de voilure au près, les TP52 donnent leur pleine mesure à 10 noeuds de vent, en remontant à moins de 30 degrés du vent. Photo © Didier Ravon v&v.com : Mais tu fais juste une <mission> avec All4One chez toi, à Marseille, ou bien tu vas désormais naviguer en TP52 ?
T.F. :
(Rires) Il faut demander à mes petits camarades... Pour l'épreuve ici à Marseille, Jochen Schümann, avec qui j'étais déjà en contact pour d'autres choses, a fait appel à moi, car le régleur de grand-voile australien vient de changer de bateau (il est parti chez les Russes de Synergy qui le payait nettement plus ! ndlr). Mais si je suis disponible, il est clair que j'aimerais bien continuer.

Une sacrée tôle Les grands-voiles des TP52 possèdent désormais une corne et la surface autorisée est passée à 93,50 mètres carrés. Photo © Didier Ravon v&v.com : Où en est-tu avec la Coupe de l'America ?
T.F. : (Rires). Je suis, disons... sur plusieurs possibilités. Et j'ai un certain nombre de contacts dans différentes équipes, aussi bien françaises qu'étrangères.

v&v.com : Lesquelles, si ce n'est pas indiscret ?
T.F. :
Je ne peux pas en parler pour le moment : rien n'est fait.

v&v.com : Tu ne trouves pas que les choses ne sont quand même pas très bien embarquées pour la 34e édition ?
T.F. : Si, malheureusement ! A mon sens, ça met du temps à décoller, que ce soit en France ou à l'étranger. Il y a beaucoup d'équipes qui démarrent très tard... et ce qui me désole un peu, c'est de voir que nous sommes en train de nous éparpiller en France ! J'ai du mal à imaginer qu'on puisse ne pas y être, mais j'ai peur que si on y est, ce soit en ordre dispersé.

v&v.com : Que veux-tu dire ?
T.F. : Je veux dire qu'aujourd'hui, il y a deux équipes françaises, peut-être trois. Donc trop de dispersion pour avoir une super équipe. On devrait s'inspirer du modèle néo-zélandais, où la Coupe est gérée par une seule équipe - avec, autour d'elle, toutes les énergies financières, sportives, architecturale unies. On a vu que ce modèle était une vraie réussite. Je n'ai pas le sentiment qu'en France, il y ait la volonté de faire la même chose.

Un équipage en quête d’entraînement Construit cet hiver en Australie, All4One, plan Judel-Vrolijk, n'a disputé que dix jours de régate, et l'équipage est encore en phase de mise au point. Photo © Didier Ravon v&v.com : Tu n'es plus sous contrat avec Oracle ?
T.F. :
Je suis en stand-by avec les Américains. Le volet sportif et la régate sont très réduits cette année, avec un seul bateau - l'AC 45 - qui n'embarque qu'un skipper et quatre équipiers. Je suis toujours en contact avec eux, mais il n'y a rien de signé et de concret pour le moment. Le format et la mise en place de l'épreuve sont un peu particuliers cette fois-ci, ce qui fait que c'est très long.... Et la Coupe met beaucoup de gens sur la touche !

v&v.com : Tu as déjà navigué en AC 45 ?
T.F. : Non pas encore. Je regarde assidûment les vidéos et tout ce qui sort sur ces bateaux-là, qui semblent de super multis. De toute façon, pour l'instant, j'aurais du mal à faire les deux premières épreuves, car je suis déjà engagé sur le circuit des Extreme 40 avec Gitana. Et les deux premières épreuves de l'America, à Cascais en août et à Plymouth en septembre, se chevauchent avec les Grand Prix en Extreme 40. Mais je suis tout ça de très près !

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Vous pouvez lire l'interview de Thierry Fouchier sur son expérience à bord du trimaran ailé BMW-Oracle ici.