Photos, articles, vidéos… de la 35e édition de la légendaire Coupe de l'America

Actualité à la Hune

Coupe de l'America

Les Kiwis à un point du triomphe !

Vainqueur d’une manche pour la première fois depuis le début de cette finale, après avoir essuyé cinq défaites de rang, Team Oracle USA, qui a clairement résolu son différentiel de vitesse face à Emirates Team New Zealand, est un peu revenu dans le match samedi, mais s’est lourdement incliné dimanche, complètement débordé du départ à l’arrivée par des Kiwis sur un nuage. Les Néo-Zélandais mènent désormais par 6 à 1, et ne sont plus qu’à un point de la victoire ! Lundi soir, la coupe peut être à eux…
  • Publié le : 25/06/2017 - 22:28

Emirates vs OracleLors du second départ de ce dimanche 25 juin, les Kiwis se glissent sous les Yankees, les tuant avec une maîtrise totale. Photo @ ACEA 2017/Gilles Martin-Raget

«Les miracles se reproduisent rarement deux fois» déclarait hier Franck Cammas, qui n’est pas à Lourdes mais aux Bermudes, en regard du retournement de situation de 2013 où, menés 8 à 1, les Américains s’étaient finalement imposés par 9 à 8 ! A l’issue du week-end, on peut donner raison au skipper de Groupama Team France et se préparer à aller à Auckland dans quatre ans… Si Oracle Team USA a clairement réduit le différentiel de vitesse avec Emirates Team New Zealand après cinq jours de chantier, on ne peut pas en dire autant de James Spithill, skipper-barreur sur le catamaran defender. Passant totalement à côté lors des deux départs, le «pitbull» double tenant du titre et réputé comme l’un des meilleurs «starters» du monde s’est fait laminer par un Peter Burling dont on a le sentiment qu’il est juste intouchable. Parfaitement bien placé lors du premier départ, Spithill lofe et ralentit avant la ligne alors que le timing est parfait. Il voit Burling partir sous le vent comme une fusée.

Peter BurlingPeter Burling le pouce levé, aussi réservé dans la victoire que phénoménal sur l'eau. Photo @ ACEA 2017/Sander van der Borch

Thierry Fouchier, seul navigant Français vainqueur de la coupe (en 2010), régleur d’aile sur Groupama Team France et qui commente les régates avec Hélène Cougoule sur Canal + Sport, a du mal à comprendre (nous aussi !), pensant que le logiciel tactique des Américains calculant le temps restant pour aller à la ligne est défaillant ! Qu’importe. A ce niveau, c’est surprenant. A part les indications désormais en incrustation à la télé sur le niveau de charge et la pression hydraulique sur les deux bateaux… et toujours à l’avantage des Kiwis, on s’ennuie ! Quand Spithill mâche nerveusement son chewing-gum et vire moyennement bien, son tacticien Tom Slingsby faisant la gueule, on a l’impression que Burling est sous anxiolytiques tellement il est zen… Dire que ce type est resté invaincu quatre ans en 49er et a perdu sa première régate samedi depuis 2012 ! Les Américains, bien que rapides au portant, s’inclinent logiquement. Que faire face à ces Kiwis d’une sérénité ahurissante et dont les virements et les empannages s’effectuent comme sur une Game Boy ? Pas grand-chose en fait. Car partir derrière ces marins qui ne font pas la moindre erreur, c’est juste ne jamais avoir la moindre opportunité de repasser devant.

Emirates TNZLe bateau kiwi et toujours cette assiette donnant l’impression que l’étrave va planter… mais qui favorise l’aérodynamisme. Photo @ ACEA 2017/Sander van cer Borch

Le vent souffle à 9 petits nœuds pour la seconde manche, et toujours du Sud-Ouest. Comme depuis un mois, la gauche du plan d’eau semble un peu plus favorable, et ce n’est pas tant les shifts (oscillations du vent) qui créent la différence, mais le fait qu’il y a toujours un peu plus de pression sur le côté. On assiste alors enfin à un vrai départ de match-racing… et presque un «dial up» digne de la grande époque des monocoques, les deux bateaux lofant jusque dans le lit du vent jusqu’à s’arrêter. A ce jeu, l’expérimenté Spithill, alors au vent, se fait avoir comme un bleu. Burling – dix ans de moins ! - le bloque violemment, abat à nouveau et file vers la ligne de départ à près de 25 nœuds, quand Spithill, comme anesthésié, ne parvient pas à décoller. A ce niveau-là, ça paraît juste incompréhensible. Le barreur du bateau US a certes la pression, mais se faire promener ainsi est quand même inquiétant. Les Kiwis s’envolent. La messe est dite. Ça parle peu à bord. Glenn Ashby, skipper et régleur d’aile, échange à doses homéopathiques avec son barreur, et le cata kiwi vole 100 % du temps, les cyclistes ayant toujours la tête dans le guidon, du moins les casques collés au carénage. Il n’y a pas match.

Emirates TNZCa commence à rigoler pour les Néo-Zélandais à une victoire du triomphe. Photo @ ACEA 2017/Sander van der Borch

Quand les Américains, fébriles impuissants et dans le dur, grattent quelques secondes grâce à une bascule de vent bien exploitée, les Néo-Zeds en remettent une couche, en virant dans le refus juste sous la layline. Et à observer les deux barreurs lors des virements, on voit vite qui a raison. Quand Spithill est obligé de prendre l’écoute en main, régler le rake (incidence) du foil et tourner le volant en même temps, Burling lui n’a qu’à se préoccuper de placer les étraves sous la nouvelle amure, balançant la barre à une vitesse vertigineuse. Pas d’écoute à gérer (l’aile des Kiwis se règle par hydraulique), pas de rake à régler (c’est Ashby qui s’en charge). Les petits Kiwis seuls dans leur coin ont une fois encore été plus créatifs et innovants que les grands Américains, installés ici depuis trois ans. A l’arrivée de cette huitième manche, l’addition est salée. Emirates Team New Zealand remporte sa septième victoire en huit courses… et n’est plus qu’à une seule du retour du pichet sans fond à Auckland. La nuit va être sans doute très agitée pour Spithill et sa bande, et Philippe Presti, le coach français des Etats-uniens va devoir faire des miracles pour rebooster ses hommes et tenter d’inverser la tendance. Il l’a déjà fait, et donc peut le faire ! Mais lundi soir, les Kiwis auront tout simplement cinq balles de match. Et, a priori, toujours dans ce vent un peu mollasson d’une dizaine de nœuds où leur cata est phénoménal. 

VIDEO. Naviguez à 360° à bord de Emirates Team New Zealand et Oracle Team USA

35e Coupe de l’America
(America’s Cup Match presented by Louis Vuitton)

Dimanche 25 juin
Course 7 – Emirates Team New Zealand bat 
Oracle Team USA de 12 secondes
Course 8 - Emirates Team New Zealand bat Oracle Team USA de 30 secondes

Classement
Emirates Team New Zealand (NZL), 6 points
Oracle Team USA (USA), 1 point
 

L’équipe victorieuse de la 35e Coupe de l’America sera la première à gagner sept régates.

Les prochaines courses sont prévues les 26 juin ainsi que le 27 si besoin.