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Actualité à la Hune

Red Bull Youth America’s – AC45

Arthur Ponroy : «On vise un top 5, voire un top 3 !»

  • Publié le : 30/08/2013 - 13:00

Sur un nuageSi les jeunes d'Energy Team sont sur un petit nuage, il n'y parait pas : le rythme d'entrainement de ces dernières semaines ne leur a guère laissé le temps de rêvasser... Ou si peu, devant les AC72.Photo @ Abner Kingman ACEA

Une bande de petits veinards va prendre part dès dimanche à la première édition de la Coupe dédiée aux jeunes, la Red Bull Youth America’s, sur des AC45 et à San Francisco… Et ils sont français !

Next World Energy TeamParmi les 15 jeunes qui avaient postulé, la FFV représentée par Marc Bouët en a retenu sept pour constituer l'équipage de Next World Energy Team. À bord des AC45, ils naviguent à six pour un poids max de 450 kg.Photo @ Gilles Martin-Raget ACEAIl y a ceux qui n’arrivent pas à s’intéresser à la Coupe… Et ceux qu’elle fait encore rêver à pleins tubes ! Parmi ces derniers, un paquet de jeunes de 19 à 24 ans, venus des quatre coins du globe et embarqués dans la nouvelle initiative lancée par les organisateurs il y a un an : la Red Bull Youth America’s. Le format est exactement le même que lors des AC World Series : huit manches de 25 minutes – la dernière comptant double – sont prévues dès dimanche, sur des parcours aux laylines rabotées, des règles de course revues et corrigées pour les AC45 et un jugement en direct.

Dix équipages sont dans la course, dont les Français de Next World Energy Team, sept gaillards sélectionnés par la FFV parmi les 15 qui s’étaient présentés en août dernier et soutenus par l’équipe des Peyron. Après quelques mois d’entrainement intensif, les voilà prêts à en découdre, conduits par leur skipper Arthur Ponroy, 23 ans.

 

voilesetvoiliers.com : Peux-tu nous présenter ton équipage et nous dire d’où chacun vient ?
Arthur Ponroy, skipperArthur Ponroy, 23 ans, le skipper de Next World Energy Team, vient de l'habitable et a couru plusieurs éditions du TFV.Photo @ Gilles Martin-Raget ACEAArthur Ponroy : Paul, Édouard-Marie et moi-même, on vient plutôt de l’habitable et du Tour de France à la Voile, mais de projets différents. Hubert, les frères Bellet et Antoine viennent du catamaran de sport. Et sur l’AC45, on se rend compte que ceux qui viennent de l’habitable sont spécialisés dans les manœuvres – sauf moi qui suis au réglage de l’aile – et les autres, sont à la barre.

v&v.com : Comment se sont déroulés les entrainements jusqu’à maintenant ? Plutôt ambiance commando ?
A.P. :
Oui, dans la mesure où on a commencé assez tard, en mai, les différents stages étaient assez intensifs… L’idée était d’essayer de combler le retard que l’on avait pu prendre sur les équipes qui avaient commencé plus tôt, en janvier pour certaines. Le programme était donc très lourd, avec beaucoup de préparation physique et beaucoup d’heures sur l’eau, mais l’ambiance est toujours restée au top, car ça nous plaisait vraiment de naviguer ensemble ! Surtout que l’on a eu accès à de supers bateaux, comme les Extreme 40, les Open 7.50 et maintenant les AC45. Chaque stage était très enrichissant et très marrant.

v&v.com : Le passage à l’AC45 devait quand même constituer un gros défi : comment s’est passée la prise en main ?
A.P. :
En fait, on a procédé par étapes. On a eu quatorze jours d’entrainement et il nous en reste encore quelques-uns (l’interview a été enregistré en début de semaine, ndr). On a commencé par dégrossir le travail sur les manœuvres, après on s’est concentré sur la vitesse et en dernier lieu, on s’est intéressé à la communication et à la tactique. Mais en réalité, on n’a pas souffert de trop d’appréhension dans la mesure où on avait beaucoup de boulot, donc pas vraiment le temps de se poser beaucoup de questions. Il a fallu bosser le plus vite possible. Chaque fois qu’on allait sur le bateau, il fallait optimiser au mieux notre temps, car les navs’ étaient courtes, seulement quelques heures tous les matins.

v&v.com : Parce que vous dépendez d’un règlement très strict…
A.P. :
Oui, toutes nos heures de navigation sont comptées. L’ACRM qui gère nos entrainements nous dit quand on a le droit de sortir en mer et quand on doit rentrer. Si on déroge, on risque une pénalité.

À la découverte de l"AC45Après une session d'essai à Naples, l'équipe a dû s'entraîner sur SailingOne 25, Extreme 40 et Open 7.50, avant de proprement apprivoiser les AC45 à San Francisco, début août.Photo @ Gilles Martin-Raget ACEA

v&v.com : Vous avez le droit d’embarquer des équipiers plus aguerris ?
A.P. :
Oui, on a le droit d’embarquer des entraineurs. Depuis une bonne semaine, Christophe Espagnon est avec nous ; il était régleur d’aile sur Energy Team et a fait pas mal d’autres multis. Il nous apporte beaucoup, parce qu’il est dans le concret, qu’il a fait les régates d’AC45 et connait les problèmes que l’on rencontre et que l’on va rencontrer. Ça nous a permis de progresser beaucoup plus vite. 

v&v.com : Pour ce qui est de votre terrain de jeu, la baie de San Francisco, vous l’avez découverte à cette occasion ?
A.P. :
(Il rit.) On met du temps à la découvrir, en fait, parce qu’on a surtout la tête dans le guidon ! Bah ! On commence à peine à regarder autour de nous ! (Il rit.) Et c’est très sympa : on navigue sous le Golden Gate, en face d’Alcatraz, le long de la côte… C’est vraiment top ! Après, toutes les histoires de courant et de vent, c’est le tacticien qui s’en occupe.

v&v.com : Vous avez pu faire quelques entrainements avec vos adversaires : comment vous situez-vous par rapport à eux ?
A.P. : Pour l’instant, le niveau semble très homogène. On a dû faire une dizaine de régates d’entrainement à sept ou huit bateaux : on est capables de faire derniers comme premiers, mais pour chaque équipage, c’est le même constat. On voit bien que certains semblent à l’aise, comme les Américains et les Néo-Zélandais qui ont navigué tout l’hiver – mais ils sont tout aussi capables de finir derniers…

v&v.com : C’est plutôt encourageant…
A.P. :
Oui, c’est encourageant, sauf que nous aussi, on fait nos manches de derniers. (Il rit.) Donc il faut essayer d’être plus réguliers.

v&v.com : Quel est votre objectif ?
A.P. :
Dans les cinq, ou dans les trois, ce serait super. Mais il y a encore beaucoup de boulot… Bah ! Y’a du boulot pour tout le monde !

10 équipes en liceDix équipes ont été retenues par les organisateurs de la Coupe pour courir la Red Bull Youth America's dédiée aux moins de 25 ans. Durant les quelques entrainements en flotte, les Français n'ont pas démérité.Photo @ Gilles Martin-Raget ACEA

v&v.com : Pour être au contact de vos aînés de la Coupe et être au cœur de la base de San Francisco, qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?
A.P. :
Le plus marquant, c’est que les énormes AC72 sont grutés et démâtés tous les jours, après chaque sortie – ce qui représente un boulot monstrueux ! Sinon, quand on voit passer les bateaux à plus de 40 nœuds à côté de nous, on s’arrête de naviguer, clairement. (Il rit.) On a beau être sur une phase de départ, on ne peut pas s’empêcher de choquer et de les regarder passer, en plein vol. Les bateaux qu’ils ont réussi à faire, c’est vraiment hallucinant !

v&v.com : Alors que les AC45, ça doit déjà être pas mal…
A.P. :
Oui, mais il y a des photos où on passe pour des Optimist, à côté d’eux !

 

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L’équipage de Next World Energy Team en détails

Barreur : Antoine Lauriot-Prévost, 23 ans.
Régleur d’aile et skipper : Arthur Ponroy, 23 ans.
Tacticien et équipier volant : Hubert Savatier, 22 ans.
Régleur de voile d’avant : Édouard-Marie Alikiagaléléi, 23 ans.
Équipier volant : Romain Bellet, 20 ans.
N°1 : Paul Dagault, 22 ans.
Équipier complémentaire : Valentin Bellet, 22 ans.