Ils sont les plus grands, les plus fous, les rapides voiliers à arpenter la planète. Leurs bouées préférées sont à l'échelle des continents. En solitaire, en double ou en équipage, ils accélèrent le temps, rétrécissent le globe – et distillent l'adrénaline. Bienvenue dans le monde des maxi-multicoques.

Actualité à la Hune

Classe Ultime

Le Blevec dans la cour des grands

Le plateau des Ultimes s'enrichit d'un nouveau concurrent en la personne d'Yves Le Blevec. Après avoir été l'un des principaux animateurs de la classe Multi 50, l'ancien vainqueur de la Mini-Transat (2007) embarque son partenaire Actual dans un projet ambitieux : régater en solitaire autour du monde sur un multicoque géant, qui n’est autre que l’ancien Sodebo.
  • Publié le : 19/07/2015 - 22:24

Portrait Yves Le BlevecNouveau défi pour Yves Le Blevec : après la Mini et le Multi50 - entre autres - , le skipper sera désormais à la barre d'un trimaran Ultime. Photo @ Thierry Martinez / Sea & Co

Voilesetvoiliers.com : Où est le bateau et dans quel état est-il ?
Yves Le Blevec
: Le bateau est dans un bon état, sur le terre plein de Multiplast, à Vannes. Il avait été bien entretenu, même s'il n'est pas tout à fait en configuration de navigation. J'ai fait le tour du trimaran en détail pour dresser l'inventaire de ce qu'il faut compléter au niveau de l'équipement, comme de l’électronique. Mais nous ne prévoyons pas de chantier dans l'immédiat, nous nous contentons de marquer le bateau aux couleurs de notre partenaire. Je récupère un bateau solide, éprouvé, que nous sommes impatients d'aller essayer sur l'eau.

Voilesetvoiliers.com : Connaissez-vous votre programme sportif ?
Y. L. B. :
Nous serons au départ de la Transat Jacques Vabre (départ le 25 octobre du Havre), j'espère pouvoir annoncer le nom de mon co-équipier prochainement. Et l'année prochaine, il y aura sans doute The Transat. Mais l'objectif en acquérant ce bateau est d'être présent au départ du premier tour du monde en solo sur multicoque.

Voilesetvoiliers.com : Ce choix de s'engager dans la catégorie des Ultimes représente un grand saut en terme de budget. Nous avions pourtant l'impression qu'Actual se désengageait de la voile ?
Y. L. B. :
Non, mon sponsor avait bien annoncé que le bateau serait en vente à l'issue de la Route du Rhum et franchement je n'avais pas de signaux jusqu'à l'arrivée de cette transat. Et là, il m'a demandé de lui faire des propositions. En fait, avec Actual, on grossit, la société est en croissance et elle sera deux fois plus grande en 2020. Le projet se devait d'être plus ambitieux. Du coup, il fallait viser plus haut que de lancer un nouveau Multi50. Avec le même budget et la même structure d'équipe nous aurions pu entreprendre une participation au Vendée Globe. Mais c'est dur d'exister après un Vendée. Il y a une sorte de trou médiatique et sportif après l'épreuve.

SodeboLe premier Maxi trimaran Sodebo a trouvé preneur grâce à Actual et Yves Le Blevec.Photo @ Yvan Zedda Yvan ZeddaVoilesetvoiliers.com : Mais le calendrier sportif des Ultimes est encore en chantier…
Y. L. B. :
Ce qui est important, c'est le tour du monde qui va se faire. Il faut en être. Même si ce bateau se présentera au départ avec un déficit de performance connu. Mais cela reste une carte prestigieuse, l'idée de faire un tour du monde en course, de participer à la première : dans une vie de marin, c’est chouette ! Si le bateau peut jouer, c'est sur un tour du monde, pas sur une transat.

Voilesetvoiliers.com : Vous allez  avoir un bateau moins puissant que les autres. Comptez-vous travailler sur les foils?
Y. L. B. : Le bateau est déjà équipé de foils courbes, il a été bien développé par l'équipe de Thomas. (Coville, ndlr). Les flotteurs avaient été avancés pour garder un bon équilibre quand les foils travaillent. Je vais me concentrer sur des détails, sur l'adaptation du bateau à ma manière de naviguer, sur l'équilibre du couple bateau-skipper. Il faut surtout trouver le bon rythme à tenir sur une épreuve longue, pour savoir quand on peut attaquer et ne pas se mettre dans le rouge.

Mach 6.5 ActualLe skipper passe d'un support à l"autre. Le 14 juillet, il naviguait à bord du Mach 6,5 Actual.Photo @ Loïc Madeline

Voilesetvoiliers.com : Qu'est-ce qui change par rapport à un engagement en Multi50 ?
Y. L. B.  :
La difficulté, ce n'est pas le budget de fonctionnement ou le coût de l'achat du bateau qui sont des données qu'un sponsor peut appréhender, budgétiser. Ce qui change avec un maxi multicoque, c'est le poste « aléas ». Un truc un peu délicat à vendre à un sponsor. L'aléa, c'est un imprévu, un accident. Un truc qui peut arrriver, surtout sur un programme de plusieurs années. En Multi50, par exemple, un démâtage coûte dans les 200 000 € entre la perte du mât, celle des voiles et du gréement. On peut multiplier cette somme par deux pour un 60 pieds Imoca et par trois pour un Ultime. Ce coût de l'aléa, il doit faire partie de la réflexion de ton partenaire. C'est un problème mais, à côté, le maxi multicoque t'offre une exposition exceptionnelle, une visibilité colossale. Un 60 pieds Imoca, c'est un gros bateau. Un Ultime, c'est plus grand, plus haut, et ça va plus vite. Quand tu participes à un tour de Belle-Ile ou à l’Ar-Men Race, tu es devant. C'est un projet qui passionne et le sponsor y trouve son compte en terme de retombées comme pour la communication à destination de ses clients ou en interne.

 

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