Ils sont les plus grands, les plus fous, les rapides voiliers à arpenter la planète. Leurs bouées préférées sont à l'échelle des continents. En solitaire, en double ou en équipage, ils accélèrent le temps, rétrécissent le globe – et distillent l'adrénaline. Bienvenue dans le monde des maxi-multicoques.

Actualité à la Hune

Transpac Record

La Transpac racontée par '’Bilou’’

Au sein de l’équipage international de Lending Club 2 – qui a explosé le week-end dernier le record de la traversée entre Los Angeles et Honolulu – se trouvait Roland Jourdain. Avec sa verve habituelle, Bilou revient sur cette navigation express : 2 215 milles en 3 j 18 h 00’09’’ à 24,61 nœuds de moyenne !
  • Publié le : 21/07/2015 - 15:30

Record TranspacC'est au terme de 3 jours d"une navigation à 24,61 nœuds de moyenne que Lending Club 2 a rejoint Hawaii.Photo @ Phil UhlC’est par le biais de Ryan Breymaier – «  le plus Américain des Concarnois ! » selon Bilou -  que le Breton a jeté son sac à bord de Lending Club 2, trimaran plus connu sous ses noms précédents de Groupama 3 et Banque Populaire VII. « C’était en 2007, nous préparions nos deux bateaux pour la Barcelona. Ryan a fait la démarche de venir en France en voyant l’évolution des 60 pieds. Il y a installé son camp de base avec son épouse Nicola. »
Devenus amis, les deux hommes travaillent ensemble au sein de la structure de Jourdain, Kaïros, l’Américain devenant "boat captain" de son MOD 70.
Voilà deux ans, Breymaier croise les pas de Renaud Laplanche, milliardaire franco-américain fondu de voile et armateur des multicoques Lending Club. Et tout naturellement, Breymaier devient co-skipper des bateaux de Laplanche.

Record TranspacLes hommes de Lending Club 2 (dont Roland Jourdain, deuxième en partant de la gauche et le co-skipper, armateur Renaud Laplanche à la barre) peuvent être heureux, ils viennent d'exploser un record vieux de dix ans.Photo @ Lending Club SailingDepuis, l’homme d’affaires a revu ses ambitions à la hausse, se lançant cette année dans une chasse au record effrénée. Avec ce dernier trimaran, il a porté celui de la traversée de la Manche entre Cowes et Dinard à 5 h 14’07’’ (26,36 nœuds de moyenne) puis celui entre Newport et Les Bermudes (23 h 09’52’’, moy : 27 nœuds) avant d’exploser cette traversée de la Transpac entre Los Angeles et Honolulu, mettant 25 heures de moins que Kersauson et ses hommes sur Geronimo voilà dix ans.

À bord, outre l’armateur et co-skipper Renaud Laplanche, l’équipage est cosmopolite. Ainsi, entre Los Angeles et Honolulu, il était composé de Jourdain donc mais aussi de Stanislas Delbarre et Jean-Baptise Levaillant, tous trois Français, de l’Allemand Boris Herrman, des Américains Breymaier, Skip McCormack, Jan Majer et du Néo-Zélandais Quin Bisset.

"De la belle glisse"

Une belle bande de spécialistes qui s’en prenait à un parcours référence outre-Atlantique. « Le challenge était de trouver la bonne fenêtre météo d’alizés avec une dépression dessous, reprend Jourdain. Il faut s’extirper de la côte Ouest avec du thermique et puis ensuite cela allonge naturellement. Une navigation "presque" simple. Nous avons eu de la mer d’alizé, bien rangée, quasi plate à l’échelle de ces bateaux de trente mètres. 

Record TranspacNavigation presque tranquille pour le maxi-trimaran.Photo @ Lending Club SailingSur l’ortho, on a tenu une moyenne de 24,61 nœuds mais sur notre route elle fut réellement de 27,5 nœuds. Envoyé, tranquille… C’était vraiment génial ! Comme on navigue en équipage, il y a toujours du monde aux écoutes. Une grande partie de la navigation a été faite sur une coque. Les nuits étaient noires, sans lune, avec des grains : c’étaient les seuls moments de vraie tension pour ne pas se mettre sur le toit. Au global, ce fut vraiment de la belle glisse ! » 


Tout cela sous la houlette de Renaud Laplanche, armateur avisé, ancien "laseriste" de haut niveau.

Âgé de 45 ans, Laplanche a créé Lending Club en 2006, plateforme en ligne spécialisée dans les prêts entre particuliers installée à San Francisco et dont il est directeur général. « Il est charmant, cool mais très discret. Très occupé par ses affaires, il vient à bord au dernier moment. C'est un excellent barreur qui reste à la barre des heures. On est habitué à travailler dans un monde de sponsors. Là, nous avons l’armateur à bord, c’est très différent et rigolo. Pour lui, c'est comme une sorte de décompression.»
Loué le temps de plusieurs records, Lending Club 2 va être rendu à Francis Joyon, son nouveau propriétaire, et mis aux couleurs d’Idec. Laplanche quant à lui élabore de futurs projets de beaux et grands voiliers… Et nul doute que Bilou se fera un vrai plaisir d’y contribuer. En attendant, dès son retour en France, il embarquera à bord de Prince de Bretagne dans le cadre de la préparation à la Transat Jacques Vabre (départ du Havre le 25 octobre) qu'il disputera à bord de ce trimaran-là en compagnie de Lionel Lemonchois.