Ils sont les plus grands, les plus fous, les rapides voiliers à arpenter la planète. Leurs bouées préférées sont à l'échelle des continents. En solitaire, en double ou en équipage, ils accélèrent le temps, rétrécissent le globe – et distillent l'adrénaline. Bienvenue dans le monde des maxi-multicoques.

Actualité à la Hune

The Transat bakerly

A 24 heures de Big Apple !

Les longues glissades en bordure d’anticyclone sont bel et bien terminées pour les Ultime ! A 500 milles de l’arrivée, les trois géants, toujours emmenés par MACIF, vont devoir composer avec une météo beaucoup moins complice et négocier plusieurs petites dépressions à l’Est de New York.
  • Publié le : 09/05/2016 - 15:30

A 24 heures de Big Apple !François Gabart ne tarit pas d’éloge sur son maxi-multicoque, mais l’exploite magnifiquement. Quel talent !Photo @ Lloyd images

Si ce dimanche 8 mai a encore été marqué par des moyennes supérieures à 25 nœuds grâce à un bon flux de Sud de 25 à 30 nœuds avant de tomber dans un régime modéré sans aucune transition, la donne est en train de changer, avec un front actif et des vents de 25 nœuds de secteur Nord-Ouest attendus. Bref, pour MACIF, Sodebo et Actual, ça sent le louvoyage dans des vents instables et sous un temps bouché avant de négocier dans la brume une zone de calme au large de Long Island. «De toute manière, les arrivées sur New York ne sont jamais simples», rappelle Jean-Yves Bernot, le routeur de MACIF. François Gabart, Thomas Coville et Yves Le Blévec vont donc retrouver les «vraies» conditions de la Transat… et beaucoup manœuvrer, ce qui, sur ces bateaux, est très vite un calvaire ! La première question est de savoir si Thomas Coville, légèrement décroché (à quelques 100 milles), peut revenir au contact. Sodebo semble un peu plus puissant dans la brise, et le plan VPLP est réputé à l’aise face au vent, mais il y a longtemps que l’on n’a plus de doute sur le potentiel de MACIF… et de son skipper. La seconde est de savoir si le chrono établi entre Plymouth et Boston par Michel Desjoyeaux sur son trimaran ORMA Géant, vainqueur en 2004 (8 jours 8 heures 29 minutes), terminant 2 heures 09 exactement… devant Thomas Coville, va tomber cette année… bien que sur un parcours différent et un peu plus long ?

«MACIF et Sodebo font désormais route bâbord amures au bon plein, mais vont devoir traverser un front froid, explique Jean-Yves Bernot. Il va falloir être très lucide dans la remontée vers New York, négocier de petites dépressions et pouvoir se recentrer avec de petits bords en tribord amures, tout ça dans un vent assez instable et oscillant.» A écouter Bernot qui a formé tous les meilleurs skippers depuis trente ans, router François Gabart ne semble pas compliqué ! «Plus les mecs sont forts et plus le routage est efficace, se justifie-t-il. François est clairement très brillant, réactif et physiquement impressionnant. Hier, il n’a pas mis trois heures pour larguer ses trois ris et passer du J3 au J1 quand le vent est passé subitement de 30 à 10 nœuds… De plus, il sent parfaitement les choses.» Du coup, comme Gabart, Bernot n’hésite pas lui aussi à sortir régulièrement le nez des fichiers, n’est pas obnubilé par les modèles, et laisse parler feeling et sens marin. MACIF devrait arriver demain mardi 10 mai dans la matinée à New York, soit dans l'après-midi heure de Paris ! Mais connaissant Thomas Coville, fort de son immense expérience en solitaire sur des maxi-multicoques, il ne va rien lâcher… et François Gabart n’est pas à l’abri d’un casier ou d’une mauvaise rencontre.

Le Cléac’h en éclaireur

A 24 heures de Big Apple !Deuxième à 25 milles de Banque Populaire VIII, Vincent Riou sur PRB démontre que les IMOCA «classiques» sont loin d’être largués par les «foilers». Photo @ Lloyd images

«Les conditions sont beaucoup plus calmes. Je profite d’avoir le bateau moins gîté, de pouvoir me tenir debout, de manger normalement et de pouvoir faire un peu tout sécher, raconte Armel Le Cléac’h, toujours leader en IMOCA sur Banque Populaire VIII. C’était quand même bien humide depuis le départ, et on n’a pas eu beaucoup de répit. Ça va de nouveau enchaîner assez vite derrière. Je surveille mes petits copains derrière. Vincent (Riou) est très proche (25 milles, ndlr), et dans des conditions de vent faible, il est plutôt à l’aise. Avec Jean-Pierre (Dick), on forme un beau trio. Il manque juste ‘‘Jojo’’ (Sébastien Josse) ! Nous avons tous les trois la même trajectoire, et c’est intéressant de voir les plus et les moins, c’est un bon exercice.» A 1 300 milles de New York, les skippers semblent revivre, à l’image de Jean-Pierre Dick, toujours 3e sur StMichel-Virbac et qui racontait lors de la vacation de ce lundi matin : «C’est une nuit magique à bord du bateau, c’est vraiment extraordinaire sous les étoiles et une petite brise. C’est un beau moment de mer que j’ai plaisir à apprécier après les coups de vent et les vagues que nous avons essuyés ces derniers jours. Je le prends comme un petit cadeau. Il y a moins de 10 nœuds, la mer s’est bien assagie, le bateau bouge à peine. C’est sympa.»

En Multi50, la belle option Sud de Gilles Lamiré sur French Tech Rennes Saint-Malo avant le coup de vent lui a permis de prendre la tête ce week-end puis de creuser l’écart sur Lalou Roucayrol (Arkema). Mais il reste encore plus de 1 300 milles avant New York.

A 24 heures de Big Apple !Gilles Lamiré a pris la tête des Multi50 grâce à une judicieuse option Sud. Photo @ Lloyd images

A 24 heures de Big Apple !Autoportrait du leader en Class40 ce week-end ! Photo @ Thibaut Vauchel-CamusEnfin, chez les Class40, deux bonnes nouvelles ! Mis à part Armel Tripon qui a dû mettre en fuite ce week-end puis faire une escale technique aux Açores pour réparer, la flotte est passée sans encombre dans la tempête. Malgré des rafales à plus de 50 nœuds et une mer croisée «casse-bateaux», les Class40 ont démontré leur grande fiabilité. La lutte en tête est superbe, avec l’étonnante Isabelle Joschke (Generali) pointée ce matin à seulement 6,5 milles de Thibaut Vauchel-Camus, nouveau leader depuis la pénalité de quelques heures infligée à Phil Sharp pour avoir «mordu» dans le DST.

A 24 heures de Big Apple !Alors que les Ultime vont devoir négocier plusieurs fronts orageux des bascules et des vents instables, les IMOCA, Multi50 et Class40 vont avoir un peu de répit en traversant une dorsale anticyclonique. Photo @ Météo Consult

 

 

Classement le 9 mai à 5 heures :

Ultime

1)   Macif (F. Gabart) à 525 milles de l’arrivée

2)   Sodebo (T. Coville) à 156 milles

3)   Actual (Y. Le Blévec) à 475 milles

IMOCA

1)   Banque Populaire VIII (A. Le Cléac’h) à 1319 milles de l’arrivée

2)   PRB (V. Riou) à 25 milles

3)   St Michel-Virbac (J.-P. Dick) à 59 milles

Multi 50

1)   French Tech Rennes St-Malo (G. Lamiré) à 1383 milles de l’arrivée

2)   Arkema (L. Roucayrol) à 218 milles

3)   Olmix (P. Antoine) à 284 milles

Class40

1)   Solidaire en peloton – Arsep (T. Vauchel-Camus) à 1681 milles de l’arrivée

2)   Generali (I. Joschke) à 6 milles

3)   Imerys (P. Sharp) à 31 milles

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