Ils sont les plus grands, les plus fous, les rapides voiliers à arpenter la planète. Leurs bouées préférées sont à l'échelle des continents. En solitaire, en double ou en équipage, ils accélèrent le temps, rétrécissent le globe – et distillent l'adrénaline. Bienvenue dans le monde des maxi-multicoques.

Actualité à la Hune

The Transat Bakerly

Premières avaries… Premiers abandons

Trois concurrents et non des moindres, tous les trois à la lutte pour le leadership dans leur classe respective, ont dû abandonner entre mardi matin et la nuit dernière. Maxime Sorel (2e Class40), Erwan Le Roux (1er Multi50) et Sébastien Josse (2e IMOCA) ont connu des avaries diverses. Au large du cap Finisterre, Josse et Le Roux ont cassé grand-voile et flotteur dans une mer chaotique. Chez les Ultimes, la régate est belle entre Thomas Coville (Sodebo), nouveau leader, et François Gabart (MACIF).
  • Publié le : 04/05/2016 - 07:00

Premières avaries… Premiers abandonsPremier abandon de la Transat bakerly, celui de Maxime Sorel après une collision avec un cargoPhoto @ Mark Lloyd (The Transat bakerly)

Trois abandons

Heurter un cargo ! Le cauchemar du solitaire ! Maxime Sorel (VandB) l’a vécu mardi matin vers 11 heures en plein milieu du golfe de Gascogne alors qu’il pointait en 2e position à seulement 7,5 milles du leader Phil Sharp (Imerys). Bout-dehors arraché, crainte que le gréement soit endommagé… En bon marin qu’il est – et bon régatier avec sa belle 2e place sur la Transat Jacques Vabre 2015 – le jeune skipper de 29 ans a mis le cap vers la Bretagne Sud pour préserver sa monture. A 90 milles dans l’ouest de Penmarc’h au moment de l’accident, il devrait accoster à La Trinité-sur-Mer ou Lorient dans la journée.

A 19 heures mardi, alors qu’il était en tête des cinq Multi50, c’était au tour d’Erwan Le Roux (FenêtréA Cardinal) de constater qu’il ne verrait pas la statue de la Liberté cette année. « J’étais sous ORC avec deux ris dans la grand-voile. Il y a eu un premier gros choc. Je n’ai pas vu ce qui s’est passé. Après ça, je suis parti au tas comme si j’allais chavirer. Il a fallu que j’intervienne tout de suite. Je suis allé rouler le gennaker et c’est là que je me suis rendu compte qu’il manquait à peu près la moitié de la partie avant du flotteur, entre le bras avant et l’étrave. » Triple vainqueur de la Transat Jacques Vabre, victorieux de la dernière Route du Rhum, Erwan Le Roux était le grand favori de cette transat anglaise. Alors leader des Multi50 avec une trentaine de milles d’avance sur Lalou Roucayrol (Arkema), Erwan Le Roux a mis le clignotant à gauche vers l’Espagne distante de 77 milles au moment de l’avarie.

Premières avaries… Premiers abandonsCoup dur pour Erwan Le Roux, victime d’un bris de flotteur alors qu’il menait la flotte des Multi50 au large du cap Finisterre.Photo @ Jean-Marie Liot

Peu après minuit, la mauvaise nouvelle est tombée pour Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), alors 2e à seulement 5 milles de Vincent Riou (PRB). Grand-voile déchirée et fin des espoirs pour l’un des grands favoris, vainqueur de la Transat Saint-Barthélemy - Port-la-Forêt l’hiver dernier. « J’ai cassé des lattes et la corne de la grand-voile dans un empannage un peu trop violent suite à un décroché de barre. Cela n’a rien de spectaculaire comme avarie, mais la sentence est sans appel : privé de grand-voile, impossible d’imaginer aller quelque part en course. » Cap sur Vigo pour le skipper du Gitana Team qui pense rejoindre l’Espagne dans l’après-midi. Si la Transat bakerly est terminée pour lui, la course contre la montre démarre pour réparer et rejoindre le plus vite les Etats-Unis afin de participer à la transat retour New York/Vendée le 29 mai.

Premières avaries… Premiers abandonsFin de transat pour Sébastien Josse. Lattes cassées et corne de grand-voile déchirée suite à un empannage involontaire. Photo @ Thierry Martinez (Gitana Team)

Coville et Antoine, nouveaux leaders en multicoques

Du portant, des empannages, une route sud-ouest similaire à celle de la Route du Rhum ! Cette 14e transat anglaise ne respecte pas la tradition de l’Atlantique par la face nord, avec crampons et piolets pour gravir les dépressions successives. S’ils n’ont réalisé pour l’instant que des empannages, il paraît difficile d’imaginer rejoindre New York sans le moindre virement de bord, sans se prendre au moins une ou deux bonnes dépressions dans le museau ! Ces derniers jours, l’anticyclone des Açores s’étalait largement sur l’Atlantique Nord. Mais dès demain, les standards météo seront de retour avec une première dépression, petite mais costaud. Celle-ci devrait secouer la flotte jeudi et vendredi.

En attendant, Thomas Coville et François Gabart bataillent à plus de 30 nœuds à coup d’empannage sur la face sud de l’anticyclone, à mi-distance entre Lisbonne et les Açores. Séparés d’une vingtaine de milles Nord-Sud, les deux adversaires se surveillent sur l’AIS avec l’écoute entre les mains. « On va à 34 nœuds, il y a beaucoup de mer. Juste ce qu’il faut pour bien secouer le bateau. On rattrape les vagues et à chaque fois le bateau tape » racontait ce matin François Gabart.

Premières avaries… Premiers abandonsThomas Coville ne s’est pas économisé depuis le départ pour rivaliser avec François Gabart et s’emparer des commandes de la course.Photo @ Yvan Zedda (Sodebo)

Changement de leader également en Multi50 suite à l’abandon d’Erwan Le Roux. Un petit mille sépare Gilles Lamiré (Frenchtech Rennes St-Malo) de Lalou Roucayrol (Arkema). Mais à 350 milles plus au Nord, c’est officiellement Pierre Antoine (Olmix) le plus proche de New York, et donc en tête du classement provisoire. Une option Nord plus traditionnelle et intéressante que les duellistes du Sud vont peut-être surveiller de loin avec un brin d’inquiétude.

Riou et Sharp confirment

Côté monocoques, Vincent Riou (PRB) a pris les commandes mardi midi et ne cesse depuis d’augmenter son avance. Une petite surprise dans ce début de course au portant, allure soi-disant plus favorable aux “foilers“… Avec ces dérives classiques, le vainqueur du Vendée Globe 2004-05 va finir par faire douter architectes et adversaires du véritable gain procuré par les foils sur un monocoque. Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) reste néanmoins en embuscade à 16 milles derrière. 40 milles plus loin, Jean-Pierre Dick (StMichel – Virbac) est légèrement décroché. Quant à Paul Meilhat (SMA), relégué à 90 milles, il paye chèrement une infructueuse option sud et un empannage dans le golfe de Gascogne.

Chez les Class40, le leadership de Phil Sharp depuis le départ est remis en cause par Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires En Peloton – ARSEP), revenu à seulement 1,1 mille ce matin. 50 milles plus au sud, à 14 nœuds de vitesse au portant, Armel Tripon (Blackpepper) récolte les fruits de son option à l’écart de ses petits camarades. En moins de 24 heures, il est déjà remonté de la dernière place à la troisième, et file en moyenne 2 nœuds plus vite que les leaders. A ce rythme, il pourrait résorber dans la journée son retard de 20 milles sur le premier.

Classement provisoire à 6 heures ce matin :

Ultimes

1) Thomas Coville (Sodebo) à 2 605 milles de l’arrivée

2) François Gabart (Macif) à 12 milles du leader

3) Yves Le Blévec (Actual) à 75 milles

IMOCA

1) Vincent Riou (PRB) à 2 732 milles de l’arrivée

2) Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) à 16 milles

3) Jean-Pierre Dick (St Michel – Virbac) à 41 milles

Multi 50

1) Pierre Antoine (Olmix) à 2 745 milles

2) Gilles Lamiré (Frenchtech Rennes St-Malo) à 26 milles

3) Lalou Roucayrol (Arkema) à 27 milles

Class 40

1) Phil Sharp (Imerys) à 2 853 milles

2) Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires En Peloton – ARSEP) à 1 mille

3) Armel Tripon (Blackpepper / Les Petits Doudous) à 21 milles

Cliquez ici pour les classements complets et la cartographie de The Transat bakerly