Le jeudi 19 janvier 2017, Armel Le Cléac'h remportait la 8e édition du Vendée Globe sur son monocoque Banque Populaire VIII après un tour du monde sans escale et sans assistance. Le Finistérien améliorait ainsi le précédent record de près de 4 jours (3 jours, 22 heures et 40 minutes) établi par François Gabart lors de sa victoire lors de l'édition 2012-2013. Mais au-delà de la compétition et des records, le Vendée Globe c’est une histoire de technique et d’humanité, de mer et de sel, de limites et de dépassement. Et nous, on aime… Alors la rédaction de voilesetvoiliers.com vous en fait suivre les péripéties de près.

Actualité à la Hune

TRANSAT NEW YORK VENDÉE

Cap sur Les Sables… mais sans média man !

Quatorze 60 pieds IMOCA, dont sept équipés de foils, vont prendre ce dimanche 29 mai le départ de la première édition de la New York-Vendée (Les Sables-d’Olonne), une nouvelle transat lancée par OSM, comptant pour le championnat du monde IMOCA Oceans Master. Ça devrait aller très vite, car les premiers pourraient avaler les 3 100 milles en moins de sept jours, et sur un seul bord…
  • Publié le : 28/05/2016 - 00:01

Cap sur Les Sables… mais sans media man !Détruit mais sauvé dans la dernière Transat Jacques Vabre, Hugo Boss est très attendu… et son skipper, spécialiste du buzz en costume sur Internet, a la pression !Photo @ Lloyd images

Avec quatorze inscrits dont quatre étrangers et la moitié de «foilers», il est clair que cette première édition de la Transat New York-Vendée est un succès, et ce dans le cadre du championnat du monde IMOCA Oceans Master 2015-2016, qui compte la Rolex Fastnet, la Transat Jacques Vabre, la Transat Saint-Barth/Port-La-Forêt, la New York-Vendée donc et enfin le Vendée Globe. Ceux qui suivent noteront pourtant que The Transat, récemment remportée par Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) devant Vincent Riou (PRB) et Jean-Pierre Dick (St-Michel Virbac) ne figurant pas, étrangement, au programme du championnat IMOCA Oceans Master, ceci explique notamment qu’Armel Le Cléac’h ne soit «que» 4e pour l’instant d’un classement mené par Vincent Riou, devant Fabrice Amedeo et Yann Elies. En tous cas, à 160 jours du départ du 8e Vendée Globe, ça promet, et New York a mis le paquet pour accueillir les concurrents et les équipes techniques dans le cadre toujours magique de Manhattan.

Cap sur Les Sables… mais sans media man !Tanguy de Lamotte sur Initiatives Cœur poursuit sa superbe opération.Photo @ T. Martinez/Sea and co

Les favoris du prochain Vendée Globe tous là !

Non seulement sept «foilers» sont au départ de cette transat de 3 100 milles (orthodromie) entre «Big Apple» et Les Sables-d’Olonne, et qui devrait être bouclée en six jours et demi selon les premiers routages, mais les principaux favoris du prochain Vendée Globe entendent bien marquer leur territoire. Sur ce que l’on a pu voir sur les dernières transats, difficile de ne pas sortir du chapeau Armel Le Cléac’h, Vincent Riou et Sébastien Josse qui, à ce jour, semblent un ton au-dessus et ont signé chacun une victoire dans les trois dernières transats. Mais il convient évidemment de ne pas oublier ni Jean-Pierre Dick, ni Yann Eliès, ni Alex Thomson, tout aussi redoutables ! Il sera également intéressant de surveiller un Jérémie Beyou hypermotivé, le seul skipper à avoir «osé» installer des foils sur Maître CoQ, un bateau «ancienne génération» (l’ex-Banque Populaire deuxième du dernier Vendée Globe), et qui, bien qu’ayant endommagé le foil tribord en se rendant à New York après avoir percuté un cétacé à haute vitesse, semble ravi du gain de performance de son 60 pieds. Morgan Lagravière (Safran) est lui aussi attendu après ses déboires dans la Transat Jacques Vabre. Son safran brisé (pas le bateau, le gouvernail !) lors d’un choc avec un Ofni durant le convoyage vers les États-Unis n’est plus qu’un mauvais souvenir. Outre quatre bizuths du circuit Ocean Masters - Fabrice Amedeo, Pieter Heerema, Paul Meilhat et Morgan Lagravière –, l’attraction est aussi la présence du Japonais Kojiro Shiraishi qui, à 48 ans et fort de trois tours du monde, entend bien être au départ du Vendée Globe… même si, à ce jour, il est en liste d’attente. Sur son éprouvé mais puissant plan Farr Spirit of Yukoh ayant été mené successivement par les stars que sont Sébastien Josse, Roland Jourdain, ou Alex Thomson (3e du dernier Vendée Globe), ce marin charismatique, devra pourtant cravacher pour tenir le rythme de la flotte… et aussi finir pour se qualifier.
Rappelons que pour s’aligner au Vendée Globe, le règlement impose d’effectuer la traversée d’un océan d’Est en Ouest ou d’Ouest en Est, en IMOCA, en solitaire ou en double après le 1er janvier 2009, puis d’effectuer un parcours complémentaire de 1 500 milles en solitaire à bord du bateau sur lequel on va prendre le départ du Vendée Globe, et ce avant le 1er octobre 2016.

Cap sur Les Sables… mais sans media man !Vainqueur de The Transat, Armel Le Cléac’h veut confirmer qu’il est le favori logique du prochain Vendée Globe. Photo @ V. Curutchet/BP

La fausse bonne idée du média man !

Ce devait être gagnant-gagnant et ça va être perdant-perdant ! L’idée d’embarquer un média man par ceux déjà qualifiés pour le Vendée Globe afin d’engranger puis de diffuser des images en haute mer et en course était à la base carrément séduisante et avait été annoncée le 24 mars dernier dans un café près du palais de Bourse à Paris par Peter Bayer, le boss d’OCM. On a pu voir sur les deux dernières éditions de la Volvo Ocean Race que les images tournées à bord permettaient de faire vivre la course de façon exceptionnelle... sauf que c’était en équipage !
Mais sur un 60 pieds IMOCA pourtant équipé de caméras, le solitaire a tellement de choses à gérer qu’il ne peut décemment tourner, monter et transmettre des sujets, et se transformer aussi en reporter ! Il devenait donc possible d’embarquer un équipier (pardon, un JRI comme journaliste reporter d’images !) n’ayant aucunement droit d’intervenir sur les manœuvres, la barre, la cuisine… comme sur la Volvo Ocean Race. Mais faute d’un vrai cahier des charges, d’une présélection rigoureuse, d’une cooptation par l’ensemble des concurrents, cette «fausse bonne idée» a débouché sur du n’importe quoi.
Certains ont pourtant joué le jeu, comme Vincent Riou (PRB) avec le jeune Martin Keruzoré (fils du célèbre «Keru» d’Air Vide et Eau), Fabrice Amedeo avec Frédéric Plisson (i Télé, Infosport, Canal+) Tanguy de Lamotte avec Romain Bolzinger (TF1) ou encore Sébastien Josse avec Yann Riou (trois tours du monde comme média man sur Groupama, Dongfeng et Spindrift) bien qu’ancien régatier sur les Groupama et autrement plus amariné qu’un reporter télé omnisports… D’autres, comme un journaliste de D8 n’ayant jamais mis les pieds sur un bateau de course, s’y voyait déjà… mais n’aurait trouvé aucun skipper assez fou pour l’embarquer et se transformer en «nounou», ou pire en médecin du Samu ! Mais de petits malins ont opté pour des équipiers «maison» novices de la caméra mais pas du 60 pieds IMOCA ! Et comme traverser l’Atlantique à plus de 15 nœuds de moyenne sur ces machines de folie est tout sauf anodin, ces (rares) journalistes courageux avaient eu droit à une préparation spécifique, le stage obligatoire de survie, et tout ce qui va avec. C’est Yann Eliès qui, lui, partant en solitaire (car devant encore se qualifier pour le Vendée), a commencé, à juste titre, à ruer dans les brancards, quand il a vu de vrais faux «média men» du nom de Kevin Escoffier sur Banque Populaire VIII, Philippe Legros sur Maître CoQ, Fabien Delahaye sur St-Michel Virbac…  Car disons-le tout net, malgré la probité de ces marins… avoir de telles pointures à bord modifie forcément la manière de naviguer ! Bref, à trois jours du départ de New York, devant des discussions qui n’en finissaient pas et le tollé de certains concurrents, l’opération «média man» a donc été purement et simplement annulée… en toute discrétion, car sans la moindre communication officielle ni réponse aux demandes au moment d’écrire ces lignes hier soir tard. Mais aux dernières nouvelles, Amedeo et de Lamotte avaient décidé de passer outre l’interdiction, afin de ne pas renvoyer leurs journalistes par les airs… et reçu la bénédiction de la direction de course, car ne jouant pas la victoire aux Sables-d’Olonne ! Il faut dire que se mettre TF1 et le groupe Canal+ à dos avant le Vendée Globe, ça aurait pu faire désordre…

Cap sur Les Sables… mais sans media man !Équipé de foils, Maître Coq va se confronter pour la première fois aux derniers IMOCA et sur un parcours qui semble avantager les foilers. Photo @ Bruno Bouvry/Imaginair.com

Les 14 engagés

Fabrice Amedeo (France) sur NEWREST MATMUT


Jérémie Beyou  (France) sur MAITRE COQ


Conrad Colman (Nouvelle-Zélande/USA) sur 100 % NATURAL ENERGY


Tanguy de Lamotte (France) sur INITIATIVES CŒUR


Jean-Pierre Dick (France) sur ST-MICHEL VIRBAC


Yann Eliès (France) sur QUEGUINER-LEUCEMIE ESPOIR


Pieter Heerema (Pays-Bas) sur NO WAY BACK


Sébastien Josse (France) sur EDMOND DE ROTHSCHILD


Morgan Lagravière (France) sur SAFRAN


Armel Le Cléac’h (France) sur BANQUE POPULAIRE VIII


Paul Meilhat (France) sur SMA


Vincent Riou (France) sur PRB


Kojiro Shiraishi (Japon) sur SPIRIT OF YUKOH


Alex Thomson (Grande-Bretagne) sur HUGO BOSS

 

Cap sur Les Sables… mais sans media man !Troisième de The Transat et rassuré sur la fiabilité de son bateau, Jean-Pierre Dick va attaquer… et a tout pour l’emporter. Photo @ Y. Zedda/SMV