Le jeudi 19 janvier 2017, Armel Le Cléac'h remportait la 8e édition du Vendée Globe sur son monocoque Banque Populaire VIII après un tour du monde sans escale et sans assistance. Le Finistérien améliorait ainsi le précédent record de près de 4 jours (3 jours, 22 heures et 40 minutes) établi par François Gabart lors de sa victoire lors de l'édition 2012-2013. Mais au-delà de la compétition et des records, le Vendée Globe c’est une histoire de technique et d’humanité, de mer et de sel, de limites et de dépassement. Et nous, on aime… Alors la rédaction de voilesetvoiliers.com vous en fait suivre les péripéties de près.

Actualité à la Hune

The Transat Bakerly

C’est la Route du Rhum en mai !

Sur une route très Sud, Thomas Coville et François Gabart se livrent à un véritable match racing et glissent à haute vitesse sous l’anticyclone des Açores, avec comme arbitre, Yves le Blevec. On se croirait dans la Transat AG2R ! Les Imoca 60 et surtout les 40 pieds vont devoir négocier une dépression très active issue de Terre-Neuve et qui se déplace vers le Portugal.
  • Publié le : 05/05/2016 - 07:00

ArkemaPositionné un peu plus Nord que Thomas Coville (Sodebo) et François Gabart (MACIF), Yves Le Blévec (Actual) pointe ce 5 mai à la deuxième place derrière Coville. Photo @ Actual
A écouter Jean-Yves Bernot, « c’est plutôt pas mal la Route du Rhum au mois de mai. Les jours rallongent, et on profite du jardin. Avec le Wifi, on peut même bosser sous le parasol l’après-midi ! » N’empêche, le « sorcier » a beau plaisanter, il fait les trois huit en compagnie de Julien Villon, accompagné pour The Transat bakerly par Corentin Horeau. Sa colossale expérience que ce soit comme navigateur, formateur ou routeur, fait qu’il ne change pas de fonctionnement. Par exemple, pour rester lucide en forme et disponible à 100 %, un cuistot sur place prépare les repas sur commande. L’on peut vous garantir que ce n’est pas du surgelé, à l’image du Haddock-lentilles au menu du 4 mai au soir ! 

Et Bernot le compétiteur, réputé pour sa façon de « challenger » son équipe, continue d’instituer le « Jeu des 1 000 euros » pour celui qui effectue la meilleure stratégie ! Plus sérieusement, depuis l’abandon de FenêtreA-Cardinal d’Erwan Le Roux sur rupture d’un flotteur (un problème récurrent sur les Multi50 et qui pose quand même question !)

Flotteur arraché FenetreaLe flotteur arraché du trimaran d’Erwan le Roux. Photo @ Erwan Le Roux/FC

Jean-Yves Bernot ne route plus que MACIF. « Nous échangeons avec François en permanence par messages (sur Messenger) et avons des coups de fil réguliers, afin notamment d’affiner le timing des manœuvres » explique-t-il. Car en effet, sur ces monstres en solitaire, le moindre empannage ou une réduction de voilure se doit d’être parfaitement anticipée.

Un autre match : celui des routeurs

Quand on lui demande des nouvelles du vainqueur du dernier Vendée Globe, et qui effectue là sa première transat en solitaire sur son maxi multicoque, la réponse de Bernot est sans détour : « François est étonnant ! Il est toujours de bonne humeur, et de fait c’est parfois trompeur, car tu ne sais pas si il est fatigué ou non, en dette de sommeil... » Sodebo mené par Thomas Coville, qui lui est routé par Jean-Luc Nélias, tout aussi réputé que son compère Bernot (il a notamment été le navigateur de Groupama vainqueur de la Volvo Ocean Race 2012), et qui possède une expérience colossale, paraît un peu plus à l’aise au-dessus de 15 nœuds. MACIF de François Gabart, semble lui un poil plus véloce en-dessous de 15 nœuds, et comme les deux compères vont devoir gérer l’anticyclone qui s’étend sur une partie de l’Atlantique avant de mettre le clignotant à droite, le duel promet d’être aussi intense que serré… à près de 30 nœuds !

MétéoLa situation va se corser pour les IMOCA et surtout les Class40, avec une dépression hargneuse à négocier dans les 24 heures qui viennent. Photo @ Met Office
En fin de nuit, et à la latitude du Maroc, Gabart et Coville poursuivaient leur mano à mano à haute vitesse, avec un petit avantage à ce dernier, pointé en tête à 2 325 milles de l’arrivée… et qui marchait 5 nœuds plus vite ! Intéressant aussi de constater que Yves Le Blevec, qui lui est routé par Christian Dumard (un ancien du Corum Sailing Team et donc de l’école Bernot !), a choisi de rester un peu plus Nord. Plus proche de l’orthodromie le skipper de Actual n’était du coup qu’à quelques milles derrière Coville au petit matin du 5 mai. Bien difficile à ce jour de faire le moindre pronostic, d’autant que les derniers mille milles vers New York semblent semés d’embuche, avec une dépression en gestation à devoir négocier.

Dépression droit devant

Pour les IMOCA et les Class40 – le pont de l’Ascension ne va pas être de tout repos avec une dépression s’étant formée sur Terre-Neuve, qui devrait passer sur les Açores avant de mourir en arrivant sur la côte portugaise… mais est pile sur la route. « Le positionnement Nord ou Sud et le timing vont être importants pour bien la négocier » explique Jean-Yves Bernot, car si elle ne durera pas très longtemps, elle devrait être très active, pas facile à négocier, avec des vents de 40 nœuds et plus sans oublier la mer qui va avec. Et comme souvent, ce sont les Class40 qui vont en prendre plein la figure…

Armel Le Cléac"hArmel Le Cléac’h sur Banque Populaire VIII, a pris la tête cette nuit de la flotte IMOCA. Photo @ V. Curutchet/Banque Populaire

En fin de nuit, Armel Le Cléac’h sur Banque Populaire VIII, s’était échappé, caracolant à plus de 18 nœuds cap plein Ouest et à 2 390 milles de New York, quand Vincent Riou, avec un cap un peu plus Nord-Ouest, n‘était qu’à 7 nœuds et déjà à quelques 34 milles. Et vu les écarts énormes en latitude entre les Ultimes et les IMOCA, sur le classement par rapport à l’orthodromie, Banque Populaire était devant MACIF en distance au but !

Enfin, chez les Multi50, le match entre Lalou Roucayrol (Arkema) et Gilles Lamiré (French Tech Rennes Saint Malo) ne manque pas de sel, tout comme celui entre Thibaud Vauchel-Camus (Solidaire en Peloton Arsep) et Phil Sharp (Imeris) en Class40 séparés par 8,9 milles en cette cette nuit !

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Peyron départ The Transat 2Il faut espérer que Loïck Peyron a pris de la lecture… car Pen Duick II, vogue à 3,6 nœuds sur la route Nord ! Photo @ Lloyd Images