Le jeudi 19 janvier 2017, Armel Le Cléac'h remportait la 8e édition du Vendée Globe sur son monocoque Banque Populaire VIII après un tour du monde sans escale et sans assistance. Le Finistérien améliorait ainsi le précédent record de près de 4 jours (3 jours, 22 heures et 40 minutes) établi par François Gabart lors de sa victoire lors de l'édition 2012-2013. Mais au-delà de la compétition et des records, le Vendée Globe c’est une histoire de technique et d’humanité, de mer et de sel, de limites et de dépassement. Et nous, on aime… Alors la rédaction de voilesetvoiliers.com vous en fait suivre les péripéties de près.

Actualité à la Hune

Vendée Globe

Les mots pour le duel

Depuis le 6 novembre, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) et Alex Thomson (Hugo Boss) livrent une course somptueuse devenue duel avant le passage du cap de Bonne-Espérance. En attendant de les accueillir aux alentours de 18 heures pour le Breton puis dans la nuit prochaine pour le Britannique, retour sur leur course à travers leurs propres déclarations.
  • Publié le : 19/01/2017 - 12:33

Armel Le Cléac"hTout sourire Armel Le Cléac'h photographié ce jeudi 19 janvier dans la matinée au large de Belle-île.Photo @ Philippe Chérel/Ouest-France
Avant le départ
3 novembre 2016
Armel le Cléac'h
«Le début de course sera favorable aux bateaux à foils, avec un bon angle de vent. On sait aller vite dans ces conditions, on l'a travaillé, notamment aux stages d'entraînement à Port-la-Forêt. Nous allons pouvoir retrouver nos marques relativement sereinement après cette longue période à terre. Mais la deuxième nuit en mer s'annonce assez engagée avec du vent assez fort le long des côtes portugaises… Il n'est pas exclu que l'on batte le record jusqu'à l'équateur (détenu alors depuis 2004 par Jean Le Cam en 10 jours et 11 heures, ndlr)

5 novembre 2016
Alex Thomson
«Cela a l'air bien pour le départ ! Il y aura peut-être jusqu'à 15 nœuds. Nous serons au débridé travers pendant les premières heures. Le vent se renforcera en tournant. Aux abords du cap Finisterre, la météo annonce 30-35 nœuds, voire 40. Je ne crois pas que ce sera aussi fort que cela. Il va falloir négocier le dispositif de séparation de trafic (DST) qui implique déjà une option à prendre, à l'Est ou à l'Ouest. Ensuite, les riches vont s'enrichir. Je pense que nous mettrons de 6 à 7 jours pour arriver à l'équateur.»

8 novembre 2016
Alex Thomson, 1er
«Je ne suis pas sûr de mon positionnement actuel. Initialement, je croyais que c'était bon et cela faisait partie de la stratégie que nous avions déterminée au départ. Mais là, je ne suis plus si certain que cela portera ses fruits dans les jours à venir. Nous cherchons tous à traverser cette dorsale car après, c'est l'autoroute vers l'équateur.»

Armel le Cléac'h, 3e à 7 milles
«Les conditions se sont améliorées après 24 heures assez toniques. On espérait pouvoir passer éventuellement sous l'anticyclone, mais ce n'est pas le cas, l'anticyclone est allé plus vite que nous. Mais quoi qu'il arrive, mieux vaut être devant que derrière. L'anticyclone nous barre la route et pour moi le passage le long du Portugal est moins intéressant qu'initialement.»

Hugo BossSur son Hugo Boss volant, Alex Thomson effectuait un début de course tonitruant.Photo @ Mark Lloyd/Hugo Boss

9 novembre 2016
Armel le Cléac'h, 1er
«Je vais empanner dans la journée puis route sur un long bord vers le pot au noir. Même si j'ai dû revoir ma stratégie depuis le début de la course, je suis très content d'être là où je suis

10 novembre 2016
Alex Thomson, 7e à 40 milles
«C'était une bonne nuit, pas trop chaude, pas trop froide et nous avons eu droit à une belle brise en général. Devant, les gars n'ont pas les mêmes conditions. J'étais assez content d'être au Sud. Jean-Pierre Dick a payé le prix dans le Nord avec moins de vent. Ce sera une longue course au portant jusqu'à l'équateur et j'espère y reprendre des milles.»

12 novembre 2016
Alex Thomson, 1er
«C'est un peu fou depuis quelques heures. Je suis à la limite de mon plan de voilure actuel, donc le bateau a besoin d'une attention constante et permanente pour que je ne parte pas au tas ou que j'empanne sans le vouloir ou que je descende une vague trop violemment. Il faut gérer beaucoup de problèmes potentiels et il faut toujours prendre soin du bateau de manière préventive, il faut tout anticiper. C'est facile à voir à l'AIS quand un marin fait des changements de voiles. En ce moment, je suis sous grand-voile avec un ris, et le spi médium. Mon routage m'indique un passage à travers les îles (du Cap-Vert, ndlr). Je ne connais pas le programme pour Banque Populaire ou PRB

14 novembre 2016
Armel Le Cléac'h, 2e à 64 milles
«En ce qui me concerne jusqu'au Cap-Vert c'était parfait, mais depuis j'ai eu un passage où je n'étais pas très bien réglé. Une sorte de petit passage à vide, mais c'est derrière moi, j'ai retrouvé les manettes et ça repart. Cela fait partie du jeu. Il y a quatre ans, j'avais pas mal d'avance à l'équateur et finalement on s'était retrouvés groupés à Bonne-Espérance…»

15 novembre 2016
Alex Thomson, 1er
«Je pense que cette traversée du pot au noir a été la plus facile de ma carrière. Normalement, les riches s'enrichissent à ce stade. Comme je suis plus au Sud que les autres, je vais toucher le vent fort avant mes poursuivants. D'après les routages, je devrais m'approcher du cap de Bonne-Espérance dans une dizaine de jours.»

17 novembre
Passages à l'équateur :
1. Alex Thomson : 9 j 07 h 02 min
2. Armel Le Cléac'h : 9 j 09 h 56 min à 2 h 54 min du leader

Hugo BossAlex Thomson éclatait le record de Jean Le Cam entre le départ et l'équateur avant de casser son foil tribord quelques jours plus tard...
Photo @ Cleo Barnham/Hugo Boss

19 novembre 2016
Alex Thomson, 1er – casse de son foil tribord
«Après une nuit assez rapide avec des moyennes élevées et une navigation peu confortable, j'avais rétracté le foil de 30 % tôt ce matin et je restais assez conservateur dans la brise forcissante. A 10 heures 35, j'étais à l'intérieur en train d'essayer de me reposer. Le bateau avançait dans 22 nœuds de vent sous J2 et j'avais un ris dans la grand-voile. Je faisais des moyennes de 24 nœuds quand j'ai entendu un gros bruit. Le bateau s'est arrêté net et a viré à tribord d'une vingtaine de degrés. Je me suis précipité sur le pont, j'ai choqué l'écoute et j'ai vite compris que j'avais heurté quelque chose. Le foil tribord a été endommagé et il y a des éraflures sur le flanc tribord du bateau. J'ai levé le pied pour le moment. Je vais continuer et ferai une évaluation dès que possible.»

20 novembre 2016
Alex Thomson, 1er
«Dans le Vendée Globe, il faut s'attendre à l'inattendu. Hier j'ai forcément eu une baisse de moral quand le foil a cassé. Aujourd'hui ça va mieux. J'ai toujours un morceau de foil qui sort du bateau et qui me ralentit. Mais je ne peux rien faire, je n'arrive pas à le rétracter davantage. Quand les conditions se calmeront, je plongerai pour couper ce bout qui dépasse. Je m'habitue à mener un IMOCA plus classique plutôt qu'un foiler ! Je suis en forme et je mène toujours la course. Je vais travailler dur. Tout n'est pas perdu. Je vais prier pour que le reste de la course puisse se faire tribord amures…»

Armel Le Cléac'h, 2e à 130 milles
«Il faut ménager le bateau pour la suite de la course. Je gère mon rythme à bord, selon mes polaires et l'état de la mer, pas en fonction des performances des autres. Je suis à l'écoute de mon bateau. De temps en temps, certains vont plus vite que d'autres mais le plus important est de tenir une bonne moyenne. Il ne sert à rien de se mettre dans le rouge pour récupérer la tête.
» 

PRB au Cap VertPRB, au large du du Cap-Vert, alors en 2e position. Lors de son abandon, Le Cléac'h aura une pensée émue pour l'ancien vainqueur.Photo @ Marine Nationale

23 novembre 2016
Armel Le Cléac'h, 2e à 102 milles
«Je pense à Vincent (Riou) : j'ai appris son abandon tout à l'heure et je suis triste pour lui. C'était un grand favori, un beau concurrent qui avait réussi à tenir notre rythme sans foils. Il était toujours au contact et ça ne doit pas être facile pour lui en ce moment… Pour l'instant, je n'ai rien touché et je touche du bois !»

 23 novembre 2016
Alex Thomson, 1er
«Le vent faiblit peu à peu, ce moment de répit va faire du bien. Armel Le Cléac'h et Sébastien Josse sont toujours avec moi. En ce moment, l'angle de vent est favorable et la mer forte. Le désavantage de ne pas avoir un foil est relativement peu important. Mais dans certaines conditions je serai davantage handicapé. Il me reste le foil bâbord donc j'espère que je naviguerai le plus souvent possible tribord amures !»

24 novembre 2016
Passage à la longitude du cap de Bonne-Espérance
1. Alex Thomson : 17 j 22 h 58 min
2. Armel le Cléac'h : 18 j 03 h 30 min à 04 h 32 min du leader

25 novembre 2016
Alex Thomson, 1er
«Je n'ai aucune idée de quel jour nous sommes, mais c'est une belle journée dans les mers du Sud et il y a du soleil. Pendant la nuit, j'étais assez lent à cause d'un front faible qui est passé, et cela explique pourquoi Banque Populaire a réduit l'écart. Je suis tribord amures, ce qui veut dire que le foil est descendu, ce qui est fantastique. Je suis content d'être de nouveau sur mon foil. J'ai regardé le petit bout qui sort du côté. Cela a l'air misérable.»

Thomson VidéoMalgré un foil cassé, Alex Thomson passait le premier dans l'océan Indien.Photo @ Alex Thomson /Hugo Boss/Vendée Globe

26 novembre 2016
Armel Le Cléac'h, 2e à 8 milles
«Ce sont les premières heures où je peux aller dehors pour bricoler et faire un check. Depuis ce matin, je n'ai pas arrêté. J'ai un peu les mains sales. On profite de ces moments d'accalmie pour faire le tour du bateau et ranger. Ça faisait un peu de bien ce matin de passer de 20 à 12 nœuds. C'est bizarre pour nous qui aimons la vitesse mais ça fait du bien de souffler un peu.»

Le 27 novembre 2016, Armel Le Cléac’h repasse en tête

29 novembre 2016
Alex Thomson, 2e à 21 milles
«Ici c'est un autre monde. Je me méfie de cet endroit. Ce n'est pas que je me sens seul. Il y a des centaines de milliers de gens qui me suivent. Je suis à une vingtaine de milles d'Armel. Ce n'est pas la solitude. Je me sens isolé, et non pas seul.»

30 novembre 2016
Armel Le Cléac'h, 1er
«Vers 3 heures, on a eu la visite de la Marine nationale, avec un beau bateau et l'hélico qui est venu nous survoler quelques minutes. J'ai pu discuter avec le pilote et le commandant du bateau. Ça faisait du bien d'avoir de la présence humaine au milieu de l'océan Indien. On s'est salués, ils étaient contents de me voir aussi. Ça fait du bien d'avoir du monde autour de nous, on avait l'impression d'être comme chez nous en Bretagne.»

Alex Thomson, 2e à 12 milles
«Je trouve que c'est sympa qu'Armel reste au contact avec moi. Evidemment si j'avais un foil, ce ne serait pas le cas. Cela me permet de m'étalonner face à lui. Les conditions sont similaires pour nous deux. S'il prend la même route que moi, je me sens confiant. Et s'il part ailleurs, je regarde afin de voir ce qui l'incite à le faire. Du coup, nous sommes tous les deux plus rapides. Et puis il y a la sécurité.»

Banque Populaire VIIIIncroyavle rencontre que celle du Nivôse avec Banque Populaire VIII, Hugo Boss puis Edmond de Rothschild au large des Kerguelen.Photo @ Marine Nationale/Néfertiti

1er décembre 2016, Alex Thomson repasse en tête, pas longtemps...

3 décembre 2016
Armel Le Cléac'h, 1er
«Je suis en tête ce matin parce que c'est l'anniversaire de mon fils aujourd'hui, j'ai voulu lui offrir un beau cadeau, il a 6 ans aujourd'hui Edgar ! Je lui avais promis que je serai en tête pour son anniversaire, donc il a fallu cravacher un peu pour revenir.»

5 décembre 2016
Passage à la longitude du cap Leeuwin
1. Armel Le Cléac'h : 28 j 20 h 12 min (5 j 14 h 16 min de moins que le record de Gabart en 2012)
2. Alex Thomson : 29 j, 1 h 28 min à 05 h 16 min du leader

Armel Le Cléac'h, 1er
«C'est sympa de passer le deuxième cap en tête, qui plus est avec un bon chrono. Alex (Thomson) était premier à Bonne-Espérance, je suis devant au cap Leeuwin, tant mieux ! Je ne sais pas ce qu'a eu Alex cette nuit mais il était moins rapide. Peut-être un petit souci à régler sur son bateau… De mon côté, j'essaie de faire avancer le bateau au mieux. J'aborderai le Pacifique dans une semaine mais la fin de l'Indien ne va pas être facile avec deux dépressions qui vont nous accompagner jusqu'en Nouvelle-Zélande.»

7 décembre 2016
Alex Thomson, 2e à 131 milles
«Je vais entrer dans une dépression qui sera stationnaire au large de la Nouvelle-Zélande avec des vents atteignant 45 nœuds avec des rafales de 50-55 nœuds. Cela m'incite à la prudence. Il faut préserver le bateau.»

10 décembre 2016
Alex Thomson, 2e à 194 milles
«
C'est dur de dormir, je m'inquiète juste de ce qui va se passer dans les 5 ou 10 prochaines minutes. Que va-t-il se passer si la structure lâche ou si le bateau heurte quelque chose ? Combien de temps avant la nouvelle rafale ? En pleine nuit, il est encore plus difficile de gérer ces pensées. J'ai hâte que les conditions se calment un peu pour pouvoir ranger ma maison et relâcher la pression. Parfois je me demande pourquoi je fais ça…»

Hugo BossDans la tempête, Alex Thomson se demande parfois pourquoi il fait le Vendée Globe...
Photo @ Cleo Barnham/Hugo Boss/Vendée Globe

13 décembre 2016
Armel Le Cléac'h, 1er
«Les derniers jours n'ont pas été faciles. Il a fallu négocier une belle dépression au Sud de l'Australie, avec de la mer formée et des rafales jusqu'à 50 nœuds. Ce n'était pas confortable à bord. S'habiller, manger, se déplacer : tout était compliqué ! Puis une dépression secondaire s'est créée devant nous. L'enchaînement était costaud en termes d'engagement, de manœuvres et de rythme. Depuis le début de course, nous avons connu beaucoup de moments compliqués durant lesquels il a fallu se faire violence. Mais il fallait tenir car c'est dans ces moments difficiles que l'on peut faire la différence.»

14 décembre 2016
Alex Thomson, 2e à 274 milles
«Durant les prochains jours, je vais pouvoir faire un peu de bricolage et me reposer. Le rythme a été intense et cela va faire du bien de se détendre. J'ai hâte d'arriver au cap Horn. Ce sera peut-être le 25 ou le 26 décembre : un joli cadeau de Noël !»

19 décembre 2016
Armel le Cléac'h, 1er
«Je suis attristé par les nouvelles qu'on a eues de Thomas (Ruyant) et Stéphane (Le Diraison). Ils faisaient tous les deux une super course et menaient bien leur barque. C'est la dure loi du Vendée Globe. J'ai une pensée pour eux et j'espère qu'ils pourront ramener leur bateau à bon port en toute sécurité.»

23 décembre 2016
Passage à la longitude du cap Horn
1. Armel Le Cléac'h : 47 j 00 h 32 min (5 j 5 h 38 min de moins que le record de Gabart en 2012)

Armel au HornArmel Le Cléac'h a doublé le Horn dans des conditions idéales pour ces parages habituellement tempétueux. Photo @ Armel Le Cléac’h/BPCE

Armel le Cléac'h, 1er
«C'était un objectif pour moi au départ de la course d'être en tête au cap Horn. Il y a quatre ans, j'étais passé en deuxième, derrière François (Gabart), et il y a huit ans, en troisième position. J'ai sorti le champagne pour le Horn. J'essaie à chaque fois de trinquer. Je vais profiter du paysage avec la terre pas loin. Ca fait du bien de sortir des mers du Sud et de voir un peu d'ambiance terrestre. Le cap, on le voit bien, je m'en éloigne, c'est assez vert par ici. Il y a de la lumière, il y a beaucoup de terre, des îles, des montagnes. On dit que c'est presque fini quand on a passé le Horn, mais la remontée de l'Atlantique est en fait un long chemin ! C'est une libération

25 décembre 2016
Alex Thomson passe le cap Horn après 48 j 23 h 40 min à 1 j 23 h 08 min du leader

Alex Thomson, 2e à 491 milles
«J'ai doublé le cap Horn il y a vingt minutes. Je suis hyper content. Heureusement, la mer n'est pas trop mauvaise, mais il est difficile de garder le rythme dans ces conditions. Entre les rafales, je mange mes petites tartelettes de fruits secs pour Noël. Sortir des mers du Sud est le meilleur cadeau, surtout après un passage aussi rapide. Armel a été ralenti. Ca va être intéressant de voir s’il réussit à rattraper le front. S'il réussit, il va s'en aller. S'il ne réussit pas, nous serons plus près l'un de l'autre.»

29 décembre 2016
Armel le Cléac'h, 1er
«Ce n'était pas la bonne semaine pour jouer au loto. La situation est compliquée. J'avais une bonne avance au cap Horn mais depuis je subis les phénomènes météo. La barrière anticyclonique bloque la route et ça revient derrière. Les milles d'avance sur Alex se sont vite réduits à pas grand-chose. Pas de chance mais c'est le jeu de la course au large et il faut faire avec. Je reste positif. Alex butera lui aussi dans l'anticyclone et nous ferons les comptes dans quelques jours quand nous toucherons les alizés.»

30 décembre 2016
Alex Thomson, 2e à 132 milles
«Dans les jours qui viennent, Armel devrait toujours avoir un peu plus de vent et être plus rapide. L'objectif est d'avoir encore ma chance de l'emporter quand nous naviguerons plus au Nord.»

Hugo BossLors de cete remontée de l'Atlantique, Hugo Boss et son skipper allaient-ils pouvoir forcer un destin qui semblait alors écrit d’avance ?Photo @ Mark Lloyd/Hugo Boss

5 janvier 2017
Armel Le Cléac'h, 1er
«Jusqu'au bout ça ne va pas être simple. La météo n'a pas un schéma classique. Il y a une dépression au large des Canaries qui met un peu la pagaille. On va avoir un pot au noir un peu compliqué. On va faire avec, on n'a pas le choix. Depuis que j'ai passé le cap Horn, les éléments ne sont pas favorables. Il ne va pas falloir s'énerver mais ne pas se laisser faire non plus.»

7 janvier 2017
Alex Thomson, 2e à 134 milles
«J'imagine qu'au cours des jours à venir, Armel va être ralenti, ce qui me permettra de réduire l'écart. Puis il sortira du pot au noir et creusera de nouveau son avance. Je ne m'attends pas à voir une évolution fulgurante, mais il y a toujours un élément de chance par ici. Est-ce que je peux le rattraper ? Peut-être. On verra. Je reste motivé et fais de mon mieux pour obtenir la victoire. Ce serait bien si la bagarre se poursuivait jusqu'à la ligne d'arrivée et je vais faire tout mon possible.»

10 janvier 2017
Armel Le Cléac'h, 1er
«Nous sommes dans une situation météo vraiment anormale pour cette période de l'année et je ne sais pas pourquoi, ça sort de mes compétences. Voir qu'Alex s'est mieux sorti du pot au noir que moi c'est dur à avaler, mais c'est comme ça. Pour l'instant on est devant, il faut conserver cette avance !»

Banque Populaire VIIILa pression fut maximale sur Armel Le Cléac'h lors de la dernière semaine de course.Photo @ Yvan Zedda BPCE

12 janvier 2017
Alex Thomson, 2e à 227 milles
«Le vent va faiblir pour moi et je vais ralentir, comme l'a fait Armel avant moi. Mais au cours des deux jours à venir si je n'arrive pas à réduire l'écart à moins de 50 milles, mes chances de l'emporter seront assez faibles. J'essaie de faire mon boulot. Il reste trop de milles pour penser à l'arrivée.»

13 janvier 2017
Armel Le Cléac'h, 1er
«Alex s'accroche bien, il a une météo plus favorable depuis le cap Horn. On commence à avoir l'habitude de ce yo-yo, ça aurait pu être plus simple mais c'est comme ça. Jusqu'au bout il va falloir se battre, ça me met une pression supplémentaire mais je suis à fond, je ne vais rien laisser passer !»

14 janvier 2017
Alex Thomson, 2e à 125 milles
«Je réduis un peu l'écart par rapport à Armel car il est entré dans la cellule anticyclonique. Je le suis et ma vitesse chute aussi à quatre nœuds. C'était prévu et cela va continuer pendant une journée. D'ici six jours, les prévisions peuvent évoluer… Pour gagner la course, je crois qu'il va falloir que je sois devant lui dès cette dorsale. Le premier à en sortir pourra creuser l'écart sur les dernières centaines de milles.»

15 janvier 2017
Armel Le Cléac'h, 1er
«J'aurais aimé une fin de course plus détendue. Il va y avoir de la bagarre. Je vais utiliser mes connaissances de la régate au contact pour conserver mon avance. Je serai en mode Figaro pour les derniers milles. Je ne cache pas qu'il y a un peu de pression… Les jours avancent et je prends les choses les unes après les autres. Pour l'instant je suis toujours devant et il va falloir que j'y reste jusqu'au bout !»

Cap sur Les Sables… mais sans media man !Le long des côtes de Bretagne puis de Vendée lors des derniers milles, il n'y avait aucune option météo à tenter pour le Gallois.Photo @ Lloyd images
16 janvier 2017
Alex Thomson, 2e à 78 milles
«Salut tout le monde. Voilà un nouveau record des 24 heures. Cela a pris pas mal de temps. Je suis très heureux. Mais en réalité, il s'agit surtout d'essayer de m'approcher autant que possible d'Armel. Je trouve ça difficile en ce moment, car je ne réduis pas l'écart autant que j'aurais voulu le faire. Je continue de me battre avec le système de barre. Il y a du jeu, ce qui fait que lorsque j'atteins des vitesses élevées, le bateau devient un peu difficile à contrôler.»

18 janvier 2017
Armel Le Cléac'h, 1er  
«Les dernières 24 heures seront compliquées. Il faudra faire attention car on croise beaucoup de dangers. Il y a du trafic maritime, des pêcheurs et des cargos depuis hier. Ça penche pas mal là. La situation n'est pas facile depuis un petit moment. Les conditions ne nous ont pas aidés à aller vers les Sables. Pour l'instant je tiens tête à Alex.»

Alex Thomson, 2e à 36 milles
«Je veux dormir, je pense qu'une fois arrivé à terre, je dormirai une année entière ! J'ai fait une nuit blanche et je suis très fatigué. Je ne me concentre pas sur l'arrivée, mais sur ce qu'il faut faire pour que les pilotes automatiques fonctionnent afin de pouvoir dormir. On attendra une bascule et quand le vent tournera, on sera sur l'autre bord. Il ne me reste plus d'options."

19 janvier 2017
Armel Le Cléac'h, 1er  

Arrivé aux Sables-d'Olonne à 16 h 37'54''

« Ce n’est pas tant le retour d’Alex qui m’a le plus embêté, mais le fait que depuis le cap Horn, la météo a été contre moi. Je n’ai pas eu du tout de réussite. Ça a commencé avec l’anticyclone qui m’a barré la route dans l’atlantique Sud, ça a continué avec le Pot-au-Noir qui m’a été défavorable, puis enfin la zone de transition avec cette dépression au large des Canaries qui a mis un joli bazar. À chaque fois, c’était tout pour lui et rien pour moi… Donc nerveusement, c’est ça qui a été le plus dur à vivre, car je subissais les éléments. Franchement, je ne pensais pas avoir ce scénario là jusqu’à la fin, en ayant passé le cap Horn avec presque 800 milles d’avance. Je ne pensais pas du tout devoir vivre quasiment un mois avec cette pression au quotidien. C’est énorme. Les derniers jours ont été très intenses. Je réalise que j’ai fait quelque chose d’énorme et c’est génial. J’ai rien lâché, pas un mètre. Je suis trop content. La victoire je l’ai entrevu que la nuit dernière en passant Ouessant. Il fallait aller juste à l’arrivée. J’étais chez moi dans mon jardin. Je la voulais tellement cette victoire !
Voilà j’ai réussi… "

 

Classement jeudi 19 janvier à 18 heures

1.       Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII), arrivée le 19 janvier à  16 h 37'46''. temps de course : 74 j 3 h 35'46''. Moy : 13,77 noeuds. 
2.       Alex Thomson (Hugo Boss), à 104 milles du premier
3.       Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 699 milles       
4.       Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir), à 1 960 milles
5.       Jean Le Cam (Finistère-Mer Vent), 1 970 milles

Classements et positions live ici : cartographie du Vendée Globe.