Le jeudi 19 janvier 2017, Armel Le Cléac'h remportait la 8e édition du Vendée Globe sur son monocoque Banque Populaire VIII après un tour du monde sans escale et sans assistance. Le Finistérien améliorait ainsi le précédent record de près de 4 jours (3 jours, 22 heures et 40 minutes) établi par François Gabart lors de sa victoire lors de l'édition 2012-2013. Mais au-delà de la compétition et des records, le Vendée Globe c’est une histoire de technique et d’humanité, de mer et de sel, de limites et de dépassement. Et nous, on aime… Alors la rédaction de voilesetvoiliers.com vous en fait suivre les péripéties de près.

Actualité à la Hune

NEW YORK-VENDÉE

My sailor is rich ?

Quasiment tous les concurrents de cette transat retour ont heurté des cétacés ou des OFNI depuis le départ. Même le leader Alex Thomson, à quatre reprises ! Mais la course continue pour les premiers. Et si le podium semble commencer à se dessiner avec Thomson, Beyou et Josse, l’ordre et le classement final sont loin d’être arrêtés…
  • Publié le : 01/06/2016 - 06:58

Alex ThomsonTête baissée, Alex Thomson fonce sans se poser de question, mais lui aussi a heurté des OFNI à quatre reprises depuis le départ !Photo @ Christophe Launay

Vu les costards taillés sur mesure qu’il porte pour ses vidéos farfelues mais très réussies où il monte sur sa quille, marche sur son mât ou s’envole en kite derrière son IMOCA, le Gallois Alex Thomson est très certainement l’un des skippers les mieux payés de la course au large. Mais tout ne s’achète pas ! Et malgré son joli palmarès, composé de nombreux podiums dont une belle troisième place sur le dernier Vendée Globe, Alex, «la tête brûlée», court toujours après une première grande victoire depuis bientôt quinze ans qu’il arpente le circuit IMOCA. Lui qui se lève tous les matins en rêvant d’être le premier "Rosbif" à remporter le Vendée Globe, pourrait bien ouvrir son compteur par une transatlantique, à l’instar d’Ellen MacArthur et Mike Golding avant lui sur la Route du Rhum et la Transat anglaise. Mais que les amateurs de viande rouge se rassurent, si les gentils "Froggies" abandonnent ponctuellement une petite transat à nos charmants voisins Grands-Bretons, Jeanne d’Arc comme le Vendée Globe appartiennent au patrimoine français. Yes Mister !

Dans la vidéo ci-dessous, Thomson égrène les nombres affichés par son speedomètre : 26, 27, 29 nœuds ! De quoi affoler les compteurs et mettre le feu aux poudres. 

En faisant la cuillère par l’extérieur en bordure d’anticyclone, le skipper d’Hugo Boss a creusé l’écart sur ses premiers poursuivants. 36 et 38 milles d’avance sur Jérémie Beyou (Maître CoQ) et Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) ce matin, 83 milles sur Paul Meilhat (SMA) et Vincent Riou (PRB), qui a certainement levé le pied à cause de la petite voie d’eau créée à la suite d'un choc au niveau du safran. Deux explications à ce joli coup tactique du Britannique. A l’extérieur de ses adversaires, il avait plus de vent que ceux-ci plus proches du centre anticyclonique. Et le tout avec un meilleur angle comme le montre sa différence de cap de 10° à 20° par rapport à ses camarades de jeu, ce qui lui permet de se recaler devant. En course, on sait que si le vent tourne à droite, il faut être à droite de ses adversaires au près et à gauche au portant. Une règle de base parfaitement appliquée par le leader depuis le départ. Et maintenant que les positions sont figées, la prochaine échéance sera le timing de l’empannage lors de la rotation du vent de Sud-Ouest à Ouest puis Nord-Ouest. La fameuse aile de mouette qu’on dessine sur la carte et où il faut accepter de s’écarter quelque temps de la route directe pour bénéficier d’un meilleur angle ensuite.

Safran NY VendéeSur Safran, Morgan Lagravière fait partie des concurrents malheureux obligés de s’arrêter à Newport pour réparer les dégâts causés par des cétacés ou des OFNI.Photo @ Jean-Marie Liot/DPPI

Les foils des grands heurts !

Au rayon réparation, le garage de Newport enregistre un arrêt longue durée avec le premier abandon hier d’Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII), vainqueur de The Transat bakerly début mai. «Le foil n’est pas réutilisable dans son état actuel, ni le puits qui nécessite des réparations plus poussées», explique son skipper. D’autres ont pu repartir en course. Jean-Pierre Dick (St-Michel Virbac) a repris la mer mardi après-midi avec un bateau diminué d’un foil, suivi par le Néerlandais Pieter Heerema (No Way Back) et Yann Eliès (Queguiner – Leucémie Espoir) dans la soirée. Presque tous les coureurs ont heurté des cétacés ou des OFNI lors des premières 48 heures de course. Et même l’actuel leader, qui déplore quatre impacts sur son bateau. Désormais sortis de cette zone dangereuse où des OFNI perdus par des cargos se sont certainement ajoutés aux nombreux cétacés, les solitaires peuvent désormais se concentrer sur leur course.

Météo 1er juinDeux groupes distincts apparaissent avec les retardataires repartis de Newport et le groupe de leader emmené par Thomson qui navigue au Nord d’un petit anticyclone. Devant eux se profilent les Açores et une belle dépression stationnaire à contourner. Photo @ NY-Vendée

Classement à 6 heures 30 (heure française)

1. Alex Thomson (GBR), Hugo Boss, à 2 203 milles de l'arrivée.

2. Jérémie Beyou (FRA), Maître CoQ, à 35,2 milles du leader.

3. Sébastien Josse (FRA), Edmond de Rotshschild, à 38 milles.

4. Vincent Riou (FRA), PRB, à 83,4 milles.

5. Paul Meilhat (FRA), SMA, à 85 milles.

 

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