Le jeudi 19 janvier 2017, Armel Le Cléac'h remportait la 8e édition du Vendée Globe sur son monocoque Banque Populaire VIII après un tour du monde sans escale et sans assistance. Le Finistérien améliorait ainsi le précédent record de près de 4 jours (3 jours, 22 heures et 40 minutes) établi par François Gabart lors de sa victoire lors de l'édition 2012-2013. Mais au-delà de la compétition et des records, le Vendée Globe c’est une histoire de technique et d’humanité, de mer et de sel, de limites et de dépassement. Et nous, on aime… Alors la rédaction de voilesetvoiliers.com vous en fait suivre les péripéties de près.

Actualité à la Hune

The Transat bakerly

Macif premier de cordée

En à peine 4 heures de course pour les Ultime, la traversée de la Manche n’a été qu’une petite formalité. Celle du golfe de Gascogne la nuit dernière et aujourd’hui est légèrement plus complexe stratégiquement avec la lente rotation à droite du vent de Sud-Ouest, au départ de Plymouth, au Nord-Est ce matin au lever du soleil.
  • Publié le : 03/05/2016 - 07:00

Macif premier de cordéeEn tête dès le départ, François Gabart mène la course du trio des Ultimes.Photo @ Vincent Curutchet / Mark Lloyd (The Transat Bakerly)

François Gabart est déroutant !

Depuis son avènement dans la course au large, le jeune homme enchaîne les victoires de façon modeste, décontractée, joviale. Comme s’il était facile de s’imposer devant des Le Cléac’h, Riou, Dick, Thomson ou Coville ! Vainqueur du Vendée Globe en 2013, de la Route du Rhum en 2014 et de la Transat Jacques Vabre en 2015, le skipper de MACIF se verrait bien – même s’il ne le dit pas ! – réaliser le premier grand chelem de l’histoire de la course au large avec une quatrième victoire en quatre ans sur la Transat anglaise, rebaptisée cette année The Transat bakerly. Une grande victoire par an, quoi ! Simple, propre et efficace, à l’image du marin…

Et toujours à son image, Gabart partage en toute simplicité son quotidien, comme il l’a fait pendant le Vendée Globe avec ses désormais célèbres «bonjour, bonjour…» Cette fois-ci, c’est une première vidéo envoyée quelques minutes après le départ. Du stress ? De la pression ? Un regard de tueur ? Rien de tout cela. Avec un grand sourire, François annonce la couleur : «Pas facile ce départ, c’est toujours un peu chaud en multicoque !» Ah bon ? On ne dirait pas ! S’ensuit un panorama où il faut lire entre les lignes. «A côté, un Pen Duick, devant le phare d’Eddystone, et les petits copains…» Il ne termine pas sa phrase, car les images de son sillage et des silhouettes derrière lui parlent d’elles-mêmes. Puis de conclure en s’adressant à la caméra (et en même temps à ses adversaires ?) par sa nouvelle signature «ciao, ciao…»

Il est plus facile d’identifier un tueur à gages lorsqu’il a le visage émacié, un regard froid, une voix d’outre-tombe et une phraséologie qui se limite à quatre mots : «Are you Sarah Connor ?» Cela prend un peu plus de temps lorsqu’on rencontre un gendre idéal, au regard tendre et dont on a tout de suite envie d’être l'ami. Celui-là est finalement le plus redoutable. Jamais favori, toujours vainqueur ! Et que je t’envoie un petit selfie au passage de Ouessant. Et que, discrètement, je te colle 18 milles dans la figure…

Fausse hiérarchie ?

Au lever du jour, c’est Yves Le Blévec (Actual) qui occupe la tête du général à la faveur de sa route Ouest tandis que ses deux adversaires de la classe Ultime plongent au Sud dans le golfe de Gascogne, à 54 milles d’écart pour MACIF. Un classement à prendre évidemment avec des pincettes puisqu’il se contente de regarder qui est le plus proche de New York, sans tenir compte du bel anticyclone qui nous offre ce beau ciel bleu et que les concurrents doivent contourner par le Sud. A moins d’emprunter la même route que la Transat AG2R-La Mondiale (descendue jusqu’au Cap-Vert), les concurrents vont devoir traverser le marais barométrique (zone de vents faibles, faut-il le rappeler) de cet anticyclone cet après-midi et la nuit prochaine. Et les dernières cartes météo montrent que plus on est Sud, plus le marais barométrique est étroit. Et qui est le plus au Sud de toute la flotte ? Eh oui, François Gabart…

Macif premier de cordéeUn bel anticyclone sur la France, une grosse dépression à éviter sur l’Atlantique Nord, et au Sud, un col dans le marais barométrique au large du cap Finisterre que les concurrents vont tenter de traverser cet après-midi et la nuit prochaine. Qui trouvera le trou de souris pour ressortir en tête ?Photo @ Crown Copyright / metoffice.gov.uk

IMOCA : Le Cléac’h, premier leader

Chez les monocoques 60 pieds, la bagarre est plus serrée. Seulement 16 milles séparent les cinq premiers, tandis que le sixième et dernier concurrent, Richard Tolkien (44), pointe à 90 milles au Nord du peloton. Pas d’option Sud pour l’instant dans ce club des cinq. On se suit, on s’observe et on constate que les deux premiers sont des "foilers" avec Banque Populaire VIII (Armel Le Cléac’h) et Edmond de Rothschild (Sébastien Josse), suivis de près par le "classique" PRB (Vincent Riou) à 13 milles. Pas de quoi en tirer de quelconque conclusion pour l’instant. La route est encore longue et semée d’embûches sur cette transatlantique Nord réputée pour sa rudesse. Vincent Riou et Jean-Pierre Dick peuvent en témoigner…

Macif premier de cordéeBelles images et beaucoup d’attente autour des nouveaux IMOCA et de leurs foils, même si cette transat ne sera peut-être pas très révélatrice de leur potentiel global.Photo @ Vincent Curutchet / Mark Lloyd (The Transat Bakerly)

MULTI50 : Le Roux au Sud

Même constat que pour les Ultime au classement provisoire avec Pierre Antoine (Olmix) en tête ce matin alors qu’il navigue 140 milles plus au nord que ses adversaires. Le vrai leader est évidemment à l’opposé, tout au Sud. Sur FenêtréA Cardinal, Erwan Le Roux a créé un décalage Nord-Sud de 14 milles avec son seul véritable adversaire en Multi50, Lalou Roucayrol (Arkema). Les prochaines heures et la traversée de l’anticyclone d’ici demain midi seront déterminantes pour la suite de la Transat.

CLASS40 : deux options

Pas d’option Nord-Sud dans la flotte des Class 40 mais plutôt Est-Ouest. Phil Sharp (Imerys), leader ce matin et Maxime Sorel (VandB) son dauphin pointent à une vingtaine de milles dans l’ouest du duo Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires En Peloton – ARSEP)/Isabelle Joschke (Generali-Horizon Mixité). Tous filent à 10 nœuds de moyenne. En se décalant dans l’ouest, les deux premiers prennent le risque de trop s’approcher du centre anticyclonique et, comme Icare, de se brûler les ailes. A l’inverse, Armel Tripon, à bord de Blackpepper/Les Petits Doudous par Moulin Roty (on devrait peut-être imposer un maximum de trois mots par nom de bateau, non ?) a décidé de faire le grand tour par l’Est. Pointé à la dixième et dernière place du provisoire au premier matin de course, il ne devrait pas y rester longtemps et vite remonter dans la hiérarchie des Class40. 

Macif premier de cordéeJoli début de course de Maxime Sorel, pointé à la 2e place après la remière nuit parmi les 10 Class40 inscrits. Hélas, dans la journée de lundi, il percutait un cargo et se déroutait vers la Bretagne.Photo @ Vincent Curutchet / Mark Lloyd (The Transat Bakerly)

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