Le jeudi 19 janvier 2017, Armel Le Cléac'h remportait la 8e édition du Vendée Globe sur son monocoque Banque Populaire VIII après un tour du monde sans escale et sans assistance. Le Finistérien améliorait ainsi le précédent record de près de 4 jours (3 jours, 22 heures et 40 minutes) établi par François Gabart lors de sa victoire lors de l'édition 2012-2013. Mais au-delà de la compétition et des records, le Vendée Globe c’est une histoire de technique et d’humanité, de mer et de sel, de limites et de dépassement. Et nous, on aime… Alors la rédaction de voilesetvoiliers.com vous en fait suivre les péripéties de près.

Actualité à la Hune

NEW YORK VENDEE

Attention, champ de mines !

A qui le tour ? C’est la question que l'on pouvait se poser lundi en apprenant dans cette deuxième journée de course les déroutements de Morgan Lagravière (Safran), Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII), Yann Eliès (Queguiner – Leucémie Espoir), Pieter Heerema (No Way Back) et plus tard celui de Jean-Pierre Dick (St-Michel Virbac). Tous ont prévu de faire escale à Newport pour réparer les dégâts causés par des chocs avec des OFNI avant de repartir en course. Alors qu'en tête Alex Thomson a grillé la politesse à Vincent Riou.
  • Publié le : 31/05/2016 - 07:29

Hugo BossAlex Thomson a pris ce matin la tête de la flotte en route vers la Vendée.Photo @ Th.Martinez/Sea&Co

Chocs en stock !

On a beau mettre ceinture et bretelles, le risque zéro n’existe pas ! Surtout en mer… Nouveau directeur de course du Vendée Globe, et déjà aux manettes de cette transatlantique, Jacques Caraës a dessiné deux zones d’exclusion sur le parcours. La plus grande se trouve au large de Terre-Neuve pour éviter les icebergs qui descendent du Labrador. Une autre est tout près du départ pour s’écarter d’une zone où se reproduisent les baleines. Mais c’est près des hauts fonds de Nantucket, le long d’un rail de cargos, que les concurrents ont enchaîné les chocs avec des OFNI. Une zone où, déjà, Richard Tolkien avait heurté un OFNI sur la Transat Bakerly et où Olivier Jehl a dû se faire hélitreuiller et abandonner son Mini 6.50 la semaine dernière pour les mêmes raisons.

Groupe QueguinerGroupe Queguiner-Leucémie Espoir est arrivé à bon port à Newport. Yann Eliès et son équipe vont pouvoir attaquer les réparations.Photo @ DRTour à tour, Yann Eliès (Queguiner–Leucémie Espoir), Morgan Lagravière (Safran), Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII), Pieter Heerema (No Way Back) et Jean-Pierre Dick (St-Michel Virbac) ont mis lundi le clignotant à gauche pour rejoindre Newport (Rhode Island). Aucun n’abandonne pour l'heure. Ce mardi matin, au lever du jour, seuls les deux derniers n’avaient pas encore touché terre. Pour les trois autres, la course contre la montre des équipes techniques a commencé pour réparer au plus vite et permettre à leur skipper de repartir dès que possible. On notera que quatre de ces cinq incidents concernent des "foilers" dont les appendices courbes augmentent visiblement les risques de collision ou du moins de dégâts.

Thomson et Beyou déboîtent

En attendant le retour en course de ces cinq solitaires, et alors que le retardataire Conrad Coleman (100 % Natural Energy) a pris la mer la nuit dernière à 2 heures 50 (heure française), neuf marins désormais filent à vive allure vers l’Europe à 17 nœuds de moyenne pour les premiers ! En tête au pointage de 6 heures ce matin, Alex Thomson (Hugo Boss), le plus au Nord de la flotte, s’est emparé des commandes cette nuit au détriment de Vincent Riou (PRB) placé le plus au Sud. Le seul monocoque doté de dérives classiques de quatuor de tête est relégué en quatrième position ce matin derrière Jérémie Beyou (Maître CoQ), pointé à 19,3 nœuds de vitesse et Sébastien Josse (Edmond de Rothschild). Quatre concurrents qui se tiennent en 11 milles. Paul Meilhat (SMA), cinquième, est déjà  à 26 milles du leader. Thomson et Beyou, les plus au Nord, bénéficient d’une meilleure pression qui leur permet de filer de 4 à 5 nœuds plus vite que la concurrence. 

Riou PRBAprès avoir mené le début de course, Vincent Riou est quatrième avec son "vieux" PRB parfaitement optimisé. Cette transat retour a valeur de test grandeur nature entre "foilers" et classiques. Photo @ Martin Kéruzoré/PRB

Deuxième à New York, Vincent Riou était frustré de n’avoir pas pu se battre à armes égales après avoir perdu trois voiles d’avant dès le début de la Transat bakerly. Sébastien Josse, de son côté, avait été contraint à l’abandon puis à une réparation express en Espagne afin de convoyer son monocoque dans les temps pour prendre le départ de cette transat retour. Bref, ces deux revanchards se tirent la bourre aujourd’hui... mais ont eu la surprise de voir la fusée Thomson les déboîter avec Beyou dans son sillage. Quatre des favoris qui ont échappé à l’hécatombe du début de course. Et qui vont pouvoir animer le débat entre "foilers" et classiques. Et comme au début de The Transat bakerly, on notera que Vincent Riou, avec son monocoque d’ancienne génération à dérives droites, tient la dragée haute au portant aux 60 pieds dotés des fameuses dérives à moustaches.

Météo 31 maiAu milieu de l’Atlantique, une belle dépression attend les concurrents qui vont devoir la contourner par le Sud dans quelques jours et passer peut-être au milieu de l’archipel des Açores.Photo @ DR/New York - Vendée

Côté météo, tous les concurrents vont profiter de cette allure portante jusqu’au niveau des Açores où se trouve actuellement une dépression active et assez immobile. Peu de manœuvres à venir si ce n’est d’optimiser les réglages pour surfer tribord amures sur la grande houle atlantique le plus vite possible. 

Classement à 6 h 30 françaises

1. Alex Thomson (GBR), Hugo Boss, à 2 619 milles de l'arrivée.

2. Jérémie Beyou (FRA), Maître CoQ, à 8,2 milles du leader.

3. Sébastien Josse (FRA), Edmond de Rotshschild, à 9,9 milles.

4. Vincent Riou (FRA), PRB, à 11,7 milles.

5. Paul Meilhat (FRA), SMA, à 26 milles.

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En vidéo: les explications de Jacques Caraës, directeur de course de New York-Vendée.