Le jeudi 19 janvier 2017, Armel Le Cléac'h remportait la 8e édition du Vendée Globe sur son monocoque Banque Populaire VIII après un tour du monde sans escale et sans assistance. Le Finistérien améliorait ainsi le précédent record de près de 4 jours (3 jours, 22 heures et 40 minutes) établi par François Gabart lors de sa victoire lors de l'édition 2012-2013. Mais au-delà de la compétition et des records, le Vendée Globe c’est une histoire de technique et d’humanité, de mer et de sel, de limites et de dépassement. Et nous, on aime… Alors la rédaction de voilesetvoiliers.com vous en fait suivre les péripéties de près.

Actualité à la Hune

Vendée Globe 2012-13

Bertrand de Broc : «Moi aussi, je cherche mes 500 signatures !»

  • Publié le : 25/02/2012 - 00:05

Et si vous et moi soutenions un coureur du prochain Vendée Globe ? C’est la proposition de Bertrand de Broc qui, toujours sans sponsor ni bateau, a décidé de relancer "Votre nom autour du monde". Interview.

Bertrand de Broc, 51 ansDeux Vendée Globe, treize Solitaires du Figaro, des participations à la Transat Jacques Vabre et à la Route du Rhum, d’innombrables expériences sur une ou plusieurs coques : Bertrand de Broc, 51 ans, est une figure emblématique de la voile française. Photo @ D.R. Betrand de BrocBertrand de Broc est entré en campagne ! Pas pour la présidentielle, non, pour le Vendée Globe. Car il compte sur le soutien de donateurs – particuliers comme entreprises – pour s’aligner au départ du tour du monde en solitaire, au départ des Sables-d’Olonne, le 10 novembre prochain. En contrepartie, chacun verra son nom apposé sur la coque de son futur bateau. Originale, l’opération "Votre nom autour du monde" n’est toutefois pas inédite puisqu’elle lui a déjà permis de prendre part à l’édition 96-97.

Du reste, entre Bertrand de Broc et le Vendée Globe, c’est déjà une longue histoire, le skipper bigouden étant entré dans la légende de l’épreuve dès l’édition 92-93, après s’être recousu seul la langue dans les Quarantièmes (avant d’être contraint à l’abandon, à la hauteur de la Nouvelle Zélande). Quatre ans plus tard, une escale à Ushuaia – qui le mettait hors course – et un chavirage à quelques milles de l’arrivée brisaient à nouveau ses rêves de tour du monde… En somme, deux expériences qui lui laissent un goût d’inachevé. Et à 51 ans, Bertrand de Broc sent que le moment est venu de participer à un troisième Vendée Globe, histoire de boucler la boucle, enfin.

Malgré l’imminence du départ, le solitaire croit fermement en ses chances d’en être et, vu son enthousiasme communicatif, il pourrait effectivement se montrer convaincant auprès des éventuels donateurs.

 

v&v.com : Bertrand, pourquoi avoir décidé de relancer l’opération "Votre nom autour du monde" ?
Bertrand de Broc : Depuis quelques mois, je suis très actif dans la recherche de partenaires en vue du prochain Vendée Globe. Cela n’a malheureusement pas abouti… J’ai donc décidé, début janvier, de relancer la campagne "Votre nom autour du monde" qui m’avait permis d’être au départ du Vendée Globe 96 grâce au soutien de 6 000 particuliers et d’une centaine d’entreprises. J’espère que l’expérience sera aussi concluante qu’il y a seize ans ! Ce n’est certainement pas la démarche la plus facile, mais je trouve que c’est un beau projet.

 

v&v.com : Comment cela fonctionne-t-il ?
B.d.B. : L’idée est de susciter un enthousiasme collectif autour d’un projet de tour du monde à la voile, par le biais de souscriptions ouvertes aux particuliers et aux entreprises… Je me retrouve un peu comme les candidats à la présidentielle qui cherchent leurs 500 signatures ! Pour les particuliers, un seuil minimal de 50 euros a été fixé. En contrepartie, les noms de tous les donateurs seront inscrits sur la coque du bateau. Même chose pour les entreprises qui peuvent s’engager pour un montant minimum de 1 000 euros. Cela permet aux petites boîtes, qui n’ont pas les moyens de financer entièrement un bateau, d’apporter leur pierre à l’édifice. Nous faisons aussi des propositions aux entreprises désireuses de s’impliquer davantage. Nous vendons par exemple un logo d’un mètre dans la grand-voile pour 50 000 euros – mais le bateau s’appellera quand même "Votre nom autour du monde". En fait, nous prenons le problème du financement à l’envers en faisant le pari que si les gros partenaires sentent une mobilisation du public autour de la voile, ils hésiteront moins à s’engager à nos côtés… Les sponsors sont frileux car la conjoncture est difficile. Même les derniers skippers engagés, comme Samantha Davies ou Jean Le Cam, cherchent encore des co-partenaires pour boucler leurs budgets.

Votre nom autour du monde, version 96Pour l'édition 96 du Vendée Globe, le 2e de Bertrand de Broc, le skipper était parvenu à réunir suffisamment de fonds par le biais d'une opération "Voter nom autour du monde" similaire à celle qu'il relance cette année.Photo @ Didier Ravon

"Votre nom autour du monde"En échange de leurs souscriptions, particuliers et entreprises verront leurs noms apposés sur la coque du futur bateau de Bertrand de Broc. Des emplacements sont aussi prévus sur la grand-voile pour insérer les logos des entreprises les plus "généreuses". Photo @ D.R. v&v.com : "Votre nom autour du monde" est donc un moyen de parer à cette frilosité des entreprises ?
B.d.B. : Je suis inquiet quand je vois des grosses sociétés qui n’osent pas investir ne serait-ce que 1 000 euros dans le Vendée Globe ! Communiquer autour de ce projet autour du monde, qui fait rêver le public, est pourtant très facile... Heureusement, des gens se mouillent. Je vois notamment des jeunes qui démarrent et sont au taquet pour me soutenir. C’est important car, en plus du skipper, la préparation d‘un tel projet permet aussi de créer quelques emplois : une dizaine de personnes bossent avec moi pour que l’opération "Votre nom autour du monde" soit un succès... Il ne va plus rien se passer si on est trop frileux. Voilà, c’était ma petite parenthèse citoyenne (Rires) !

v&v.com : Sens-tu déjà un engouement autour de cette nouvelle campagne ?
B.d.B. :
On lance le mouvement et les premiers retours sont bons. Après, il ne faut pas hésiter à démarcher, à organiser des soirées à droite et à gauche pour faire connaitre le projet et lancer une véritable dynamique. Car nous faisons face aux mêmes difficultés qu’un créateur d’entreprise : nous devons trouver des marchés, des gens qui croient au projet. Notre initiative est simplement un peu plus poétique !

 

v&v.com : Contrairement à 1996, particuliers et entreprises peuvent souscrire par internet. C’est un atout de taille ?
B.d.B. : Internet est un outil de communication précieux qui facilite considérablement les paiements puisque nous avons ouvert un compte paypal. Nous pouvons ainsi recueillir beaucoup de dons en un rien de temps. Mais nous ne négligeons pas les supports papier – affiches et coupons de souscription – que nous distribuons un peu partout. Certaines personnes préfèrent les avoir entre les mains et les lire attentivement avant d’envoyer un chèque. Les deux moyens se complètent bien.

 

v&v.com : Sur quel budget tables-tu pour participer au Vendée Globe dans de bonnes conditions ?
B.d.B. : 1,5 million d’euros. C’est très raisonnable comparé aux budgets énormes du dernier Vendée Globe. Pour cette édition, on peut espérer être dans le match avec un bateau qui n’est pas de dernière génération. Mais il faut investir un minimum pour partir en toute confiance. En 1996, nous avions des doutes sur la solidité de la quille au départ mais pas les moyens suffisants pour la remplacer. Résultat : j’ai abandonné sur rupture de quille !

 

v&v.com : Le départ du Vendée Globe approche. Ce n’est pas trop juste, niveau timing ?
B.d.B. : À quelques mois de l’échéance, nous sommes conscients que l’issue de notre campagne est incertaine. Certains nous prennent pour des fous, y compris parmi les coureurs. Après le salon nautique, beaucoup ont abandonné ; nous avons décidé de continuer. On y croit, on ne voit pas comment un tel projet pourrait ne pas aboutir !

Budget juste, bateau justeLe budget réuni en 96 était pourtant trop juste pour envisager de consolider la quille du monocoque "Votre nom autour du monde"... Et de Broc abandonna sur une avarie de celle-ci. Cette année, il espère partir sur l'ancien Brit Air d"Armel Le Cléac'h, un IMOCA ancien mais fiabilisé.Photo @ Didier Ravon

v&v.com : As-tu des vues sur un bateau en particulier ?
B.d.B. : Je ne fais pas mystère de mon intérêt pour l’ancien Brit Air. C’est un bon bateau, polyvalent et bien optimisé par Armel Le Cléac’h qui a terminé deuxième du Vendée Globe 2008-09 et de la Route du Rhum 2010 à son bord. Je ne suis pas seul sur le coup mais, le départ approchant, les candidats sont de moins en moins nombreux. Le premier à boucler son budget choisira sans doute Brit Air. Après, il restera d’autres bateaux un peu moins performants. Il faudrait en un acheter mi-avril, avant le départ de la Transat AG2R (disputée en Figaro, ndlr) que je vais disputer avec Amaiur Alfaro sur EDM. Cette épreuve servirait à me remettre dans le coup et j’aurais ensuite cinq mois pour naviguer en IMOCA. Je sais bien que c’est un scénario idéal, mais il faut bien se fixer un planning !

 

Bertrand de Broc en quelques chiffres
> 2 participations au Vendée Globe (abandons en 1992-93 et 1996-97).
> 2 participations à la Transat Jacques Vabre (3e en 2005 et 5e en 2007).
> 2 participations à la Route du Rhum (abandons en 1990 et 2002).
> 13 participations à la Solitaire du Figaro.
> 7 participations à la Transat AG2R (2e en 1994 et 2000, 3e en 2010).
> 8 participations au Tour de France à la Voile (vainqueur en 1998 et 2004).
> 4 saisons Grand Prix des Multicoques.

v&v.com : Sportivement, tu n’as pas peur du retard accumulé dans la préparation ?
B.d.B. : Non, car nous partirons sur un bateau – Brit Air ou un autre – déjà fiabilisé et avec une équipe technique qui le connaîtra bien. Je n’ai pas navigué en 60 pieds IMOCA depuis quelques années. J’ai toujours apprécié passer d’un support à l’autre pour explorer la diversité de la voile. Cela a sûrement joué en ma défaveur et empêché de gagner des courses comme la Solitaire du Figaro (épreuve à laquelle il a participé treize fois, ndlr). Le plus compliqué ne sera pas la taille du bateau puisque j’ai beaucoup d’expérience sur les grosses unités – notamment les trimarans Orma qui sont largement aussi compliqués que les IMOCA. L’an dernier, j’ai par exemple effectué une transat à bord de Gitana X. Le côté technique de la navigation en IMOCA sera en revanche plus délicat à gérer, car pour bien figurer, il faut être capable de faire marcher un bateau un dixième de nœud plus vite que les autres ! La gestion du bateau et du marin dans la durée sera également capitale dans une telle épreuve.

 

v&v.com : Et côté rythme ?
B.d.B. : On me dit souvent que le Vendée Globe a évolué, que les écarts sont de plus en plus infimes, la course de plus en plus intense. Mais il ne faut pas oublier qu’en 92, nous nous sommes tirés la bourre avec Alain Gautier jusqu’aux Kerguelen ! Je connais donc la sensation de régater autour du monde. J’ai une envie énorme, et quelques références dans la voile. Je ne suis donc pas inquiet sur la façon de faire marcher le bateau.

 

v&v.com : Parenthèse : on se souvient de la Route du Rhum de 2002, que tu as rapidement abandonnée, mais qu’as-tu fait entre temps ?
B.d.B. : Je naviguais alors en trimaran de 60 pieds Orma, mais après ce départ de transat, j’ai souhaité arrêter de courir en solitaire sur ces grands multicoques. Pendant un an, j’ai eu besoin de naviguer "tranquille" à bord de bateaux de taille plus modeste. Mais il n’était pas question de renoncer à une troisième participation au Vendée Globe ! Je parlais donc systématiquement de ce projet, lors des discussions avec les éventuels partenaires. Mais cela ne s’est pas fait. En 2004, j’avais un contrat avec un autre sponsor et pas d'engagement ferme pour le Vendée Globe : j’ai donc laissé tomber. En 2008, j’ai beaucoup démarché, mais je suis finalement parti sur un contrat de trois ans avec Les Mousquetaires en Figaro. Je me suis toujours senti prêt pour un nouveau tour du monde en solitaire et sans escale, mais je n’ai peut-être pas su être au bon endroit, au bon moment, et aussi motivé qu'en ce moment.

Premier Vendée pour Bertrand de BrocBertrand de Broc a occupé le trio de tête du Vendée Globe en 96-97, comme en 92-93 (notre photo), mais a chaque fois été contraint à l’abandon. Depuis, le skipper n'a plus guère navigué sur un mono de 60 pieds. S’il parvient à boucler son budget, il n’aura que peu de temps pour se remettre dans le bain ; une situation qui ne l’inquiète pas outre-mesure. Photo @ Didier Ravon

v&v.com : Ton objectif, si tu es au départ du prochain Vendée Globe ?
B.d.B. :
Je ne vais pas prétendre à la victoire. Le vainqueur sera probablement l’un des bateaux qui a participé à la dernière Transat Jacques Vabre. Mais à chaque édition, deux ou trois concurrents surprennent. J’aimerais en faire partie ! Je ressens un petit goût d’inachevé, car je n’ai pas encore franchi la ligne d’arrivée aux Sables-d’Olonne. J’étais pourtant à chaque fois dans le coup et, avec plus de réussite et de préparation, j’aurais pu décrocher deux podiums. C’est ma dernière chance de participer au Vendée Globe, après je serai trop vieux pour repartir seul autour du monde.

 

Héros malgré luiLors de son premier Vendée Globe, Bertrand de Broc a réussi le tour de force de se recoudre la langue lui-même... devenant ainsi un héros de la course, quoique un peu malgré lui.Photo @ D.R. Bertrand de Broc / DPPIv&v.com : J’imagine que l’on te parle systématiquement de ce jour où tu t’es recousu la langue dans les Quarantièmes lors du Vendée Globe 1992-1993. Cela t’agace ?
B.d.B. : Tu imagines bien ! Quand j’organise des soirées dans des entreprises, je passe bien un tiers du temps à raconter l’intervention dans les détails. Au début, oui, cela m’agaçait un peu. Mais je me suis rendu compte que ce type d’histoire contribue à la légende de l’épreuve. Et peut être utile, car les gens mettent un visage sur cet épisode connu de tous. C’est un peu mon fonds de commerce (Rires) ! Mais ce n’est pas forcément réjouissant… Avoir un accident signifie que l’on a fait une connerie.

 

v&v.com : Pour conclure, que dirais-tu à un lecteur de Voiles et Voiliers qui hésiterait à te soutenir ?
B.d.B. : Le Vendée Globe est l’une des dernières grandes aventures maritimes accessible avec une initiative comme la nôtre. On ne peut pas faire la Volvo Ocean Race ou l’America’s Cup, mais je suis convaincu que l’on peut être au départ du Vendée Globe 2012-13 grâce à une chaîne de solidarité. Je fais de gros efforts dans cette optique… Et je demande à chacun de faire un petit effort pour que ce projet aboutisse et perdure. Car je ne suis pas du tout égoïste, au contraire : si la campagne est un succès, nous alignerons un coureur de la nouvelle génération sur le Vendée Globe 2016-17. A terme, nous avons aussi l’idée d’engager des bateaux sur d’autres circuits, comme le Figaro, voire de monter un véritable club de voile "Votre nom autour du monde". Au-delà d’un soutien à Bertrand de Broc pour le prochain Vendée Globe, vous deviendrez en quelque sorte "supporter de la voile" et contribuerez à fédérer une grande équipe de passionnés qui ont envie de naviguer.


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Retrouvez le site de Bertrand de Broc, ici.

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