Salon de Düsseldorf, Grand Pavois de La Rochelle, Festival international de la Plaisance de Cannes, Salon nautique de Paris… Malgré une météo économique difficile, les Salons nautiques montrent la capacité de réaction et d'innovation des chantiers et des équipementiers. Analyse et tour d'horizon des nouveautés.

Actualité à la Hune

43e Boot de Düsseldorf

Des nouveautés tous azimuts !

  • Publié le : 21/02/2012 - 00:11

Boot 2012Le salon nautique allemande - le Boot de Düsseldorf - regorge d'unités inconnues à Paris, dont l'intérêt est pourtant bien loin d'être nul. À découvrir, en complément de notre article magazine.Photo @ Pierre-Marie Bourguinat
En complément des nouveautés présentées dans notre numéro de mars, actuellement en kiosque, voici les dix autres bateaux qui ont marqué le 43e Boot de Dusseldörf. Présentés pour l’essentiel en première mondiale, ils émanent de marques qui n’ont parfois pas de distribution en France, mais illustrent pleinement toute la diversité de l’offre présente sur le salon allemand.

 

Six de MantraAvec son rouf hémisphérique et son allure générale, le Six du chantier polonais Mantra a un petit air de famille avec les sport boats de Philéas.Photo @ M.-S. Kreplin SeekateSix
L’open polonais

5,98 m
19 589 €

Présenté à l’extérieur des halls, le Six – petit sport boat de 6 m construit en Pologne et distribué par l’allemand Mantra – ressemble furieusement aux productions du français Philéas. Rouf hémisphérique sur lequel vient s’appuyer le mât tournant en alu, immense cockpit, grand-voile généreuse et grand spi asy : il y a de quoi s’amuser à bord. On est rassuré par le franc bord élevé mais un peu dubitatif sur le safran unique pour contrôler cette large carène à la gîte.

On aime : son prix !
On aime moins : le fait que le Six n’apporte rien de fondamentalement nouveau sur son créneau.

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Sunbeam 24.2Le Sunbeam 24.2 du chantier autrichien éponyme s'offre une nouvelle jeunesse, mais les emménagements intérieurs restent tributaires d'une carène étroite.Photo @ Pierre-Marie Bourguinat

Sunbeam 24.2
Véritable voilier, transportable à l’occasion

7,00 m
43 731 €

Le Sunbeam 24.2, plus petit modèle du chantier autrichien éponyme, s’offre une nouvelle jeunesse. Le vrai changement provient de la construction qui abandonne le monolithique pour du sandwich, ce qui permet – aux dires du chantier – de gagner 300 kg. On remarque aussi la modernisation du plan de voilure avec GV à corne et bout dehors à plat pont. De quoi valoriser une carène élégante mais étroite, ce qui limite beaucoup les emménagements. Présenté sur sa remorque de route, ce 7 mètres qui n’en fait que 2,5 de large est bel et bien transportable – mais avec 1,6 t lège sur le peson, il faudra quand même prévoir un gros attelage et le permis E.

On aime : la silhouette générale du Sunbeam 24.2 et la recherche de performance.
On aime moins : le volume intérieur décevant.

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Pacer 310 de Pacer YachtsMéconnus en Europe, les Pacer sud-africains pourraient arriver sur nos marchés alors qu'une unité de fabrication ouvre en Espagne. Les spécificités de ces voiliers, comme ici le 310 ? Déplacement léger et aménagements simples.Photo @ D.R. Pacer 310 Sprint
Régatier assumé

9,50 m
83 600 €

Construits en Afrique du Sud, les Pacer sont peu connus en Europe, mais cela pourrait néanmoins changer alors que le chantier ouvre cette année une unité de frabrication à Barcelone. Déplacements légers assumés, les Pacer sont aménagés de façon simple et font fi des jauges pour proposer le meilleur rapport prix/plaisir. Le nouveau 310 ne déroge pas à la règle : construction sandwich vinylester balsa sous vide, quille acier avec bulbe plomb, flottaison maximale, bout dehors, rouf étroit... Dans le cockpit, le régleur de grand voile est en arrière de la barre franche. L’accastillage est bien positionné, mais les hiloires du cockpit à deux niveaux sont trop anguleuses.

On aime : le look et le caractère radical du Pacer 310.
On aime moins : le manque de rangements dans le carré et le volume compté dans la cabine avant.

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Saffier SC 10Toutes les manœuvres du Saffier SC 10 sont ramenées devant le barreur, de manière à ce qu'il puisse seul mener ce week-ender aux lignes classiques.Photo @ D.R.

Saffier SC 10
Week-ender class

10,00
113 067 €

Voilier amiral de la gamme du chantier hollandais Saffier, le SC 10 en reprend la construction et la présentation soignée. Tout est fait pour que la manoeuvre puisse être assumée par un homme seul, avec l’ensemble des manoeuvres (piano + écoutes) renvoyées sur deux winches (électriques en option) devant le barreur. A défaut d’être surprenant, le look classique est assumé et la réalisation à la hauteur, à l’extérieur comme à l’intérieur qui comprend quatre couchettes, un WC fermé et une kitechenette bien fichue. Par contre, aucun davier n’est prévu pour le mouillage. Dommage, vu le programme de navigation.

On aime : la cohérence générale du SC 10.
On aime moins : la barre à roue qui isole le barreur.

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Salona 35 de AD BoatsLe Salona 35 reprend à la hausse les standards du 34, tandis que l'étroitesse de la carène perdure, limitant la sensation de volume intérieur de cette nouveauté AD Boats.Photo @ Pierre-Marie Bourguinat

Salona 35
Petit 38

10,40 m
119 000 €

Ce nouveau venu dans la gamme du chantier croate AD Boats remplace le 34, modèle qui a le moins bien marché de l’ancienne gamme. Les standards ont donc été revus à la hausse : double barre à roue, delphinière articulée avec sous barbe, accastillage soigné. Ce qui ne change pas, c’est la structure de quille et de mât en inox, collé au stratifié de fond de coque, ainsi que l’étroitesse de la carène qui limite la sensation de volume intérieur, par ailleurs bien fini.

On aime : Le rapport finition/prix du Salona 35.
On aime moins : Rien n’est prévu pour reprendre la tension de la sous barbe...

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Eagle 36 de Leonardo YachtsAvec son Eagle 36, Leonardo Yachts cultive la nostalgie des élancements et de la Class J !Photo @ D.R.

Eagle 36
Pour les nostalgiques de la Classe J

10,70 m
137 540 €

Epure complète donc, pour ce plan Dykstra qui cultive la nostalgie du bout de ses interminables élancements. Au départ, les Hollandais de Leonardo Yachts l’avaient même imaginé sans rouf. Finalement, la protection du cockpit et l’ergonomie pour rentrer à l’intérieur (2 couchettes + 1 WC) ont eu raison de l’esthétique qui reste très démonstrative, de même que le high gloss des vernis. La cuisine à l’extérieur part d’un bon sentiment – vu le programme, mais on se demande bien comment l’inox de l’évier et l’acajou vernis de la table vont vieillir…

On aime : la vue en coupe de l’Eagle 36.
On aime moins : la position des winches d’écoute, très à l’extérieur.

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Italia 10.98 d"Italia YachtsL'Italia 10.98 ne révolutionne pas le genre des course-croisière... mais affiche un déplacement léger de 4,5 t ! Un plus pour décoller.Photo @ D.R.

Amménagements de l"Italia 10.98Malgré les apparences, la finition en teck de l'Italia 10.98 n'est pas toujours à la hauteur de ses ambitions.Photo @ D.R. Italia 10.98
Le pari de la légereté

10,98 m
178 204 €

Première unité d’un chantier qui travaillait autrefois le bois, ce plan Costuzzi est un course-croisière qui ne révolutionne pas le genre, mais cache derrière des lignes très classiques un déplacement nettement plus léger que la concurrence (4,5 t). Très équipé en standard, le I 10.98 est construit en sandwich et fini en teck à l’intérieur. On apprécie la circulation facile vers l’avant, dont la cabine est doublement ouverte, comme sur le nouveau Dufour 36. Deux unités de 12,98 m et 13,98 m devraient suivre d’ici fin 2013 pour constituer une gamme.

On aime : l’association de lignes classique à un déplacement léger.
On aime moins : la finition intérieure de l’I10.98, pas toujours à la hauteur des ambitions de ce style.

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Faurby 424 ELe Faurby 424 E danois est la réécriture réussie d'un modèle vieux de dix ans : à la carène étroite et aux haut niveau de finitions s'ajoute un intérieur bien pensé, mais sombre.Photo @ Pierre-Marie Bourguinat

Faurby 424 E
La tradition danoise

12,80 m
437 000 €

Depuis 1976, le Danois Faurby a produit environ 500 monocoques, toujours sur le même créneau : carènes étroites et bien lestées, esthétique classique, haut niveau de finition et d’équipement en standard. Le 424 E reprend une carène créée en 2002, avec un plan de pont et un intérieur complètement revus en 2012. S’il n’a pas d’ambition particulière en course, il se donne les moyens de la performance avec une construction en sandwich mousse avec cloisons statifiées à la coque et mât emplanté. L’étroitesse se paie mallheureusement dans le cockpit, où le barreur est très isolé derrière sa barre à roue. A l’intérieur, on apprécie le travail d’ébénisterie et la variété des rangements. Mais surabondance de teck, taille réduite des vitrages et étroitesse de la coque produisent une atmosphère pesante.

On aime : le caractère “sans compromis” de la construction et l’artisanat maîtrisé.
On aime moins : l’intérieur très sombre de ce Faurby 424 E.

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Gunfleet 43Le Gunfleet 43 inaugure la production du chantier éponyme anglais qui vise le segment des 50 à 70 pieds de yachts de croisière cossus et modernes.Photo @ D.R.

Gunfleet 43, cuisineJoli coup de cœur pour la cuisine en coursive du Gunfleet 43 anglais.Photo @ D.R. Gunfleet 43
Volume exceptionnel

13,43 m
562 000 €

Lancé par Richard Matthews, créateur d’Oyster il y a 35 ans, le chantier anglais Gunfleet Marine situé près de Londres a l’ambition de réaliser des yachts de croisière à la fois cossus et modernes. Sous le coup d’une clause de non concurrence, Matthews a inauguré la marque avec ce 43 pieds mais à moyen terme, c’est le segment  50-70 pieds qui est visé (un 58 et un 66 pieds sont dans les cartons). Signé Tony Castro, le Gunfleet 43 est un cockpit central dont l’originalité provient de la quille à bulbe creuse (1,40 m de tirant d’eau seulement) dans laquelle une dérive pivote, le tout assorti de deux safrans. L’intérieur ne propose pas de vue frontale, contrairement à ce qu’on pourrait croire vu de dehors. Mais les volumes sont remarquables, la lumière omniprésente et l’ébénisterie de qualité.

On aime : la superbe cuisine en coursive du Gunfleet 43.
On aime moins : le prix élevé, la silhouette massive et la descente vertigineuse.

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Oyster 625L'Oyster 625 a été sacré voilier de l'année dans la catégorie... Croiseurs de luxe. Qu'en dîtes-vous ?Photo @ Tony Lovell

Oyster 625
Un vrai yacht
19,03 m
2 825 000 €

Sacré Yacht of the year dans la catégorie des croiseurs de luxe, l’Oyster 625 semble fuir les modes avec son déplacement lourd, sa carène en V et son impressionnant safran central saisi sur un aileron qui le protège sur toute la longueur. La refonte de ce modèle signé Rob Humphreys (il remplace le 62), marque aussi l’introduction d’éléments de design plus modernes, comme les hublots verticaux de coque. Le cockpit sépare clairement les zones de farniente et de manoeuvres, et limite le nombre de niveaux, défaut classique de ces grands salons de pont. L’espace intérieur est bluffant, qu’il sagisse du gigantesque carré ou des quatre cabines, avec possibilité d’une supplémentaire pour l’équipage dans le pic avant.

On aime : la conception rigoureuse de cet Oyster 625.
On aime moins : le design qui hésite entre les codes classiques de la marque et plus de modernisme.

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couvhp493Plus de boats du Boot !

Dans le n°493 de Voiles et Voiliers, en kiosque depuis le 17 février, retouvez d’autres présentations :

> Rustler 33

> Hanse 415

> Bavaria 46 Vision

> Delphia 31

> Dinamica 940

> Sigma Active

> Solaris One 37

 

Et en vidéos, disponibles sur notre site :

> Farr 400, ici.

> Farr 25, ici.

 

En complément

  1. Farr 25 : le monotype turc qui casse les prix 20/02/2012 - 17:43 43e Boot Düsseldorf Farr 25 : la course à petit prix En flânant dans les allées du Boot de Düsseldorf, nous sommes tombés sur le Farr 25 : un joli monotype de 7,60 mètres dessiné par Farr Design et construit en Turquie par le chantier OD Yachting. Construction, finition, innovation et surtout un prix canon de 45 000 euros (prix salon à Düseldorf) font de ce petit racer un bateau attractif. Mais l'absence d'importateur en France obligera les amateurs à se déplacer à Istanbul pour le visiter et l'essayer...
  2. Farr 400 : bête de course et monotype Réservé à nos abonnés 15/02/2012 - 20:25 43e Boot Düsseldorf Le Farr 400 présenté à Dusseldorf Lancé en avril 2011, le Farr 400 est un monotype tout carbone de 11,80 mètres inspiré des TP52 de l'Audi MedCup. Depuis, 13 exemplaires de cette luge de luxe, dessinée par le cabinet Farr et construite à Dubaï par Premier Composite Technologies, ont été vendus. Certainement le bateau le plus excitant du Boot de Düsseldorf 2012, le Farr 400 est présenté en détail par Pierre-Marie Bourguinat, avec des images de régate tournées lors de la Quantum Key West 2012, en janvier en Floride.
  3. paris-düsseldorf   le match  Réservé à nos abonnés 13/02/2012 - 16:57 43e Boot de Düsseldorf 2012 Paris vs Düsseldorf : le match ! Près de deux mois après le Nautic, à 500 kilomètres de Paris et une petite heure d’avion, a lieu le Boot, salon de Düsseldorf. Difficile d’échapper à une tentative de comparaison entre ces deux rendez-vous clefs de la saison, sans doute les deux plus grands salons nautiques du monde !
  4. Les chantiers allemands en force à Düsseldorf 27/01/2012 - 18:07 43e Boot de Düsseldorf Les chantiers allemands en force à Düsseldorf Le Boot de Düsseldorf est l’occasion de découvrir des bateaux différents, issus de la riche tradition nautique nordique, ainsi que de nombreuses nouveautés chez les chantiers connus : parmi celles-ci, le Bavaria 46 et le Hanse 415 marquent le retour en force des grands chantiers allemands. Petite synthèse en vidéo de ce qu’on pouvait voir au Boot de Düsseldorf, du 21 au 29 janvier, en attendant de nombreux sujets sur notre site et dans le prochain numéro de Voiles et Voiliers !