Salon de Düsseldorf, Grand Pavois de La Rochelle, Festival international de la Plaisance de Cannes, Salon nautique de Paris… Malgré une météo économique difficile, les Salons nautiques montrent la capacité de réaction et d'innovation des chantiers et des équipementiers. Analyse et tour d'horizon des nouveautés.

Actualité à la Hune

Nautic 2016

Du changement et des encouragements

Mer belle mais vigilance de rigueur. Tel pourrait être le bilan du Salon nautique de Paris qui ferme ses portes ce soir. Un Nautic qui aura drainé sensiblement le même nombre de visiteurs que l'an dernier (un peu plus de 200 000), le dernier week-end ayant confirmé la tendance observée cette semaine. Soit un démarrage fort le premier samedi avant une baisse progressive de fréquentation à partir du dimanche après-midi et enfin des visiteurs de plus en plus nombreux du jeudi au samedi. Et ce dimanche de fermeture aussi les allées étaient bien remplies.
  • Publié le : 11/12/2016 - 16:30

Ambiance NauticUn nouveau salon organisé sous l'ombre tutélaire d'Eric Tabarly dont le Pen Duick V exposé fit recette auprès du public.Photo @ Loïc Madeline

Sur le plan commercial, les chantiers semblent en tout cas satisfaits. Didier Le Moal, le patron de J/Composite qui a eu l'occasion de faire plus de devis que l'an dernier, admet «qu'il y a plus de grain à moudre». La tendance est bonne également chez Dufour, selon Salvatore Serio, le directeur général du chantier rochelais qui a enregistré davantage de visites et davantage d'achats que l'an dernier. Avec cette réserve : en 2015, le salon s’était ouvert quelques semaines seulement après les terribles attentats survenus à Paris en novembre 2015, ce qui avait forcement pesé sur la fréquentation du Nautic, tout particulièrement en ce qui concerne les visiteurs étrangers.
Paris confirme surtout la tendance observée lors des salons d'automne de Cannes et La Rochelle. A savoir une croissance continue du marché des catamarans de croisière. Thomas Gailly, directeur de Lagoon (leader mondial du secteur, qui fait partie du groupe Bénéteau), est confiant sur l'avenir prometteur de ces voiliers à deux coques : «Une part non négligeable de nos visiteurs découvre à Paris les atouts en termes de confort et de volume qu'apporte un catamaran de croisière, nous avons encore de futurs acheteurs à convaincre.»

Stad Voiles et VoiliersIncontournable du Nautic : le stand Voiles et Voiliers/Ouest-France où nous avons eu le plaisir de rencontrer nos lecteurs.Photo @ Loïc Madeline

Autre tendance lourde du marché : la part toujours croissante des bateaux à moteur. Si le nombre de voiliers exposés est en baisse à Paris, celui des bateaux à moteur est à la hausse. Ce qui n'empêche pas un marché soutenu pour les voiliers. Le directeur des gammes voile du chantier Jeanneau, Erik Stromberg, observait ainsi avec satisfaction que, mercredi soir, on avait enregistré sur son stand le même nombre de bateaux vendus que lors de l'édition précédente à la même date. Un motif de satisfaction puisque cette année, le salon n'a ouvert ses portes que le samedi alors que, jusqu'à présent, les professionnels et quelques happy few pouvaient profiter d'un vendredi pour découvrir les nouveautés et se retrouver ensuite autour d'un verre au cours d'une traditionnelle nuit nautique plus ou moins animée.

iFly 15Tendance marquée actuellement : les bateaux à foils à l'image du joli iFly 15 exposé au Nautic.Photo @ Loïc Madeline

La suppression de ce vendredi pro était souhaitée par une majorité d'exposants et un nouveau questionnaire leur sera envoyé à l'issue du salon pour faire le point sur le sujet. Certains regrettent - surtout du côté de la voile légère - de ne plus disposer de ce moment pour rencontrer leurs acheteurs institutionnels (clubs, collectivités…), d'autres avaient l'habitude de recevoir leurs meilleurs clients au cours de cette nuit nautique. Beaucoup se plaignent de ne pas pouvoir profiter du vendredi après-midi qui génère beaucoup d'affluence.

Paddle ParisGrand temps fort du Nautic : la traversée matinale de Paris en paddle organisée depuis sept ans. Plus de 600 personnes y prirent part cette année le dimanche 4 décembre. Parmi les participants, des "voileux" de renom : Camille Lecointre, Tanguy de Lamotte, Morgan Lagravière...Photo @ DR
L'autre débat avait lieu en coulisses et portait sur l'organisation des salons de Paris et de Cannes. La Fédération des industries nautiques (FIN), propriétaire des deux salons, a en effet dénoncé le contrat qui la lie à la société REED organisation. S’il semble désormais établit que la FIN organisera le Salon de Paris en direct, le cas de celui de Cannes semble plus épineux. Ce débat ne sera pas tranché par l'envoi d'un questionnaire mais devant la justice. Sans que soit remise en cause le prochain Nautic qui se tiendra bien à Paris, en décembre 2017.