Salon de Düsseldorf, Grand Pavois de La Rochelle, Festival international de la Plaisance de Cannes, Salon nautique de Paris… Malgré une météo économique difficile, les Salons nautiques montrent la capacité de réaction et d'innovation des chantiers et des équipementiers. Analyse et tour d'horizon des nouveautés.

Actualité à la Hune

Nautic 2012 - Industrie nautique et équipement

Navimo est mort… vive Plastimo !

Après son rachat pas le groupe Alliance Marine, Plastimo – l’une des marques les plus emblématiques de l’équipement français – revient sur le devant de la scène au Nautic. Explications de Cathy Millien.
  • Publié le : 06/12/2012 - 20:00

Catalogue Plastimo 2013La couverture du catalogue 2013 de Plastimo montre bien le recentrage sur les produits "maison" qui ont forgé l'ADN de la marque, dicté par son récent rachat par le groupe Alliance Marine. S'il perd 240 pages, il compte encore 15 000 références !Photo @ Plastimo

Anciennement propriété du groupe Navimo, Plastimo a vécu un été troublé. Placée en redressement judiciaire le 25 mai, la marque est devenue filiale du groupe Alliance Marine, le 14 septembre. Depuis, la société lorientaise met les bouchées doubles pour relancer la production et affirmer sa place pour la saison prochaine.
Sa présence au Nautic de Paris – même sur un stand réduit en superficie – et la sortie d'un nouveau catalogue prouvent ce dynamisme. L'occasion d'interroger Cathy Millien, directrice de la communication, sur l'avenir de cette marque indissociable de la plaisance depuis bientôt cinquante ans.

 

Cathy Millien, Directrice de la communication chez PlastimoCathy Millien, directrice de la communication de Plastimo.Photo @ D.R. Plastimov&v.com : Après les péripéties de l'été, c'est avec plaisir que les plaisanciers que nous sommes retrouverons Plastimo au Salon nautique de Paris. Où en êtes-vous de la reprise par le groupe Alliance ?
Cathy Millien :
Etre au Nautic est une joie, oui, à la hauteur du soulagement d’avoir été repris en septembre par le Groupe Alliance Marine ! Après ce que nous avons vécu, être accompagné par des professionnels du nautisme est très rassurant. Notre marque et le site de Lorient ont été rachetés avec la ferme volonté de redonner à Plastimo une place de choix sur le marché de l’équipement. Pour ce faire, la stratégie consiste à nous mobiliser sur notre cœur de métier : les équipements de sécurité, les compas et instruments de navigation et le mouillage, principalement.

v&v.com : Le Groupe Alliance Marine est assez important : vous ne vous y sentez pas un peu perdu ?
C.M. :
Au sein du groupe, Plastimo occupe la même place que les sociétés VDM, Reya, Euromarine, Vetus France, SEIMI, Intermer ou Berthelot. Mais il est vrai que l’ADN de notre société est un peu différent : Plastimo est axé sur le développement et la production pour Plastimo, alors que les autres sociétés du groupe Alliance sont majoritairement des sociétés de distribution. Mais se retrouver entre gens de la profession nous a permis de tout redémarrer très vite, dès le mois d’octobre. Sous la direction de Michel de Villeneuve, Directeur opérationnel en poste à Lorient, nous avons tout de suite relancé la production des compas, radeaux et gilets. Il était important pour nous de motiver nos équipes en les mettant au travail immédiatement et surtout de commencer à constituer les stocks des produits-phares, essentiels au lancement de la saison.

v&v.com : À la veille du Nautic, comment analysez-vous les choses ?
C.M. :
Notre présence au METS mi-novembre a confirmé l’attachement des revendeurs à la marque Plastimo et leur satisfaction de voir que nous revenions aux "fondamentaux de Plastimo". Maintenant, c’est à nous d’assurer le service et les livraisons afin que leur fidélité soit récompensée. Depuis, le tribunal de commerce a également validé le rachat de notre usine de production de gilets et de radeaux Plastimo en Roumanie. Nous disposons donc de la même capacité de production qu'auparavant. C'est de bonne augure pour la saison !

v&v.com : Qu’en est-il de votre catalogue ?
C.M. :
Le catalogue Plastimo sera présenté au Nautic de Paris et distribué au public : dès la couverture, on retrouve cette idée que Plastimo se recentre sur ses produits emblématiques. Il compte 640 pages, propose 15 000 références (Auparavant, le catalogue Navimo 2012 comptait 880 pages et près de 30 000 références, ndr), et a bien l’intention de garder sa place de "catalogue de référence". En revanche, certaines marques sortent du catalogue. Citons Goïot (qui a repris son indépendance par rapport à l’ancien Groupe Navimo) et certaines marques qui n’étaient pas forcément proches de l’identité Plastimo ou étaient déjà distribuées par certaines sociétés du Groupe Alliance Marine : SLCE-Aquabase, Besenzoni, Dometic-Waeco, Fischer Panda, Starbrite, peintures International…

Reprise de l"activité chez PlastimoLe rachat de l'usine en Roumanie permet de relancer à l'identique la production des gilets et des radeaux.Photo @ Plastimo

v&v.com :  En plus des produits de distribution, Plastimo c'est aussi l'électronique advan'Sea, les vêtements XM et la pyrotechnie DNS et Guérard. Quid des marques Max Power, Lofran et Nuova Rade ? Que va-t-il se passer pour tous les produits "plastiques" qui sont le socle de Plastimo et qui étaient fabriqués par Nuova Rade ?
C.M. :
Nous conservons les vêtements XM et l’électronique AdvanSea, que nous ferons évoluer dans le courant de l’année 2013. Les pyrotechnies Guérard et DNS sont "fusionnées" sous la marque DNS à laquelle nous donnons un nouvel élan : la fabrication de rations de survie et de sachets d’eau potable est désormais réalisée à Lorient. En tant que spécialistes de la Sécurité, nous nous sommes adaptés à la nouvelle réglementation, en vigueur depuis le 4 Janvier 2012, qui rend obligatoire la récupération et la destruction des feux et fusées de détresse. Suite au démantèlement de Navimo, les marques Max Power, Lofrans et Nuova Rade ont été reprises par Lalizas, mais il est vraisemblable que Plastimo conserve la distribution de ces marques en France, sous réserve de finalisation des accords, actuellement en cours de discussion. Les discussions entre Plastimo et Lalizas portent également sur certains produits Plastimo injectés en Italie : Plastimo aura désormais avec l’usine de Busalla une relation de client à fournisseur (alors qu'elle en était précédemment propriétaire, ndlr). En parallèle, Plastimo a conservé un atelier d’injection à Lorient qui produit, entre autres, l’intégralité des pièces destinées aux compas. L’acquisition par Plastimo de l’usine de Roumanie, le 19 novembre dernier, a en outre permis d’ajouter de la capacité de production en radeaux et gilets de sauvetage, en complément de l’usine de Lorient.

v&v.com :  Quel impact pour le consommateur ? Trouvera-t-on les produits Plastimo chez les ships la saison prochaines ?
C.M. :
Normalement, pas ou peu d’impact pour le consommateur : les livraisons ont déjà repris et vont bien sûr s’intensifier au fil de la saison. Certains de nos revendeurs ont été déçus par nos livraisons l’an dernier et c’était légitime, mais le contexte était déjà difficile. Certains ont pu nous être infidèles ponctuellement… C’est normal, les concurrents ont fait leur travail. Maintenant, c’est à nous de démontrer au réseau que le service et la disponibilité des produits est notre priorité absolue. Nous bénéficions pour cela de la bonne réputation d’Alliance Marine, qui est à la fois apprécié par les shipchandlers et respecté par les fournisseurs : Plastimo s’inscrit désormais dans cette ligne de conduite professionnelle. Il reste que la saison 2013 ne sera pas facile pour l’ensemble de la profession… Heureusement, le plaisancier nous donne des signes forts d’attachement à la marque Plastimo. Nous aurons l’occasion de lui reparler prochainement des radeaux made in France, des développements à venir et… des 50 ans de Plastimo que nous célébrerons au printemps.