Salon de Düsseldorf, Grand Pavois de La Rochelle, Festival international de la Plaisance de Cannes, Salon nautique de Paris… Malgré une météo économique difficile, les Salons nautiques montrent la capacité de réaction et d'innovation des chantiers et des équipementiers. Analyse et tour d'horizon des nouveautés.

Actualité à la Hune

Nautic 2017

Pour le mythe et pour le rêve

En 2018, cinquante ans après la course du Sunday Times Golden Globe Challenge qui permit à Sir Robin Knox-Johnston de devenir le premier homme à boucler une circumnavigation en solitaire sans escale, et à Bernard Moitessier d’entrer dans les annales de la course au large en décidant d’abonner alors qu’il était annoncé vainqueur, l’histoire se remet en marche avec d’une part la Golden Globe Race, une course à l’ancienne qui va renvoyer les concurrents à l’essentiel, et d’autre part la Longue route, une aventure sous forme de pèlerinage qui doit aussi permettre à quelques marins d’accomplir leur rêve de tour du monde à la voile.
  • Publié le : 08/12/2017 - 18:11

Conférence de presseYannick Moreau, Don McIntyre et les skippers présents à la conférence de presse du Salon nautique.Photo @ Christophe Favreau PPL/GGR

Golden Globe Race 2018
La course à l'ancienne

«Lancer la nouvelle Golden Globe Race en 2018, cinquante ans après la course du Sunday Times Golden Globe Challenge qui a permis à Sir Robin Knox-Johnston de devenir le premier homme à boucler un tour du monde en solitaire et sans escale, c’est renouer avec la voile dans ce qu’elle a de plus pur, de plus difficile et de plus audacieux», explique Don McIntyre, fondateur et président de la course, qui a souhaité rester fidèle à l’esprit originel de l’épreuve en mettant l’aventure au premier plan. «Le principe est très simple : il s’agit de réaliser un tour du monde en solo, sans escale et sans assistance par les cinq grands caps. Une vraie circumnavigation à l’ancienne», assure l’Australien.
Les participants vont devoir régater sur des voiliers conçus avant 1988 et similaires à celui utilisé par Knox-Johnston en 1968-69, et naviguer avec les équipements de l’époque.
«Exit les instruments électroniques et les pilotes automatiques. Nous n’aurons droit qu’au sextant, aux cartes papiers et à un chronomètre à remontoir. Il n’y a que pour ce qui concerne les vêtements et la nourriture que le champ est libre et c’est tant mieux parce que si j’avais dû partir avec les 240 boites de corned-beef qu’avait embarquées Robin à l’époque, je ne serais pas parti», s’amuse Jean-Luc Van Den Heede, le marin aux cinq tours du monde et qui sera l’un des six Français – parmi 23 concurrents – à s’aligner au départ de la course, le 1er juillet 2018 aux Sables-d’Olonne. «Partir sans aide à la navigation par satellite, sans GPS, sans rien : voilà une véritable aventure. Il fallait oser», poursuit Antoine Cousot qui devra, comme les autres, déterminer seuls ses prévisions météo et tenir son journal de bord, écrit à la main. «La Golden Globe Race est avant tout un défi humain. Durant neuf mois, nous allons tous pousser le courage et la volonté de l’humain à l’extrême», promet l’Américain Istvan Kopar, motivé, comme l’ensemble de ses comparses, par l’idée de faire un incroyable retour à l’âge d’or de la voile, mais aussi, par celle, si possible, d’arriver avant les autres.

Golden Globe Race 2018La Golden Globe Race 2018 partira des Sables-d'Olonne, en Vendée, le 1er juillet et passera par les cinq grands caps dans l'océan austral. Photo @ Les Sables d’Olonne Agglomération

Longue Route 2018
Le pélerinage rêvé de Guy Bernardin

Ce sont précisément ces deux points qui vont les distinguer de leurs acolytes engagés dans la Longue route. Pour eux, pas d’organisateur, pas de règlement, pas de droits d’inscription, pas de port de départ ni d’arrivée imposés, et pas de classement non plus.
«Il s’agit avant tout d’un pèlerinage. Nous avons bien conscience que dans le monde de la course au large, le mot peut surprendre, reste que c’est bien de cela dont il s’agit», explique Olivier Merbau, l’un des participants à l’aventure imaginée en hommage à Bernard Moitessier par le navigateur Guy Bernardin – l’un des concurrents du premier Vendée Globe disparu en mer l'été dernier ici –, il y a à peine plus d’un an, dans une brasserie de la gare de Lyon, à Paris.
«Son but était de rassembler des marins passionnés autour d’un projet de circumnavigation totalement libéré de toutes les contraintes habituelles. Seul compte l’accomplissement d’un rêve personnel pour chaque participant», raconte Merbau, qui peut se satisfaire d’avoir réuni autour de lui 24 doux dingues issus de cinq nationalités différentes et âgés de 30 à 73 ans. «Si l’ouverture de la Longue Route aura lieu au Bono (Morbihan), tous pourront choisir leur jour de départ entre le 18 juin et le 30 septembre 2018, d’un port au nord du 45° Nord de la côte européenne ou du 41° Nord de la côte américaine, avec un retour dans un port français», précise encore Olivier Merbau, rappelant par ailleurs que les bateaux devront afficher une longueur inférieure à 52 pieds. «Ce sont véritablement les uniques contours que nous avons dessinés pour cette Longue Route», assure le navigateur, peu attaché à rester dans un cadre précis.
D’ores et déjà, Monica Matis – l’une des deux femmes en lice – a annoncé son départ hors de ce créneau, le 14 juin, le jour exact du départ de Sir Robin Knox-Johnston, 50 ans auparavant lors de la Golden Globe Race. «C’est important pour moi, car je pars avec l’idée de terminer mon tour du monde en moins de temps que lui (moins de 313 jours, ndlr) avec un sistership de son bateau, Suhaïli », indique la Britannique, assurément la seule de la flotte à s’être fixée un objectif autre que celui de boucler la boucle. «Nous partons simplement à la quête du bonheur indicible d’être en mer», confirment les autres.


En vidéo, l'interview de Jean-Luc Van Den Heede réalisée lors de la présentation de la Golden Globe Race 2018 :