Salon de Düsseldorf, Grand Pavois de La Rochelle, Festival international de la Plaisance de Cannes, Salon nautique de Paris… Malgré une météo économique difficile, les Salons nautiques montrent la capacité de réaction et d'innovation des chantiers et des équipementiers. Analyse et tour d'horizon des nouveautés.

Actualité à la Hune

Equipement

Une déferlante de nouveautés sur Amsterdam

Le Salon de l’équipement nautique d’Amsterdam, c’est le rendez-vous annuel mondial des fournisseurs d’équipement pour le nautisme. On y retrouve les électroniciens, les accastilleurs, les spécialistes de l’énergie, du superyacht, des marinas, de l’environnement, du confort à bord, de la sono à bord, des WC marins… Le salon s’est ouvert avec la remise des prix du traditionnel concours de l’innovation.
  • Publié le : 16/11/2016 - 15:28

L"embase (« pods ») Torqeeedo Cruise FP.L'embase («pod») Torqeeedo Cruise FP, victorieuse du Grand Prix 2016.Photo @ DR

Destiné aux professionnels (et non aux plaisanciers eux-mêmes), le Salon du METS (Marine Equipment Trade Sow) est une gigantesque caverne d’Ali Baba dans laquelle on est certain de trouver chaque année des objets qui correspondent à un nouveau concept ou qui, du moins, renouvelle un concept existant. Il faut préciser qu’il y a de la surface pour les 1 471 exposants de cette édition 2016 ; un record – les organisateurs ont même dû ajouter 3 000 mètres carrés. Si vous connaissez le hall équipement du Salon nautique de Paris (celui qui est en sous-sol non loin du hall 1), il en faudrait bien une dizaine pour remplir tout cet espace…

Le prix du design «DAME», décerné en ouverture de ce salon, récompense d’abord sept vainqueurs répartis dans sept catégories : électronique et informatique (y compris les capteurs) ; équipement intérieur ; équipement pour les ports et les chantiers navals ; accastillage, voiles et gréement ; vêtements et accessoires ; sauvetage et sécurité ; et enfin la propulsion et les systèmes électriques.
Ensuite, un de ces sept lauréats est désigné vainqueur du Grand Prix. L’heureux élu cette année a déjà été présenté plusieurs fois dans nos colonnes puisqu’il a en fait été dévoilé au public dès la fin 2015. Il s’agit des embases («pods») Torqeeedo Cruise FP (Fixed Pod), c’est-à-dire des moteurs électriques compacts de 2, 4 et 10 kilowatts, pouvant convenir pour des voiliers jusqu’à une dizaine de tonnes (dans la catégorie «Propulsion et systèmes électriques»). Toute la mécanique se trouve dans l’embase elle-même, ce qui permet de simplifier considérablement le montage.

AirmarLe capteur vitesse-profondeur-température électromagnétique Airmar DX900+ capable de mesurer la vitesse sur deux axes. Photo @ DR

Les vainqueurs dans les autres catégories ne manquent pas d’intérêt non plus. Parmi eux, on trouve un capteur vitesse-profondeur-température électromagnétique Airmar DX900+, qui est capable de mesurer la vitesse sur deux axes (longitudinal et latéral, ce qui permet d’avoir un chiffre de dérive), mais aussi de mesurer les mouvements sur trois axes (avec une petite centrale inertielle), puis de transmettre toutes ces données en NMEA0183 (ancienne norme), NMEA2000 (nouvelle norme), et aussi en Bluetooth pour les applications mobiles. La société française qui a mis au point les astucieux bracelets Sea Tags a elle aussi été récompensée (catégorie «Sauvetage et sécurité»). Il s’agit de petits émetteurs Bluetooth qui assurent la fonction d’alarme homme à la mer une fois qu’ils sont simplement connectés sur un smartphone doté de l’application dédiée (disponible sous Android et iOS). Une solution économique et qui semble très au point (nous présentons ce produit dans notre numéro 550 de Voiles et Voiliers, Spécial Salon, à paraître vendredi).
Plus anecdotique sans doute : chez les italiens de B.C.M Illuminazione, le jury a été séduit par une jolie liseuse sphérique et tactile. Les candidats qui n’ont pas été retenus, parmi les sept lauréats, peuvent gagner un lot de consolation avec une mention spéciale. Cette fois, il y en a plusieurs pour chacune des sept catégories citées plus haut.

Un penon électronique, un balai pour WC, un radar Doppler

Vous en avez rêvé, les Britanniques d’Oceanair l’ont fait. Oceanair est un fournisseur de référence dans les grands chantiers navals de plaisance, pour les stores et autres rideaux que l’on trouve souvent dans le catalogue des options pour bateaux neufs. 
Oceanair BrushLe balai pour WC «Brush and Stow» a séduit le jury. Photo @ DR

Mais ici, c’est un balai pour WC «Brush and Stow» qui a séduit le jury (catégorie «Equipement intérieur»). Comment ? Avec une sorte de couvercle verrouillable et hermétique qui vient bloquer la brosse au-dessus de son vase. Et avec la possibilité de remplacer très facilement la brosse que l’on peut déconnecter du manche grâce à un petit bouton de largage.


Le penon électronique de Mer Agitée (l’une des sociétés de Michel Desjoyeaux), que nous avons déjà présenté à plusieurs reprises dans nos colonnes (par exemple dans notre dernier dossier spécial Vendée Globe du n° 549), et qui équipe le monocoque SMA mené dans le Vendée Globe par Paul Meilhat, a aussi retenu l’attention du jury qui note avec justesse : «on aime particulièrement l’idée de pouvoir recevoir des données de réglage de voile la nuit».
Penon électroniquePour son lancement officiel, le penon électronique de Mer Agitée a gagné un nom : eTellTale. Photo @ DRPour son lancement officiel, le penon électronique a gagné un petit nom : eTellTale. Intéressant également, un cordage électroluminescent Glowwormy, mis au point par les Allemands de Fender Design : connecté à une petite batterie, il offre une autonomie de 40 heures avec un éclairage de puissance constante.

A noter aussi, chez Flexofold, une nouvelle hélice repliable type «bec de canard», deux pales, en composite. Jusqu’ici, à notre connaissance, la seule hélice composite repliable du marché était la Kiwiprops, tripale ou quadripale à mise en drapeau. Et enfin, le nouveau radar Furuno NXT (doté de la technologie Doppler qui facilite l’interprétation de l’image), que nous avons testé récemment (Voiles et Voiliers n°547) a lui aussi reçu une mention spéciale dans la catégorie électronique et informatique.

GlowwormyLe cordage électroluminescent Glowwormy, mis au point par les Allemands de Fender Design.Photo @ DR

Plus de 1 400 stands !

Au détour des allées du salon, en passant devant certains des plus de 1 400 stands, on trouve encore de nombreux objets surprenants qui n’ont pas reçu de distinction particulière.
Une des tendances du moment, chez les fabricants de vêtements haut de gamme pour la voile légère : on s’adapte à l’arrivée des foils et aux bateaux qui vont de plus en plus vite, en intégrant des protections contre les impacts, sur les gilets de flottabilité (Crewsaver) ou sur les combinaisons (Zhik). Pour des bateaux sur lesquels on navigue avec un casque, c’est logique.
Dans un autre domaine, la VHF Standard Horizon GX6500E est la première (à notre connaissance) à intégrer non pas un simple récepteur AIS, mais carrément un transpondeur (émetteur-récepteur) de classe B, permettant d’envoyer aux autres navires des informations concernant sa position, son cap et sa vitesse. Autre VHF intéressante (que nous présentons dans notre numéro spécial salon à paraître prochainement), la portable ASN M93D d’Icom (5 watts), qui remplace le modèle de référence M91D, en se distinguant de celui-ci par un écran bien plus grand. L’américain ACR lançait de son côté une nouvelle balise homme à la mer AIS. Un modèle de plus sur un marché déjà bien fourni (voir notre comparatif dans Voiles et Voiliers n°532). Plus surprenant, le capteur Connect Rope de Largowind est ce qu’on appelle un objet connecté, à fixer sur une amarre et qui permet de connaître les contraintes exercées sur le bout en se connectant via Internet.

Sea TagsL'astucieux bracelet Sea Tags.Photo @ DR

On a découvert aussi un déclencheur électronique pour gilet de sauvetage automatique (chez ProVitaTec, en Suisse), ou encore une très jolie poulie «Spiderblock» chez Ropeye (un spécialiste des pad-eyes haut de gamme), dont la structure est, paraît-il, inspirée de celle des toiles d’araignée ! Chez Antal, on a remarqué un nouveau modèle de pad-eye avec boucle textile, et bien sûr le nouveau winch 52 trois vitesses qui vient concurrencer les modèles Harken Performa 50.3STP et Pontos Grinder.
Et enfin, le fabricant canadien Mustang Survival présentait une belle gamme de vêtements, dont une combinaison sèche hauturière en Gore-Tex.
La caverne d’Ali Baba d’Amsterdam ferme ses portes demain soir.