Salon de Düsseldorf, Grand Pavois de La Rochelle, Festival international de la Plaisance de Cannes, Salon nautique de Paris… Malgré une météo économique difficile, les Salons nautiques montrent la capacité de réaction et d'innovation des chantiers et des équipementiers. Analyse et tour d'horizon des nouveautés.

Actualité à la Hune

Nautic 2014 – Tour de France à la Voile 2015

Vincent Riou : «Nouveauté, multicoque, proximité avec le public, budgets moindres»

  • Publié le : 07/12/2014 - 00:01

Diam, le diable !Le Diam 24 dessiné par VPLP mesure 7,25 m de long, 5,62 m de large et porte une GV de 22m2, un Solent de 10 m2 et un Genaker de 32 m2 pour déplacement de 450 kilos.Photo @ Benoît Stichelbaut PRB

Vendredi, le Nautic à peine ouvert célébrait un succès déjà bien engagé : celui du TFV tel que l'a (ré)imaginé ASO. Une carte de parcours en neuf étapes, sans ralliement par la mer, seulement des parcours de 20 minutes et de petits côtiers. Un nouveau support, le Diam 24, soit un petit multicoque mené par trois ou quatre personnes. Résultat : ils sont déjà une trentaine de skippers à s’être inscrits pour une course estivale que beaucoup avait délaissée ! Vincent Riou – qui cumule déjà quelques jours d’entraînement et de régate, PRB ayant été l’un des premiers à armer un Diam 24 – en décrypte les raisons.

 

Vincent Riou, à fond !Parmi les premiers à découvrir le Diam 24, Vincent Riou fait partie des skippers qui ont plongé dans le TFV 2015 qui se courra à bord de ce nouveau multicoque.Photo @ Eloi Stichelbaut PRBv&v.com : Comment expliquer l’engouement que suscite le Diam 24 ?
Vincent Riou : Le côté "petit multicoque" m’a séduit, parce qu’il n’est pas cher et se stocke à terre. C’est donc une manière assez simple de faire du multi, sachant que de mon côté, j’avais envie d’y revenir. Mais le Diam 24 n’est pas un multi High tech, comparé à tous ceux que j’ai pratiqués. Cela le rend accessible, implique un coût de fonctionnement faible et permet d’aligner de grosses flottes. Pour autant, c’est un vrai bateau de course ! Ce mélange-là est sa vraie force… Car si tu veux juste faire du multicoques pour les sensations, sans te soucier du reste, tu montes sur un GC32 ou un AC45, un truc qui vole, quoi – mais qui ne sont pas des bateaux accessibles.

 

v&v.com : Tu dis qu’il est performant : comment se comporte-t-il en mer ?
V.R. : Objectivement, ses performances ne sont pas extraordinaires parce que le bateau est fabriqué en fibres de verre et reste assez lourd… Mais il est bien équilibré, a des safrans sympas et présente des traits de caractères similaires à ceux d’un bateau de course. Si bien qu’il procure des sensations similaires... donc tu as plaisir à régater dessus. C’est important ! Car dans les multicoques, on tombe facilement sur des veaux sur lesquels on n’a aucune sensation et on se fait vraiment suer.

 

v&v.com : Sa taille est aussi un avantage !
V.R. :
Oui, parce qu’elle le rend transportable, facilement démontable et réclame une équipe technique modeste. Trois personnes, c’est suffisant pour un projet Diam 24 et c’est facile à réunir ! Avant que le bateau devienne celui du TFV, c’est déjà ce qui m’avait séduit.

 

v&v.com : Le nombre d’équipiers correspond à un poids max ?
V.R. :
Oui, il y a un poids max – entre 220 et 260 kilos –, ce qui fait trois ou quatre personnes. Pour les filles, je pense qu’être à quatre sera bien… Chez les gars, c’est compliqué.

 

v&v.com : Il est physique ?
V.R. :
C’est quand même assez engagé… Dès qu’il commence à y avoir du vent, cela devient sportif ! Après chaque nav’, on s’est fait la même réflexion : le soir, on est bien fatigué. Il n’y a pas de trapèze, on est tous au rappel – rappel limité par la longueur des sangles… Et le fait que ce soit un multi engendre quand même pas mal de mouvements, éventuellement brutaux, ce qui sollicite les marins. Une fois qu’on a dit ça, il faut souligner que le Diam 24 reste accessible : il n’est pas extrême, ce n’est pas un Nacra 17 et on peut très bien le mener sans être un athlète.

 

Nouvelle formule, nouveau parcoursLe TFV 2015 "passera" par 9 villes... En réalité, les ralliements ne se feront plus par la mer et à chaque étape se courront parcours côtiers et formats courts.Photo @ D.R. TFVv&v.com : Cet été, la nouvelle formule du TFV, c’est neuf villes étapes avec chaque fois de petits parcours côtiers et des formats plus courts d’une vingtaine de minutes, le tout coefficient 1 : est-ce que tu vas recruter tes équipiers en fonction de ces règles du jeu ?
V.R. :
Je ne sais pas encore ce que le règlement autorisera exactement de faire, mais a priori, ce sera les mêmes personnes quel que soit le format du jour. Je n’exclus pas que l’on soit quatre sur l’épreuve, mais ce serait plutôt pour que l’on puisse tourner, sachant que le bateau est exigeant et que le programme s’annonce chargé. J’espère que les gens ne vont pas aller dans la débauche de moyens et aligner deux équipages distincts selon le format… Bien sûr, il y a quelques concurrents comme Daniel Souben qui vienne sur le Tour et n’ont que cet objectif dans la saison. Mais la plupart vient parce qu’il est beaucoup plus accessible financièrement que celui en M34 et parce qu’il permet de faire des programmes complémentaires à côté… Je crois que cela serait bien de retrouver l’esprit originel du Tour, que le mélange se refasse entre pros, amateurs et étudiants. Même si cette année, cela risque d’être un peu difficile car le nombre de bateaux disponibles est limité et le format doit encore faire ses preuves. Mais j’ai bon espoir que dès 2016, la flotte compte encore plus de trente bateaux.

 

v&v.com : Ton équipage est déjà finalisé ?
V.R. :
Pas vraiment, mais recruter deux personnes, ce n’est pas compliqué. Je pense que Nicolas Andrieux sera avec moi, parce qu’il travaille avec moi… Si j’ai l’occasion de recruter un spécialiste du multicoque de sport, je le ferai, mais ce n’est pas obligatoire… Même si ce profil est dans la grille, c’est certain ! Bah ! Pour ma part, j’ai confiance : j’ai suffisamment fait de multi pour m’en sortir.

 

v&v.com : Tu disais que l’équipe technique pouvait se limiter à une seule personne… Si bien qu’au final, le TFV en Diam 24, cela représente quel budget ?
V.R. :
De mon côté, on est sur un budget complémentaire : j’ai à louer le bateau, les voiles et à payer l’inscription, mais j’amène des personnes qui sont déjà dans ma structure… Si bien que pour PRB, on parle d’une rallonge de 50 à 100 000 euros. Si on parle d’un équipage pro qui participe au TFV et à quelques régates d’avant saison, dans un projet qui ne soit pas adossée à un autre, j’imagine qu’il faut compter entre 200 et 250 000 euros.

 

v&v.com : Lorsque tu as présenté ce nouveau TFV à ton partenaire, comment a-t-il été reçu ?
V.R. :
Très bien. Notamment parce que l’un de nos problèmes est de faire des opérations avec nos clients. On l’a fait avec le 60 pieds à une époque, mais aujourd’hui, il est de moins en moins adapté pour ça. Il est vraiment High tech, vraiment fragile, et n’est pas adapté pour ça. Or le Tour de France offre comme avantage de se balader. Ce qui permet d’y amener des gens sans qu’ils aient trop de kilomètres à couvrir. Le côté "tour des plages" a aussi séduit ; PRB ne connaissait pas le TFV, mais le Tour de France cycliste, oui, et le côté "caravane" plait. Face au faible investissement que l’opération représente, PRB n’a pas été difficile à convaincre… C’est toujours pareil ! J’avais déjà parlé du TFV, il y a deux ans, mais le budget pour aller jouer avec Franck (Cammas ; ndlr) était de 600 ou 700 000 euros… Bien moins faciles d’y trouver l’intérêt ! Ce qui fait le succès de ce Tour 2015, c’est un mélange de tout : nouveauté, multicoque, proximité avec le public, budgets moindres.

 

v&v.com : Si l’on regarde la liste des inscrits, il y a une chose de sûre en tout cas, c’est que vous êtes un paquet à être là ! Y compris les skippers que tu croises tous les jours mais qui ne naviguent pas sur le même support que toi… Là, vous vous retrouvez tous sur la même ligne de départ !
V.R. :
On a tous fait du petit bateau quand on était jeune ! Jérémie Beyou, moi… Cela nous fait marrer et on aime tous la régate ! Mais un projet où l’on se marre pendant trois semaines à régater sur des petits bateaux, c’est quasiment invendable à son sponsor !.. Alors l’occasion de ce TFV, elle est trop belle ! On a vraiment envie de le faire, de se relancer dans des régates de petits bateaux et on saute tous dessus. L’ambiance va être sympa, bon enfant et je n’imagine pas de tension particulière sur la ligne de départ. C’est aussi la philosophie de ce format et il faut que cela soit comme ça pour le rendre accessible au public.

 

………..
Liste des skippers engagés sur le TFV 2015 (annonce du 5 décembre, au Nautic de Paris)

Alexia Barrier (30 Corsaires)
X (Absolute Dreamer)
X (Agrival)
Erwan Tabarly (Armor Lux Comptoir de la mer)
Nicolas Bérenger (Beijaflore Team)
Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat)
Frédéric Guilmin (Combiwest)
Antoine Carpentier (Courrier Choc d’Ixelles)
Benoît Champanhac (Défi YCSL)
Laure Caucanas (Diam is Girls Best Friends)
Émeric Dary & Thomas Cardrin (Dynamique Voile)
Damien Seguin (Fondation FDJ Des Pieds et des Mains)
Sébastien Rogues (GDF Suez)
X (Vannes Agglo Golfe du Morbihan)
Frédéric Duthil (Grandeur Nature)
Franck Cammas (Groupama)
Aurélien Ducroz & Laurent Voiron (Latitude Neige Longitude Mer)
Loïc Féquet (X)
Bruno Staub (Lorina Boissons Artisanales)
Jérémie Beyou (Maître Coq)
X (Omansail)
Vincent Riou (PRB)
Lionel Lemonchois (Prince de Bretagne)
Aymeric Chappellier & Romain Motteau (Sea 4 Sail)
Thomas Coville & Daniel Souben (Sodebo)
X (Spindrift Black)
X (Spindrift White)
Anne-Claire Le Berre (Team Le Berre)
Arnaud Daval (Techneau)
Christian Ponthieu & Simon Moriceau (West Courtage École Navale)
Charles Hainneville (Z3PHYR)