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Actualité à la Hune

Salon nautique de Paris - Nautic 2011

Naskapi : premier bateau bioconstruit et compostable

Du lin, de la poudre de bois, des huîtres concassées et de la colle sécrétée par les moules accrochées à leur rocher… Une sacrée tambouille pour construire un bateau – mais un bateau entièrement compostable !
  • Publié le : 09/12/2011 - 00:08

La difficulté du fourConstruit avec l'aide du chantier Plasmor, ce canoë en biocomposite prouve que l'on peut réaliser de grandes pièces avec un matériau recyclable, malgré l'obligation d'une cuisson au four.Photo @ D.R.
En matière d'écologie, il y a ceux qui cherchent à faire du buzz sans regarder l'impact de leur projet dans sa globalité. Et il y a ceux qui cherchent des solutions vraiment applicables. C'est le cas de l'association NAvEcoMat, qui présente pour la première fois un bateau construit en matériaux issus des ressources renouvelables.

Présenté au Salon nautique de Paris, sur le stand du Conseil régional de Bretagne (Hall 1 J71/J89), par l'association NAvEcoMat, le Naskapi est un canoë réalisé en composite de fibres de lin et de biopolymères issus de l'amidon du bois.

Par ailleurs, les joints sont fabriqués avec la molécule produite par les moules pour se coller aux rochers, auxquelles on ajoute de la poudre d'huîtres pilées pour réaliser la charge. Quand on vous dit que c'est bio !

Lin, bois, huître et moulePour la démonstration, le composite est laissé nu, mais il est certain que l'application d'un gelcoat augmenterait sa durée de vie.Photo @ D.R. C’est à l’issue de longues recherches que l'Université de Bretagne Sud et l'Ifremer sont arrivés à cet étonnant matériau, qui parvient à résoudre ce paradoxe : la production d’un matériau à la fois biodégradable et solide dans le temps. En utilisant uniquement des matériaux issus du monde végétal et animal, le pari est remporté : la première coque entièrement compostable en fin de vie a vu le jour.
Le second objectif consistait à proposer une solution utilisable par l'industrie, avec toutes les contraintes de fabrication et d'utilisation (finition, vieillissement, solidité…) qui y sont liées, en arrivant à un niveau de prix acceptable.

Si aujourd'hui, il s’agit d’une seule coque de bateau produite, les industriels de l'automobile, notamment, et de l'aviation suivent de près les progrès.
Quant à savoir si nos bateaux seront prochainement tous construits en fibres de lin… Disons que la question revient souvent – lire ici «Construction composite – innovation : Le lin ne fait pas un pli», qui raconte quelques expériences similaires conduites sur des voiliers. Et que la démonstration de la construction du canoë Naskapi confirme que produire de grandes pièces est aujourd'hui possible. Ce procédé n’en reste pas moins beaucoup plus compliqué que la stratification traditionnelle, notamment car il passe par une cuisson (environ 180°), donc par un four de taille suffisante pour accueillir le moule.

Par ailleurs, les recherches continuent avec des travaux sur d'autres fibres, comme celles de certaines plantes marines… Amusant de se dire que son bateau pourrait être construit avec des algues !