Actualité à la Hune

1 000 Milles des Sables

Les «petits» nouveaux dans le coup

La première édition des 1 000 Milles des Sables a été remportée par Aymeric Chappellier (Aïna Enfance & Avenir) en Class40, le soir du 26 avril, puis par Armel Tripon (Réauté Chocolat) en Multi50, aux premières lueurs du jour ce vendredi 27. Pour l’un comme pour l’autre, la bagarre aura été intense du début à la fin, y compris avec les «petits» nouveaux sur leurs circuits respectifs, à l’image de Luke Berry (Lamotte–Module création) et Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en peloton – ARSEP). Aux manettes des derniers-nés de leurs classes respectives, les deux Malouins ont montré que leurs nouveaux jouets en avaient sous le capot et qu’ils étaient d’ores et déjà de sérieux concurrents, malgré la jeunesse de leurs bateaux, toujours en phase de fiabilisation. De quoi promettre de la belle bagarre à la Route du Rhum–Destination Guadeloupe !
  • Publié le : 27/04/2018 - 15:30

AinaBelle victoire d'Aymeric Chappellier au terme de cette course où il aura percuté un rondin de bois flottant et craint pour la structure de son Aïna Enfance & Avenir.Photo @ Christophe Breschi

Pour les seize Class40 et les deux Multi50 engagés dans cette première édition des 1 000 Milles des Sables, il s’agissait de la première confrontation en mode solitaire de l’année, voire la première confrontation tout court. «En ce qui me concerne, c’était ma première régate avec le bateau, ma première compétition en Class40 mais aussi ma première course en solo depuis la Mini-Transat 2015» a expliqué Luke Berry.
L’ancien ministe, deuxième de la Transat 6.50 en 2015 dans la catégorie des prototypes, a donc fait donc son entrée sur le circuit des Class40 à l’occasion de l’épreuve sablaise, dont le parcours – qualificatif pour la Route du Rhum–Destination Guadeloupe 2018 – rassemblait nombre de ténors de la classe, à commencer par Maxime Sorel (V and B), Aymeric Chappellier (Aïna Enfance & Avenir) ou encore Phil Sharp (Imerys Clean Energy), le trio de tête de la dernière Transat Jacques Vabre. Si le premier a été contraint à l’abandon à la suite de la casse de son safran tribord, les deux autres ont bel et bien assuré leur statut de favori en trustant les 1e et 3e places à l’arrivée, intercalant entre eux deux Sam Goodchild (All in for the Rhum), de retour aux affaires en solitaire après trois années «sans» – et assurément un redoutable client pour la suite.

Louis Duc CaracLouis Duc a disputé sa première course en solo sur son Carac lancé fin 2017. Ce plan Lombard encore en développement se classe 4e derrière trois plans Manuard mais les a bousculé. Photo @ Christophe Breschi

«On a creusé l’écart assez vite, en réalisant un joli coup le long de la dorsale sur la route de Gijón. Dès lors, on s’est échappé et les autres n’ont plus réussi à revenir», a commenté l’ancien figariste britannique, qui a toutefois vu revenir Louis Duc (Carac) et Luke Berry (Lamotte–Module création) sur le dernier tiers du parcours. «Le bateau a fait tout le travail. Il est vraiment rapide au reaching et au portant» commentait celui que l’on surnomme P’tit Louis, rassuré de pouvoir confirmer le potentiel de sa machine après son abandon prématuré pour blessure dans la Jacques Vabre à l’automne dernier.

Les bons choix ont été faits

De fait, son Lift 40 a démontré avoir clairement de quoi rivaliser avec les Mach 40.3, y compris le dernier numéro (le 4e de la série), Lamotte–Module création, mis à l’eau au début du mois de mars, arrivé en 5e position, et qui lui a donné un peu de fil à retordre. «Franchement, je suis très content des performances du bateau, expliquait le skipper de ce dernier, Luke Berry. On a eu une phase de portant pour descendre jusqu’en Espagne avec des transitions et des passages de grand spi à gennak’ – puis inversement – qui ont été très satisfaisants. Maintenant, à moi de trouver les bons réglages pour le reaching. J’ai fait deux semaines d’entraînement à Lorient avec les copains – Aïna et compagnie – et je sais que le potentiel est là, mais il y a tellement de réglages possibles ! En attendant, je suis content car lors de ces trois jours de mer, j’ai pu voir que j’avais fait les bons choix et que le bateau était bien né. Maintenant, comme je l’ai déjà dit, il ne reste plus qu’au bonhomme à se mettre dedans car je me plais vraiment bien à bord. D’ailleurs, si on avait fait 500 milles de plus cette semaine, ça ne m’aurait pas déplu » a conclu le skipper.

Luke BerryPremière course en Class 40 ainsi qu'à bord du tout nouveau Lamotte Module Création pour Luke Berry, très satisfait de sa 5e place.Photo @ Christophe Breschi

Un autre qui n’aurait manifestement pas boudé son plaisir s’il avait dû passer davantage de temps en mer, c’est assurément Thibaut Vauchel-Camus. Pourtant, lui aussi, s’alignait au départ de ces 1 000 Milles des Sables avec bien des inconnues en tête à la barre d’un nouveau Multi50 et parachuté dans une nouvelle classe. Il va sans dire que le skipper, deuxième de la Route du Rhum 2014 en Class40, était très attendu pour sa première sortie sur son nouveau bateau, en mode course et en solo qui plus est.

«Punaise, ça dépote !»

Et il n’a pas déçu, tout comme sa monture, puisqu’il a terminé 2e à seulement 31 petites minutes d’Armel Tripon, le vainqueur sur Réauté Chocolat, à l’issue des 970 milles du parcours qui leur était proposé entre Les Sables-d’Olonne, Gijón et le banc de Guérande. «Je suis content. Les sensations sont là, a indiqué le skipper de Solidaires en peloton–ARSEP, le sourire jusqu’aux oreilles après ce premier test grandeur nature. Au tout début, tu te dis qu’aller faire une sieste avec un machin qui dépote tout seul entre 25 et 30 nœuds, c’est quand même un peu chaud. Il faut accepter ça. Au final, sur la course, à aucun moment je ne me suis fait peur. J’ai juste été impressionné par l’accélération du bazar. Parfois, je me suis demandé comment ça allait finir et si je n’ai jamais eu d’inquiétude, je me suis quand même souvent dit “Punaise, ça dépote !” Clairement, sur ces bateaux, on est tout le temps sur les compteurs. On devient l’équipier de son pilote avec les écoutes à portée de main, prêt à réviser quand il faut. Ça envoie, c’est stable, c’est magique ! Au bout du compte, on a qu’une envie : y retourner !» ajoutait un skipper manifestement rassuré à bien des niveaux.

Solidaires En Peloton – ARSEP 31 minutes après Armel Tripon, Thibault Vauchel-Camus s'est emparé de la 2e place à bord de son Solidaires En Peloton – ARSEP flambant neuf. Cette épreuve fut pour le skipper un instructif speed test face au Chocolat Réauté éprouvé du vainqueur. Photo @ Christophe Breschi

«J’ai gagné en assurance, ça c’est sûr, et je suis vraiment content des choix que j’ai faits, surtout sur le plan de l’ergonomie du bateau. Sur le plan technique, je n’ai aujourd’hui pas assez de recul pour dire vraiment ce qui est bien ou pas, mais dans tous les cas, en ce qui concerne le fonctionnement du bateau, ma cellule de vie et le plan de pont, rien à dire» conclut un navigateur qui n’aura donc pas de gros dossiers à revoir d’ici à la reine des transatlantiques en solitaire, programmée en novembre. De bon augure pour la suite.

TriponArmel Tripon a rejoint en fin de nuit le port des Sables-d'Olonne, décrochant la victoire en Multi50 sur Réauté Chocolat.Photo @ Christophe Breschi

VIDEO. Interview des cinq premiers à l'arrivée.